Chapitre 99
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 99 : Les sorciers du Nord (3)
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Brrr !
Les sorciers rassemblés dans l’auditorium remarquèrent que les artefacts enchantés tremblaient violemment.
« Télékinésie ?! »
Les personnes nées avec un pouvoir spirituel pouvaient en imprégner des objets et les déplacer à leur guise.
En général, elles parvenaient tout au plus à manipuler un ou deux objets et à les envoyer voler en ligne droite.
Mais elle essayait de déplacer tous ces artefacts enchantés d’un seul coup ?
« Quelle puissance spirituelle phénoménale. Dire que la Corée du Nord a vu naître un génie de son époque… »
« Elle rivalise déjà avec un grand yokai alors qu’elle est humaine. Si son pouvoir spirituel est si puissant, alors ses sorts doivent être… »
Ils étaient stupéfaits rien qu’en voyant Cha Hyeran tenter de contrôler à la fois des centaines d’artefacts enchantés différents.
Le simple fait qu’elle essaie d’en déplacer autant prouvait qu’elle possédait un pouvoir spirituel incroyable.
« Mais il y en a trop. Elle ne peut pas vraiment les déplacer. »
« On dirait qu’elle a été trop ambitieuse. »
Non !
Cha Hyeran paniqua lorsque les armes auxquelles elle insufflait sa télékinésie refusèrent de bouger.
Quelle quantité de pouvoir spirituel utilise-t-il pour les immobiliser ?!
Des perles de sueur froide apparurent sur son front.
Le visage crispé, elle observa Yohan.
Sa vision spirituelle lui révélait que le pouvoir spirituel de Yohan déferlait autour de lui et écrasait le sien.
Plus incroyable encore, il en avait encore largement en réserve.
C’était pour ça qu’il bâillait en attendant de voir ce qu’elle allait faire.
Non.
Elle ne pouvait pas gagner un affrontement de puissance spirituelle.
Cha Hyeran expira sèchement et concentra son pouvoir spirituel sur un seul bâton.
Elle allait changer brusquement la direction de son pouvoir. Avant que ce salaud qui immobilisait tant d’artefacts enchantés puisse réagir, elle le transpercerait.
Boum !
Le bâton de Mujangseung fonça sur Yohan en fendant l’air.
Mais ce fut tout.
Le bâton, qui avait filé comme une dague acérée, fut écrasé en plein vol et s’abattit directement sur le sol.
« … ! »
Les pupilles de Cha Hyeran tremblèrent.
Il avait réagi en un instant ?
C’était le genre de vitesse de réaction qu’on attendait d’un combattant de la République entraîné jusqu’à ses limites.
À vrai dire, ce n’était pas si loin de la réalité.
Durant son séjour forcé dans le Voyage au pays des fleurs de pêcher, où il avait suivi l’entraînement spécial de Pasteur Park, Yohan s’était concentré sur deux choses.
Sa condition physique et ses réflexes.
Il était déjà évident que Yohan possédait un immense pouvoir spirituel et pouvait utiliser toutes sortes de magie.
Ses sorts se renforceraient à mesure qu’il capturait des démons, et son pouvoir spirituel dépasserait de toute façon peu à peu les limites humaines.
Il ne lui restait donc qu’à développer son endurance et ses réflexes.
L’endurance était à la base de tout, et les réflexes amélioraient sa capacité à réagir.
Pasteur Park s’était entièrement consacré à rendre Yohan plus difficile à tuer.
« Ouah, ça m’a fait sursauter. »
En plus, Yohan avait déjà vu ce genre de situation.
Même le grand yokai Renard à six queues n’avait pas réussi à le battre dans un affrontement de puissance spirituelle et avait tenté de compenser par des ruses.
*Alors, je pourrais peut-être essayer la même chose.*
Yohan concentra son pouvoir spirituel sur la douzaine d’épées, de lances et de bâtons que Cha Hyeran avait essayé de soulever, puis les projeta sur elle.
À cet instant, des talismans se déployèrent pour former un mur transparent qui bloqua les artefacts enchantés lancés contre elle.
Les talismans protecteurs dissimulés dans les manches de Cha Hyeran s’étaient déplacés d’eux-mêmes pour la défendre.
« … ! »
Les pupilles de Cha Hyeran tremblèrent.
Il lui avait si facilement arraché le contrôle des artefacts enchantés qu’elle essayait de soulever ? Plus d’une douzaine ?
Quel genre de monstre est-ce ?!
C’était censé être un jeune sorcier sud-coréen ?
La Corée du Sud avait donc elle aussi un génie comme elle ?
Comment quelqu’un comme lui avait-il pu rester inconnu ? Était-ce une arme secrète formée par le régime fantoche sud-coréen ?
Non, à en juger par son chapelet, il appartenait à l’Église du Saint Temple de Gangnam. Cela voulait-il dire qu’il était le successeur secret de Pasteur Park ?
Tandis que les pensées se bousculaient dans son esprit, Cha Hyeran glissa un talisman entre ses doigts.
Des motifs complexes tracés avec du sang rouge le recouvraient, ainsi que des caractères anciens difficiles à reconnaître au premier coup d’œil.
« Je l’invoque ! »
Le talisman tomba du bout de ses doigts et des lettres rouges scintillèrent dans les airs.
Bang !
Des flammes jaillirent du talisman et prirent la forme d’un serpent.
Le serpent de feu se jeta sur Yohan, qui empila plus d’une douzaine d’épées et de bâtons pour lui faire barrage.
Les sorciers sud-coréens qui observaient la scène furent impressionnés.
« J’ai entendu dire qu’un serpent de feu avait semé le chaos en Corée du Nord. Ils ont conservé son sang et sa chair spirituelle dans un talisman ? »
« Il y a quelqu’un dans le Nord qui maîtrise une magie aussi avancée ? »
« Ce bodhisattva Gari se défend bien, lui aussi. »
« Vu la manière dont il a pris le contrôle des artefacts enchantés que Cha Hyeran essayait de manipuler, son pouvoir spirituel est peut-être encore plus puissant. »
En les entendant, Bang Seoryeong esquissa un sourire.
*Ils ont tout compris de travers.*
En la voyant essayer de déplacer des centaines d’artefacts enchantés à la fois, ils avaient seulement pensé que Cha Hyeran avait visé trop haut.
Sans intervention, elle aurait probablement pu offrir un spectacle incroyable en déplaçant des centaines d’armes par la seule force de son pouvoir spirituel.
Mais Yohan les avait immobilisées avec son immense pouvoir spirituel.
Pour neutraliser le pouvoir de quelqu’un, il fallait en posséder un encore plus grand.
Ils ne pouvaient probablement pas imaginer que Yohan possédait davantage de pouvoir spirituel que Cha Hyeran, qui essayait de déplacer des centaines d’artefacts enchantés.
La fille du Nord a dû remarquer elle aussi la puissance de mon frère. C’est sûrement pour ça qu’elle a sorti son atout.
Le serpent de feu invoqué par Cha Hyeran était une créature spirituelle plus puissante que la plupart des Dieux-Dragons.
Pourtant, même après l’avoir invoqué, elle n’avait pas réussi à percer la barrière que Yohan avait formée en renforçant de simples artefacts enchantés.
Et ce n’était pas tout…
« Le feu… »
Yohan se rappela le pouvoir d’Auns, le cinquante-huitième démon.
Le pouvoir d’un démon qui contrôlait le feu.
*Alors, je peux peut-être contrôler ces flammes, moi aussi.*
« Hein ? »
Cha Hyeran fut perplexe en voyant l’élan du serpent de feu faiblir.
Ce serpent de feu féroce et flamboyant s’était soudain affaibli ?
*Lui retirer son feu ne suffira pas.*
Yohan comprit lui aussi que le pouvoir d’Auns ne suffirait pas, à lui seul, à affaiblir complètement le serpent de feu.
Il manquait quelque chose.
Et si ce serpent de feu n’était pas simplement du feu en forme de serpent, mais un être spirituel qui avait été vivant autrefois ?
Un serpent de feu. C’était donc une bête ?
Il ajouta le pouvoir de Marchosias, le trente-cinquième démon, un démon bestial.
C’était la première fois qu’il combinait deux sorts, mais, d’une manière ou d’une autre, ça fonctionna.
« … ! »
Ce n’est qu’alors que Cha Hyeran comprit.
Yohan essayait de prendre le contrôle du serpent de feu lui-même.
*Impossible ! La République a mobilisé toutes ses ressources pour contrôler ce serpent de feu !*
Ils avaient à peine réussi à maîtriser le serpent de feu grâce à un talisman magique tracé au cinabre-miroir, un minerai contenant du mercure, sur du papier talismanique jaune vieux d’un siècle, avec du sang imprégné du pouvoir spirituel de dizaines de sorciers.
Et lui, il le leur prenait comme ça ?
Alors que Cha Hyeran le dévisageait, horrifiée et incapable de réagir, la magie née du mélange des pouvoirs de Marchosias et d’Auns finit par dévorer le serpent de feu.
Paang !
Le pouvoir spirituel se répandit dans les environs et quelque chose changea.
Après un bref silence, le serpent de feu qui, quelques instants plus tôt, acculait Yohan se tenait maintenant à ses côtés, les yeux fixés sur Cha Hyeran.
Fchhh !
La chaleur féroce du serpent de feu était désormais dirigée contre son ancienne maîtresse.
« Ah, ah… »
Cha Hyeran s’effondra au sol.
* * *
La rencontre amicale entre le Nord et le Sud s’acheva sur trois victoires de la Corée du Sud.
Le match avait été assez serré, mais bon, une victoire restait une victoire.
Les Nord-Coréens avaient l’air d’assister à des funérailles, tandis que les Sud-Coréens poussaient des soupirs de soulagement.
Pas mal de gens continuaient à me jeter des coups d’œil.
« Félicitations pour ta victoire, grand frère. »
— Toi aussi, Seoryeong. Tu as remporté une victoire écrasante.
« Eh bien, je suis l’une des dirigeantes des Cinq grandes lignées. »
Les sorciers nord-coréens s’étaient révélés plus forts que prévu.
Vu ce que les gens pensaient d’eux auparavant, ils n’étaient désormais plus une force à prendre à la légère.
« La rencontre amicale devrait suffire. Nous devrions aller voir Maître Seon Unjeong et le Grand Académicien. Ils sont tous les deux descendus. »
« Oh, les Grands Anciens ? »
Ils avaient à peu près le même âge que Pasteur Park.
Apparemment, Pasteur Park, Mme Park, Maître Seon Unjeong et Seigneur Choi étaient les quatre Grands Anciens qui avaient dirigé le monde des exorcistes coréens aux débuts du gouvernement.
« Et ils sont comment ? »
Pasteur Park, c’était une chose, mais j’avais déjà rencontré Bang Seoryeong, la dirigeante de la Société du Lotus Noir, et Moon Hakjeong, de l’hérétique Église de la Grande Unification.
Cette fois, j’allais rencontrer les chefs des autres Cinq grandes lignées.
« Maître Seon Unjeong, de la Secte du Diamant, est exactement comme on s’imagine un moine. Doux et bienveillant… Je dirais qu’il ressemble à Pasteur Park. »
« … Pasteur Park est doux et bienveillant ? »
« Tous les deux, ils règlent les problèmes par la force. »
« Ah… »
Donc, il ressemblait à Pasteur Park, qui avait battu des loups-garous à mort à coups de poing.
La plupart des Grands Anciens du coin étaient des combattants.
« Seigneur Choi est un peu différent des autres Grands Anciens. Côté force… il est plutôt lamentable. »
« Ce serait bizarre qu’un lettré confucéen soit un combattant. »
« Tu n’as jamais entendu parler des lettrés qui réussissaient les examens ? Dans les contes de ce pays, les combattants sont généralement des lettrés. »
C’était vrai ?
Maintenant qu’elle le disait, peut-être bien.
« Enfin, Seigneur Choi ne sait même pas se servir d’un arc. »
« Alors, qu’est-ce qu’il sait faire ? »
« C’est un maître des classiques confucéens. J’ai entendu dire qu’il maîtrisait les Quatre Livres et les Trois Classiques à sept ans et qu’il aurait obtenu la première place à l’examen de la fonction publique à neuf ans. »
« Cet examen n’existe plus. »
« S’il existait. »
Bang Seoryeong haussa les épaules et poursuivit sa description du Grand Académicien Seigneur Choi.
« C’est le petit-fils aîné de la branche principale, et celui qui a reconstruit Cheonghak quand l’organisation a commencé à s’effondrer après la guerre entre le Nord et le Sud. Il a toutes les qualités requises pour en être le chef. Mais… »
« Mais ? »
« C’est un lettré confucéen, issu de la branche principale, et il est vieux. Quand on réunit ces mots-clés, on n’aboutit qu’à une seule conclusion. »
« Euh… »
Je croyais deviner où elle voulait en venir.
« C’est un vieux fossile. Un vrai de vrai. »
* * *
La pièce était si silencieuse que l’atmosphère en devenait étouffante.
J’avais entendu dire qu’ils avaient loué tout l’hôtel, pourtant cette pièce était remplie de bibliothèques débordant de livres.
Les Entretiens, le Mencius, la Grande Étude, le Juste Milieu.
Les vieux livres écrits en chinois classique étaient alignés si soigneusement que je me demandai si je n’avais pas atterri sur le plateau d’un drama historique.
Au milieu de la pièce, un moine récitait des sutras bouddhistes tandis qu’un vieil homme écrivait sur du papier coréen avec un pinceau taché d’encre.
Ces deux-là devaient être Maître Seon Unjeong, de la Secte du Diamant, et Seigneur Choi, de Cheonghak.
« Le vieux. Le moine. »
Bang Seoryeong les interpella.
Maître Seon Unjeong garda les yeux fermés et tendit simplement la paume. Il récitait des sutras : il lui faisait signe d’attendre.
Seigneur Choi, en revanche, remua un sourcil et nous dévisagea.
« Pasteur Park enseigne toujours aussi mal à son disciple. »
« Pardon ? »
« Tu ne l’as salué ni en joignant les mains, ni en t’inclinant, ni même en hochant la tête. »
Seigneur Choi me détailla de la tête aux pieds.
« Celui qui n’est ni l’un ni l’autre se passe de commentaire. »
« Euh… »
Il disait que je ne l’avais pas salué comme il fallait ?
« Celui qui entreprend de grandes choses ne doit laisser passer le moindre défaut. La première impression révèle les fondations d’une personne. On peut juger quelqu’un à sa tenue. »
Je ne comprends rien à ce qu’il raconte…
« Assieds-toi. »
Je m’assis.
Il observa aussi attentivement ma façon de m’asseoir, qui sembla lui déplaire.
« Garde les jambes serrées devant un ancien. »
« Euh… oui. »
« Un homme adulte doit se tenir bien droit. »
« Oui. »
« Rentre un peu le menton. »
« Bien. »
Ce ne fut qu’après que j’eus rentré le menton que Seigneur Choi hocha la tête, satisfait.
« Cultiver sa personne, gouverner sa famille, diriger l’État et pacifier le monde. Comment celui qui ne sait même pas corriger sa posture pourrait-il remettre le monde en ordre ? »
« … »
« C’est la première leçon de Cheonghak, et le fondement de l’attitude d’un étudiant. »
« Les parents doivent adorer ça. »
« Respecter ses parents est un devoir aussi important que la loyauté. Les parents apprécient cela. »
C’était donc pour ça que Cheonghak était réputé pour l’éducation des enfants.
« Érudit Baek, que ressentez-vous lorsque vous faites face à un fantôme maléfique ? »
« … Je veux l’empêcher de faire du mal aux gens et lui permettre de gagner l’au-delà ? »
« Hum. Sauver le peuple et purifier les âmes mauvaises. Voilà ce qu’est la vertu. »
Seigneur Choi tapota le bureau du doigt.
« Vous êtes un jeune homme aux fondations solides. Employer sa force simplement parce qu’on la possède, c’est de la violence. Détourner les yeux parce qu’on manque de force, c’est de la négligence. Que ceux qui ont du pouvoir fassent ce qu’ils doivent faire : voilà la vertu. »
Tap !
« Si vous abattez les fantômes maléfiques plongés dans la perversité et servez votre pays avec loyauté, vous aussi, vous êtes un lettré. »
« Ah, oui… »
« Le vieux, tu parles trop. »
« Hé hé, quelle insolence, petite effrontée ! En tant qu’ancien qui a beaucoup appris, je transmets mon savoir à un jeune lettré ! »
« Non, vous venez à peine de le rencontrer. Si vous vous y prenez comme ça dès la première rencontre, les gens vous traiteront de vieux fossile. »
« Ha ! »
Seigneur Choi afficha un air incrédule, puis reporta son regard sur moi.
« Pasteur Park m’a parlé de vous, érudit Baek. Il m’a dit que vous étiez un jeune homme bien, une perle rare de nos jours. »
« Vous avez parlé avec Pasteur Park ? »
« Oui. Même si l’on possède la meilleure épée du monde, un cœur mauvais rend plus vil que le commun des mortels. La vertu n’est pas solitaire : elle a toujours des voisins. »
Seigneur Choi rapprocha soudain la feuille de papier coréen sur laquelle il écrivait.
Comme je la regardais sans comprendre, il m’expliqua :
« Cela signifie qu’une personne vertueuse n’est pas seule et qu’elle aura forcément des voisins. »
« Ah, je connais ce passage. »
« Vraiment ? »
« C’est tiré des Entretiens, non ? »
« … ! »
Les sourcils de Seigneur Choi se mirent soudain à trembler.
Je le savais parce que mes parents m’avaient autrefois enseigné les Quatre Livres et les Trois Classiques.
« Yohan, tu dois apprendre ça par cœur, correctement. »
« Pourquoi je dois étudier ce genre de trucs de nos jours ? C’est pareil pour le latin. »
« Pasteur Kim maîtrisait les Quatre Livres et les Trois Classiques quand il était jeune. Pour rejeter les pouvoirs et les esprits étranges, il faut avoir l’esprit d’un lettré. »
Ensuite, ils me firent apprendre toutes sortes de choses par cœur.
Quand j’étais petit, j’apprenais plus de latin que d’anglais, et plus les Quatre Livres et les Trois Classiques que le coréen et les mathématiques.
Mes notes étaient catastrophiques à cause de ça, mais mes parents préféraient me voir apprendre la Bible par cœur et maîtriser les Quatre Livres et les Trois Classiques.
« Étudier les choses pour approfondir son savoir, rendre sa volonté sincère et rectifier son cœur. »
« C’est tiré de la Grande Étude, non ? Étudier les principes des choses pour développer pleinement son savoir, rendre ses intentions sincères et corriger son cœur… C’est bien ça ? »
« … Apprendre et mettre en pratique ce que l’on a appris, n’est-ce pas une joie ? »
« C’était aussi tiré des Entretiens, je crois… Ça voulait dire qu’apprendre et mettre en pratique ce qu’on avait appris était une chose réjouissante. »
Seigneur Choi me saisit soudain la main.
« Érudit Baek… non, Baek-gunja ! »
« Baek-gunja ? »
« Comment quelqu’un qui a appris par cœur les Quatre Livres et les Trois Classiques et en explique le sens sans hésiter ne pourrait-il pas être un homme de bien ? »
« … Je les ai seulement appris par cœur. »
« Savoir quand on sait et savoir quand on ne sait pas, voilà le vrai savoir ! Vous possédez la vertu d’un homme de bien ! »
« Euh… oui. »
« Baek-gunja, êtes-vous marié ? »
« Quoi ? Non, pas encore. »
« Hé hé ! On dit que nous vivons la fin des temps, mais un homme adulte a tout intérêt à se marier le plus tôt possible. Ma petite-fille est en âge de se marier cette année. Cela vous intéresse ? »
« Quoi ?! »
« Hé ! »
Bang Seoryeong s’avança en criant, furieuse.
« Le vieux, vous recommencez avec vos bêtises ! Arrêtez de raconter n’importe quoi et parlez-nous du Seigneur de la Montagne ! »
« Ha ! Bodhisattva Demoiselle Dragon, ne songez même pas à épouser notre Baek-gunja. Comment quelqu’un qui sert des pouvoirs et des esprits étranges, un hérétique… »
« Qu’est-ce que vous avez dit ?! Maître Seon Unjeong ! Vous allez rester là à regarder sans rien faire ?! »
Bang Seoryeong fusilla Maître Seon Unjeong du regard. Ce ne fut qu’alors qu’il ouvrit les yeux et saisit son chapelet.
« Il faut supporter soi-même les calamités que l’on attire sur soi. »
Qu’est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ?
Notes :
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