Chapitre 98
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 98 : Les sorciers du Nord (2)
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« Enchanté. Je suis Ri Gicheol, de la République. »
Ah, c’était donc l’un des sorciers nord-coréens.
J’imaginais les Nord-Coréens soit comme des gamins des rues affamés, soit comme de vieux soldats couverts de médailles. Mais ce type avait plutôt l’air d’un homme d’âge mûr bien tiré à quatre épingles.
Il était grand et portait une barbe soigneusement taillée.
Il n’avait rien d’une star de cinéma à la beauté irréelle ni d’un vétéran aguerri tout droit sorti d’un feuilleton.
Pourtant, Ri Gicheol, qui avait l’air d’être leur chef, n’était pas celui qui me dérangeait le plus.
C’était la fille encapuchonnée derrière lui.
Elle semblait encore assez jeune pour être au lycée, ou peut-être venait-elle tout juste d’atteindre la majorité. Elle avait à peu près l’âge de Bang Seoryeong.
Elle me fusillait du regard avec une telle franchise que je me demandai si j’avais fait quelque chose de mal.
Quel venin dans ses yeux !
Mais je ne pouvais pas perdre.
Je la regardai droit dans les yeux à mon tour. Pas question de cligner le premier dans ce concours de regards.
Vive la République de Corée.
Vive le capitalisme.
Vive, vive le libéralisme.
« … ! »
Le concours de regards prit fin étonnamment vite.
Elle détourna les yeux et baissa la tête.
C’était quoi, ce bordel ? Quelle déception.
Enfin, ils étaient donc des sorciers nord-coréens…
Quel genre de sorcellerie pratiquaient-ils ? Comment se battaient-ils ?
Alors que je commençais à me poser des questions, Ri Gicheol proposa soudain quelque chose.
« Camarades du Sud. Puisque le destin nous a réunis pour cette chasse au Seigneur de la Montagne, que diriez-vous d’un petit combat amical ? »
« Un combat amical ? »
« Ça peut être une épreuve de sorcellerie ou une démonstration de puissance Juche. »
Autrement dit, il voulait nous tester.
Tous ceux qui étaient là comprirent ce qu’il voulait dire.
Ces salauds cherchaient à asseoir leur domination.
« Camarade Bodhisattva Demoiselle Dragon. J’ai entendu dire que vous étiez l’une des meilleures sorcières du Sud. J’aimerais voir de quoi les sorciers sud-coréens sont capables. Qu’en dites-vous ? »
« … »
Bang Seoryeong balaya les alentours du regard et comprit qu’elle était la seule personne présente à pouvoir prendre une décision.
Elle était la seule à avoir rang de dirigeante parmi les Cinq grandes lignées.
La décision lui revenait donc.
« Comme le Maître Seon Unjeong et le Grand Académicien ne sont pas là, peut-être pourrions-nous remettre ça à plus tard… »
« Vous évitez parce que vous avez peur de perdre ? »
Crac !
Même derrière elle, je sentis presque les veines du front de Bang Seoryeong se gonfler.
Ri Gicheol ne cessa pas de la provoquer.
« Nous sommes l’élite de la République, certes, mais aucun de nos sorciers du rang de commandant n’est venu. J’ai entendu dire que les sorciers sud-coréens étaient redoutables. Je ne vous imagine donc pas prendre vos jambes à votre cou devant de simples membres d’escouade. »
« Ha… »
Bang Seoryeong eut un rire sans joie.
Et oui, la provocation avait fait mouche.
Bang Seoryeong, bien sûr, mais aussi les membres de la Société du Lotus Noir qui l’entouraient, les gens de Cheonghak et les moines de la Secte du Diamant avaient tous mordu à l’hameçon.
Il n’était plus question de reculer.
« Très bien. Voyons ce que vous avez dans le ventre. »
Bang Seoryeong accepta le défi.
* * *
« Quelle bande de petits cons. On les a un peu provoqués et ils se sont précipités sur nous comme des papillons vers une flamme. »
« Tout s’est passé comme prévu. »
Ri Gicheol avait l’air satisfait que sa provocation ait fonctionné.
« À première vue, à part cette Bodhisattva Demoiselle Dragon, personne ne sort du lot. »
Ri Gicheol avait prétendu qu’ils n’étaient que de simples membres d’escouade, mais c’était un mensonge.
Ceux qui étaient venus comptaient parmi les meilleurs éléments du Nord.
Cha Hyeran, en particulier, était considérée comme l’avenir du monde de la sorcellerie de la République.
Il les avait qualifiés de simples membres d’escouade pour exagérer et exhiber la puissance militaire de la République.
« C’est aussi une bonne occasion d’évaluer les sorciers sud-coréens. Nous devons mesurer toute leur puissance pour la mission spéciale de la République. »
Ce que Ri Gicheol et les sorciers nord-coréens cherchaient, c’étaient des données.
Pour repérer les imprévus qui pourraient surgir au cours de l’opération contre le Seigneur de la Montagne, ils devaient comprendre les sorciers sud-coréens.
Pas qu’ils puissent nous arriver à la cheville.
Ri Gicheol garda cette pensée pour lui et sourit.
Après tout, ils avaient avec eux le plus grand génie de la République, le prodige de la puissance Juche.
« Camarade Cha Hyeran. Vous pouvez vous occuper de la Bodhisattva Demoiselle Dragon, n’est-ce pas ? »
« … Oui. »
Cha Hyeran répondit faiblement à Ri Gicheol.
Elle ne lui avait toujours pas parlé de Baek Yohan.
Malgré son don spirituel inné — une vision capable d’évaluer le talent d’un adversaire et l’ampleur de sa puissance —, elle ne parvenait pas à comprendre l’immense réserve d’énergie spirituelle qu’il possédait.
Un être humain pouvait-il vraiment avoir autant d’énergie spirituelle ?
Mais elle ne pouvait pas en parler franchement.
La Corée du Nord était un État dictatorial, à la hiérarchie rigide et au pouvoir autoritaire.
Même si on était incapable de faire quelque chose, il fallait prétendre le contraire. Même s’ils affirmaient qu’on pouvait fabriquer des blocs de pâte de soja fermentée avec des haricots rouges, il fallait les croire.
C’est ça. L’énergie spirituelle ne fait pas tout chez un sorcier. Je n’ai qu’à gagner grâce à mon talent.
Cha Hyeran se força à se calmer et raviva sa détermination à gagner.
De leur côté, les Sud-Coréens discutaient pour savoir qui devait participer.
« Pour commencer, il faut que le chef de société de la Société du Lotus Noir participe… »
« C’est dommage que le Grand Moine et le Grand Académicien ne soient pas là. »
« Même s’ils étaient là, faire participer les trois aurait l’air un peu… »
Parmi les sorciers sud-coréens, il y avait des moines guerriers de la Secte du Diamant, des lettrés confucéens de Cheonghak et des chamans de la Société du Lotus Noir.
Si Bang Seoryeong, le chef de société de la Société du Lotus Noir, participait, les autres concurrents devraient venir de la Secte du Diamant et de Cheonghak.
« La Secte du Diamant devrait envoyer le moine Mugak et le moine Jingang. Comme le Maître Seon Unjeong n’est pas là, il est juste que des disciples de première génération se présentent. »
« Soit. »
Yohan se rendit compte qu’il reconnaissait l’un des moines de la Secte du Diamant.
C’était celui qui était intervenu au Marché des fantômes quand un escroc avait essayé de truquer un pari avec le Bâton de fer de Musashibo Benkei.
Il se demanda si le moine avait récupéré son argent, à l’époque.
« Cheonghak s’en sortira ? Les lettrés de Cheonghak ne sont pas particulièrement doués au combat. »
« Même sans affrontement direct, Cheonghak ne sera pas en reste dans une épreuve de sorcellerie et de puissance spirituelle. »
« Dans ce cas, si Cheonghak en envoie deux… »
« Envoyons-en un seul. »
Bang Seoryeong fut la première à exprimer cette opinion.
« Pourquoi Cheonghak n’enverrait-elle qu’une personne ? La Société du Lotus Noir aurait-elle quelqu’un capable de participer ? »
Malgré leur formulation, ils n’avaient manifestement pas apprécié la remarque.
On aurait dit qu’ils remettaient en question les capacités de Cheonghak.
Si Bang Seoryeong n’avait pas été le chef de société de la Société du Lotus Noir, cette suggestion aurait provoqué une vive opposition.
« Je ne propose pas quelqu’un de la Société du Lotus Noir. »
Bang Seoryeong se retourna.
Derrière elle se tenait un type d’une vingtaine d’années.
« Lui ? »
« Il vient d’où… À en juger par son chapelet, de l’Église du Saint Temple de Gangnam ? »
« On avait dit que l’Église du Saint Temple enverrait quelqu’un. »
Les gens de la Secte du Diamant et de Cheonghak regardèrent Yohan avec méfiance.
Bang Seoryeong était le chef de société de la Société du Lotus Noir et avait déjà fait ses preuves. Mais ce jeune homme, lui ?
« Si c’est le Bodhisattva Gari, alors j’accepte. »
L’Érudit Yoo, qui savait qui était Yohan, hocha la tête comme si cela allait de soi.
« Érudit Yoo, vous le connaissez ? »
« J’ai déjà travaillé avec lui sur une mission. Ses compétences ne font aucun doute. »
« Si l’Érudit Yoo le dit… »
Les gens de Cheonghak et de la Secte du Diamant, qui avaient vécu reclus sur Taebaeksan, n’étaient pas au courant.
Ils ignoraient que le Bodhisattva Gari était un sorcier qui avait reçu le Nœud noir et qu’il avait récemment vaincu seul le célèbre nécromancien Kim Gicheol.
Les chamans de la Société du Lotus Noir, eux, réagirent autrement.
« Hng… »
Ils avaient vu.
La gueule immense qui dévorait les Dieux-Dragons, et la Sœur de deux mètres quarante qui tirait avec deux canons automatiques.
Ils avaient aussi vu les chamans traîtres fondre jusqu’à la mort dans un bain public.
Les chamans de la Société du Lotus Noir gardèrent le silence, refusant de se remémorer cette vision atroce.
* * *
L’auditorium souterrain de l’Hôtel Taebaeksan.
L’épreuve de sorcellerie commença dans un auditorium entouré de sorciers de Cheonghak, de la Secte du Diamant et de la Société du Lotus Noir.
Le premier à s’avancer fut Mugak, disciple de première génération de la Secte du Diamant.
À part le chef de société de la Société du Lotus Noir, il était le moine exorciste le plus haut placé parmi les personnes présentes. Il était célèbre pour son corps dur comme l’acier et le bâton de fer qu’il maniait.
« Lieutenant-colonel Park Cheol, du Bureau de gestion des forces militaires paranormales. »
« Mugak, disciple de première génération de la Secte du Diamant. »
Tous deux avaient l’allure de combattants, de la tête aux pieds.
Le combat fut serré.
Chaque fois que Mugak abattait son bâton de fer, Park Cheol parait le coup avec son bouclier et son épée, puis contre-attaquait. Leurs manœuvres et leurs réflexes surpassaient ceux de combattants professionnels.
« … J’ai perdu. »
Park Cheol finit par s’incliner.
Après ce combat serré, Mugak regagna sa place, trempé de sueur.
« Le moine Mugak l’a emporté de justesse… »
« Je pensais qu’il l’écraserait. »
Bien qu’ils eussent remporté une victoire, les sorciers sud-coréens étaient ceux qui en ressortaient ébranlés.
Mugak comptait parmi les disciples de première génération les plus forts de la Secte du Diamant.
Autrement dit, on s’attendait à ce qu’il dirige un jour la Secte du Diamant.
Et pourtant, il avait eu toutes les peines du monde à vaincre un seul sorcier du Nord.
Cela prouvait que les sorciers nord-coréens étaient bien plus forts qu’ils ne l’avaient imaginé.
« Major Kim Jinhyeok. »
Le sorcier suivant était lui aussi un combattant. Jingang, disciple de première génération, s’avança pour l’affronter, mais Kim Jinhyeok l’emporta.
« Les sorciers nord-coréens sont meilleurs que je ne le pensais. »
« Ils sont vraiment si impressionnants ? »
« D’autant plus que la lignée des sorciers du Nord a été interrompue pendant si longtemps. »
La sorcellerie était un ensemble de techniques anciennes qui s’étaient développées au fil des générations et des traditions, mais cette lignée avait été rompue depuis longtemps en Corée du Nord.
Dans une république socialiste, tout ce qui relevait du spirituel était considéré comme contre-révolutionnaire.
Le pasteur Park l’avait dit lui aussi.
Sous la dictature militaire, la Corée du Nord avait été infestée de fantômes et de yōkai envoyés par des sorciers sud-coréens. Jusqu’à un peu plus de dix ans auparavant, des sorciers sud-coréens y avaient été dépêchés.
La Corée du Nord n’était devenue indépendante de la Corée du Sud dans le monde de l’exorcisme que récemment.
Jusqu’à peu, le Nord avait été privé des lignées et des sorciers qui s’étaient accumulés sur ces terres au fil des siècles.
« J’ai hâte de voir à quoi ressemble la sorcellerie nord-coréenne. »
Le troisième match opposa deux sorciers.
L’Érudit Yoo de Cheonghak s’avança. En face de lui se trouvait Ri Myeonghui, un sorcier en uniforme populaire, ceint d’une ceinture rouge.
Ri Myeonghui brandit une clochette de bronze et lança son attaque en soulevant le vent.
Des bourrasques tranchantes comme des lames s’abattirent sur l’Érudit Yoo. Celui-ci déploya son éventail et récita une incantation.
« Si les noms ne sont pas corrects, les paroles ne sont pas justes. Le mal n’envahit pas la justice. L’énergie juste demeure dans le cœur, et la rectification des noms mène à la Voie ! »
La sorcellerie de Cheonghak niait les phénomènes étranges, les exploits de force, le désordre et les esprits, pour contraindre le monde à suivre la voie juste.
La méthode principale des lettrés confucéens consistait à établir des barrières et à briser les sortilèges.
Quand l’Érudit Yoo bloqua le sort, Ri Myeonghui agita frénétiquement sa clochette de bronze et intensifia son attaque.
En voyant les lames de vent s’abattre, Yohan se souvint du grand yōkai Kamaitachi qu’il avait affronté au Japon.
« Kamaitachi était plus fort que ça. »
« … Vous parlez bien du grand yōkai japonais Kamaitachi ? »
« Ouais. J’en ai abattu un à Kyoto. »
« … »
Bang Seoryeong regarda Yohan comme s’il était fou.
Comment pouvait-on comparer un simple humain à un grand yōkai ? Même les sorciers de haut rang devaient les chasser en groupe.
Ses critères n’étaient-ils pas complètement faussés ?
« Au fait, où sont Gari et la Sœur de deux mètres quarante ? »
« Oh, je leur ai dit d’attendre dehors. Il y a plein de gens ici qui peuvent voir les corps spirituels, alors je ne voulais effrayer personne pour rien. »
« … Le match va pourtant commencer. »
Elle lui demandait s’il comptait vraiment ne pas faire intervenir Gari et la Sœur de deux mètres quarante dans le match.
« On ne se bat pas à mort. Ce serait un peu exagéré de les faire sortir, non ? »
« … »
Yohan comptait donc participer sans déployer toute sa puissance.
À vrai dire, les Nord-Coréens ne révélaient sans doute pas non plus toutes leurs capacités. Mais Yohan se battait surtout avec ses familiers, et il n’allait même pas les utiliser.
Entre-temps, le troisième match prit fin.
Ri Myeonghui, du Nord, l’emporta, tandis que l’Érudit Yoo, blessé, s’éloignait en traînant les pieds.
« Deux à un… »
« Les sorciers nord-coréens sont vraiment aussi doués ? »
La Corée du Nord faisait bien meilleure figure que tout le monde ne l’avait imaginé.
Déconcertés, les sorciers sud-coréens sombrèrent dans la morosité.
De l’autre côté, les Nord-Coréens étaient désormais convaincus qu’ils allaient remporter une victoire écrasante.
« Le lieutenant-colonel Ri Gicheol ne perdra pas. Une fois la Bodhisattva Demoiselle Dragon éliminée lors du match des capitaines, nous l’emporterons quatre à un. »
Ils avaient envoyé Ri Gicheol en quatrième position.
En tant qu’officier supérieur du Bureau de gestion des forces militaires paranormales, il était certain qu’il vaincrait la plupart des sorciers sud-coréens.
Il ne resterait alors qu’à Cha Hyeran d’affronter la Bodhisattva Demoiselle Dragon lors du match des capitaines.
Et la victoire de Cha Hyeran était pratiquement assurée.
« Nous allons commencer le quatrième match ! »
Ri Gicheol s’avança, l’air assuré.
Mais, contre toute attente, il découvrit la Bodhisattva Demoiselle Dragon en face de lui.
« Vous… Pourquoi êtes-vous là ? »
« Il y a un problème ? »
« Vous n’êtes pas leur capitaine ? Vous avez joué un sale tour… ! »
Vu leurs capacités, il était naturel que le chef de société de la Société du Lotus Noir participe en tant que capitaine.
Et pourtant, elle s’était présentée en quatrième, contre toute attente.
Ri Gicheol était certain qu’il s’agissait d’une manœuvre calculée pour s’assurer la victoire.
« Vous aussi, vous avez joué un sale tour, lieutenant-colonel, non ? »
« Hmph… Vous ne direz plus ça quand vous verrez qui sera notre capitaine. »
« Ah oui ? Alors cette jeune fille est votre combattante la plus forte ? »
« … »
Bang Seoryeong s’était naturellement attendue à ce que Ri Gicheol, venu comme commandant adjoint, soit leur meilleur combattant.
Cha Hyeran était une surprise, et Bang Seoryeong ne savait pas trop quoi penser de la situation.
« Comme c’est drôle. Moi non plus, je ne suis pas notre combattant le plus fort. »
« Quoi ? »
La Bodhisattva Demoiselle Dragon n’était donc pas leur meilleure carte ?
Bang Seoryeong, la Bodhisattva Demoiselle Dragon, remporta le quatrième match.
Comme les deux adversaires précédents, Ri Gicheol était un combattant. Il n’avait aucun moyen de vaincre la Bodhisattva Demoiselle Dragon, qui commandait plusieurs Dieux-Dragons.
« Kgh… J’ai perdu ! »
Il ignorait qu’elle n’avait même pas encore utilisé son atout.
Elle ne pouvait pas le montrer dans un endroit pareil.
Le score était désormais de deux partout.
Comme la compétition restait serrée, les deux camps envoyèrent leurs capitaines.
« Hein… C’est un inconnu qui se présente comme notre capitaine. »
« Il doit être doué si le chef de société de la Société du Lotus Noir le reconnaît, mais il n’est pas trop jeune ? La jeune fille du Nord l’est aussi, mais quand même. »
« L’Église du Saint Temple avait un exorciste comme ça ? Le pasteur Go n’était-il pas le disciple préféré du pasteur Park ? »
Personne ne semblait attendre grand-chose de Yohan.
Après avoir découvert les capacités inattendues des sorciers nord-coréens, les Sud-Coréens supposaient que le jeune âge de Cha Hyeran témoignait d’un talent exceptionnel, tout en sous-estimant leurs propres forces.
Ils jugeaient très différemment ces deux jeunes gens.
Les deux capitaines, eux, ne partageaient pas cet avis.
« Bonjour. Pour l’instant, je me fais appeler le Bodhisattva Gari. Je devrais vous donner mon vrai nom ? »
« L-lieutenante Cha Hyeran. Mon vrai nom… n’est pas nécessaire. »
« Waouh, vous êtes soldate. Moi aussi, j’ai été libéré de mes obligations après avoir terminé mon service comme sergent dans l’armée de terre. Ah, votre grade est bien supérieur au mien. »
Comme c’était fascinant.
Yohan était seulement curieux de découvrir le genre de sorcellerie qu’utiliserait Cha Hyeran.
Cha Hyeran, elle, ne l’était pas.
Sa vision spirituelle lui révélait une mer immense d’énergie spirituelle, sans fond à l’horizon.
Même le grand yōkai qu’elle avait rencontré dans le Nord n’en possédait pas autant.
« Nous allons commencer le match ! »
Dès que l’arbitre annonça le début, Cha Hyeran passa à l’attaque.
Elle aussi était un prodige du monde de l’exorcisme nord-coréen.
Considérée comme un génie parmi les génies, elle possédait une immense énergie spirituelle.
Cha Hyeran comptait manipuler les objets autour d’eux grâce à son énergie spirituelle et les lancer sur Yohan.
Elle allait d’abord lui brouiller la vue en lui envoyant une véritable vague d’armes détenues par les moines guerriers, de talismans et de Lames spirituelles portés par les chamans, et bien d’autres objets encore.
« … ! »
Mais rien ne bougea.
Avant le match, elle avait discrètement imprégné les armes d’énergie spirituelle et en avait pris le contrôle. Pourtant, pour une raison ou une autre, elles refusaient désormais de bouger.
« Q-qu’est-ce que… ? »
Cha Hyeran comprit la cause et se figea, horrifiée.
C’était Yohan.
Yohan maintenait au sol les armes qu’elle avait tenté de manipuler.
Son énergie spirituelle écrasante les clouait comme un rocher.
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