Chapitre 142
Traducteur : _Min_ Éditeur : Rundi
Lorsque l'on pénétrait dans la zone rurale d'Oesk, la route devenait soudainement très accidentée. Des décombres complétaient le décor le long de la rue, et d'un coup d'œil, Jiang Chen eut même l'impression d'être en pleine apocalypse.
Sous les décombres, il y avait des signes de vie. Les personnes sans foyer avaient érigé des tentes temporaires sous les ruines de ce qui avait été leur maison et regardaient les soldats de Kane avec des yeux haineux.
Ils continuèrent d'avancer alors que l'état de la route empirait encore.
Nick dut se garer à côté d'un bâtiment civil pour appeler Markanov.
Peu de temps après, un soldat armé d'un fusil les trouva.
« Borris, sous-lieutenant. » L'homme aux cheveux courts vit Jiang Chen et salua immédiatement. « Le général Markanov m'a envoyé pour vous accueillir. »
« Jiang Chen. » Jiang Chen lui donna son nom et lui serra la main.
Sa main était pleine de callosités, ce qui indiquait qu'il était un soldat expérimenté.
Il retira sa main et Borris hocha la tête.
« Veuillez me suivre. »
Il sortit une mallette noire de la voiture et fit signe à Jiang Chen et Nick de le suivre.
Mais ce qu'ils ignoraient, c'est qu'à environ 400 mètres de l'endroit où ils s'étaient garés, gisait un corps.
L'uniforme et l'équipement avaient été retirés, et sa pupille était dilatée, un trou sanglant et effrayant perçant son front.
Des véhicules blindés et des épaves de chars jonchaient le bord de la route. C'était une zone de tirs croisés.
Dans la rue désolée, une fille silencieuse marchait.
Elle était vêtue de noir. Ses lèvres fines dépassaient de sous sa capuche. Une mallette de guitare était attachée dans son dos, comme une musicienne se promenant à travers les ruines.
Elle souleva la manche de sa main droite, et un ordinateur ressemblant à une montre émit de faibles lueurs.
C'était l'EP.
Sur l'écran se trouvait une carte de la zone. Utiliser des ondes pour créer des cartes tactiques était l'une des fonctions incroyables de l'EP.
« Suis-je ici ? » marmonna Ayesha en se dirigeant vers l'immeuble résidentiel à moitié déchiré.
« C'est vraiment dangereux là-bas. Il a été touché par une bombe il y a quelques jours à peine, et il pourrait s'effondrer d'une seconde à l'autre. » Un réfugié qui rampait sur le côté tenta d'avertir la jeune fille, mais celle-ci ne fit que le regarder avant de sortir un pistolet.
Le réfugié leva la main, horrifié, et recula.
« Pars. »
Peut-être comprenait-il l'anglais d'Ayesha, car l'homme recula de quelques pas. Puis, voyant qu'elle n'avait aucune intention de tirer, il s'enfuit immédiatement.
Voyant les personnes indésirables partir. Elle rengaina son pistolet et monta l'escalier avec la boîte de guitare.
Ayesha se déplaça avec agilité autour des escaliers brisés et atteignit sans effort l'étage supérieur.
Exactement comme ce qu'elle avait appris dans le système d'entraînement en réalité virtuelle.
Elle ouvrit la boîte de guitare, en sortit les pièces du fusil de précision et assembla l'arme habilement.
Après quelques ajustements, Ayesha sortit un camouflage urbain et le mit sur son dos. Elle s'allongea sur le sol poussiéreux et installa le fusil de précision Ghost à l'allure futuriste.
« Ayesha prête », murmura Ayesha au sol, comme si elle se parlait à elle-même.
« Mhmm. Attends mon ordre. »
Jiang Chen tendit la main pour toucher son oreille et rapprocha son poignet de ses lèvres pour murmurer.
Borris marchait devant pour montrer le chemin. Nick suivait et examinait les alentours sans dire un mot. Jiang Chen avait l'air plutôt détendu, comme s'il ne comprenait pas qu'il se trouvait sur la ligne de front.
Le long de la route boueuse et accidentée, des planches de bois de deux mètres de haut étaient alignées, créant une clôture temporaire. Sur le front, ce dispositif est utilisé pour obstruer la vue des tireurs d'élite ou bloquer les tirs inattendus.
« Encore combien de temps ? » Jiang Chen balaya du regard le char immobilisé sur la route tout en demandant nonchalamment à Borris, qui était devant.
« Bientôt, c'est juste devant », répondit Borris de manière vague.
« Oh. Puis-je vous poser une question personnelle ? » Jiang Chen s'approcha de lui et sourit.
« Bien sûr, tant que cela n'implique pas d'informations sensibles. »
« Quelle est votre position dans la 92e Infanterie Mécanisée ? » À en juger par les callosités sur ses mains, ce type devait être un excellent soldat.
« Actuellement, garde personnel du général Markanov. » L'anglais de Borris était fluide. Il parvenait à comprendre l'anglais de Jiang Chen, marqué par un accent Han, qui passait à peine le niveau six du test de compétence.
« Oh ? Alors vous devez être un bon tireur. » Jiang Chen le regarda, plutôt surpris.
« Pas mal. » Borris ne semblait pas vouloir continuer sur ce sujet, mais il marqua une pause, puis ajouta : « Je suis son neveu. »
Les trois continuèrent un peu plus longtemps, mais à ce moment-là, Nick commença à balayer la route du regard, haussa les sourcils, puis s'arrêta.
Le calme qu'il affichait fut brusquement interrompu : « La 92e Infanterie Mécanisée a déjà avancé jusqu'ici ? »
« Bien sûr que non. » Borris haussa les épaules et dit quelque chose que les deux hommes ne comprirent pas.
Nick eut la réaction la plus rapide et porta instantanément la main à sa taille. Mais Borris, manifestement préparé, avait une longueur d'avance et pointa son fusil sur lui.
« Je vous suggère de ne pas bouger. Sans compter l'arme dans ma main, il y en a une pointée sur vous à des centaines de mètres », dit Borris avec légèreté, mais il regardait Jiang Chen. « Je suis vraiment désolé, M. Jiang, quelqu'un veut vous parler. »
« Qui ? » Jiang Chen sourit, avec le même ton léger.
De toute évidence, ce Borris était un imposteur. Markanov avait probablement envoyé quelqu'un ici, mais il avait été tué, et remplacé par ce Borris ?
Bien qu'il se soit préparé à des ennuis, Jiang Chen ne s'attendait pas à ce que ceux-ci ne viennent pas de Markanov, mais d'une force qu'il n'avait jamais rencontrée auparavant.
Le signal radio avait dû être intercepté. Ils n'étaient manifestement pas faibles. Mais même sachant cela, le visage de Jiang Chen resta impassible tandis qu'il regardait Borris avec un sourire éclatant.
Borris ne répondit pas à la question de Jiang Chen et le regarda, légèrement choqué. « M. Jiang ne s'inquiète pas pour sa propre sécurité ? »
« La sécurité ? Pourquoi devrais-je m'en inquiéter ? » Jiang Chen fit semblant d'être confus et haussa les épaules. « Puisque vous voulez me kidnapper, ne garantiriez-vous pas ma sécurité ? »
Borris esquissa un sourire, intrigué par la logique de Jiang Chen. Puis il leva la main gauche et fit un geste.
Quelques personnes sortirent de l'ombre. Leurs mouvements habiles ainsi que leur positionnement professionnel indiquaient que ces personnes devaient faire partie des forces spéciales.
Il regarda les visages unanimement russes et se rappela que Nick avait dit que Kane n'avait pas de forces spéciales. Jiang Chen se fit une idée de l'identité de ces personnes.
Nick fut ligoté, mais ils furent assez courtois pour ne pas faire la même chose à Jiang Chen. Peut-être qu'en apparence, Jiang Chen ne ressemblait pas à un personnage dangereux.
« KGB ? » Jiang Chen essaya de sonder la question en fixant les yeux de Borris.
Pas étonnant qu'il soit un professionnel, ses pupilles ne vacillèrent pas du tout. Borris se contenta de sourire et ne répondit pas.
« Qui nous sommes n'est pas important, beau gosse de l'est. »
Avec un ton aguicheur, Jiang Chen entendit une voix familière derrière lui.
Du Han brisé.