Chapitre 3
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 3 : Huile sainte
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On pouvait vraiment tomber aussi souvent sur des fantômes ?
Il y en avait autant, dans le monde ?
Dans quel genre de monde vivions-nous ?
« Ouf… »
Un fantôme décharné d’environ un mètre de haut était assis sur l’épaule d’un passager.
Si une personne s’était assise comme ça, son poids se serait fait sentir. Mais c’était un fantôme, alors il devait être léger.
Les fantômes aimaient s’asseoir sur les gens ?
Pourquoi étaient-ils tous perchés sur leurs épaules ?
« Je… je l’affronte ? »
Non, je n’étais pas obligé de me battre.
Il puait, mais je pouvais le laisser passer discrètement…
Ah, merde. On s’était regardés dans les yeux.
【……】
Il m’avait vu ?
Il s’était rendu compte que je le regardais ?
Non, je regardais juste droit devant moi.
Je ne vois pas les fantômes. Je ne les vois pas.
Je fis de mon mieux pour faire comme si je ne savais pas qu’il était là, mais le fantôme se mit soudain à marcher vers moi.
Il m’avait remarqué ? Non, peut-être qu’il allait simplement dans cette direction.
J’avalai ma salive et m’efforçai de garder mon calme, quand je me rappelai soudain que Gari cliquetait derrière moi.
Si je pouvais le voir, le fantôme pouvait aussi voir Gari.
【Kyaaaaaah !】
« Gari, mords-le ! »
À cet instant, Gari ouvrit grand la bouche et croqua le fantôme qui fonçait sur moi.
Croc ! Crac ! Croc !
Le bruit féroce de quelque chose broyé et mâché résonna dans le bus.
C’était moins une.
« J’ai réussi… »
Je poussai un soupir de soulagement, et tous les passagers du bus tournèrent les yeux vers moi.
Évidemment. Je venais de crier au beau milieu du bus.
« Désolé… »
La personne assise à côté de moi s’écarta discrètement.
Aïe.
Bientôt, les gens cessèrent de me dévisager. Je remarquai aussi que l’odeur nauséabonde qui me piquait les narines avait disparu.
Elle s’était dissipée parce que Gari l’avait mangé ?
L’odeur que j’avais sentie venait bel et bien du fantôme.
Il digérait vraiment les fantômes ?
Ce n’était qu’une bouche flottante, sans gorge ni estomac. Où pouvait bien aller ce qu’elle avalait ?
Peu après, j’arrivai à l’arrêt près de chez moi.
J’avais eu peur d’en croiser un autre, mais comme je ne sentais rien, il ne devait pas y en avoir dans les environs…
« Non, il y en a encore un… »
Une odeur âcre et pénétrante me parvint.
Encore.
L’odeur d’un fantôme.
Attendez, il y avait des fantômes même quand je me promenais simplement dans mon quartier ?
C’était complètement absurde, mais dès que je repérai le fantôme, je me mis sur mes gardes.
Où était-il ?
J’avais croisé deux fantômes en si peu de temps.
Ce que j’avais appris à leur contact, c’était qu’ils étaient bien plus agressifs que je ne l’aurais imaginé.
Dès qu’ils apercevaient quelqu’un capable de les voir, ils fonçaient sur lui sans se soucier du reste.
Peut-être que les gens qui voyaient les fantômes étaient pour eux des mets particulièrement rares.
Si j’en croisais un, je devais frapper le premier.
Heureusement, j’avais Garigari Agari.
J’avançai lentement en surveillant les alentours. L’odeur du fantôme se faisait de plus en plus forte, mais je ne voyais pas sa silhouette.
Ce n’était pas possible que je ne voie soudain plus les fantômes. Il devait se cacher quelque part…
Où es-tu ?
Où est-ce que tu te caches ?
Sors de là. Tu pues.
Pourtant, je ne trouvai pas le fantôme avant d’être presque arrivé chez moi.
Le problème, c’était que l’odeur s’était intensifiée.
Ça voulait dire qu’il était tout près.
« Gari… il y a bien un fantôme dans les environs, hein ? »
Clic ?
Gari sembla pencher la tête.
Et si Gari ne sentait pas ce que je sentais ?
Ah. Elle n’avait pas de nez, alors peut-être qu’elle ne sentait rien du tout.
« Gari, tu veux sortir attraper le fantôme ? Tu peux faire ça ? »
Clic !
Gari secoua la tête. J’avais espéré qu’elle puisse chasser toute seule, mais visiblement, non.
En résumé, Gari ne détectait pas les fantômes comme moi.
Cela dit, quand un fantôme était assez proche, elle semblait capable de le repérer et de se tenir prête.
Elle n’avait pas d’yeux non plus. Pour qu’elle agisse correctement, il fallait donc que je lui donne des instructions…
Autrement dit, je ne pouvais pas me détendre simplement parce que Gari était avec moi.
Tout en guettant les fantômes, je regagnai mon logement, dans le quartier des villas.
Je n’en avais croisé aucun en chemin, mais l’odeur de nourriture en décomposition m’avait suivi tout du long.
Ce n’était quand même pas l’odeur de mon voisin qui sortait ses déchets alimentaires ?
Une fois à l’intérieur, je me détendis en constatant qu’il n’y avait pas de fantôme chez moi.
Le problème, c’était que je ne savais pas quand un fantôme risquait de m’attaquer.
Le fantôme de la supérette était entré alors que la porte était verrouillée. Les fantômes semblaient pouvoir traverser les murs.
J’aurais voulu dormir sans plus attendre, mais je n’y arrivais pas.
J’étais trop nerveux.
« Et si quelque chose m’attaquait pendant que je dormais… Gari, tu peux monter la garde ? »
Clic ?
Est-ce que Gari avait seulement besoin de dormir ?
Je ne croyais pas avoir déjà entendu parler d’anges qui dormaient.
Gari était une alliée fiable au combat, mais je ne pouvais pas tout lui confier.
« Tu ne peux pas dresser une sorte de barrière ? Dans les bandes dessinées, les gens dotés de pouvoirs spirituels faisaient toujours ça. »
Clic !
C’est alors que Gari réagit.
Comme si elle avait une solution.
« Gari, tu sais dresser une barrière ? »
Clic !
« Alors, fais-le ! »
À mes mots, Gari regarda soudain autour d’elle et se mit à fouiller dans le tiroir du meuble télé.
Elle s’échinait à ouvrir le tiroir avec les dents, alors je le fis à sa place. À l’intérieur se trouvait une Bible.
« Une Bible ? »
Clic !
Gari mordit délicatement dans la Bible, puis se mit, je ne sais comment, à tourner les pages avec sa langue.
L’Exode.
Le livre était ouvert aux chapitres vingt-neuf à trente et un.
« Il y a une méthode là-dedans ? »
Clic !
Voyons voir.
Gari désignait assez précisément le chapitre trente de l’Exode avec sa langue.
L’Exode racontait comment Moïse avait conduit les Israélites hors d’Égypte vers la terre où coulaient le lait et le miel, que Dieu leur avait promise.
Le chapitre trente expliquait comment faire brûler de l’encens dans le Tabernacle pour prier, procéder à un recensement et se laver les mains. Mais la section suivante retint mon attention.
Elle expliquait comment fabriquer de l’huile sainte.
« De l’huile sainte ? Tu veux que j’en fabrique ? »
Clic !
C’était bel et bien ce que Gari semblait vouloir.
« Il faut prendre les meilleurs aromates : cinq cents sicles de myrrhe pure, deux cent cinquante sicles de cinnamome odoriférant, deux cent cinquante sicles de roseau odoriférant, cinq cents sicles de cannelle et un hin d’huile d’olive, puis mélanger le tout ? »
La Bible disait que c’était de l’huile sainte, destinée à consacrer des objets.
D’abord, je cherchai les équivalences modernes des unités bibliques, les sicles et les hins.
Les ingrédients étaient la myrrhe, le cinnamome, le roseau odoriférant, la cannelle et l’huile d’olive. Quand je me renseignai, ils me parurent plus familiers que prévu.
La myrrhe était une résine d’arbre, le cinnamome l’écorce intérieure d’un cannelier, le roseau odoriférant une plante qui ressemblait à un roseau et l’huile d’olive… eh bien, de l’huile d’olive.
J’avais déjà de l’huile d’olive chez moi, ainsi que de la cannelle en poudre.
Le problème, c’était la myrrhe, le cinnamome et le roseau odoriférant…
« Une herboristerie ! »
Je me précipitai dehors et me rendis dans une herboristerie du quartier.
Il y avait une clinique de médecine orientale où les personnes âgées du quartier avaient l’habitude d’aller. Ils vendaient aussi des remèdes à base de plantes, alors j’arrivai de justesse avant la fermeture.
« De la myrrhe et du roseau odoriférant ? Pourquoi quelqu’un de votre âge en aurait besoin ? »
« J’ai… une bonne raison. »
Je réussis à obtenir de la poudre de myrrhe broyée et du roseau odoriférant séché. Alors, c’était donc ça, leur apparence.
« Euh… Vous auriez du cinnamome ? L’écorce intérieure d’un cannelier. »
« Ah… Nous n’en avons plus. On n’en recevra pas avant la semaine prochaine. »
Merde. J’en avais besoin tout de suite, mais il se faisait déjà tard.
« Il y aurait un autre endroit où je pourrais en trouver ? »
« Si vous en avez vraiment besoin, pourquoi ne pas essayer au supermarché ? »
« Au supermarché ? »
« Oui. Ils vendent plein de bâtons de cannelle. C’est aussi de l’écorce de cannelier. »
« Ah ! »
Maintenant que j’y pensais, j’avais déjà vu des bâtons de cannelle vendus à l’unité.
Je courus jusqu’à un supermarché du coin et réussis à en trouver.
J’achetai les ingrédients, puis les coupai, les broyai et les mélangeai comme indiqué dans la Bible. Le résultat ressemblait à une boule de pâte.
« Euh… »
C’était censé être de l’huile sainte, non ?
Ça n’en avait pas l’air.
J’avais beau y réfléchir, ça ne ressemblait pas à de l’huile sainte. Je vérifiai donc à nouveau la Bible.
« Prépare-la comme le ferait un parfumeur… »
J’avais oublié cette phrase.
Mais qu’est-ce que ça voulait dire, la préparer comme de l’encens ?
Il fallait juste que ça sente bon ?
Je pris toute l’huile d’olive de la maison, la versai dans une bassine, déchirai la boule de pâte en petits morceaux et les jetai dedans.
L’odeur était forte, mais pouvais-je considérer que c’était prêt ?
J’en répartis un peu partout dans la maison, comme si j’oignais chaque recoin.
L’odeur était si forte que j’avais l’impression que mon nez allait se boucher, mais au moins, je me sentais un peu plus en sécurité.
Vu que Gari n’avait pas protesté, j’avais peut-être réussi à en préparer suffisamment correctement.
Puis je m’endormis dans une maison qui empestait l’huile sainte…
« Ah. J’ai le nez bouché. »
Quand j’ouvris les yeux, une obscurité totale m’enveloppait.
Je jetai un coup d’œil au téléphone posé près de mon lit. Trois heures du matin.
En me pinçant le nez bouché, je me rendis dans la cuisine pour boire de l’eau.
Glouglou !
En attendant que le purificateur me verse cinq cents millilitres d’eau froide, je regardai le salon éclairé par la lune…
« … »
Il était là.
Encore un.
【…………………】
De l’autre côté de la fenêtre du salon.
Un fantôme au visage blême me fixait, les yeux écarquillés.
J’étais au troisième étage.
« Il… ne peut pas entrer ? »
En y regardant de plus près, le fantôme était seulement suspendu à la fenêtre. Il ne pouvait pas entrer.
L’huile sainte que j’avais préparée avec les ingrédients de l’herboristerie du quartier et du supermarché fonctionnait vraiment.
« Gari ? »
Clic ?
Gari flotta mollement jusqu’à moi, comme si elle venait de se réveiller.
Toi aussi, tu dors ?
Je ne pouvais sans doute pas demander à Gari de monter la garde vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Avec Gari pour me protéger, je m’approchai de la fenêtre.
Le fantôme s’agita furieusement et tambourina contre la vitre comme s’il voulait la briser.
Il semblait furieux de ne pas pouvoir entrer pour me dévorer, à cause de l’huile sainte.
Le fantôme passa sa colère sur cette pauvre fenêtre innocente.
Au moment où je crus que la vitre allait céder…
Clic !
Gari fonça soudain en avant, traversa la fenêtre d’un coup et se jeta sur le fantôme !
Non, ma fenêtre !
La fenêtre vola en éclats dans un fracas assourdissant, et Gari mordit le visage du fantôme avant qu’il ait le temps de réagir à cette attaque surprise.
Le fantôme se débattit, Gari toujours agrippée à son visage, puis il chuta tout droit du troisième étage.
Boum !
Hein ? Le sol venait de s’effondrer ?
J’avais rêvé ?
« Gari ! »
Je passai la tête par la fenêtre pour voir comment se déroulait le combat entre Gari et le fantôme.
Mais alors…
【──── !!】
Le fantôme repoussa Gari et bondit sur moi.
Je reculai en trébuchant, sous le choc, mais les ongles acérés du fantôme ne parvinrent pas à m’atteindre. Au moment où il franchit la fenêtre…
Fwoosh !
La main du fantôme s’embrasa soudain.
【Kyaaaaaah !】
La main en feu, le fantôme poussa un cri de douleur.
Gari, qui le poursuivait, ouvrit grand sa gueule…
Croc !
Mâche, mâche !
Gloups !
Le fantôme fut englouti.
« … »
Clic !
… L’huile sainte était d’une efficacité délirante.
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