Chapitre 5
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 5 : Homicide accidentel
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Je voyais des fantômes.
Et il y en avait vraiment autant dans le monde ?
Dans quel genre de monde avions-nous donc vécu ?
Croque, croque !
Était-ce parce que le soleil se couchait ?
J’avais l’impression d’en voir de plus en plus.
Miam, miam !
Quelle vérité terrifiante.
Ça voulait dire que le monde entier était rempli de fantômes ?
Je voyais aussi des animaux, pas seulement des gens. Quand je pensais à tous les êtres vivants qui naissaient et mouraient chaque jour…
Crac, croque !
« Gari. »
Clac ?
« C’est bon ? »
Clac !
Gari hocha la tête si fort que tout son corps en trembla.
Un fantôme se débattait entre ses dents monstrueusement grandes, tentant de s’échapper en hurlant.
【S-sauvez-moi…】
Clac !
【Argh ! Ngh ! Aah ! Kyaaaaaah !】
Le fantôme se faisait déchiqueter.
C’était un peu pitoyable, mais je n’éprouvais aucune compassion pour lui.
Ce salaud m’avait regardé droit dans les yeux, avait ouvert grand la bouche et s’était jeté sur moi.
La plupart des fantômes que Gari avait dévorés en chemin étaient comme ça.
Enfin, tout ça, c’était parce que je m’étais installé dans un quartier aux mauvaises énergies.
Je suivais les odeurs pour chasser les esprits maléfiques, mais il y avait des endroits où la puanteur persistait.
Les esprits maléfiques avaient été dévorés. Alors pourquoi l’odeur était-elle toujours là ?
À vrai dire, elle semblait même pire qu’avant.
Je fis le tour des environs, sur mes gardes, en me demandant s’il n’y avait pas d’autres esprits maléfiques dans le coin. Je finis par trouver la source du problème.
Près du Ruisseau Tancheon, il y avait de la boue humide.
Je ramassai un bâton et fouillai le sol. Je découvris alors un pieu enterré.
« Beurk… C’est dégueu. »
Des serpents et des insectes s’enroulaient autour d’un énorme pieu de fer.
Des serpents en plein Séoul ? Enfin, il y en avait sûrement, mais c’était la première fois que j’en voyais un…
Par précaution, je versai l’huile sainte que j’avais apportée tout autour du pieu de fer, puis je ramassai des branches et y mis le feu.
Frouf !
Les flammes se propagèrent.
Comme nous étions au bord de la rivière, j’avais peur que le feu ne prenne pas, mais il s’embrasa en un instant. Pas mal.
Il faisait chaud, et ça sentait bon aussi.
Le plus étonnant, c’était que le feu que j’avais allumé pour tuer les insectes et les serpents faisait aussi fondre le pieu de fer.
Il avait été fabriqué en Chine ou quoi ?
Il fondait dans un feu de camp juste parce que j’avais versé un peu d’huile dessus.
Quand le pieu de fer, solidement planté dans le sol, eut fondu et que le feu commença à s’éteindre, la puanteur avait complètement disparu.
J’en trouvai plusieurs autres par la suite.
Après les avoir tous éliminés, je n’avais plus une goutte de l’huile sainte que j’avais préparée. C’est là que je compris qu’il me fallait un nouvel objet d’exorcisme.
L’huile sainte sentait vraiment trop mauvais… Et de l’eau bénite ?
Oui, de l’eau bénite.
Fabriquons de l’eau bénite.
« Gari, tu sais comment fabriquer de l’eau bénite ? »
Clac !
Gari hocha la tête en faisant claquer ses dents.
Cette fois, Gari alla chercher la Bible et le recueil de cantiques à l’intérieur de la maison.
Gari ne me montra pas un verset précis de la Bible comme la dernière fois, alors…
« Tu veux dire que je dois puiser de l’eau, prier dessus et chanter des cantiques ? »
Clac !
Gari apporta aussi le sel de la cuisine.
C’était du gros sel marin. À bien y penser, j’avais entendu dire qu’au Moyen Âge, l’eau bénite était généralement de l’eau salée.
Pour en préparer le plus possible, je remplis d’eau du robinet la grande bassine rouge dont nous nous servions pour faire le kimchi.
Le sel… Je pouvais sûrement verser tout le paquet, non ?
Il y en avait deux kilos. Une fois tout versé, l’eau se troubla, puis le sel se dissout rapidement.
« Une prière et un cantique au-dessus de ça… Hmm… »
Le problème, c’était que j’étais seul.
Impossible de prier et de chanter en même temps…
« Ah ! »
Je trouvai une solution.
Je pouvais faire une prière chantée.
C’était une forme de prière où l’on récitait un cantique aux paroles proches d’une prière, priant et chantant à la fois.
Dans les milieux protestants, notamment chez les pentecôtistes, il existait une façon de prier à voix haute.
On appelait ça la prière collective à grands cris ; accompagnée de cantiques, elle devenait une prière chantée.
Une fois ma décision prise, j’ouvris YouTube.
Quel accompagnement choisir pour le cantique ?
Comme cette eau bénite servirait à combattre les esprits maléfiques, il me fallait quelque chose de guerrier.
« Ça y est, j’ai choisi. »
(BGM recommandé : Combattez les démons.)
Je me mis à applaudir en rythme avec l’accompagnement familier du cantique.
Vingt-six ans de christianisme depuis le berceau.
Suivre seul l’accompagnement d’un cantique, c’était facile.
« Combattez les démons, frères qui avez rejeté le péché ! »
« Affrontez courageusement les troupes du mal qui vous font face ! »
« Le jour du Jugement et celui de la destruction se dressent devant vos yeux~ »
« Ils arrivent bientôt. Ap-pro-chez ! »
C’est alors que les dents de Gari se mirent à claquer les unes après les autres.
Clac~ clac clac, clac clac clac~ clac !
Clac~ clac clac, clac clac clac~ clac !
Gari, espèce de…
Ne me dis pas que…
« Gloire, gloire, allélu~ia ! »
Clac~ clac clac, clac clac clac~ clac !
« C’est ça, bravo ! Gloire, gloire, allélu~ia ! Bientôt. La vic-toi-re. Vain-cra ! »
Clacclacclaaaaac !
Quel moment bouleversant : prier en chantant avec ferveur aux côtés d’un ange.
C’est là que je me rappelai une fois de plus que Gari était un ange.
Puisque Gari était un ange, peut-être avait-elle quelque chose d’utile ?
« Gari, attends une seconde. »
Clac ?!
Gari sursauta quand je lui arrachai une plume.
Elle était un peu petite, mais j’avais obtenu une vraie plume d’ange.
Clac ! Clac clac !
L’arrachage devait lui faire mal, car Gari n’arrêtait pas de claquer des dents.
« Deuxième couplet ! Combattez les démons, frères qui avez rejeté le péché ! Ces foules qui hurlent ne sont-elles pas elles-mêmes des démons hideux ?! »
Cl-clac ?! Cl-clacclac !
Je fis comme si de rien n’était après avoir arraché une plume de l’aile de Gari, et poursuivis ma prière chantée.
Après trente minutes de prière chantée, qui dura jusqu’à la fin du morceau, je contemplai la bassine rouge, désormais silencieuse.
Est-ce que… quelque chose avait changé ?
L’eau salée dans la bassine n’avait pas l’air différente d’avant.
Mais j’y croyais.
Je l’avais préparée avec une farouche volonté de combattre les démons et une véritable plume d’ange.
L’eau bénite devait être prête.
Sinon, j’étais dans de beaux draps.
Il fallait voir pour croire.
Maintenant que j’avais fabriqué de l’eau bénite, il fallait que je la teste.
« Gari, on y va. »
Clac !
À ces mots, Gari se mit à sautiller de joie.
Ce n’était pas une promenade, pourtant.
Quand j’eus rempli quelques bouteilles en plastique d’eau bénite et que je sortis, il faisait déjà complètement nuit.
Parfait.
Après avoir chassé des esprits maléfiques ces derniers jours, j’avais compris que les fantômes apparaissaient surtout la nuit.
Le jour, je devais chercher longtemps avant d’en apercevoir un ; la nuit, ils se promenaient un peu partout comme des gens ordinaires.
【Hii !?】
Je tombai presque aussitôt sur un fantôme ordinaire.
« Bonjour, monsieur. Vous pourriez venir par ici un instant ? »
Les fantômes ordinaires paniquaient dès qu’ils voyaient Gari.
Les esprits maléfiques étaient les seuls à réagir bizarrement. C’était sans doute la réaction normale.
« Gari ! Va le chercher ! »
Clac !
Gari rattrapa rapidement le fantôme en fuite et le mordit.
Comme ce n’était pas un esprit maléfique, Gari ne se montrait pas particulièrement agressive envers lui, mais…
【Kyaaaaaah ! Kiiiyaaaaaah !】
Le fantôme semblait plutôt sur le point de s’évanouir.
Je versai aussitôt de l’eau bénite sur le pauvre fantôme.
Floc !
L’eau bénite ruissela sur le corps spirituel du fantôme.
« Hmm… »
Rien ne changea ?
Ça n’avait aucun effet parce que je l’avais préparée avec une méthode douteuse ?
J’avais trempé un fantôme parfaitement inoffensif pour rien… Hein ?
Le fantôme était mouillé.
L’eau ruisselait le long de son corps.
Les fantômes étaient des corps spirituels.
En temps normal, même si on essayait de les toucher, la main les traversait.
Or, l’eau bénite avait ruisselé sur un corps spirituel. Ce qui voulait dire que…
J’avais au moins réussi à fabriquer quelque chose.
En plus, ce fantôme n’était pas un esprit maléfique. C’était juste un fantôme.
Peut-être que l’eau bénite n’agissait pas sur lui parce qu’il n’avait rien fait de mal ni de mauvais.
Elle pourrait fonctionner sur un esprit maléfique.
Il ne me restait donc plus qu’à en trouver un…
« Hmm. Ils ont tous disparu. »
J’avais chassé une dizaine d’esprits maléfiques ces derniers jours ?
Je ne savais pas si c’était normal qu’un seul quartier en compte autant, mais j’avais attrapé tous ceux que j’avais croisés en me promenant. Ils avaient donc disparu.
Est-ce que je devais étendre mes recherches à un autre quartier ?
À cet instant, je perçus une faible odeur nauséabonde.
« Je t’avais dit que ce quartier avait de mauvaises énergies. »
Enfin, il me fallait d’abord un sujet pour tester mon eau bénite sur le terrain.
J’enfourchai mon vélo et pédalai en direction de l’odeur.
L’endroit où j’arrivai m’était familier.
Le Ruisseau Tancheon, où j’avais trouvé les pieux de fer en début de soirée.
Une personne en sweat à capuche noir se tenait là.
Un fantôme en sweat à capuche ?
Tous les fantômes que j’avais rencontrés jusque-là ne portaient pas forcément de hanbok. Comme ils étaient probablement devenus fantômes à l’époque moderne, ils étaient tous habillés à la mode actuelle.
« Excusez-moi ? Qu’est-ce que vous faites là ? »
Je décidai de lui parler d’abord.
On pouvait reconnaître un fantôme à son visage.
Plus un esprit était maléfique, plus son visage avait l’air féroce. On voyait tout de suite que c’était un esprit maléfique.
Mais l’homme avait le regard d’une personne ordinaire.
Il avait l’air un peu creux et lugubre, mais à part son odeur infecte, c’était un être humain.
Non, sérieusement, il ne se lavait jamais ?
Depuis que mon odorat s’était amélioré, je pouvais même sentir les gens qui ne se lavaient pas correctement.
« … ! »
Je fronçai les sourcils, déçu, mais la réaction de l’homme fut encore plus spectaculaire.
« T-toi… ! »
Il forma soudain un signe avec ses mains et marmonna fébrilement :
« Ô toi qui déploies tes ailes noires, réponds au pacte. Sous le signe des étoiles, rassemble-toi et prends forme selon ma volonté ! »
Un sort de collégien en pleine crise d’adolescence, de nos jours ?
Il ne se lavait pas, en plus d’être un otaku crasseux ?
Pourtant, un instant plus tard, des corbeaux apparurent juste sous son nez.
Non, leurs formes étaient floues et déformées.
Ce n’étaient pas des corbeaux. C’étaient des esprits de corbeaux.
Son sort ridicule était réel ?
« Moi qui ai reçu la médiation du pacte du pentagramme, je vous l’ordonne ! Arrachez les yeux de mon ennemi et dévorez-les ! »
À ces paroles féroces, les esprits maléfiques de corbeaux fondirent sur moi.
Mais…
Gloups !
Les esprits maléfiques de corbeaux n’étaient même pas une bouchée pour Gari.
« Quoi ?! »
L’homme en sweat à capuche me fixa, stupéfait.
Après avoir avalé les corbeaux, Gari mordit aussitôt l’homme.
« Hein ? Non ! »
L’homme que Gari avait mordu se débattit dans les airs.
Gari semblait lui avoir mordu le cou. Elle n’aurait besoin que d’une seconde pour le lui arracher !
« Gari ! Attends ! Attends une seconde ! »
C’était vrai, il avait attaqué le premier, mais je ne pouvais pas le laisser mourir pour autant.
Bien sûr, je n’étais pas assez naïf pour pardonner facilement à quelqu’un qui avait essayé de me tuer.
Mais à sa place, face à un monstre aussi effrayant que Gari, j’aurais probablement attaqué le premier moi aussi.
C’était l’instinct de survie, j’imagine.
Si je pouvais dissiper le malentendu, je voulais régler ça à l’amiable.
« Lâche-le ! J’ai dit, lâche-le ! Allez ! »
Clac ?
Quand je les arrêtai désespérément, Gari relâcha l’homme.
« Hah ! Hah ! Hah ! »
« Ça va ? Enfin, pourquoi m’avoir attaqué comme ça, sans prévenir ? »
La vue de l’état de l’homme me choqua.
Du sang suintait de son cou. Il avait failli être décapité.
« Hah ! Hah ! Hah ! Hah ! »
En comprenant qu’il avait failli mourir, l’homme se mit à hyperventiler sans parvenir à se calmer.
C’était le moment de garder la tête froide.
D’abord, je devais nettoyer la plaie et la bander.
« Ça risque de piquer un peu. »
Je sortis de ma poche la bouteille d’eau bénite.
C’était de l’eau salée, mais ça irait ? Enfin, le sel avait un effet désinfectant, donc ça devrait aller.
À l’armée, on soignait la plupart des blessures avec de l’Albothyl.
Un médicament, ça devait piquer un peu pour être efficace.
Au moment où je vaporisai l’eau bénite sur le cou de l’homme…
« K-kyaaaaaaaaah ! »
De la fumée s’éleva soudain de son cou, qui commença à fondre !
« Euh… ? »
Je n’avais vu de la peau humaine fondre que dans les films.
Devant cette scène insensée, digne d’un film gore interdit aux mineurs, je restai planté là, bouche bée.
« Grrk ! Grrk ! Grrrrrgh ! »
L’homme se griffa frénétiquement la peau fondante, se tordant de douleur.
Mais il eut beau se débattre, ça ne servit à rien.
L’eau bénite, qui s’était écoulée sous ses vêtements, liquéfia rapidement son corps jusqu’à ce qu’il ne reste plus que ses habits, remplis d’une bouillie informe.
Ploc !
Le cou de l’homme tomba dans le liquide, qui ressemblait à de la gélatine.
C’était une mort indiscutable, sans l’ombre d’un doute.
« J-j’ai… tué quelqu’un ! »
Clacclacclacclacclacclacclac !!
Gari… Pourquoi es-tu si contente qu’on ait tué quelqu’un, alors que tu es un ange ?
Notes de bas de page :
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