Chapitre 100
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 100 : Soumettre le Seigneur de la Montagne
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Seigneur Choi me harcela jusqu’à ce que le maître Seon Unjeong ait fini de réciter tout le sutra.
« Il faudra aussi expliquer tout ça aux gens du Nord, mais commençons par en discuter entre nous. »
Étaient présents le Grand Académicien de Cheonghak, le maître Seon de la Secte du Diamant et le chef de société de la Société du Lotus Noir.
J’avais l’impression que l’Église du Saint Temple de Gangnam m’avait envoyé ici comme une sorte d’employé, mais aucun des trois ne semblait s’en soucier.
« Pour commencer, voici le frère Gari, le bodhisattva… »
« Je sais. Mme Park lui a remis l’accréditation du Nœud noir. Il a aussi soumis le grand démon Kim Gicheol. »
« Le pasteur Park s’est beaucoup vanté. Il disait que Baek-gunja avait fait des progrès fulgurants malgré son jeune âge et qu’il maîtrisait aussi bien la plume que l’épée. »
Les dirigeants des Cinq grandes lignées semblaient rester souvent en contact.
Pas le chef de l’Église de la Grande Unification, en revanche.
Ah, c’était peut-être parce qu’il dirigeait une secte hérétique ?
« Le Seigneur de la Montagne de Taebaeksan est un être ancien. Ses légendes se transmettaient déjà sous la dynastie Goryeo. »
Quel âge pouvait-il bien avoir ? Au moins cinq cents ans, non ?
« À l’époque, les tigres faisaient des ravages partout dans la péninsule. On disait que les gens passaient la moitié de l’année à les chasser et l’autre moitié à assister aux funérailles de ceux qu’ils avaient dévorés. »
La péninsule coréenne regorgeait de montagnes et de forêts. Ses eaux pures nourrissaient de grandes populations d’herbivores, qui attiraient à leur tour de nombreux prédateurs.
Mais les humains préféraient eux aussi les endroits où l’eau était bonne. Les affrontements étaient donc inévitables.
En Europe, on avait lutté pour survivre face aux loups. En Corée, c’était face aux tigres.
« Le Seigneur de la Montagne de Taebaeksan est le plus grand de tous les tigres. Il surpasse même les trois grands fléaux tigres. »
« Les trois grands fléaux tigres ? »
« Ce sont les tigres les plus tristement célèbres de la péninsule : l’Homme-Tigre, le Tigre de Geumgangsan et le Tigre noir de Sapung, dans la province de Gangwon. »
« Nous pensons que le Seigneur de la Montagne de Taebaeksan est l’ancêtre du Tigre noir de Sapung. Ses origines remontent encore plus loin. »
Une légende racontait qu’un tigre noir avait dévoré des gens dans la province de Gangwon pendant dix longues années.
Un être encore plus ancien que le redoutable Tigre noir de Sapung. Autrement dit, le Seigneur de la Montagne de Taebaeksan était un tigre noir.
« Le Seigneur de la Montagne fut scellé pendant la période de l’occupation japonaise. La plupart des grands tigres furent chassés durant la campagne d’extermination des animaux nuisibles, mais lui était différent. »
« C’était un être mystérieux et immortel. Son rang était comparable à celui des trois grands fantômes maléfiques du Japon. »
J’en connaissais bien un : le Renard à neuf queues de Kyoto, au visage blanc et au pelage doré.
Un grand yōkai immortel qu’il était impossible de tuer.
Le Seigneur de la Montagne, le Tigre noir, semblait être du même genre.
« Les archives disent qu’il fut finalement scellé, mais six cents soldats de l’armée impériale japonaise furent sacrifiés pour y parvenir. »
Ils ne devaient pas être de simples soldats.
Il devait y avoir parmi eux des chasseurs de tigres aguerris, des onmyoji et des ninjas.
C’était à peu près le genre de groupe nécessaire pour sceller le Renard à neuf queues de Kyoto, au visage blanc et au pelage doré, au Japon.
« Donc, le sceau a été brisé. »
« Nous comptions au départ le sceller de nouveau. Nous nous y préparions depuis des mois. Puis un problème est survenu. »
« Quel problème ? »
« Il y avait trop de chang-gwi. C’en était écœurant. »
Seigneur Choi expliqua que les chang-gwi enterrés partout dans la montagne aux côtés du Seigneur de la Montagne avaient commencé à surgir de tous côtés.
« Ce tigre rusé a libéré les chang-gwi avant de briser son propre sceau ! Ils pouvaient ainsi tendre une embuscade aux sorciers venus le défaire ! »
« C’est vraiment un tigre rusé. »
Au bout du compte, Cheonghak et la Secte du Diamant s’étaient contentées d’ériger une barrière autour de Taebaeksan pour empêcher les chang-gwi de descendre de la montagne.
Bang Seoryeong leva alors la main.
« Et les chang-gwi qui se dirigent vers la Corée du Nord ? »
« Taebaeksan est une montagne assez vaste. Nous avons dû dresser la barrière à la hâte, et des brèches se sont formées. »
Les chang-gwi avaient apparemment poursuivi leur route toujours plus au nord, franchissant même le trente-huitième parallèle.
« Le Seigneur de la Montagne et les chang-gwi sont actuellement confinés dans Taebaeksan. Le problème, c’est que si nous voulons soumettre le Seigneur de la Montagne… »
« Il faudra traverser l’armée de chang-gwi pour l’atteindre. »
Les humains tués par des tigres devenaient des chang-gwi, esclaves du tigre.
Heureusement, la plupart des chang-gwi que le Seigneur de la Montagne avait commandés pendant la campagne d’extermination des animaux nuisibles avaient été exorcisés avec succès.
Il ne restait donc que les six cents soldats japonais tués par le Seigneur de la Montagne pendant sa soumission.
Une armée de fantômes composée de chasseurs de tigres et d’experts dans la soumission des yōkai, rien que ça.
* * *
Après la réunion, je regagnai la chambre d’hôtel qu’on m’avait attribuée et ouvris la fenêtre.
« Entre ! »
Gari flotta jusqu’à moi quand je l’appelai.
Mais Gari ne pouvait pas passer par la fenêtre.
« Ouah, t’es trop grande pour entrer, hein ? »
Clac !
« Attends une seconde. »
C’était du gâchis de puissance spirituelle, mais je n’avais pas le choix.
Je fis un bond sur une courte distance jusqu’à Gari, posai la main sur elle, puis bondis de nouveau jusqu’à la chambre d’hôtel.
La chambre était plutôt grande, mais une fois Gari à l’intérieur, elle paraissait complètement encombrée.
« Beurk, je n’arrive vraiment pas à m’habituer à ces bonds spatiaux. »
« C’est comme quand un avion prend de l’altitude. »
J’avais les oreilles bouchées, et toute l’expérience me semblait contre nature.
« Et Sœur ? »
« Elle monte l’escalier. »
Bien. Elle serait bientôt là.
« Gari, recrache-le dans la salle de bains. »
Crac !
Gari se rendit jusqu’à la baignoire, puis recracha un serpent enflammé.
Exactement.
C’était le serpent de feu invoqué par Cha Hyeran.
« Ça se complique. »
Je ne l’avais pas emmené avec moi sans raison.
Après que j’eus battu Cha Hyeran, le serpent de feu avait continué à me suivre.
On aurait dit que son pacte s’était transféré à moi d’une manière ou d’une autre…
« La magie démoniaque est vraiment si puissante ? Au point de pouvoir voler un pacte déjà conclu ? »
Qu’est-ce que j’étais censé faire de ça ?
Comme il me suivait, je l’avais emmené. Il était entièrement fait de flammes, alors j’avais demandé à Gari de l’avaler pour le moment, de peur qu’il ne mette le feu à quelque chose. Mais peut-être que je devrais le lui rendre.
Non, attends. Si je le lui rendais, les forces nord-coréennes n’en seraient que plus puissantes.
En bon citoyen patriote d’une société démocratique, n’était-il pas juste de ne pas le rendre ?
Qui lui avait dit de perdre son pacte ?
Toc, toc !
À cet instant, quelqu’un frappa à la porte.
« Qui est là ? »
« P-pourriez-vous ouvrir la porte… »
Un accent nord-coréen ?
Quand j’ouvris, Cha Hyeran se tenait là, l’air complètement abattue.
« Cha Hyeran ? »
« P-pourriez-vous me le rendre… »
Elle avait l’air sur le point de pleurer.
* * *
Le lendemain matin, la force conjointe de soumission réunissant la Secte du Diamant, Cheonghak, la Société du Lotus Noir et le Bureau de gestion des forces militaires paranormales lança son opération.
« Nous partirons successivement de la ville de Taebaek, du comté de Bonghwa et du comté de Yeongwol. La zone est très vaste, alors restez sur vos gardes. »
Nous gravîmes lentement les pentes de Taebaeksan.
Le sentier était calme.
On n’entendait que le bruissement des feuilles dans la brise fraîche et le léger craquement des feuilles mortes sous nos pas.
« C’est trop calme. »
Les chamans autour de Bang Seoryeong, tous des hommes, acquiescèrent en silence à ses paroles…
« Hein ? »
Une odeur fétide flotta dans l’air.
Elle était faible, mais impossible à confondre avec une autre.
« Gari ! »
Gari s’avança. Au même instant, un coup de feu retentit.
Bang !
Flouf !
La balle frappa Gari et disparut.
Si Gari ne l’avait pas bloquée, Bang Seoryeong ou moi aurions été pris pour cible par un tireur embusqué.
À mi-pente, des fantômes en vieilles tenues militaires, à moitié enfouis dans la terre, pointaient leurs fusils sur nous.
« Des chang-gwi ! »
Les coups de feu retentirent les uns après les autres.
Ceux qui réagirent trop lentement furent touchés par les tirs de précision, mais la plupart avaient été prévenus à l’avance et bloquèrent les balles avec des talismans et des barrières.
Je me cachai moi aussi derrière Gari, le souffle court.
« J’avais entendu dire que c’étaient des fantômes de soldats japonais, mais comment peuvent-ils tirer avec des fusils ? »
« Les fantômes conservent souvent les objets qui leur étaient liés au moment de leur mort. Et ce ne sont pas de vraies balles, mais des projectiles spirituels. »
À bien y réfléchir, le juge Kim portait un marteau de juge.
C’étaient les fantômes de soldats japonais tués par le Seigneur de la Montagne pendant la campagne d’extermination des animaux nuisibles. Il n’était donc pas étonnant qu’ils aient des fusils.
« Ça reste dangereux de se faire tirer dessus. »
« Ils se dissimulent sous terre grâce aux propriétés de leur corps spirituel, alors ils sont difficiles à toucher. Veuillez couvrir nos forces pendant que nous invoquons les Dieux-Dragons. »
« Vous avez entendu, Sœur ? »
【Pou~】
La Sœur de deux mètres quarante prit la tête.
Les chang-gwi des soldats japonais concentrèrent leurs tirs sur l’immense fantôme, mais leurs balles ne lui firent presque rien.
Son arme, en revanche, était la Tronçonneuse de Madeleine.
Un monstrueux canon automatique qui tirait des obus perforants de vingt millimètres à charge explosive, fabriqués sur mesure.
Badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum !
Une tempête de destruction balaya Taebaeksan.
Une violence écrasante.
Les projectiles bénis de l’Église du Saint Temple, qui coûtaient 25 000 won pièce, étaient tirés à raison de 4 800 par minute.
【Pou !!】
La Sœur de deux mètres quarante maintenait la gâchette enfoncée avec un plaisir évident, tandis que la pluie de balles s’abattait.
Les frais de combat dépassaient déjà les cent millions de won, mais tant pis. J’avais largement assez d’argent ; autant tirer jusqu’à en dépenser quatre cents millions.
« Kohaku ! Prépare-toi à remplacer le chargeur ! »
« Oui, mon seigneur !! »
Kohaku se transforma en un gigantesque yōkai renard et sortit de la bouche de Gari un énorme sac à munitions.
Assez grand pour être porté par quelqu’un de la taille de la Sœur de deux mètres quarante, il contenait environ dix mille balles.
Quand la rafale de la Sœur prit fin, on remplaça le sac.
Le changement prit douze secondes et demie.
C’était assez long pour que l’ennemi ait le temps de riposter, mais l’autre camp resta parfaitement silencieux.
Clic !
Une fois le canon automatique relié au sac à munitions, Kohaku cria :
« Mon seigneur ! Le remplacement est terminé ! »
« Parfait ! Vide-le jusqu’au bout ! »
【Pou ! Pou, pou~ !】
Badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum-badaboum !
La tempête se déchaîna de nouveau.
Quand cette pluie de deux minutes prit fin, Taebaeksan avait retrouvé son calme.
« Rechargement ! »
On installa un troisième sac à munitions, par précaution. Si elle le vidait lui aussi, le total des munitions tirées atteindrait environ sept cents millions de won.
« Je crois que nous avons suffisamment pris l’avantage. »
« O-oui… C’était assez pour me faire bourdonner les oreilles. »
« Ce n’était pas suffisant ? »
« Si. C’est à notre tour, maintenant. »
À ces mots, les chamans de la Société du Lotus Noir, tous des hommes, prièrent les Dieux-Dragons.
De nombreux fantômes de dinosaures, amenés dans des camions à bestiaux, s’avancèrent.
« Vous pouvez dévorer tous les fantômes de la montagne ! Dieux-Dragons, nous vous en prions ! »
Kyaaaaaaah !!
Les Dieux-Dragons rugirent et commencèrent à gravir la montagne.
Ils montaient à une vitesse qui dépassait de très loin celle de n’importe quel humain ou de n’importe quelle charge de cavalerie.
Les chang-gwi des soldats japonais, plaqués au sol par le bombardement sauvage, virent soudain les fantômes de dinosaures foncer sur eux.
« Aaaah ! »
« D-des dragons ! Des dragons ! »
Il y eut quelques tirs de riposte, mais ils étaient dispersés.
* * *
Sur le versant opposé à celui de la Société du Lotus Noir et de Yohan, des sorciers nord-coréens gravissaient Taebaeksan aux côtés des lettrés confucéens de Cheonghak.
« Quels coups de feu impressionnants. Qu’est-ce qu’ils ont amené pour faire autant de bruit ? »
« Ne vous en préoccupez pas. Nous n’avons qu’à faire notre travail. »
Seigneur Choi, de Cheonghak, lança alors d’une voix tonitruante :
« Déployez la Formation de l’Esprit rectifié ! »
Sur son ordre, les lettrés confucéens de Cheonghak levèrent leurs pinceaux et tracèrent des caractères dans les airs.
« Faites resplendir la vertu lumineuse ! »
Ils révélaient la vertu éclatante fondée sur la raison limpide que le Ciel avait accordée à l’humanité.
« Demeurez dans le bien suprême ! »
Que le peuple se renouvelle et demeure dans le bien suprême.
« Un gentilhomme ne parle ni de prodiges, ni de violence, ni de désordre, ni d’esprits. Le cœur pervers des âmes corrompues ne saurait troubler le gentilhomme ! »
Seigneur Choi balaya l’air de son pinceau et prit la parole.
« Si l’esprit est absent, on regarde sans voir, on écoute sans entendre, on mange sans goûter. »
Des ondes dorées jaillirent de la formation, et les projectiles spirituels qui arrivaient perdirent leur forme.
Tandis que la Société du Lotus Noir et Yohan gravissaient la montagne en déployant une puissance offensive écrasante, Cheonghak avançait régulièrement, protégé par une défense inébranlable.
« … C’est une technique incroyable. Je l’ai sous-estimée parce qu’elle était ancienne, mais elle a dissipé d’un seul coup une telle quantité de puissance du Juche. »
« Camarade, vous admirez les marionnettes sud-coréennes, maintenant ? »
Sous le regard acéré de Ri Gicheol, le sorcier nord-coréen qui avait parlé baissa la tête.
« P-pardon. Ce n’est pas ce que je voulais dire. »
« Reprenez-vous. »
« … »
Ri Gicheol tourna bientôt son regard vers Cha Hyeran.
« Camarade Cha Hyeran. »
« O-oui ! Camarade lieutenant-colonel ! »
« J’espère que vous avez bien compris que votre échec d’hier a trahi la confiance que le camarade dirigeant plaçait en vous. »
« O-oui ! »
Cha Hyeran tremblait sous le regard glacial de Ri Gicheol.
« La République vous a apporté tout son soutien pour placer ce serpent de feu sous vos ordres, et vous l’avez laissé se faire voler par un sale gamin sud-coréen. Cela pourrait être considéré comme une trahison envers le Parti. Vous comprenez ? »
« J-je comprends. »
« Il n’y a qu’un seul moyen de vous racheter : récupérer le serpent de feu… ou mener cette opération à bien. »
Voilà quel était le véritable objectif de la Corée du Nord en envoyant ses sorciers.
Si elle échouait, Cha Hyeran serait sans aucun doute qualifiée de réactionnaire.
« J-je ferai de mon mieux. »
Cha Hyeran frissonnait, le visage rongé par la peur.
La veille au soir, elle était allée voir Yohan pour récupérer le serpent de feu.
Mais…
« Moi ? Pourquoi ? »
Ce sale Sud-Coréen avait fini par refuser de lui rendre le serpent de feu.
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