Chapitre 8
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 8 : Maître caché (2)
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Il y avait aussi des fantômes dans les églises.
Je ne le savais pas.
Ils n’avaient pas l’air d’être des esprits maléfiques, mais ils étaient étranges, avec un œil ou une queue en plus.
« Avec autant de fantômes dans les parages, même les fantômes d’animaux vont à l’église. »
Gari et moi quittâmes l’église ensemble.
Gari était venue à l’église, avait assisté au culte et semblait heureuse. En la voyant ainsi, je pouvais vraiment croire que Gari était un ange.
Quoi qu’il en soit, je devrais venir à l’église chaque semaine, ne serait-ce que pour Gari.
Je pris le bus et descendis à l’arrêt près de chez moi.
En traversant le quartier, je ne sentis aucune mauvaise odeur, contrairement à la dernière fois.
« Ça valait le coup de nettoyer le quartier. »
J’avais tabassé tous les esprits maléfiques que j’avais pu trouver ; il ne restait donc plus rien pour m’agresser les narines.
J’étais devenu un éboueur du monde spirituel.
C’est alors que j’aperçus un fantôme que je connaissais, près d’un poteau électrique.
« Bonjour, Han Gyeoul. »
【……】
C’était le pauvre enfant fantôme devenu un Esprit lié à la terre après un accident de la route.
Han Gyeoul avait toujours peur de Gari, mais au moins, l’enfant ne tremblait plus comme avant.
Nous avions dû nous croiser assez souvent pour que Han Gyeoul comprenne que Gari ne lui ferait pas de mal.
【B-bonjour…】
À présent, l’enfant me saluait même.
Je souris et désignai Gari du doigt.
« Tu devrais aussi dire bonjour à Gari. »
【B-bonjour…】
Clac, clac !
« Brave petit~ »
Je ne pouvais toujours pas toucher le fantôme de Han Gyeoul, mais nous pouvions communiquer.
【Quand… est-ce que maman vient ?】
L’enfant leva les yeux vers moi et posa la question.
Je ne sus pas quoi répondre.
L’histoire de Han Gyeoul avait fait l’objet de nombreux reportages aux informations.
Un conducteur ivre avait semé le chaos et renversé les deux parents et leur enfant.
Cette histoire tragique avait fait parler d’elle, car il n’y avait même aucun proche pour organiser leurs funérailles.
Le gouvernement avait organisé des funérailles pour les personnes sans famille survivante et recueilli des dons en mémoire des parents. Malgré tout, le fantôme de Han Gyeoul n’était toujours pas passé dans l’au-delà.
« Ta maman… euh… »
Ce qui me troublait, c’était que Han Gyeoul était devenu un fantôme, mais que je ne voyais sa mère nulle part.
Si l’accident avait laissé un ressentiment aussi profond, ne serait-elle pas devenue elle aussi un Esprit lié à la terre ?
【Maman et papa ne viennent pas. Ils sont où ?】
Je ne savais pas quoi dire.
Si je prétendais qu’ils étaient quelque part, je mentirais. Et si l’enfant me demandait de les faire venir, je devrais encore mentir.
Je n’étais pas sûr que l’enfant puisse accepter la vérité non plus.
« Eh bien… je ne sais pas vraiment. »
Au bout du compte, j’évitai la question.
Je ne pouvais rien faire.
« Tu veux que je répande plutôt quelque chose de bénéfique autour d’ici ? »
【Quelque chose de bénéfique ?】
Je sortis l’eau bénite et l’huile sainte que j’avais emportées.
En fait, je les avais prises pour en asperger le chemin du retour.
« L’énergie spirituelle de ce quartier a l’air mauvaise. J’y ai vu beaucoup de fantômes étranges. Avec ça, les mauvais fantômes ne pourront pas t’embêter. »
Je répandis les deux liquides uniformément autour de nous.
L’eau bénite repousserait les choses impures, tandis que l’huile sainte formerait une ligne de défense, une zone sûre.
J’avais déjà fait ça à plusieurs endroits sur le chemin du retour.
L’énergie spirituelle du quartier était mauvaise ; il fallait bien que je fasse quelque chose.
Au moins, ils ne pourraient plus s’approcher de chez moi, maintenant, non ?
À peine rentré, je me mis à étudier l’auréole de Gari.
L’auréole de Gari.
Elle avait réagi quand j’avais lu des versets de la Bible à l’église.
« Donc, elle réagit quand je lis des versets de la Bible ? »
Clac, clac !
Gari secoua la tête.
Ça ne voulait probablement pas dire non.
Après tout, son auréole avait réagi aux versets de la Bible.
Alors, à quoi d’autre les versets de la Bible pouvaient-ils être assimilés ?
« Aux prières ? »
Clac, clac !
On aurait dit que tout ce qui faisait office de prière pouvait fonctionner.
Je devrais essayer ?
« Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. »
……
……
Aucune réaction ?
Je devais en lire davantage ?
« Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. »
……
« Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. »
……
« Même quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. »
Hum.
Quelle était la différence ?
Aucune réaction.
Je comparai en silence les versets lus à l’église aujourd’hui avec ceux que je venais de réciter.
Le passage du culte était tiré du chapitre cinq de l’Évangile selon Marc.
Il parlait d’une femme malade qui avait eu le courage d’agir, convaincue que toucher seulement le bord de son vêtement suffirait à la guérir.
Et cette fois ?
Le psaume vingt-trois.
Le Seigneur est mon berger.
C’était un passage célèbre. Je doutais qu’il existe un fidèle qui ne l’ait pas lu au moins une fois.
Alors, qu’est-ce que ça signifiait ?
Je croyais avoir entendu une explication à l’église, mais je ne savais pas. Je ne m’en souvenais pas.
Je m’étais contenté de retenir un verset célèbre et de le lire.
Je l’avais toujours accepté sans trop y réfléchir.
Quand j’en arrivai là dans mes réflexions, je crus comprendre la différence.
À l’église, il y avait eu une interprétation.
On avait étudié la Bible, préparé un sermon, puis expliqué ce que le passage signifiait.
J’avais écouté et compris, dans une certaine mesure.
Cette fois, c’était différent.
Je m’étais contenté de lire les mots.
Je ne les avais pas compris.
C’était ça, la différence ?
« Euh… »
C’était difficile.
Qu’est-ce qu’un type comme moi, qui n’était allé à l’église qu’à moitié par obligation envers ses parents, pouvait bien comprendre ?
« Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien. »
Un berger est quelqu’un qui protège les moutons.
Dans la Bible, les moutons représentent souvent ceux qui obéissent, tandis que les chèvres symbolisent ceux qui se rebellent.
En bons moutons dociles du berger, nous recevons sa protection et suivons sa guidance.
« Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. »
Pour les moutons qui ont du mal à trouver seuls des endroits sûrs.
Le berger les mène dans un lieu où ils peuvent se reposer et survivre.
« Il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom. »
Il restaure un cœur épuisé et brisé.
Il nous guide sur le chemin qu’il juge juste.
« Même quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ta houlette et ton bâton me rassurent. »
Quelqu’un marchait à mes côtés dans un monde plein de dangers ; même dans l’adversité, je pouvais donc surmonter ma peur.
Parce qu’il était mon berger.
Quoi qu’il arrive, je ne serais pas abandonné.
C’était ce sentiment-là ?
C’était mon interprétation personnelle.
Je ne savais pas si elle était juste ou non, mais…
Clac, clac !
L’auréole de Gari se mit à briller.
« Ouf… »
Cette lumière m’apaisa.
Elle était réconfortante et chaleureuse.
Ce n’était pas qu’une impression.
Quelque chose avait bel et bien changé en moi.
Ce n’est qu’alors que je compris le sens de la prière.
Croire en la prière, la comprendre et la prononcer à voix haute.
C’était ainsi qu’un miracle se produisait.
* * *
Je n’avais fait que feuilleter la Bible.
Enfin, j’étais allé à l’église à contrecœur parce que mes parents m’y obligeaient ; je n’avais donc pas vraiment été un fervent croyant, ni étudié la Bible avec assiduité.
Malgré tout, peut-être que grandir dans la foi n’avait pas été inutile. Les connaissances que j’avais acquises à l’époque ne semblaient pas s’être entièrement évaporées.
« C’est intéressant. »
C’était intéressant.
Plus je comprenais les prières et les prononçais à voix haute, plus leurs effets se faisaient sentir.
Le seul problème, c’était qu’il fallait les dire à voix haute pour qu’elles fonctionnent.
Tard dans la nuit, je sortis acheter des kimbaps à l’épicerie de proximité.
【Hiiii !】
Un fantôme que j’avais déjà croisé aperçut Gari et moi, puis paniqua.
« Oh, bonjour. »
【Hiiiiii !】
S’il avait aussi peur, pourquoi ne pas s’enfuir ? Ah, oui. C’était un Esprit lié à la terre, il ne pouvait donc pas partir.
La première fois que je l’avais vu, il m’avait terrifié.
Maintenant que je le regardais, il me faisait simplement pitié.
Sans la liberté de partir ailleurs, j’avais l’impression que je serais moi aussi devenu un esprit maléfique si j’avais dû rester au même endroit pour toujours.
Peut-être que les vieux fantômes finissaient vraiment par devenir des esprits maléfiques.
Cette pensée me ramena à Han Gyeoul.
J’avais pitié de ce pauvre petit, incapable de passer dans l’au-delà tant qu’il cherchait ses parents.
Quelle prière pourrais-je faire pour aider un enfant à passer dans l’au-delà ?
Je cherchais à me rappeler un verset approprié quand j’arrivai à l’épicerie.
En choisissant des kimbaps triangulaires et une saucisse en bâtonnet, je me souvins que l’air m’avait paru étouffant en chemin.
Comme si de minuscules grains de sable flottaient dans l’air.
C’était des particules fines ?
J’achetai un masque KF-94 et le mis.
Je ressortis en fourrant dans ma bouche un kimbap triangulaire réchauffé au micro-ondes et sentis une légère odeur dans les environs.
Mais n’avais-je pas déjà nettoyé ce coin ?
C’était peut-être lié à cet air étouffant.
« Gari, finis de manger. »
J’ouvris le kimbap triangulaire et le pain que j’avais achetés pour Gari, les lui tendis, puis me dirigeai là où mon instinct me poussait.
Je le sentais de plus en plus fort.
Mon odorat sensible et mon toucher affûté semblaient repérer des courants anormaux dans l’air.
Le masque KF-94 ne servait donc à rien.
Malgré tout, je n’avais pas envie de respirer directement cet air sinistre, alors je le gardai.
Là.
« Hein ? »
Il y avait une maison de chamane.
Le genre de boutique de voyance qu’on trouvait dans presque tous les quartiers.
Je connaissais aussi celle-ci.
« On disait que ses prédictions étaient réputées pour leur exactitude. »
Ma famille chrétienne n’y avait jamais mis les pieds, mais les gens du coin en parlaient tout le temps.
Il y avait une vieille maison de voyance dans le quartier, et la chamane qui y vivait était, paraît-il, incroyable.
Elle habitait le quartier depuis cinquante ans et pratiquait donc depuis très longtemps.
Sanctuaire de Wolryeong.
C’était une maison de voyance au nom étonnamment grandiose. Des talismans jaunes couvraient le portail de cette vieille demeure de style hanok.
Un miroir fêlé et des bottes d’armoise séchée pendaient au-dessus du cadre de la porte.
On aurait dit le genre d’endroit où je ne devrais surtout pas entrer, mais l’odeur qui venait de l’intérieur était étrange.
Je devrais aller jeter un œil ?
Ou passer mon chemin ?
J’étais curieux, quand même. Et inquiet.
Chaque fois que je sentais une odeur étrange, c’était généralement lié à un esprit maléfique.
Bon, j’allais d’abord entrer. Si ça tournait mal, je dirais que j’étais venu consulter les oracles.
Un chrétien qui consultait les oracles. Ce n’était pas de l’idolâtrie ?
Enfin, je ne le pensais pas vraiment, alors ça devrait aller.
Je levai la main pour frapper fort à la porte.
Mais, lorsque je frappai doucement, la porte s’entrouvrit dans un grincement.
« …… »
Quoi ?
Elle venait de s’ouvrir toute seule ?
À l’instant où je franchis le portail et entrai, j’eus l’impression de passer une sorte de frontière. Un parfum léger m’enveloppa.
J’avais déjà senti quelque chose de semblable dans un temple, sur un site touristique.
Du bois de santal, peut-être ?
Tandis que je cherchais à identifier l’odeur, une voix tonitruante résonna dans tout le lieu.
« Espèce d’imbécile ! Comment oses-tu franchir la frontière sans permission ? Sors d’ici tout de suite ! »
« Hein ? »
Pris de court par cette remontrance furieuse, je m’empressai de me justifier.
« Je suis venu consulter les oracles ! »
En tant que chrétien, ça me gênait, mais c’était toujours mieux que de m’introduire chez quelqu’un par effraction.
« Tu oses me mentir ! Tu as déchiré la barrière que j’avais installée, et tu me sors ces absurdités, esprit maléfique… ! »
Soudain, fwoosh ! Une brassée de feuilles de papier jaillit de l’intérieur.
C’étaient des talismans en papier jaune, mais ils volaient tout seuls dans les airs.
« Om abira hum kam svaha… Esprit maléfique, renonce à ta forme. Perds ton souffle, perds ton nom et disperse-toi en cendres ! »
Les talismans qui flottaient dans les airs s’embrasèrent en un instant, puis projetèrent des flammes tout autour de moi.
« Gari ! »
Clac !
* * *
Bodhisattva Wolryeong, la chamane du sanctuaire de Wolryeong, lança des talismans de feu karmique contre l’esprit maléfique qui avait envahi sa demeure.
« Maintenant… voilà que quelqu’un force même le passage à travers la barrière que j’ai installée. »
L’énergie fantomatique des environs était inhabituelle depuis quelque temps.
Les esprits errants étaient plus nombreux et des esprits maléfiques avaient commencé à apparaître parmi eux.
Elle avait signalé le problème à plusieurs reprises à l’Association des Mystiques, mais à chaque fois, on lui avait simplement répondu qu’aucune anomalie n’avait été constatée.
Bodhisattva Wolryeong avait fini par décider qu’elle ne pouvait pas supporter cela seule et s’était retranchée derrière une barrière protectrice.
Pourtant, quelqu’un avait forcé cette barrière et était entré.
Ce n’était pas un être ordinaire.
Elle le comprit aussitôt.
Il fallait être capable de voir au travers d’un sort de dissimulation que les gens ordinaires, et même la plupart des pratiquants, auraient ignoré.
C’était forcément un esprit maléfique puissant, ou celui qui tirait les ficelles !
Dès que Bodhisattva Wolryeong comprit que l’intrus avait pénétré dans sa propre cour, elle sentit en lui une puissance spirituelle incommensurable.
Elle sortit aussitôt son miroir de bronze aux sept étoiles et le pointa vers la cour.
Le miroir de bronze gravé de la Grande Ourse révélait les êtres spirituels.
Et ce qui apparut dans le miroir…
« Q-Qu’est-ce que c’est que ça ?! »
Un être spirituel véritablement terrifiant, si gigantesque qu’il inspirait la peur.
Une aberration sinistre qui n’avait rien à faire dans ce monde.
Ces salauds n’avaient pas amené un esprit maléfique. Ils avaient fait venir une créature monstrueuse d’un autre monde !
Bodhisattva Wolryeong lança tous ses talismans de feu karmique sur l’être menaçant.
Les talismans de feu karmique, qu’elle avait mis de côté en prévision d’une invasion d’esprits maléfiques, l’engloutirent dans les flammes. Bodhisattva Wolryeong se montra alors.
« Ouf… J’ai utilisé plus de cent talismans de feu karmique. Aucune âme malfaisante ne pourrait y résister. »
Ces talismans étaient fabriqués en mélangeant des cendres de jujubier frappé par la foudre à des cendres de bois de santal longuement brûlé.
Aucun esprit maléfique ordinaire ne pouvait leur résister…
« C-C’est impossible… ! »
Il était indemne.
La chose était à genoux, la tête baissée, immobile, comme si quelque chose l’avait avalée.
Bodhisattva Wolryeong comprit.
Un être invisible avait avalé l’homme et l’avait protégé.
Une coopération aussi rapide et précise avec un être spirituel ?
Non, surtout, malgré tous ces talismans de feu karmique qui avaient brûlé, les flammes ne l’avaient même pas effleuré.
Ah !
Bodhisattva Wolryeong se jeta à plat ventre.
« Quoi… »
« Je ne me doutais pas que vous serviez un grand dieu ! J’ai eu peur et j’ai réagi de manière excessive ! Je vous en prie, pardonnez-moi ! »
« …… »
« Hein ? »
Yohan laissa échapper un son hébété.
Notes :
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