Chapitre 92
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 92 : Le registre secret de l’âme revenue
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« La prime pour Kim Gicheol a été traitée. Beau travail. »
Au siège de l’Association des Mystiques.
Je terminai de remplir le rapport concernant la demande d’extermination de Kim Gicheol.
J’avais signalé par téléphone que l’extermination avait réussi le jour où nous avions capturé Kim Gicheol. Aujourd’hui, j’étais venu rédiger le rapport correspondant.
Le mot « rapport » était un peu exagéré. La division de contrôle vérifiait plutôt que les renseignements en sa possession étaient exacts.
« Un milliard de won sur les dix milliards de la prime a été versé à Gagaram. Et… »
Le chef d’équipe Kang Gihan sortit plusieurs documents et me les tendit.
« Voici des plans détaillés pour réduire vos impôts dans le cadre de votre activité hôtelière. »
La demande d’extermination de Kim Gicheol ne se limitait pas au versement de la prime.
En contrepartie, l’Association désignait certaines entreprises comme exonérées d’impôts, afin que les sorciers de haut rang échappent aux taxes sur les sommes colossales qu’ils gagnaient.
« Ce n’était pas censé être une exonération totale ? »
« Plus exactement, cela donne au Service national des impôts une raison de ne pas vous contrôler. Jetez un œil à ceci. »
Les documents détaillaient les affaires de l’Hôtel Yurim, que je rouvrirais bientôt, ainsi que les baux de mes propriétés.
« Voici un contrat stipulant que les employés de l’Association des Mystiques séjourneront à l’Hôtel Yurim pendant les trois prochaines années. Bien sûr, nous prendrons les frais à notre charge, et le bodhisattva Gari pourra nous facturer comme il se doit. »
Ainsi, je ne frauderais pas le fisc. Je me contenterais de gérer une entreprise florissante.
« Pour les matériaux, la main-d’œuvre et les autres frais d’exploitation de l’hôtel, vous pouvez inscrire des montants raisonnables ; nous nous occuperons du reste. Hum… Nous vous recommandons de créer quelques entreprises supplémentaires. »
« Créer des entreprises ? »
« Oui. Par exemple, des entreprises qui fourniraient à l’hôtel du matériel et de la nourriture. Si vous en créez sous des prête-noms, vous pourrez fixer les prix comme bon vous semble. »
C’était l’astuce que le pasteur Go avait évoquée auparavant.
Si une assiette achetée par une société d’approvisionnement coûtait dix mille won, on la déclarait à cent mille et on la faisait passer en frais professionnels.
Le bénéfice net de l’hôtel paraîtrait alors plus faible, et on croirait que je ne gagnais pas grand-chose. Ce qui signifiait, apparemment, moins d’impôts.
Normalement, si on poussait le bouchon trop loin, on se faisait prendre. Mais dans ce cas, le Service national des impôts ne mènerait même pas d’enquête.
« Vous avez pensé à tous les détails. »
« Disons que c’est la façon qu’a l’Association de vous montrer sa sincérité et son souhait de vous voir vous consacrer à votre véritable mission. »
Pas étonnant que le siège de l’Association ait été rempli d’experts-comptables et d’employés de banque.
« Si vous le souhaitez, les rémunérations de vos prochaines missions pourront aussi transiter par vos entreprises. Vous devriez en discuter avec le pasteur Go. »
« D’accord. J’y réfléchirai. »
Quoi qu’il en soit, les problèmes causés par les sommes que je gagnais ces derniers temps se réglaient petit à petit.
Il me restait à m’occuper des 1,2 tonne de lingots d’or rapportés du Japon en créant plusieurs entreprises là-bas. Les histoires d’impôts étaient beaucoup trop compliquées.
« Et… concernant la mission d’extermination de Kim Gicheol, certains responsables nous ont fait part de leurs commentaires. »
« Ils sont mécontents parce que je ne l’ai pas capturé vivant ? »
« Les avis étaient partagés. Le responsable de la Division spéciale voulait le tuer sur-le-champ, tandis que d’autres services souhaitaient se servir de Kim Gicheol comme d’un chien de chasse. »
L’Association elle-même semblait divisée sur le sort de Kim Gicheol.
Cela dit, beaucoup de gens devaient vouloir la mort d’un salaud comme lui.
« Le problème, c’est le bodhisattva Gari, qui a écrasé en si peu de temps un sorcier du niveau d’un Nœud noir comme Kim Gicheol. Pourriez-vous nous expliquer exactement comment vous l’avez maîtrisé ? »
« Eh bien, c’est un secret professionnel. »
À vrai dire, pour cette partie-là, j’avais suivi les conseils du pasteur Go.
「Wae ! WaeWae !」
「Argh, c’est quoi, cette bête de Satan ?」
「Une bête de Satan… Elle a quand même des côtés mignons, vous savez ?」
「Passons sur votre conception douteuse de la mignonnerie. Si vous pouvez cacher cette chose, faites-le.」
Quand je lui avais demandé pourquoi, sa réponse avait été simple.
「Vous connaissez la suprématie des relations internationales ? Je veux dire, le délit de sale gueule. Au moindre faux pas, les gens vous prendront pour un sorcier qui pratique la magie noire.」
En gros, le pasteur Go m’avait dit de ne pas les montrer parce qu’ils avaient une apparence beaucoup trop répugnante.
Contrairement à Gari, qui était généralement invisible, les bêtes composites devaient se matérialiser pour être utiles, ce qui ne faisait qu’aggraver les choses.
Le pasteur Go m’avait assuré que les gens prendraient leurs jambes à leur cou en les voyant.
Je ne révélai donc rien à l’Association au sujet des bêtes composites.
« Quoi qu’il en soit, la demande d’extermination est terminée. Nous espérons pouvoir collaborer de nouveau avec vous. »
« C’est moi qui l’espère. »
* * *
Ces derniers temps, tout ce que j’entreprenais avait pris une sacrée ampleur.
Les 1,2 tonne de lingots d’or rapportés du Japon, l’hôtel, l’usine de matériel médical… Pour un type ordinaire comme moi, tout cela était difficile à gérer.
Heureusement, la plupart des affaires tournaient toutes seules.
L’Église du Saint Temple de Gangnam et l’Association des Mystiques s’occupaient de tout, alors je n’avais pas grand-chose à faire.
Je ferais une grosse offrande plus tard.
Alors, quel était mon vrai travail ?
« En rang, tout le monde. En file. Hein ? Frotter le mur ne vous fera pas passer, alors mettez-vous correctement en rang. »
【P-pardon…】
Aujourd’hui encore, les fantômes avaient envahi les lieux, tandis que la Sœur de deux mètres quarante et Kohaku s’affairaient dans tous les sens.
« Vous ne pouvez pas rester tranquilles, oui ou non ? Et arrêtez de faire du bruit ! C’est la salle d’audience du roi ! »
Wae ! WaeWae !
Couiiic !
Les esprits-cerfs aquatiques, WaeWae, les esprits-sangliers, Quackquack, ainsi que les esprits-chiens et les esprits-chats, Barkbark et Meowmeow, contribuaient tous à maintenir les fantômes en ordre.
Ils n’étaient pas en mode bête composite.
Le pasteur Go m’avait conseillé de les cacher autant que possible, alors j’avais désactivé le mode bête composite.
Depuis que le lieu avait été proclamé sanctuaire, les fantômes affluaient chez moi, et l’Association surveillait également les lieux.
« Bon, l’audience est levée ! Prenez vos tickets et rentrez chez vous ! »
【D-déjà ? L’audience est levée ?】
【Non, ça fait des jours que j’attends !】
À l’heure de fermer, Kohaku leva la séance, et les fantômes protestèrent.
Kohaku leur lança un regard noir et se transforma en un énorme monstre renard grâce à sa magie de métamorphose.
« Vous autres ! Qu’est-ce que vous regardez ? Vous devriez être reconnaissants que mon seigneur ait la bonté d’écouter vos problèmes ! »
【Aïe ! P-pardon !】
【J-je reviendrai demain !】
Les fantômes s’enfuirent, paniqués.
Depuis l’arrivée de Kohaku, il me semblait plus facile de garder les fantômes en ordre.
Il fallait vraiment quelqu’un de capable de communiquer pour gérer tout ça.
« Mon seigneur ! Vous avez encore bien travaillé aujourd’hui ! »
« Ouais, toi aussi, Kohaku. Beau travail. »
« Hé hé, qu’est-ce que j’ai fait, moi ? Mon seigneur a tout fait. »
Kohaku se frotta les mains avec un sourire rusé.
Kohaku était parfaite en tout, sauf quand elle jouait les lèche-bottes sans la moindre honte…
« Quand même, ce travail n’en finit pas. »
« C’est vrai, mon seigneur. Il n’y a pas qu’un ou deux fantômes, et leur nombre augmente chaque jour… Ah, je ne veux pas dire que vous êtes lent à vous en occuper, mon seigneur ! »
« Je sais. »
Le nombre de fantômes augmentait de jour en jour. Kohaku et moi ne pouvions pas nous en sortir seuls.
Mais si nous ne nous en occupions que pendant notre temps libre, comme aujourd’hui, les fantômes en attente seraient trop nombreux.
Plus les fantômes rongés par le ressentiment attendaient, plus ils risquaient de devenir des esprits maléfiques. Il fallait agir vite.
« Il y a quelque part un juge fantôme ? »
« Hum, j’ai cherché des fantômes qui travaillaient dans le domaine juridique, mais ils sont difficiles à trouver, mon seigneur. »
« Pas étonnant. Quel ressentiment pourraient bien nourrir des gens qui ont vécu confortablement et bien mangé ? »
En soupirant, j’ouvris le Compendium des âmes fantomatiques.
Ce livre, qui semblait contenir les enseignements secrets de Kim Gicheol, expliquait comment traiter les âmes des fantômes et distinguer leur nature et leur karma.
Comme je passais mes journées entouré de fantômes, je le lisais au cas où il contiendrait des informations utiles.
« Argh, les caractères chinois, c’est dur. Pourquoi tous les vieux livres sont écrits en caractères chinois ? »
« Je vais vous aider aussi, mon seigneur. Ce sont des caractères chinois utilisés en Corée, alors j’ai moi-même un peu de mal à les lire. »
Avec l’aide de Kohaku, je repris ma lecture du Compendium des âmes fantomatiques.
[Un fantôme ne naît pas de la mort, et une âme ne disparaît pas avec la mort.]
L’introduction expliquait que, de son vivant, une personne gardait son âme dans son corps, mais qu’après sa mort, celle-ci pouvait perdre son chemin.
Les regrets lui barraient la route, le ressentiment entravait ses pas et l’obsession la retenait dans ce monde.
Une âme morte qui ne parvenait pas à partir était appelée un fantôme.
Le Compendium des âmes fantomatiques enseignait comment guider ces âmes en toute sécurité vers l’au-delà.
Il classait les âmes en cinq stades.
Le premier était celui de l’âme résiduelle.
C’était l’état dans lequel se trouvait l’âme peu après la mort, lorsqu’elle conservait presque tous ses souvenirs de son vivant.
La plupart des âmes passaient par ce stade, puis devenaient des âmes errantes avec le temps.
Une âme errante finissait peu à peu par ne même plus se rendre compte qu’elle était morte et dérivait sans but.
Le troisième stade était celui de l’âme vengeresse.
L’âme était alors déformée par un puissant ressentiment, et celles qui mouraient rongées par une profonde rancœur commençaient à ce stade.
Le quatrième était celui de l’esprit maléfique.
Il s’agissait d’une âme dont le ressentiment ou l’obsession avait pris une telle ampleur qu’elle s’en prenait aux êtres vivants.
Enfin, venait le fantôme maléfique.
C’était un esprit maléfique puissant, qui faisait du mal aux vivants et dévorait d’autres âmes pour acquérir une existence spirituelle autonome.
Les âmes résiduelles et les âmes errantes pouvaient elles aussi devenir des âmes vengeresses avec le temps, puis des esprits maléfiques et des fantômes maléfiques. Le livre affirmait qu’il fallait guider les âmes vers l’au-delà le plus vite possible.
« Le contenu est tout à fait normal. Alors pourquoi ce salaud de Kim Gicheol s’en est-il servi comme ça ? »
« Tout dépend de l’usage que l’on choisit de faire de son pouvoir, mon seigneur. »
« Tss. Les gens sont toujours le problème. »
Après avoir expliqué les raisons pour lesquelles le Compendium des âmes fantomatiques avait été écrit, l’introduction présentait les méthodes pour s’en servir.
Elle décrivait la Lecture des âmes fantomatiques, qui permettait de consulter les souvenirs des fantômes ayant oublié leur vie, et la Contention des âmes fantomatiques, qui maintenait leur âme en place.
Elle expliquait aussi la Méthode de purification de l’âme, qui lavait le ressentiment, la Libération de l’âme, qui la faisait passer dans l’au-delà, et même des méthodes pour conclure des contrats avec les fantômes.
Kim Gicheol avait bel et bien détourné l’usage du Compendium des âmes fantomatiques.
Il s’agissait d’une méthode pour guider les âmes en toute sécurité vers l’au-delà.
« Ça… pourrait être utile pour le travail. »
Après tout, mon travail consistait à aider les fantômes à rejoindre l’au-delà, non ?
En utilisant les arts secrets du Compendium des âmes fantomatiques, je pourrais peut-être aider les fantômes à rejoindre l’au-delà plus facilement et alléger ma charge de travail.
« Exactement, mon seigneur. Regardez ça. »
Kohaku me montra le Registre des fonctionnaires fantômes.
« C’est une technique secrète qui permet de retracer l’âme et le karma d’un fantôme, mon seigneur. »
« Hein ? Alors, avec ça… »
« On pourrait retrouver des fantômes issus du milieu juridique ? »
« Essayons tout de suite. »
Il était temps d’automatiser aussi les procès des fantômes.
Mon désir de concilier travail et vie privée se transforma en goût prononcé pour l’étude.
Le Registre des fonctionnaires fantômes servait à repérer le karma qui subsistait dans l’âme d’un fantôme.
Il fallait l’inscrire sur le Papier du miroir karmique, puis réciter l’incantation prévue sur une page blanche du Compendium des âmes fantomatiques.
« Une âme porte des traces, le karma a du poids et la fonction confère l’autorité. Révèle l’âme de celui qui porte le karma du service public, celui qui assume le poids d’un juge récitant jugements et précédents. »
À cet instant, l’énergie spirituelle au bout de mes doigts trembla légèrement et commença à être absorbée par le Compendium des âmes fantomatiques.
Frouf !
Le Compendium des âmes fantomatiques s’ouvrit sur une page blanche, vers la fin du livre.
Cette page vierge était le Papier du miroir karmique.
Une encre noire et pâle apparut sur le Papier du miroir karmique, mais elle ne formait pas des mots.
« Une ligne ? »
« On dirait qu’elle indique une direction, mon seigneur. »
Comme Kohaku l’avait dit, les lignes qui se déployaient dans toutes les directions formaient une sorte de carte indiquant un lieu.
En y regardant de plus près, je trouvai qu’elle ressemblait étrangement à la géographie de Séoul.
Quand la carte eut fini de se dessiner, un point apparut, et des caractères s’y gravèrent.
「Kim Panyeong · Âme vengeresse」
Kim Panyeong… une âme vengeresse ?
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