Chapitre 27
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 27 : Club d’Itaewon (2)
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Je finis par m’allier à Gagaram.
Pour être plus précis, c’était Gagaram qui s’était intéressé au Bodhisattva Wolryeong.
« Je vois. Des démons des rêves… J’ai failli me faire avoir sans m’en rendre compte. »
Après avoir discuté dans la pièce, Gagaram claqua des doigts et déclara d’un ton assuré :
« Très bien, je vais vous aider. »
« Hein ? Vraiment ? »
« Bien sûr. Je dois une fière chandelle à Gari, le Bodhisattva. Grâce à elle, j’ai aussi touché la récompense pour avoir vaincu le Fantôme de deux mètres quarante. »
Le Fantôme de deux mètres quarante était toujours en vie. Je devais le lui dire ?
« Et puis, aider une dame en détresse, c’est le devoir d’un chevalier, non ? »
« Ho ho. »
« … »
Gagaram semblait davantage intéressé par le Bodhisattva Wolryeong que par moi.
Pour lui faire plaisir, je décidai de garder la vérité pour moi.
« Bref, ces démons des rêves… Vous avez réfléchi à la façon de les faire sortir ? »
« Je suis en train de repérer les lieux grâce à mon familier. Ah, Jjaekjjaeki, n’entre pas là-dedans. »
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Jjaekjjaeki vient de jeter un œil par une bouche d’aération sous le vestiaire des femmes. »
Jjaekjjaeki, dont je partageais la vision, volait consciencieusement dans le club.
Il semblait s’être arrêté près du vestiaire des femmes. Des femmes presque dénudées venaient soudain d’apparaître dans son champ de vision, et je m’empressai de lui ordonner de regarder ailleurs.
Et puis…
« Hein ? Une queue ? »
« Une queue ? »
« Tu as trouvé quelque chose ? »
C’était bel et bien une queue.
Mais quelque chose clochait. Seuls les contours de la queue étaient flous.
Quand je leur expliquai, le Bodhisattva Wolryeong se caressa le menton et avança une hypothèse.
« On dirait qu’elles ont abandonné leur transformation. »
« Leur transformation ? »
« Oui. C’est une ruse courante chez les races non humaines dont les traits physiques diffèrent de ceux des humains. Elles doivent dissimuler leur identité pour se fondre dans le monde des hommes, après tout. »
Mais elles avaient abandonné leur transformation dans le vestiaire ?
Il y avait d’autres personnes avec elles. Elles ne risquaient pas de se faire voir ?
« Je ne pense pas qu’il n’y ait qu’un seul démon des rêves. »
« Plus d’un démon ? Quelle plaie. »
Je distinguais environ deux personnes dans le vestiaire. Il y en avait donc au moins deux.
Quoi qu’il en soit, maintenant que nous avions repéré les démons des rêves, il fallait les suivre…
« Oh, elles ont disparu. »
Le démon des rêves avait disparu de mon champ de vision.
Jjaekjjaeki observait depuis la bouche d’aération, alors son champ de vision était étroit. Les femmes n’avaient fait qu’un petit mouvement, et nous les avions déjà perdues de vue.
« Jjaekjjaeki ! Suis-les ! Non, ne sors pas des conduits ! Ça pourrait être dangereux ! »
Jjaekjjaeki commença à descendre dans le conduit, puis m’entendit et s’empressa d’emprunter un autre passage.
Mais il était déjà trop tard.
« On les a perdues. »
« Quel dommage. »
« Tu as vu à quoi elles ressemblaient ? »
Je décrivis le démon des rêves d’après ce que j’avais vu à travers les yeux de Jjaekjjaeki.
« Elle nous tournait le dos, alors je n’ai vu que ses longs cheveux noirs. »
« Elle portait quoi ? »
« Elle était à moitié déshabillée, je n’ai pas pu voir. »
« Elle doit travailler ici, alors. »
J’étais arrivé à la même conclusion.
Pourquoi quelqu’un viendrait jusqu’à un club juste pour se changer, sinon ?
Elle serait venue déjà habillée. Et le code vestimentaire avait l’air strict, ici.
Autrement dit, le démon des rêves que je venais d’apercevoir devait être une hôtesse qui travaillait au club.
« Des hôtesses… Ce n’est pas illégal ? »
« Ce n’est pas vraiment à nous de dire ça. Surtout dans un endroit pareil. »
Gagaram désigna négligemment un coin de la piste de danse.
Des hommes y recevaient quelque chose d’un serveur. Un sachet rempli de poudre blanche.
« De la drogue ? »
« Les clubs sont des nids à toutes sortes d’activités illégales. Dans des endroits comme celui-ci, les hôtesses sont presque un service indispensable. »
De la drogue vendue en plein cœur de la Corée du Sud.
Bon, ça avait l’air de durer depuis un moment, mais comment un pays qui était autrefois épargné par la drogue avait-il pu en arriver là ?
« Ce démon des rêves est probablement une hôtesse qui travaille ici. Pour un démon des rêves, ce genre de boulot doit faciliter la recherche de proies. »
Gagaram examina la carte des prix posée sur la table de notre pièce.
« Pas étonnant que ce club soit si populaire à Itaewon. Les prix sont monstrueux. Si Gari, le Bodhisattva, peut se payer une salle VVIP comme celle-ci… elle doit être incroyablement riche. »
Gagaram commençait à se faire de fausses idées.
Non, pourquoi avait-il tiré cette conclusion, tout à coup ?
« Je me doutais qu’une personne aussi douée que Gari, le Bodhisattva, avait les poches pleines. Elle a terrassé le Fantôme de deux mètres quarante d’un seul coup. »
Je devais le lui dire, maintenant ?
Qu’il n’était pas mort.
Mais Gagaram continuait à placer la barre toujours plus haut de son propre chef.
« Attends. »
En parlant d’argent, ça me rappela…
« Dans ce club, on peut tout obtenir à condition d’y mettre le prix, pas vrai ? »
« C’est le capitalisme poussé à l’extrême. »
Les démons des rêves étaient des hôtesses de ce club.
Et qui les hôtesses divertissaient-elles ?
J’avais trouvé ma réponse.
* * *
« Monsieur le gérant ! La salle trois vient de passer commande ! »
« Déjà ? Ça fait combien de temps qu’on leur a apporté le champagne ? »
Les salles VVIP du club — ou plutôt, celles réservées aux riches à outrance — étaient sa principale source de revenus.
Les sommes dépensées là-bas n’avaient rien à voir avec celles des tables ordinaires. Et parmi les commandes…
« Qu’est-ce qu’ils ont commandé ? »
« Le Menu Empereur ! Celui à cent millions de wons ! »
« … ! »
Les pupilles du gérant tremblèrent tandis qu’il fonçait vers la salle trois.
À l’intérieur, un président d’allure distinguée contemplait tranquillement la piste de danse.
« Qu’est-ce que vous faites ? Préparez la commande ! Où sont Sunmi et Jessica ? Où sont ces deux-là ? »
« Elles sont en pause, elles doivent se reposer… »
Le gérant courut si vite vers la salle de repos qu’il eut l’impression que les semelles de ses chaussures allaient se décoller.
Il y trouva bientôt les deux belles hôtesses, en train de se détendre.
« Sunmi ! Jessica ! Préparez-vous, tout de suite ! »
« Qu’est-ce qu’il y a, monsieur le gérant ? »
« C’est notre pause. »
Bien qu’il fût leur gérant, les deux hôtesses réagirent à peine.
Quelles garces mal élevées.
Il ne pouvait pourtant pas leur tenir tête. Elles étaient les vedettes du club, et l’argent qu’elles rapportaient grâce aux salles VIP n’avait rien d’anodin.
Personne ne savait comment elles avaient réussi à mener ces VIP arrogants par le bout du nez, mais beaucoup s’étaient laissé charmer au point de leur donner tout ce qu’ils possédaient.
« Ce n’est pas le moment ! C’est le Menu Empereur ! Préparez-vous et dépêchez-vous ! »
« Le Menu Empereur ? Quoi, l’un de nos habitués est venu ? »
« S’il était là, vous auriez dû nous prévenir plus tôt ! »
Croyant qu’il s’agissait d’un des VIP qu’elles géraient, les deux femmes pressèrent le gérant de questions.
« Non ! C’est un nouveau ! Un parfait débutant ! »
À ces mots, qui annonçaient une toute nouvelle bonne poire, leurs yeux s’illuminèrent d’un éclat mauvais.
Peu après, des feux d’artifice colorés jaillirent au-dessus de la piste de danse, tandis que le DJ s’écriait :
« Menu Empereur au Dom Pérignon, cent millions de wons ! Le Menu Empereur au Dom Pérignon arrive ! »
Ffffou !
« Ouah, c’est quoi ce truc ? »
« Quelqu’un a commandé le Menu Empereur ? »
« Il doit être sacrément riche… »
Les clients sur la piste chuchotèrent, tous les regards convergeant vers un même endroit.
Puis de belles femmes entrèrent au centre de la piste, portant du champagne, des fruits et une immense pancarte sur laquelle était écrit : « 100 millions de wons ».
Elles annoncèrent la commande à cent millions de wons dans tout le club et braquèrent les projecteurs sur la salle VIP numéro trois.
« Ouah, ils doivent être vraiment riches… »
« Je suis jaloux… »
« Ça doit être sympa de naître dans une famille riche. »
Voilà. C’était ça, leur réaction.
Une décharge de dopamine, tandis que leur envie et leur jalousie s’étalaient au grand jour.
C’était ce genre de regards que les clients qui commandaient des bouteilles hors de prix aimaient savourer.
Il fallait attiser ce mélange inextricable de désirs pour que les riches continuent à jeter leur argent par les fenêtres.
Et la véritable opération de séduction ne s’arrêtait pas là.
« Très bien ! En route pour la salle ! »
Après avoir exhibé la commande du Menu Empereur à tout le club, les hôtesses prirent la direction de la salle trois.
« Le Menu Empereur arrive~ »
Sunmi et Jessica.
Les deux vedettes du club, servantes du démon Asmodée, dévisagèrent la bonne poire avec un sourire enjôleur.
« Il a l’argent qui lui dégouline de partout. »
« Celui à côté a l’air un peu minable… Un employé, peut-être ? »
Puis elles remarquèrent le Bodhisattva Wolryeong à leurs côtés.
Elle était plutôt belle.
Il se promenait avec une beauté pareille et commandait le Menu Empereur dans un club ?
Elles comprirent plus ou moins ce qui se passait.
C’était sûrement une petite amie qu’il entretenait avec son argent.
« Cette place sera bientôt à nous. »
Parmi les hôtesses du club, elles avaient jeté leur dévolu sur leur cible.
Un lieu décadent, débordant de luxure, était le terrain de jeu idéal des démons des rêves et des démons de la luxure.
Elles n’avaient qu’à séduire cette bonne poire comme il fallait et l’emmener en after-party. La victoire serait à elles.
Une fois ensorcelé par un démon des rêves, un humain se débattait dans ses filets et devenait une bonne poire qui lui offrait sans cesse tout ce qu’il possédait !
« Bonjour. Je suis Sunmi, une des vedettes du club XX. »
« Moi, c’est Jessica~ »
Les autres vedettes du club se présentèrent à leur tour, dans l’espoir d’attirer l’attention de la bonne poire.
On en choisirait environ six. Les deux étaient certaines d’être retenues.
Mais la bonne poire, qui observait les vedettes du club, se couvrit soudain le nez.
« Beurk… »
Qu’est-ce qui lui prenait, tout à coup ?
La belle femme à côté de lui lui demanda avec précaution :
« Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Patron, qu’est-ce qui se passe ? »
« …Ça pue la merde. »
C’était une raison à laquelle elles n’auraient jamais pu penser.
* * *
D’abord, je commanderais le menu le plus cher pour attirer l’attention de tout le club.
Les hôtesses ne tarderaient pas à se rassembler autour de moi, et je pourrais repérer les démons des rêves parmi elles.
L’idée m’était venue sur le moment, mais ça avait marché.
« Ouf, cent millions de wons. Je n’avais jamais vu quelqu’un dépenser cent millions dans un club. »
« C’est vrai. Bodhisattva, ça va ? »
Gagaram et le Bodhisattva Wolryeong me regardaient, partagés entre l’admiration et l’inquiétude.
Cent millions de wons.
Oui, c’était la somme que j’avais dépensée pour commander le Menu Empereur.
Pour être honnête, je n’aurais jamais imaginé dépenser autant, avant.
Je ne comprenais toujours pas qu’on puisse dépenser cent millions de wons juste pour boire et se divertir.
« Ça me semblait valoir le coup. »
La récompense pour avoir vaincu un démon des rêves s’élevait à deux cents millions de wons par démon. Il y en avait au moins deux, alors je pouvais toucher au minimum quatre cents millions.
Je recevrais aussi une aide financière. C’était un investissement qui valait la peine d’être tenté.
Mais surtout…
« Je pourrai regagner de l’argent plus tard. Ces foutus démons sèment le chaos, alors il faut d’abord s’occuper d’eux. »
« …Gari, le Bodhisattva. »
Gagaram m’attrapa soudain par l’épaule.
« Gari, le Bodhisattva… Je savais que vous n’étiez pas quelqu’un d’ordinaire, mais jamais je n’aurais imaginé que vous étiez aussi exceptionnelle ! »
Qu’est-ce qu’il avait encore compris de travers ?
« Quel âge avez-vous, Gari, le Bodhisattva ? Non, peu importe. Le respect suffit pour que je vous appelle grand frère. »
« Non, je suis plus jeune que toi… »
« Je te traiterai comme mon grand frère ! Grand frère ! »
Je n’avais pas besoin de ça…
À ce moment-là, des feux d’artifice éclatèrent pour célébrer la commande du Menu Empereur.
Ils faisaient vraiment leur pub dans tout le quartier. Il y avait ici une bonne poire qui venait de dépenser cent millions de wons en alcool.
« Seigneur… »
C’était vraiment un niveau supérieur de connerie.
Mon Dieu, Jésus. Si ce lieu décadent n’était pas Sodome et Gomorrhe, alors qu’est-ce que c’était ?
« Il a l’air bien, ce Menu Empereur. J’aimerais bien me faire plaisir comme ça, moi aussi. »
« Ho ho, ça me rappelle Du-han, qui avait loué tout le Gukbin-gwan. »
« Hein ? Kim Du-han ? »
Quoi qu’il en soit, cette parade décadente, vulgaire et obscène finit par arriver jusqu’à la salle où je me trouvais.
Les projecteurs se braquèrent sur la salle trois et les regards des clients se rassemblèrent derrière la vitre sans tain. C’était difficile de supporter une situation aussi embarrassante, mais j’avais du travail.
« Ouf… »
Jjaekjjaeki n’était pas revenu.
Il avait l’air de s’être perdu, mais il avait très bien fait son travail de repérage. Ça me suffisait.
« Allez ! Choisissez qui vous voulez dans le groupe ! »
Le serveur aligna les belles femmes et me dit de choisir à ma guise.
Les gens n’étaient pas des marchandises. C’était quoi, ce bordel ?
Bref, il fallait que je repère les démons des rêves parmi elles, mais un problème se posait.
Ça puait.
Ça sentait vraiment la merde.
L’odeur était déjà insupportable avant même que j’entre dans le club, alors je savais que ce ne serait pas facile. Mais maintenant que les démons des rêves étaient juste devant moi, c’était pire que prévu.
Il y avait forcément un démon des rêves parmi elles.
Mais l’odeur était si forte que je n’arrivais pas à savoir laquelle en était la source.
« Pourquoi est-ce qu’elles ont toutes les cheveux noirs ? »
Je pouvais le comprendre pour des Asiatique de l’Est, mais même la femme qui avait l’air étrangère avait les cheveux noirs.
« Il y en a une… qui veut rester ? »
Toutes les hôtesses levèrent la main en même temps.
C’était peut-être parce que l’occasion de gagner beaucoup d’argent se présentait. Leurs désirs brûlaient si fort que je n’arrivais pas à distinguer les démons des rêves.
C’est alors que je remarquai la sono de la salle.
Ces salles privées VIP permettaient de couper le bruit et les regards venant de l’extérieur, tout en laissant les clients profiter de leur propre système audio.
Autrement dit, on pouvait rester dans un espace privé avec des femmes et s’amuser comme dans un karaoké… Je n’avais jamais su que des endroits pareils existaient.
« Alors, chantez ! Je déciderai ensuite qui reste ! »
« Pardon ? Monsieur, mais… »
« Vous pouvez facturer ce qu’il faudra. »
Quand je tendis ma carte, l’employé s’illumina et s’inclina profondément.
« Alors, je commence ! »
Une des hôtesses leva la main avec enthousiasme.
Elle devait être sûre de bien chanter.
« En ce moment, la chanson la plus populaire du classement Billboard, c’est My Girl… »
« Non, c’est moi qui choisis la chanson. »
« Pardon ? »
C’était peut-être difficile à croire, mais je faisais ça pour repérer les démons des rêves.
Alors, la chanson que j’allais choisir, c’était…
Nouveau recueil de cantiques, numéro deux cent vingt-cinq : Siloé.
…
…
…
« Ô Seigneur~ ! Je te rendrai grâce ! De m’avoir donné~ Siloéééé !! »
C’était agréable à écouter, non ?
Allez, bande de démons, chantez vite un cantique !
C’est l’heure du test idéologique~ !
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