Chapitre 72
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 72 : La Grande Parade des Cent Démons de Kyoto (6)
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Les informations de Kohaku se révélèrent encore plus utiles que je ne l’avais imaginé.
Après avoir éliminé Jorogumo, nous traquâmes et exterminâmes l’un après l’autre de grands yōkai comme Yuki-onna et Kamaitachi.
Mais quand nous nous attaquâmes au quatrième grand yōkai…
« Il n’y a rien ici ? »
« C-ce n’est pas possible, monsieur. L’oni était forcément ici… »
« Non, il n’y est pas. Tu as inventé ça ? »
« Hi ! Non, monsieur ! »
Kohaku secoua frénétiquement la tête.
Elle n’avait pas l’air de mentir.
« Ils ont dû comprendre que leurs informations filtraient. On dirait qu’ils ont renoncé à se cacher en ville. »
Jusqu’à récemment, Kyoto empestait affreusement.
Mais ces derniers jours, l’odeur s’était suffisamment dissipée pour que les gens puissent y vivre de nouveau.
« C’est plus facile de repérer les traces spirituelles, mais tout ce qu’on trouve, c’est de la racaille de bas étage. »
Il ne restait que les esprits maléfiques déjà présents dans la ville et les sous-fifres yōkai qui ignoraient tout de la situation.
Pas la moindre trace des grands yōkai venus pour la Grande Parade des Cent Démons.
Si nous voulions vraiment les traquer, il nous faudrait sortir de la ville, mais le pasteur Go ne le recommandait pas.
« Ils savent qu’on vient les chercher. Si on s’aventure là-bas sans réfléchir et qu’on tombe dans une embuscade, on ne fera qu’aggraver nos pertes. »
« Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« Nous n’avons pas le choix : il faut renforcer le dispositif autour du sanctuaire où le Renard à neuf queues de Kyoto, au visage blanc et au pelage doré, est scellé. »
Apparemment, le quartier général, où se trouvaient le chef-prêtre Tsuchimikado et le Pasteur Park, était arrivé à la même conclusion.
La branche japonaise de l’Association des Mystiques et les ninjas surveillaient la périphérie, tandis que nous prenions la direction du Sanctuaire Heian.
« Waouh, il y a un monde fou ! »
« C’est l’un des sites les plus célèbres de la ville. Des milliers de personnes le visitent chaque jour. »
Rien que l’entrée, avec son immense torii, était bondée.
Kyoto était certes une destination touristique réputée, mais si les yōkai attaquaient un endroit pareil, le nombre de victimes civiles serait énorme…
« Si les yōkai débarquent en masse, on n’aura même pas le temps d’évacuer tout le monde. »
« Ça ira. Les portes ferment la nuit, et les yōkai ne se déplacent pas en plein jour. »
Les yōkai et les fantômes étaient des êtres presque entièrement liés au yin.
On disait que le yang omniprésent leur faisait pratiquement l’effet d’une barrière.
En temps normal, ils évitaient même de marcher sous le soleil.
« Pourtant, Kohaku, qui est comme ça, se déplaçait sans problème. »
« L-les jeunes yōkai y arrivent souvent, monsieur. »
« Les yōkai et les fantômes qui ne mangent pas les gens n’accumulent pas beaucoup d’énergie yin. Peut-être que ne pas pouvoir affronter la grâce du soleil, c’est le prix que paient les pécheurs. »
C’était étrange, quand même.
Les êtres qui dévoraient et blessaient les gens pour devenir plus forts se retrouvaient de plus en plus limités à mesure qu’ils gagnaient en puissance.
Enfin, c’était ça, le karma.
Le Sanctuaire Heian était un lieu touristique, mais les visiteurs n’avaient pas accès à toutes les zones.
Nous retrouvâmes le Pasteur Park et le chef-prêtre Tsuchimikado dans le bâtiment principal, où des talismans formaient des barrières un peu partout.
« Oh, Yohan, te voilà ? »
« J’ai entendu dire que tu faisais du travail remarquable. »
Le chef-prêtre Tsuchimikado m’adressa un sourire chaleureux.
« Digne d’un élu des anges. Rien de moins que l’héritier du Roi Salomon. »
« Ah… »
Je jetai un coup d’œil au Pasteur Park.
Il m’avait dit que je pouvais parler de moi.
Il avait ajouté qu’il révélerait tout si les négociations se passaient bien.
« Au fait, j’ai entendu dire que tu venais tout juste d’entrer dans ce monde. As-tu étudié la sorcellerie ? »
« Non ? »
« Si tu n’y vois pas d’inconvénient, accepterais-tu que je te donne un cours accéléré ? »
Un descendant d’Abe no Seimei voulait m’enseigner les arts occultes ?
Ça semblait être une belle occasion, mais je me sentais un peu gêné.
Un chrétien pouvait-il vraiment apprendre les arts d’un prêtre japonais ?
« Dans ce métier, on se sert de tout ce qui fonctionne. Quel péché un outil a-t-il commis ? »
À ces paroles fermes du Pasteur Park, je hochai la tête.
« Je me disais que je devrais finir par apprendre ce genre de choses. »
Le Pasteur Park m’avait entraîné intensivement, mais uniquement pour me bâtir un corps solide et chasser les monstres.
On pouvait dire que je n’avais jamais reçu de véritable formation auprès d’un expert.
« Commençons par un petit test. »
« Un test ? »
« Oui. Nous devons évaluer la quantité et la fréquence de ton pouvoir spirituel avant de déterminer quelle voie te conviendrait. »
Oh, ça devenait sérieux.
Je pris le talisman que me tendait le chef-prêtre Tsuchimikado.
« Essaie d’y canaliser ton pouvoir spirituel. Il brûlera dès qu’il en sera imprégné. »
« Euh… Ce n’est pas dangereux ? »
« Même un onmyōji chevronné ne peut en brûler que le bord. Et même s’il brûle, ce sera un feu spirituel, qui ne fera de mal à personne. Ne t’inquiète pas. »
Je vois.
Rassuré par ses paroles, je canalisai mon pouvoir spirituel dans le talisman.
À cet instant…
Fwoosh !
« Hi ! L-le talisman a brûlé, monsieur ! »
Kohaku avait toutes les raisons de paniquer à côté de moi.
Le talisman ne s’était pas contenté de s’embraser. Des flammes bleues jaillirent dans les airs.
« … »
« Waouh… »
Le chef-prêtre semblait sans voix, tandis que le Pasteur Park avait l’air impressionné.
« Il n’est pas facile de brûler un talisman de protection fabriqué par un Tsuchimikado en personne. Le fait que tu l’aies réduit en cendres d’un seul coup signifie… »
« Que monsieur Yohan possède un pouvoir spirituel véritablement immense. »
Mon pouvoir spirituel était immense ?
Eh bien, forcément.
J’avais déjà dévoré une quantité astronomique d’êtres surnaturels.
Et mon pouvoir spirituel n’avait cessé d’augmenter pendant que je chassais les grands yōkai, cette fois-ci.
« Tu as largement assez de pouvoir spirituel. As-tu une arme de prédilection ? »
« Eh bien… »
J’en avais trop, mais les sortir toutes aurait attiré l’attention. Je pris donc la Bible de Gutenberg.
J’en arrachai une page et la pliai en forme d’épée, qui se transforma en épée de jet.
« Oh, une arme facile à transporter. »
Le chef-prêtre Tsuchimikado examina l’épée transformée en la faisant tourner dans ses mains, puis récita une incantation.
Une vibration spirituelle imprégna l’arme. Il me la rendit.
« À présent, essaie de la faire flotter. »
« Pardon ? »
« J’ai lancé un sort de lévitation sur l’épée. Il s’activera dès que tu y canaliseras ton pouvoir spirituel. Essaie donc de la contrôler. »
Il testait à la fois la quantité de mon pouvoir spirituel et ma capacité à le contrôler ?
Je n’avais jamais fait ça, mais je devrais bien y arriver.
En fait, je n’y arrivai pas du tout.
Bang !
L’épée sacrée de Gutenberg se brisa soudain en morceaux et explosa.
Comme elle était à l’origine en papier, des bouts s’éparpillèrent partout. Si ç’avait été une vraie épée, plusieurs personnes auraient pu être blessées.
« M-mais qu… »
Kohaku fut si surprise qu’elle retomba sur les fesses.
« Ça va ? »
« Ah ! O-oui, ça va, monsieur ! C’est bien digne de vous ! Votre pouvoir spirituel déborde tellement qu’il est immense ! »
Hum. On dirait que c’était encore arrivé parce que mon pouvoir spirituel était trop puissant.
« C’est… surprenant. J’avais pourtant soigneusement préparé cette incantation. »
« Tu pourrais probablement écraser même un grand yōkai vieux de plusieurs siècles avec ton seul pouvoir spirituel. »
« À ce point-là ? »
Le Pasteur Park désigna le chef-prêtre.
« Tu crois qu’il est devenu chef-prêtre par hasard ? C’est l’un des meilleurs onmyōji du pays. Il n’est pas facile de détruire par la force du pouvoir spirituel un objet doté de protections. »
« Mais, à l’inverse, ça montre que tu maîtrises ton pouvoir spirituel de façon extrêmement rudimentaire. »
« C’est vrai. Tu m’as dit que quelques balles d’argent consacrées pouvaient faire fondre le canon de ton arme, non ? C’est aussi dû à ton manque de contrôle. »
C’était vrai.
Pourquoi avais-je tant de mal à utiliser les armes que je consacrais ?
Elles devenaient si puissantes que l’équipement ne le supportait pas.
« Cette fois, j’ai utilisé une incantation plus puissante. Réessaie, s’il te plaît. »
Je me concentrai et tentai de soulever l’épée sacrée.
Elle n’explosa pas cette fois, mais ce n’était toujours pas facile.
J’avais de la puissance à revendre, mais aucune finesse.
Je pouvais la propulser en l’air, mais j’avais l’impression qu’elle allait encore exploser si je le faisais.
En canalisant mon pouvoir spirituel dans l’épée, je compris que la force qui m’habitait ressemblait à des vagues déchaînées.
Une vague gigantesque, capable de monter à plusieurs dizaines de mètres et de tout engloutir à tout instant.
Comment pouvais-je réguler ça avec la précision d’un filet d’eau au robinet ?
Il me fallait construire un barrage.
Et poser des conduites d’eau.
D’abord, je devais retenir physiquement les vagues déchaînées, puis y percer un trou pour laisser l’eau s’écouler petit à petit.
Même l’eau qui s’échappait par ce trou débordait ; j’avais donc l’impression d’installer un tuyau d’évacuation de la taille d’un robinet.
Quand je parvins à guider ce mince filet d’eau à ma guise…
« Ç-ça marche, monsieur ! L’épée flotte, monsieur ! »
Elle flotta.
L’épée sacrée ne se contenta pas de s’élever dans les airs. Elle tournoya exactement comme je le voulais.
Si je la lançais comme un barrage qui cède…
Boum !
L’épée s’élança à plusieurs centaines de mètres dans le ciel, puis se disloqua en plein vol.
« Quoi… »
Le chef-prêtre Tsuchimikado cligna des yeux, incapable de refermer sa bouche béante.
« Ha… »
Le Pasteur Park était dans le même état. Le pasteur Go, les onmyōji et les ninjas qui observaient la scène n’étaient pas en reste.
Le silence tomba sur la grande salle du Sanctuaire Heian.
« C’était vraiment si impressionnant ? »
« Serais-tu un génie… »
« Je te l’avais dit, non ? Ce garçon a été choisi par Dieu. »
« Quand même, là… »
« Il était déjà incroyable quand il s’est mis à fabriquer de l’eau bénite et à consacrer des objets sans avoir jamais travaillé dans ce domaine. »
Le Pasteur Park me tapota fièrement l’épaule, puis s’adressa au chef-prêtre Tsuchimikado.
« Quand tout sera terminé, je vous prie d’étudier ma proposition sérieusement. Le Japon n’y perdra pas non plus. »
« Hm… Oui, je vais y réfléchir sérieusement. »
Le chef-prêtre Tsuchimikado sembla méditer sur l’accord qu’il avait conclu avec le Pasteur Park, puis son expression changea rapidement.
« Bon sang, j’ai négligé Yohan-kun. Son pouvoir spirituel et son contrôle… il a un don naturel pour les deux. Si le Pasteur Park n’était pas là, je voudrais en faire mon disciple. »
« Pourquoi pas ? Avoir plusieurs bons professeurs ne peut être qu’une bonne chose. »
« Devenir mon disciple signifie qu’il héritera un jour du poste de chef-prêtre du Sanctuaire Heian. »
« Oh là là, ça ne va pas être possible. »
La réponse catégorique du Pasteur Park fit bouder le chef-prêtre Tsuchimikado. Puis il sourit, les yeux plissés.
« Yohan-kun, tu fréquentes quelqu’un ? »
« Euh… ! »
« Ah, personne. Franchement, le problème, c’est la culture confucéenne trop fermée de la Corée. »
Je ne pensais pas que c’était le problème, mais le chef-prêtre Tsuchimikado poursuivit tranquillement :
« Alors, que dirais-tu de ma petite-fille ? Si l’on parle de yamato nadeshiko, l’idéal traditionnel japonais de la beauté féminine, notre Tsuchimikado Mai-chan… »
« Non, Tsuchimikado-san. À quelle époque croyez-vous vivre ? On ne peut pas proposer un mariage politique aussi absurde ! »
« Hum… Eh bien, quand un homme et une femme se plaisent, leurs nombrils finissent souvent par se rencontrer aussi. »
« Il faut reconnaître que les Japonais ont la réputation d’être libertins. Enfin, Yohan, tu sais que notre Église est connue pour organiser des rencontres arrangées entre jeunes, pas vrai ? »
Non, Pasteur.
Je le savais, mais ce n’était pas un peu bizarre d’en parler maintenant ?
« Hum… Plus important, il y a encore une expérience que j’aimerais tenter. »
On était passés à une expérience, maintenant ? Ce n’était plus un entraînement ?
« Pour toi, qu’est-ce qu’un objet enchanté ? »
« Un objet imprégné de pouvoir spirituel ? »
« C’est proche. Et comment crois-tu qu’on en fabrique un ? »
Si je le savais, c’est moi qui serais l’expert, non ?
À bien y penser, je possédais beaucoup d’objets de ce genre.
La Lame spirituelle de Bodhisattva Wolryeong, la Bible de Gutenberg, la Tronçonneuse de Madeleine et l’allume-feu de Jéricho. Les deux derniers appartenaient à la Sœur de deux mètres quarante, je crois.
Bref, la collection du Pasteur Kim m’avait laissé un sacré lot de ces objets.
Mais comment fabriquait-on de tels objets ?
« Le pasteur Go s’y connaît, dans ce domaine. »
« Ne te complique pas la vie. Au fond, un objet enchanté se définit par sa capacité à agir sur les entités surnaturelles. »
Plus précisément, par sa capacité à permettre à une personne ordinaire de les combattre.
Un exorciste doté de pouvoir spirituel pouvait blesser les êtres surnaturels avec n’importe quel objet qu’il tenait.
« Un objet qui permettrait même à une personne ordinaire d’affronter des êtres surnaturels, à condition de le tenir. Bien sûr, il faut choisir les matériaux et demander à un artisan de le fabriquer, mais il existe une méthode plus simple : l’imprégnation par mantra. »
« L’imprégnation par mantra ? »
« Oui. Le christianisme et les autres religions font quelque chose de similaire, non ? Les bénédictions, par exemple. »
« Ah… »
Je compris.
Tout comme mes prières me procuraient des effets occultes quand je consacrais de l’eau bénite, de l’huile sainte ou des balles d’argent, l’imprégnation par mantra semblait fonctionner selon un principe similaire.
« On imprègne un outil d’un mantra pour qu’il puisse affronter les êtres surnaturels. C’est simple, mais l’effet varie énormément selon les capacités de celui qui le pratique. »
« Vous voulez donc que j’essaie, cette fois ? »
Le chef-prêtre Tsuchimikado hocha la tête et fit appeler Satomaru.
Satomaru s’approcha et posa un kunai, tout droit sorti d’un manga de ninjas.
« Il est conçu pour retenir facilement le pouvoir spirituel… mais ce shuriken n’a encore été imprégné d’aucun mantra. »
« Je vais vous montrer. »
Le chef-prêtre Tsuchimikado le prit et posa le bout de son doigt sur l’extrémité de la lame.
Piqûre.
Quand il se piqua légèrement le doigt, le sang coula le long de la lame.
« Ajouter un catalyseur est le meilleur moyen d’attirer un esprit dans une arme. Le sang de celui qui pratique, par exemple. »
Il fixa un talisman au kunai. Le pentagramme tracé avec du sang sur le papier jaune se mit à luire faiblement.
« Vite, vite, par décret. »
L’incantation s’acheva et le talisman se désagrégea comme des cendres, sans prendre feu.
Pourtant, je le sentais.
L’esprit du talisman avait été scellé dans le kunai.
« Si le christianisme consacre des objets particuliers, comme des armes en argent ou des chapelets, pour renforcer leur effet, l’onmyōdō utilise des catalyseurs spirituels afin d’imprégner des objets ordinaires de mantras. Au fond, c’est juste une histoire d’œuf et de poule, ce n’est donc pas très important. »
Le chef-prêtre fit siffler le kunai dans les airs.
Une onde spirituelle se dessina dans le vide.
Aucun doute possible.
Ce kunai était devenu un objet enchanté.
Et de façon permanente, qui plus est.
« Yohan-kun, à toi d’essayer. »
On me mit un nouveau kunai dans la main.
C’était un objet ordinaire. Était-ce la première fois que j’enchantais quelque chose qui n’avait rien de spécial, comme la Lame spirituelle ou les balles d’argent ?
Je l’aspergeai d’eau bénite et d’huile sainte, puis récitai une prière.
« Revêtez l’armure complète de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les manœuvres du diable. »
Chaque fois que je récitais une prière, l’auréole de Gari brillait.
Ça arrivait souvent quand je renouvelais mes réserves d’eau bénite et d’huile sainte ou que j’enchantais un objet. Je n’en étais même plus surpris.
« Car notre lutte n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les puissances de ce monde de ténèbres et contre les esprits du mal dans les lieux célestes. »
Jusqu’à présent, tous les enchantements que j’avais créés avaient une durée limitée.
Avec le temps, ils disparaissaient et l’objet retrouvait son état normal.
Mais cette fois, je créais un objet enchanté de façon permanente grâce à l’imprégnation par mantra.
Qu’est-ce qui devait changer ?
En y réfléchissant, je m’étais toujours appuyé sur le pouvoir de l’eau bénite et de l’huile sainte pour réciter mes prières.
Évidemment, leur pouvoir ne durait que jusqu’à l’évaporation du liquide sacré dont l’objet était couvert.
Ce qu’il me fallait, c’était plus de pouvoir spirituel.
Et l’idée de faire entrer de force dans l’objet le mantra créé par ce pouvoir spirituel.
Oui. Je devais y mettre toute mon âme.
« Le Seigneur a dit : Que la lumière soit ! »
« Hein ? »
« Yohan-kun ? »
Je pris le chapelet de Peter.
Dans l’espoir que ma prière atteigne le ciel par l’intermédiaire de l’ange, je commençai une prière collective à voix haute.
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je peur ? »
« Alors, cette lame n’aura peur de rien ! Elle tranchera le mensonge et la méchanceté ! Elle deviendra le bâton du berger qui délivre les âmes égarées ! »
L’air se mit à trembler violemment.
Le pouvoir spirituel déchaîné en moi jaillit comme d’un réservoir éventré, gonflant dans les airs en une énorme goutte.
« Euh… »
« A-attendez… »
« Seigneur ! Tournez votre regard vers moi ! Consacrez cette lame et sanctifiez-la ! Faites-en un outil qui repoussera les esprits maléfiques ! Qu’elle ne perde jamais sa vocation jusqu’au jour où votre volonté sera accomplie ! »
L’auréole de Gari brilla et le Deuxième Livre des Rois émergea de sa bouche.
Le Deuxième Livre des Rois, qui relatait un moment historique.
Comme il était écrit dans les chroniques du roi…
「Au nom du Seigneur Jésus-Christ, je vous l’ordonne ! Tous les chars de fer ! Devenez le marteau de fer de Dieu, qui écrase l’ennemi !」
Aaaaaaaaaaamen !
「Le roi avait donné son ordre, et les objets sacrés, consacrés pour l’éternité, lui avaient obéi.」
Notes :
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