Chapitre 26
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 26 : Club d’Itaewon
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On me refusa l’entrée.
Pourquoi ?
« Non, mais pourquoi ? »
« On ne laisse plus entrer personne ce soir. »
On ne laissait plus entrer personne ?
Alors pourquoi les autres entraient-ils sans problème ?
« Et eux ? »
« Ils ont réservé. »
Tous ces gens avaient réservé ? Menteur.
Qu’est-ce qui me différenciait d’eux ?
Le videur me détailla rapidement de la tête aux pieds, puis agita la main comme s’il voulait déjà me voir déguerpir.
Il poussa un profond soupir et m’examina de nouveau.
Comme s’il me jugeait.
Il me dévisageait si ouvertement que j’en eus la chair de poule.
Je finis par quitter la file, comme si on m’avait fichu dehors.
C’était quoi, le problème, bordel ?
Je restai devant le club à réfléchir.
Même si je réessayais, il y avait de grandes chances qu’on me recale.
Est-ce que ce serait différent dans un autre club ?
Il y avait sûrement quelque chose qui clochait chez moi.
« Ne me dites pas qu’il a compris que j’étais exorciste ! »
Ce videur était-il le larbin d’un démon maléfique ?
Pourtant, il n’avait pas une odeur bizarre ou quoi que ce soit.
« À votre avis, c’était quoi, le problème ? Gari, Sœur de deux mètres quarante, vous avez une idée ? »
Clac, clac ?
【Pou~ ?】
Aucune des deux n’avait l’air d’en savoir plus que moi.
Qu’est-ce que j’étais censé faire ?
Je sentais l’odeur infecte qui venait de l’intérieur du club. Sans aucun doute, un démon des rêves s’y trouvait.
Mais me faire refouler à l’entrée d’un club ?
Est-ce que je devais grimper dans la bouche de Gari et entrer par le toit ?
Non. Déjà, rien ne garantissait que je pourrais passer par le toit, et puis emmener Gari attirerait beaucoup trop l’attention.
Il me fallait une autre solution.
Mais laquelle ?
Non, je n’allais pas trouver la réponse en me creusant la tête tout seul.
Je devrais demander conseil à quelqu’un.
À mes amis ?
J’avais des amis de mon âge, mais aucun n’était déjà allé en boîte.
Ils étaient tellement sages qu’aucun ne buvait ni ne fumait. Alors, aller en boîte ? Jamais de la vie.
À cet instant, mon téléphone sonna.
« Hein ? »
C’était le Bodhisattva Wolryeong.
* * *
[Je vois. Je pense pouvoir vous aider. J’arrive bientôt.]
La conversation avait commencé par des banalités, mais, je ne sais comment, on en était venus à parler des clubs.
La réponse du Bodhisattva Wolryeong me prit complètement au dépourvu.
« Hein ? Vous venez ici ? »
[Oui, je dois préparer quelques petites choses, mais je serai là dans moins d’une heure.]
Le Bodhisattva Wolryeong venait en personne.
Je ne m’attendais pas à ce qu’elle se montre aussi serviable, mais elle était vraiment d’une grande gentillesse.
C’était elle qui m’avait présenté la demande de l’Association, et elle m’avait aidé à conclure un pacte de familier avec la Sœur de deux mètres quarante.
Elle m’avait appris toutes sortes de choses utiles et, maintenant, elle venait même m’aider en personne pour une affaire pareille.
Je devrais lui préparer des plantes médicinales en cadeau, plus tard.
« Elle a dit qu’elle arrivait, mais ça va prendre un peu de temps. On se repose un moment ? »
J’entrai dans un café des environs.
Même si l’heure du dîner était passée, l’endroit était bondé.
C’était parce qu’on était à Itaewon ? Il devait y avoir beaucoup de clients qui sortaient le soir.
Je commandai un café et plusieurs parts de gâteau, puis les partageai avec Gari, la Sœur de deux mètres quarante et Jjaekjjaeki.
Je leur glissais à manger dès que personne ne regardait, et toutes les trois dévoraient leur part avec un plaisir évident.
« Mais où est-ce que vous mettez tout ce que vous mangez ? »
C’étaient des esprits, elles n’avaient donc pas d’estomac. Les voir manger autant me faisait me demander où tout ça pouvait bien passer.
Pendant que j’attendais, une moto s’arrêta près du café.
« Waouh. »
Sa propriétaire portait une combinaison de moto qui soulignait sa silhouette élancée et gracieuse.
C’était ça, les filles canon des clubs d’Itaewon ? Il y en avait même ici ?
Même après avoir retiré son casque, elle était d’une beauté renversante.
Mon téléphone sonna alors.
« Oui, Bodhisattva. Vous êtes où ? »
[Je suis arrivée à l’endroit que vous m’avez indiqué. Où êtes-vous ?]
« Je suis dans le café d’en face. Il s’appelle XX Café, et… »
À cet instant, la belle motarde s’approcha du café, son téléphone à la main. Quand elle me vit, elle m’adressa un petit salut.
Hein ? Pourquoi me saluait-elle ?
Je devais me faire des idées.
Elle saluait quelqu’un d’autre dans le café… non, elle venait droit vers moi ?
Ding !
La porte du café s’ouvrit et la motarde se dirigea vers moi d’un pas assuré.
Elle s’arrêta juste devant moi, puis…
« Bodhisattva, vous voilà. »
« ??? »
Quand je penchai la tête, la belle motarde m’adressa un grand sourire.
« C’est moi, le Bodhisattva Wolryeong. »
« … »
Pardon ?
* * *
« L’art du changement d’apparence ? »
La belle femme n’était autre que le Bodhisattva Wolryeong.
Cette transformation incroyable était apparemment le résultat d’une technique appelée « art du changement d’apparence ».
« Oui, on s’en sert souvent pour se déguiser. Cette technique consomme beaucoup d’énergie spirituelle, alors on ne l’utilise que pour des choses comme l’infiltration. »
« Sérieusement… »
C’était vraiment cette vieille chamane ?
Elle n’avait pas amené sa petite-fille en lui demandant de faire semblant d’être elle, au moins ?
« Mais… pourquoi être venue comme ça ? »
Pourquoi s’était-elle donné tant de mal pour m’aider, allant jusqu’à utiliser l’art du changement d’apparence ?
Quand je le lui demandai, le Bodhisattva Wolryeong me répondit avec un sourire enjoué.
« Hé hé. Vous avez dit que vous alliez vous infiltrer dans un club, alors je suis venue vous aider du mieux que je pouvais. »
« Euh… comment ? »
« Pour commencer, mettez ça. »
Le Bodhisattva Wolryeong me tendit un sac de courses qu’elle avait apporté.
« Tout ça… Waouh, ce sont des marques de luxe ! »
Même moi, je reconnaissais les logos célèbres imprimés sur les sacs.
À l’intérieur, il y avait des vêtements et une montre.
« Vous m’avez dit qu’on ne vous laissait même pas entrer, non ? C’est votre apparence, le problème. À vous voir, on ne dirait vraiment pas que vous êtes venu vous amuser en boîte. »
« Euh… qu’est-ce qui cloche dans ma tenue ? »
Je portais le manteau-armure sacré que j’avais acheté au Marché des fantômes, avec mes vêtements habituels en dessous.
Le manteau-armure sacré ne se distinguait pas tant que ça de vêtements ordinaires, et je portais dessous les mêmes habits que d’habitude.
J’avais caché mon chapelet de sorbier dans ma poche parce qu’il attirait trop l’attention… Ma tenue n’était pas si mal, si ?
« Pour commencer, changez-vous entièrement. »
« Entièrement ? »
« À voir la file dehors, ce club n’accepte que les gens riches ou les jolies femmes. Ils sont très exigeants. »
Je n’étais jamais allé en boîte, alors je ne pouvais que me fier aux conseils du Bodhisattva Wolryeong.
« Pourtant, votre tenue ne fait pas du tout riche. Dans un club ordinaire, ça passerait peut-être, mais dans un endroit pareil, vous avez l’air de quelqu’un qui ne dépensera pas un sou. C’est pour ça qu’on vous a recalé avant même de vous laisser entrer. »
« Ah… »
« Alors, il faut d’abord avoir l’air d’avoir de l’argent. »
Je me changeai et enfilai les vêtements que m’avait donnés le Bodhisattva Wolryeong.
Ils étaient un peu trop grands, mais ne faisaient pas si bizarre que ça.
« Mais pourquoi vous avez des choses pareilles ? »
« Je les avais achetées pour l’anniversaire de mon petit-fils, mais je les ai prises avec moi. »
« … »
On aurait dit que ce que je portais valait plusieurs milliers de dollars.
C’était censé être un cadeau d’anniversaire pour son petit-fils ?
Ah, oui. Le Bodhisattva Wolryeong était la célèbre chamane de notre quartier.
Alors, quand on était la chamane la plus réputée du quartier, on pouvait offrir des vêtements et des montres de luxe en cadeau.
« Mais… »
Je retournai dans la file devant le club. Le Bodhisattva Wolryeong, qui avait toujours l’apparence empruntée grâce à son art du changement d’apparence, se plaça à côté de moi.
« Pourquoi vous venez avec moi ? »
« Je suis là pour vous aider. »
« … »
« Ne vous inquiétez pas. Je suis aussi allée au Gukbin-gwan avec Kim Du-han, vous savez. »
« Kim Du-han… »
Bodhisattva, vous avez quel âge, au juste ?
Bref, nous retournâmes dans la file.
Le moment était tendu.
La première fois, on m’avait viré sans hésiter. Qu’est-ce qui allait se passer, cette fois ?
« Bienvenue~ »
Écoutez-moi cet accent dans la voix du videur.
J’entrai avec une facilité déconcertante, rien à voir avec ma première tentative.
« Vous voyez ? Dans ce genre d’endroit, les clients qui ont l’air riches sont les meilleurs. »
J’apprenais les ficelles des clubs auprès d’une vieille dame qui était allée au Gukbin-gwan avec Kim Du-han.
Une fois à l’intérieur, la musique m’accueillit.
Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
Les basses martelaient mes côtes.
Plus nous avancions dans le couloir, plus le son s’amplifiait.
Des murs noirs.
Un parfum discret, des lumières multicolores qui tombaient du plafond.
L’immense salle débordait de monde.
Les gens se balançaient au rythme de la musique. Les verres s’entrechoquaient, des rires fusaient.
Mais la musique était si forte qu’elle couvrait même tout ça.
Ça n’allait pas être facile.
Rien qu’en regardant l’endroit, je me sentais déjà épuisé.
À l’entrée, un employé qui ressemblait à un serveur s’approcha de nous et nous demanda avec un sourire :
« Vous avez réservé ? »
« Non. »
L’employé consulta sa tablette quelques instants.
La plupart des tables étaient occupées.
L’employé ne cessait pourtant de jeter des coups d’œil au Bodhisattva Wolryeong et à moi.
Là, c’était évident qu’il nous passait au crible.
Un jeune homme riche, habillé de la tête aux pieds en vêtements de luxe, avec une montre hors de prix, accompagné d’une beauté renversante.
« Il ne nous reste qu’une table, mais… »
L’employé laissa sa phrase en suspens, l’air de rien.
C’est là que tu les faisais taire avec de l’argent, c’est ça ?
« Apportez-nous tout de suite du champagne. De quoi remplir la table. »
L’employé s’inclina aussitôt.
« Bienvenue, monsieur. Je vais vous conduire à votre table. »
« Prenez ça pour régler. »
Je sortis une carte de mon portefeuille et la lui tendis.
C’était une carte réservée au Nœud noir, délivrée par l’Association des Mystiques.
Sans limite de dépenses.
On nous conduisit à une table dans une salle à l’étage, d’où l’on voyait parfaitement la piste de danse en contrebas.
J’avais l’impression d’être dans une loge d’opéra.
« Ouh~ C’est sympa, ici. Comme ça, on pourra faire ce qu’on a à faire sans craindre de se faire repérer. »
« Vous avez l’air… vraiment habituée. »
« Pour aller dans des clubs inspirés de la culture américaine juste après la Libération, il fallait avoir de l’avance sur son temps. »
Bodhisattva, si je peux me permettre, vous êtes née en quelle année ?
C’était une question trop difficile à poser à voix haute.
« Plus important, vous avez dit qu’un démon des rêves s’était infiltré ici. »
« Oui. Je suis sûr qu’il est là, alors je vais le chercher. »
« Vous avez bien fait de laisser l’Être suprême et le Fantôme de deux mètres quarante dehors. Si vous les aviez emmenés, ils se seraient trop fait remarquer. »
Le Bodhisattva Wolryeong regarda Jjaekjjaeki, que j’avais emmené à la place.
« Essayez d’utiliser cet esprit moineau pour le repérer. »
« J’ai emmené Jjaekjjaeki parce qu’il est petit, mais comment je m’en sers ? »
Depuis que j’avais créé Jjaekjjaeki grâce à la nécromancie de Decarabia, je ne lui avais pas trouvé d’utilité particulière.
Je pensais seulement avoir gagné un animal de compagnie mignon, mais le Bodhisattva Wolryeong semblait le voir autrement.
« Les familiers, les esprits familiers, les shikigami… ce sont des techniques courantes, mais leur utilité varie énormément selon les capacités du sorcier. »
Le Bodhisattva Wolryeong m’expliqua que, pour bien maîtriser un familier, je devais savoir communiquer avec lui et lui donner des ordres correctement.
La plupart des familiers étaient moins intelligents que les humains. Pour leur donner des instructions précises, il fallait donc établir un lien presque direct avec eux.
« D’abord, apprenez à donner des ordres à votre familier. Pas avec votre voix, mais avec votre volonté. »
« Ma volonté ? »
« Vous êtes liés par un pacte, alors ça ne devrait pas être difficile. Bien sûr, comme c’est la première fois, ce ne sera pas évident, mais… »
Jjaekjjaeki, viens ici.
Pii ?
Jjaekjjaeki accourut aussitôt vers moi à tout petits pas.
« Euh… vous lui avez donné un ordre ? »
« Oui, dans ma tête. »
« Vous avez un don. Essayez maintenant de lui donner un ordre plus compliqué. L’intelligence d’un moineau a ses limites quand il s’agit d’obéir à des consignes complexes, mais voler, au moins… »
Jjaekjjaeki, saute tout droit sur place et fais un salto arrière.
Pii !
« …Ça a marché ? »
« Hein ? Ça n’aurait pas dû ? »
« …Comment un moineau saurait-il seulement ce qu’est un salto arrière ? C’est presque comme si le sorcier matérialisait directement l’image qu’il a en tête. »
Le moineau fit un salto arrière et se posa.
C’était exactement ce que j’avais imaginé.
« Avec une synchronisation aussi forte… si vous éleviez un squelette, il pourrait sûrement se battre contre Mike Tyson. »
« Ressusciter quelqu’un, ça me gêne un peu… »
Ce ne serait pas manquer de respect aux morts ?
Aussi mauvaise qu’ait été une personne, l’idée d’utiliser la nécromancie pour relever quelqu’un qui avait été humain me mettait mal à l’aise.
« Si votre synchronisation est aussi forte, vous devriez même pouvoir partager sa vision. Vous voulez essayer ? Imaginez que votre vue se synchronise avec celle du moineau… »
« Oh ! Ma vision a changé. »
« …Ça a marché tout de suite ? »
Le Bodhisattva Wolryeong avait toutes les raisons d’être stupéfait.
À présent, je partageais une partie de la vision de Jjaekjjaeki.
C’était comme si je voyais par son œil à travers mon œil gauche.
Peut-être que la nécromancie de Decarabia était une forme de magie complètement différente des techniques de familier humaines.
« Ouh… Bodhisattva, vous n’en finissez pas de m’étonner. »
« Qu’est-ce que je fais maintenant ? »
« Faites voler le moineau et fouillez tout le club. Il devrait pouvoir repérer les êtres suspects sans se faire remarquer. »
Suivant le conseil du Bodhisattva Wolryeong, j’envoyai Jjaekjjaeki explorer le club.
Comme il se ferait remarquer en volant à découvert, je lui ordonnai de longer les conduits d’aération.
« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? »
« Nous devons aussi chercher nous-mêmes. Commençons par la piste de danse. »
Le Bodhisattva Wolryeong ouvrit le champagne offert, en but une bonne gorgée, puis se dirigea vers la piste de danse.
Nous devions repérer quelqu’un qui sortait du lot, mais tout le monde était si extravagant qu’il était difficile de distinguer qui que ce soit.
Puis je tombai sur quelqu’un que je ne m’attendais absolument pas à voir.
« Bodhisattva Gari ? »
« Gagaram ? »
Je venais de croiser Gagaram sur la piste de danse.
C’est vrai qu’il avait l’air du genre à venir ici… Hein ? Gagaram ne me regardait pas. Il fixait quelqu’un d’autre.
« Cette belle femme, c’est votre petite amie ? »
« Non. »
Je répondis aussitôt, complètement pris au dépourvu.
Le visage de Gagaram s’éclaira, à la fois soulagé et plein d’espoir.
« Vous êtes d’une beauté incroyable. Bonjour, je m’appelle Gagaram. »
Gagaram retroussa les lèvres en un sourire tout neuf.
Hé.
Non.
Ce n’est pas la personne que tu crois.
Je te dis que c’est quelqu’un qui est allé au Gukbin-gwan avec Kim Du-han.
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