Chapitre 52
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 52 : La demeure du Père (2)
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Avec une force physique écrasante, on pouvait même terrasser un fantôme.
Cette affirmation était à moitié vraie et à moitié fausse.
« Il existe un rite appelé le rite du tabassage. C’est une véritable méthode d’exorcisme, qui a une longue histoire. »
« Pasteur, ça veut dire qu’en sachant bien se battre, on peut aussi rouer de coups les fantômes ? »
« Eh bien, avoir le matériel adéquat et réunir certaines conditions aide, c’est certain. »
Quoi qu’il en soit, comme l’avait dit le pasteur, la force physique fonctionnait aussi contre les fantômes.
Il fallait simplement réunir certaines conditions.
Par exemple, des balles consacrées capables de combattre les démons.
Tatatatatatatatatata !!
Une tempête avait balayé la salle de bains. Le tir avait duré une quinzaine de secondes, à vue de nez. Un simple calcul me permit d’estimer qu’il y avait eu environ deux mille balles.
À vingt-cinq mille won la balle, cinquante millions de won étaient partis en fumée.
【Dévore !】
Après avoir tiré deux cents obus, la Sœur de deux mètres quarante avait l’air fière d’elle, comme si elle me demandait : « Alors, j’ai bien travaillé ? »
« Hum… »
Je savais qu’elle avait voulu me protéger du fantôme, mais… qu’est-ce que j’allais faire de la salle de bains ?
Elle était complètement détruite.
【Dévoreuuuh !!】
« Sœur de deux mètres quarante, va là-bas, à genoux, les mains en l’air. »
【Dévore ?!】
* * *
« Cent un, cent deux, cent trois… »
Cette nuit-là, l’aube se leva pendant que je ramassais les douilles.
Deux mille deux cent trois. Hum, ça faisait cinquante-cinq millions et soixante-quinze mille won.
Le pasteur m’avait dit qu’en ramassant les douilles pour les recycler, je pourrais économiser pas mal d’argent sur les munitions. À partir de maintenant, il faudrait donc que la Légion Gugu s’en charge aussi.
Piou piou ?!
Gugu ?!
« L’esprit maléfique a été exorcisé ? »
Je n’avais pas pu vérifier, puisque la Sœur de deux mètres quarante avait ouvert le feu sans hésiter.
Les obus de vingt millimètres avaient dégagé une fumée digne d’un exercice de guerre chimique.
« On n’a qu’à rénover la salle de bains plus tard. Autant voir le bon côté des choses… »
Le grand ménage avant mon emménagement continua.
La Sœur de deux mètres quarante avait passé la nuit à genoux, les mains en l’air, pour la punir, mais elle travailla dur ensuite et nous eûmes vite terminé.
Nous laissâmes la maison aérée toute la journée, et l’odeur sembla s’estomper peu à peu. Après avoir aspergé les moisissures de produit nettoyant et frotté de toutes mes forces, elles finirent aussi par partir.
« Hé, maintenant que c’est propre, ça a plutôt fière allure ! »
Il restait encore à désherber et à s’occuper du jardin, mais nous pouvions prendre notre temps.
À part une salle de bains détruite, l’intérieur de la maison était enfin en bon état.
« Ça sent encore un peu le renfermé… C’est vraiment le puits, le coupable ? »
Une des victimes se serait jetée dans ce puits.
Peut-être était-ce lui qui avait transformé le terrain en Site de mauvais augure.
Alors, sans hésiter, j’y versai de l’huile sainte et de l’eau bénite.
Je les entendis tomber dans l’eau en contrebas, sans savoir si cela aurait le moindre effet.
Puis vint ma deuxième nuit dans ma nouvelle maison.
« Argh… Les toilettes. »
J’avais l’impression de revivre la veille, mais tout le monde allait aux toilettes tous les jours, non ?
J’allais utiliser les toilettes du rez-de-chaussée quand je me rappelai que la Tronçonneuse de Madeleine de la Sœur de deux mètres quarante avait même réduit la cuvette en miettes. Je me dirigeai donc vers la salle de bains principale.
« Ouf… Une fois propre, elle a plutôt bonne allure. »
Après avoir jeté le matelas taché de sang, il ne restait dans la chambre principale que le cadre du lit.
Malgré tout, la majeure partie de la pièce avait été nettoyée et son ancienne atmosphère lugubre s’était beaucoup dissipée.
« Ouah, cette salle de bains principale est géniale. »
Une grande fenêtre donnait sur le jardin paisible.
À l’origine, la vue sur le jardin paysager devait être magnifique, et le mur de pierre assurait juste ce qu’il fallait d’intimité.
« Il faudra que je m’occupe du jardin ensuite. »
Je devrais peut-être aussi appeler une entreprise de paysagisme ? Une fois bien aménagé, cet endroit serait magnifique.
À peine assis sur les toilettes et commencé à faire mes besoins, je vis un fantôme masculin me fixer à quelques centimètres de moi.
Ce n’était pas la femme fantôme de la veille.
« Mais surtout, monsieur… débarquer pendant que je pisse, c’est vraiment mal élevé… »
【Sors de lààà…】
« Putain ! J’ai même pas fini ! »
Je remontai vite ma braguette et me levai, mais le salaud tourna la tête pour me suivre du regard.
【M… ma maison ! Sors de lààà !!】
« Calme-toi ! Calme-toi, je te dis ! Non, non, non ! Tout va bien ! Tu es encore dans la zone de sécurité, alors calme-toi ! »
Plus je criais, plus l’esprit maléfique devenait féroce.
Son énergie fantomatique était intense, mais je ne criais pas après le fantôme masculin.
« Gari ! Je t’ai dit que ça allait ! »
【???】
L’esprit maléfique se retourna et se retrouva nez à nez avec Gari, dont la bouche grande ouverte apparaissait de l’autre côté de la fenêtre.
Crac !
La fenêtre et le mur donnant sur le jardin volèrent en éclats tandis que Gari avalait tout rond l’esprit maléfique masculin.
L’impact fracassa aussi les toilettes.
Pshhhhh !
De l’eau jaillit à l’endroit où se trouvait la cuvette brisée.
L’eau giclait de partout, mais je regardai Gari mâcher le fantôme à grand bruit.
Crac, crac !
« …Ouais. Bien joué. »
* * *
C’était vraiment la dernière salle de bains.
Celle du deuxième étage. Si elle aussi était ravagée, ma dignité serait fichue.
Je répandis de l’eau bénite et de l’huile sainte partout pour bâtir une forteresse défensive imprenable autour de ce dernier bastion.
Je vaporisai de l’huile sainte sur la bouche d’aération, les fenêtres et l’entrée, formant ainsi une barrière contre les créatures maléfiques. Puis je versai de l’eau bénite dans les toilettes et fis le signe de croix.
« Seigneur Dieu le Père, protégez mes toilettes des catastrophes comme le papier toilette rouge ou le papier toilette bleu… »
Par précaution, j’aspergeai aussi généreusement le réservoir d’eau bénite.
À chaque chasse d’eau, je renouvelais l’eau bénite.
Puis, cette nuit-là…
« Ha ! Hahahahahaha ! »
Aucun esprit maléfique n’apparut.
J’avais réussi !
« Yohan ! On est venus fêter ta crémaillère ! »
Le pasteur Go et les membres de l’Église vinrent me rendre visite.
Ils avaient apporté une montagne de poitrine de porc, du bœuf et même des barbecues d’extérieur. Apparemment, tout cela était un cadeau de crémaillère.
« Tu as un jardin, alors il faut faire griller de la viande. Et comme vous êtes nombreux à la maison, j’ai pris quelques barbecues en plus. »
« Pasteur Go, vous êtes le meilleur ! »
« Au fait… qu’est-ce qui est arrivé à ce mur, là-bas ? Pourquoi il y a un rideau dessus ? »
« …Eh bien. »
Je racontai au pasteur Go tout ce qui s’était passé au cours des trois derniers jours.
« Hum… Des fantômes sont apparus deux fois, uniquement dans la salle de bains ? »
« Oui. Pourquoi ils ne sortent que dans la salle de bains ? Ils ont une sorte de fétichisme des toilettes ? »
« Tu as dit qu’ils avaient cessé d’apparaître après que tu as dressé une barrière d’huile sainte ? »
« Oui. Vous pensez qu’ils entraient par les toilettes ? »
« C’est possible. Tu as dit que quelqu’un s’était noyé dans le puits, ici ? »
La femme serait tombée dans le puits. On n’avait jamais retrouvé son corps.
« Mais j’en ai aussi versé dans le puits. »
« L’eau d’un puits circule. Même si tu y verses de l’eau bénite et de l’huile sainte, elles seront vite emportées. »
L’eau des toilettes, c’était différent.
Tant que je ne tirais pas la chasse, l’eau bénite restait là.
« Alors, il y a encore des esprits maléfiques dans le puits ? »
« Je ne pense pas que la Sœur de deux mètres quarante ou Gari en auraient laissé passer un, mais… cette odeur particulière est toujours là, non ? »
« Oui, l’odeur de renfermé est toujours insupportable. »
« Hum… Les puits ne sont généralement pas reliés aux canalisations, mais, par précaution, purifions-le. J’ai justement apporté ce qu’il nous faut. »
Le pasteur avait apporté un pieu.
C’était un pieu en fer, et sa vue me rappela quelque chose.
« Ça me rappelle les magiciens qui ont tenté de créer un Site de mauvais augure avec des pieux. C’étaient aussi des pieux en fer. »
« Ah, cette affaire ? Eh bien, le sens d’un pieu dépend du pieu lui-même. »
Le pieu que le pasteur sortit était un grand pieu de fer, presque aussi long que la moitié d’un corps humain.
Il avait l’air assez lourd tandis qu’il poursuivait ses explications.
« Dans les rites d’exorcisme, on utilise des pieux pour interrompre les flux d’énergie spirituelle et tracer des sceaux. C’est pourquoi on s’en sert pour sceller les vampires ou couper l’énergie terrestre. Mais le christianisme leur donne un sens un peu différent. »
« En quoi est-ce différent ? »
« Dans les exorcismes chrétiens, le pieu sert à fixer le Tabernacle et à établir une frontière sacrée. Plus tard, il est devenu le clou sacré planté dans Ses mains et Ses pieds pour laver notre péché originel. »
On l’appelait le Clou sacré d’Hélène.
« C’est une réplique. Elle n’a rien à voir avec les trois véritables Clous sacrés, mais avec tes pouvoirs, tu pourrais peut-être accomplir quelque chose de semblable. »
« Où sont les vrais ? »
« L’un a servi à fabriquer la Couronne de fer de Lombardie, un autre se trouve au Vatican, et le dernier… Disons simplement qu’il a été perdu en Corée. »
« … »
Je décidai de ne pas poser de questions sur le dernier Clou sacré d’Hélène.
J’avais le sentiment que je ferais mieux de ne pas demander.
Le pasteur Go l’avait probablement aussi volé quelque part.
« Enfonçons-le dans le puits pour le purifier. »
Je laissai la fête au barbecue derrière moi et m’approchai du puits.
La Sœur de deux mètres quarante, qui faisait griller la viande, et Gari, qui engloutissait l’équivalent de deux barbecues à elle seule, me suivirent. Je les arrêtai.
« Je reviens tout de suite. Tenez bien la corde. »
Crac, crac !
【Dévore !】
Tenant la réplique du Clou sacré d’Hélène que le pasteur m’avait donnée, je descendis lentement dans le puits.
J’aurais dû ne pas voir à un pouce devant moi, mais le pasteur Go braqua une lanterne depuis le haut, éclairant nettement le fond.
Le puits était plus profond que je ne l’avais imaginé.
Plusieurs dizaines de mètres, à vue de nez. À l’époque, les gens puisaient l’eau des puits pour la boire. Peut-être celui-ci en était-il un autrefois.
« Hein ? C’est… »
Je regardai ce qui se trouvait sous mes pieds et découvris une canalisation d’alimentation en eau.
C’était étrange. Même si la maison était vieille, les canalisations n’auraient-elles pas dû contourner le puits lors du raccordement à l’eau courante ?
Pourquoi le puits était-il relié aux canalisations ?
C’était trop délibéré, comme si quelqu’un avait exprès fait le raccordement.
« Ce n’est pas le moment de m’inquiéter de ça. »
J’enfonçai la réplique du Clou sacré d’Hélène au fond du puits.
Je commençai à prier en frappant dessus avec un marteau.
Je priai pour que le Clou sacré purifie cette terre souillée.
Clang !
« Dieu le Père. Cette terre est-elle maudite ? Je l’ignore. Mais le sang y coule, et des lamentations s’y attardent chaque nuit. Un enfant prodigue ne parvient pas à revenir dans Votre étreinte. »
Clang ! Clang !
« Je consacre ce lieu et en fais la demeure du Père. Veuillez donc l’accueillir avec joie. »
Clang ! Clang ! Clang !
« Amen. »
À cet instant, le Clou sacré jaillit de lumière.
Non, ce n’était pas seulement de la lumière.
L’eau du puits se mit à tourbillonner avec une violence terrifiante.
Fouuuuuush !!
« Euh, euh ? Père ! Dieu ?! »
C-ce n’était pas ce que je voulais !
L’eau déchaînée monta comme une cascade… non, comme une fontaine jaillissant du sol.
Naturellement, je fus propulsé hors du puits avec elle.
« Euh, euh ?! »
« Pasteur ! Pasteur, rattrapez-moi ! »
« Seigneur Dieu ! »
Il esquiva ?!
Je l’avais vu ! J’avais vu le pasteur esquiver ma main !
Emporté par le torrent, pareil à une cascade, je fus projeté dans les airs et aperçus le soleil couchant sur la ville.
Ça me toucha en plein cœur.
Une colonne de lumière monta vers le ciel avec l’eau, comme si elle avait percé les nuages.
En voyant cela, les chrétiens en contrebas fermèrent les yeux et prièrent. Je sentis aussi des regards se poser sur moi.
« Gari ? »
Dès que je sentis ces regards familiers, je retombai vers le sol, tout simplement soumis aux lois de la gravité.
« Aaaah ! Je tombe !! »
【Dévore !】
Heureusement, la Sœur de deux mètres quarante me rattrapa juste à temps.
« Ouf… J’ai failli mourir !! »
Mais j’étais en vie, pas vrai ?
À peine eus-je poussé un soupir de soulagement qu’une bombe aquatique explosa dans la maison.
Fouuuuuush !!
Le reflux avait déferlé dans les canalisations et jailli des salles de bains.
Le rez-de-chaussée… la salle de bains principale… et puis…
« Ah, non. »
Fouuuuuuuush !!
Le deuxième étage explosa à son tour, complètement ravagé.
« Non… Ma dignité… »
Je restai là, les larmes aux yeux, à regarder mon dernier bastion se faire détruire.
Puis un vieil homme apparut derrière moi, nimbé d’une pâle lumière.
【Merci, mon bienfaiteur. Comment pourrais-je jamais vous rendre cette grâce…】
« Attendez une seconde. »
【Oui, tout ce que vous voudrez… Hein ?】
Comment j’allais faire pour aller aux toilettes, maintenant… ?
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