Chapitre 85
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 85 : Demande d’extermination d’hérétiques (2)
──────
Les nouveaux employés, Auns et Marchosias, avaient chacun leurs particularités.
Auns était un démon du feu capable de cracher des flammes ou d’envelopper des choses de feu, tandis que Marchosias maîtrisait la nécromancie et commandait aux bêtes.
Mais les pouvoirs de Marchosias ne se limitaient pas à commander les bêtes. Il pouvait lancer un sort appelé Bête hybride.
« L’odorat d’un chien ! Les réflexes d’un chat ! La capacité de voler d’un pigeon ! Et des serpents… parce qu’ils sont trop cool ! »
Bref, les Bêtes hybrides que j’avais créées en combinant une quinzaine d’animaux tournaient autour de nous, l’air un peu perdu.
Mais pas d’inquiétude.
Je les libérerais une fois le travail terminé.
La magie de la Bête hybride consommait de l’énergie spirituelle tant qu’elle restait active. À moins d’être dans un sanctuaire qui en fournissait continuellement, rien ne justifiait de la maintenir.
« Tout le monde, écoutez-moi ! »
Ouaf ?
Miaou ?
Gugu !
Chaque créature réagit à sa façon.
Je ne vivrais sans doute jamais assez longtemps pour comprendre leurs réactions. Après tout, je ne parlais pas leur langue.
L’important, c’était le lien de familier entre maître et subordonné qui les unissait à moi.
Tant qu’ils comprenaient mes ordres, ça suffisait. Je leur avais greffé toutes sortes de capacités ; ils ne finiraient probablement pas morts dans un fossé.
« Bon, sentez ça et suivez la piste. Vous savez faire, pas vrai ? Vous avez trois nez de chien chacun, ça devrait être facile. »
Ouaf ! Ouaf ouaf !
« Parfait ! Le premier Cerbère à les trouver aura droit à une belle récompense ! Allez, allez, allez ! »
Les Cerbères partirent aussitôt au galop.
« J’ai envoyé des centaines d’oiseaux et plusieurs créatures dotées d’un nez de chien. Ils ne tarderont pas à les trouver. »
« Pas vrai ? On mange en attendant ? »
L’endroit était réputé pour son Idong galbi. Autant me régaler de côtes.
« Gari, Sœur de deux mètres quarante, entrez doucement. »
Clac, clac !
【Dévore~】
Nous entrâmes dans un restaurant convenable, près de l’endroit où j’avais garé la voiture de location. Une femme d’âge mûr qui semblait en être la propriétaire nous accueillit, puis afficha un air gêné.
« Bienven… Hum, monsieur ? Nous ne servons pas les clients qui viennent seuls── »
« Vingt portions de galbi. On peut utiliser deux grils, pas vrai ? »
« Euh, hum, ah, hein ? O-oui… »
Nous nous installâmes. Kohaku se hâta vers les toilettes et, peu après, une élégante beauté s’approcha de nous.
« Mon seigneur~ »
« De la magie de transformation ? »
« Oui ! Qu’en pensez-vous ? J’ai simplement rendu ma forme actuelle plus grande. »
« Fascinant. »
Je détaillai Kohaku du coin de l’œil pendant qu’il s’asseyait. Il avait indéniablement l’air plus mûr.
« C’est à ça que tu ressemblerais si tu avais grandi normalement ? »
« Hmm… C’est un peu différent. Notre véritable forme est celle d’un renard, après tout. Notre apparence humaine, nous la créons grâce à la magie de transformation. »
Apparemment, même son visage et son corps étaient entièrement créés par cette magie ; ils ne ressemblaient donc pas vraiment à son apparence véritable.
« C’est comme si tu te faisais de la chirurgie esthétique à chaque fois ? »
« C’est plutôt comme entrer une apparence prédéfinie dans un fichier personnalisé, puis la charger. »
Une explication étonnamment moderne.
J’avais entendu dire que c’était un esprit-renard passionné de K-pop, qui parlait couramment coréen et savait même conduire.
À cet instant, la propriétaire apporta elle-même un plateau couvert de plats d’accompagnement.
« Je vais vous installer les accompagnements. O-oh, vous n’êtes pas seul, en fait. Mais… monsieur, nos portions sont plutôt grandes, alors dix portions pour deux personnes── »
« Quatre soupes au soja fermenté, deux soupes froides de nouilles de sarrasin, deux soupes froides de nouilles de sarrasin épicées et… deux, non, quatre œufs cuits à la vapeur. Nous grillerons la viande nous-mêmes, pas besoin de vous en occuper. »
« Euh, hum, ah, hein ? O-oui… »
La propriétaire bredouilla des sons incompréhensibles, puis s’éloigna, le regard vide.
« Je vais utiliser ma magie pour leur faire voir une illusion. »
« D’accord. »
Kohaku lança son sort.
À partir de maintenant, nous ne nous ferions plus trop remarquer par les autres clients.
« La viande est là, je vais la griller. »
L’Idong galbi avait l’air délicieux. J’avais hâte d’y goûter.
Grésillement~ !
L’Idong galbi cuisait à merveille sur le gril. Pendant ce temps, Kohaku me posa une question.
« Est-ce parce que je maîtrise mal le coréen ? Je ne comprends pas le nom de ce galbi. »
« Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? »
« Ça ne s’appelle pas Idong galbi ? Je pensais que c’était du galbi qu’on vendait en se déplaçant, comme dans un camion ambulant. »
« Ah, tu as raison. »
On pouvait vraiment vendre du galbi en se baladant dans un camion ? Alors pourquoi l’appelait-on Idong galbi ?
Tandis que je me posais la question, je remarquai sur le mur, en grandes lettres, l’origine de ce nom.
« Cette ville s’appelle Idong-myeon. C’est la porte d’entrée de Séoul, alors il y a des bases militaires dans le coin depuis très longtemps. »
« Oh~ Voilà pourquoi ça s’appelle Idong… »
« Même aujourd’hui, les côtes de bœuf ne sont pas données. Mais les visites aux fils qui faisaient leur service militaire étaient des occasions particulières, alors les gens emportaient du galbi pour eux. »
Ils en faisaient griller une énorme quantité, en donnaient à leurs fils pendant le peu de temps que durait la visite, puis emballaient les restes pour qu’ils puissent les ramener à la base.
Voilà l’histoire à l’origine de l’Idong galbi.
« C’était l’amour d’une mère pour son fils. »
Nous commençâmes à manger les côtes après avoir prié pour ceux qui étaient morts en défendant leur pays et pour les parents qui s’étaient tant inquiétés pour leurs enfants.
Elles étaient vraiment différentes des côtes marinées que j’avais mangées à Séoul. Au lieu d’être enrobées d’une sauce épaisse et très sucrée, elles avaient une saveur plus légère, avec juste un peu d’assaisonnement.
« C’est bon, c’est bon. Mange à ta faim, Gari. »
Clac, clac !!
Quatre-vingt-dix pour cent de nos dépenses alimentaires finirent dans la bouche de Gari.
Gari préférait le poulet, mais mangeait à peu près de tout ; ça ne devait donc pas avoir grande importance.
Gari n’avait toutefois pas l’air d’aimer beaucoup le porc.
Je retournais joyeusement la viande sur les deux grils quand un groupe à l’air patibulaire entra.
Leurs têtes ne trompaient pas : ils n’avaient pas un métier ordinaire. Ils portaient des combinaisons de motards noires, et le vacarme que j’avais entendu tout à l’heure devait venir de leurs motos.
Ce quartier était-il une sorte de lieu de rassemblement pour motards ?
« V-vous êtes un groupe ? »
La propriétaire accueillit prudemment les hommes intimidants qui affluaient dans le restaurant.
« Ouais. On est plus de vingt, alors préparez quelques tables. Et apportez du soju. »
Ils étaient venus à moto. Comment comptaient-ils conduire après avoir bu autant en plein jour ?
Puis l’un des hommes me reconnut.
« Bodhisattva Gari ? »
« Gagaram ? »
Quelle drôle de coïncidence de tomber sur lui ici.
« Hééé, Bodhisattva Gari ! Ça fait un bail ! On ne s’était pas vus depuis Itaewon, pas vrai ? »
« Quoi ? Vous vous connaissez ? »
L’homme qui semblait être le chef interrogea Gagaram, qui hocha la tête.
« On a travaillé ensemble quelques fois. Il est très doué. »
À ces mots, l’homme me dévisagea de la tête aux pieds.
Son regard était scrutateur et franchement désagréable.
« Je m’appelle Eom Honggeun. Et vous ? »
« On m’appelle Bodhisattva Gari. »
« C’est un nom religieux ? Vous étiez un chaman ? »
« Pas vraiment… Disons que c’est un pseudonyme. »
Eom Honggeun continua de m’examiner, puis jeta un coup d’œil à ma taille et ricana.
« On dirait que vous n’avez pas passé l’évaluation de rang de l’Association des Mystiques. Il y a toujours des indépendants comme ça. »
« Euh… »
Eom Honggeun me montra tranquillement sa propre taille. Un nœud bleu y ressortait nettement.
« Vous êtes du rang du Nœud d’Azur ? »
C’était le même nœud que celui du pasteur Go. Il devait être doué.
« C’est ça. Beaucoup de jeunes qui me suivent sont des Nœuds rouges. Les nœuds ne prouvent pas toujours le niveau de quelqu’un, mais ça reste une référence utile, non ? »
« Ouais, je suppose. »
C’était vrai.
Moi aussi, j’étais un Nœud noir, et pourtant je débutais à peine dans ce domaine.
« Hé, Gagaram. Pourquoi tu ne manges pas avec ton ami, maintenant que vous vous êtes retrouvés ? »
« Hein ? On n’est même pas venus ensemble, alors pourquoi── »
« Ça va. Le conducteur principal ne devrait pas boire. Vas-y mollo. »
Sur ces mots, Eom Honggeun se dirigea vers les grandes tables où s’étaient regroupés les motards.
Resté seul, Gagaram guetta ma réaction.
« Je peux m’asseoir ? »
« Vas-y. »
« Où s’est assise la Sœur de deux mètres quarante ? »
Je lui indiquai l’endroit où se trouvait la Sœur de deux mètres quarante. Gagaram se retourna et s’assit en face d’elle.
Gari était à côté de moi, mais Gagaram ne l’avait apparemment pas remarqué.
« Bref, ça fait un bail. J’ai entendu dire que tu t’étais fait un nom sur quelques missions. »
« Toi aussi. Tu es toujours en contact avec l’Érudit Choi ? »
« Ah, cet érudit doit être en train de s’épuiser dans les monts Taebaek, en ce moment. »
« Les monts Taebaek ? »
Gagaram me lança un regard étonné en voyant que je n’étais pas au courant.
« Tu n’as pas entendu ? Un Seigneur de la Montagne est apparu dans les monts Taebaek, et c’est le chaos là-bas. On croyait ces créatures éteintes depuis l’occupation japonaise, mais celui-là est gigantesque. Cheonghak s’est mobilisée en force. Ils mènent une opération conjointe avec la Secte du Diamant. »
Cheonghak était l’une des Cinq grandes lignées, et c’était le groupe auquel appartenait l’Érudit Choi.
S’ils s’étaient tous précipités là-bas, c’est que la situation était grave.
« Bref, si le Bodhisattva Gari est venu ici… c’est bien à cause de l’Église du Salut d’Éden ? »
« C’est ça. Toi aussi, tu as été engagé pour la mission ? »
« Kim Gicheol, le chef de l’Église du Salut d’Éden, est un criminel recherché dans tout le pays. Il est resté dans l’ombre une vingtaine d’années, puis il a soudainement refait surface. »
J’avais vu ça aux infos, moi aussi. Cela faisait environ aussi longtemps que Kim Gicheol et l’Église du Salut d’Éden avaient disparu sans laisser de traces.
« On dirait qu’il a rassemblé des fidèles un peu partout pendant tout ce temps. Il a dû se dire qu’il avait une chance. C’est logique, après tout : leur chef était un sorcier de rang Nœud noir. »
« Il était si impressionnant que ça ? »
« C’était un sorcier de rang Nœud noir, tout de même. »
Moi aussi, j’avais ce Nœud noir.
La Sœur de deux mètres quarante le portait en bandeau, par contre.
À bien y penser, Gagaram ignorait que j’étais un Nœud noir.
Enfin, je n’avais aucune raison de le lui dire.
Ça ferait un peu minable, comme si je me vantais.
« Au fait, qu’en dis-tu ? Le Bodhisattva Gari serait un atout de taille. Ça te dirait qu’on travaille ensemble ? »
« Comme ça, tout d’un coup ? »
« C’est un sorcier de rang Nœud noir. Il faudra aussi s’occuper de ses fidèles et, si on les trouve, il y a de fortes chances que ça tourne à la bataille rangée. »
Il ne s’agissait pas seulement d’arrêter un criminel recherché.
« Certains des chasseurs de primes les plus célèbres se rassemblent en ce moment à Pocheon. Dans l’ensemble, tout le monde pense qu’on devrait unir nos forces et grossir nos rangs. »
« Ah. »
En face, ils avaient l’avantage du nombre ; nous allions donc leur opposer le nôtre ?
Une opération conjointe.
La proposition était tentante. L’adversaire semblait être un sorcier de rang Nœud noir notoire, et l’affronter seul alors que je débutais à peine dans ce rang…
Hmm.
Je pensais pouvoir y arriver.
À part le pasteur Park et Park Bokrye, cheffe de la Division spéciale, je n’imaginais personne capable de me battre.
Non, non.
Je ne devais pas baisser ma garde.
Même pour chasser un chat, le lion donne tout ce qu’il a.
Une opération conjointe me semblait être une bonne idée.
« Je vais y réfléchir sérieusement. »
« Bien. Viens ici ce soir. »
« D’accord. Madame ! Encore vingt portions par ici ! »
« Euh, hum, ah, hein ? O-oui… »
Après avoir récupéré l’adresse auprès de Gagaram, je pris le volant ce soir-là.
* * *
La cour devant un bâtiment abandonné.
De nombreux véhicules et des motos étaient déjà rassemblés sur le lieu du rendez-vous.
Les gens sur place avaient l’air si patibulaire qu’on aurait pu croire à une réunion d’organisations criminelles.
« Eom Honggeun, tu es en retard. »
« Cinq minutes, ça compte à peine comme un retard. »
Eom Honggeun, le compagnon de Gagaram plus tôt dans la journée, fronça les sourcils et gronda.
L’homme qui lui cherchait querelle avait l’air tout aussi intimidant.
« C’est vous qui avez demandé qu’on coopère, non ? De toute façon, vous ne pouvez pas attraper Kim Gicheol tout seuls. »
« Mon cul. Kim Gangwoo, toi non plus, tu ne peux pas l’attraper. »
En face d’Eom Honggeun, le groupe dont le convoi était surtout composé de véhicules tout-terrain ressemblait lui aussi à une sorte de groupe de chasseurs.
Ils étaient vêtus de peaux de bêtes de la tête aux pieds, chargés d’armes lourdes et de cartouchières.
On aurait dit qu’ils sortaient tout droit d’un film TermiXator.
« Ça suffit. On n’avancera pas comme ça. »
Celui qui s’interposa pour mettre fin à leurs grognements semblait diriger un autre groupe.
Eom Honggeun et Kim Gangwoo étaient déjà intimidants, mais cet homme était encore plus imposant.
On aurait dit un personnage de film de gangsters.
Tout le monde avait l’air terrifiant, mais je n’avais pas peur.
La raison, c’était…
Clac ?
« Non. Gari, tu es le meilleur. »
J’avais fini par m’habituer aux têtes intimidantes.
« Allons droit au but. En gros, on va mener l’extermination ensemble. Comme vous le savez, notre adversaire est un sorcier de rang Nœud noir. Nos combattants les plus forts sont des Nœuds d’Azur, alors ça ne sera pas facile. »
« Il y a trois Nœuds d’Azur. Ce n’est pas suffisant pour faire le travail ? Un Nœud noir n’est pas invincible. »
« Il a des fidèles sous ses ordres. Les simples adeptes sont des fanatiques aveuglément dévoués, mais ses cadres, c’est autre chose. »
Ils combattraient ensemble.
Après que les trois hommes se furent mis d’accord, ils discutèrent de la récompense.
« Nous partagerons la récompense en fonction du nombre de personnes et du rang des nœuds. Kim Gicheol n’est pas le seul criminel recherché. Il y en a d’autres, alors il devrait y avoir assez d’argent à se partager. »
« Comment déterminerez-vous qui a le plus contribué ? »
« La récompense sera plus importante pour ceux qui auront joué un rôle décisif. »
Ah, ils décidaient ça tous ensemble ?
La discussion était plus fluide et professionnelle que je ne l’aurais cru.
« On ajoutera une prime. Ils se cachent depuis vingt ans, alors les retrouver ne sera pas facile. Que diriez-vous d’accorder trente pour cent à l’équipe qui les débusquera ? »
« Hmm… C’est vrai que les retrouver, c’est déjà tout un travail. »
« A-attendez un instant ! »
Un homme d’âge mûr interrompit la discussion. Il semblait indépendant, comme moi, et non rattaché à une organisation.
« Si vous donnez davantage à ceux qui les retrouvent, vous êtes sacrément avantagés avec vos grandes équipes ! »
« Exactement ! Vous trois, vous essayez juste de tout rafler pour vous, non ? »
Hmm, ce n’était pas faux non plus.
Trente pour cent, ce n’était pas rien.
« Hé. Si ça ne te plaît pas, ramène tes propres hommes. Pourquoi un petit indépendant vient nous casser les couilles ? »
« Ha, un Nœud blanc ? Tu auras de la chance si tu en attrapes ne serait-ce qu’un, et tu en veux déjà plus ? »
Comme s’ils s’étaient concertés, les chefs des trois organisations firent pression sur les indépendants.
Les indépendants n’étaient pas rares, mais ils ne semblaient pas assez téméraires pour tenir tête aux dirigeants des groupes organisés.
La discussion sur les récompenses accordées à ceux qui les retrouveraient se poursuivit dans les détails.
Mais…
- Ouaf ! Ouaf ouaf !
Je les avais déjà trouvés. Qu’est-ce que je devais faire ?
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