Chapitre 125
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 125 : Site maléfique — 9
──────
La pression me fit picoter de la tête aux pieds, alors qu’elle n’était même pas encore descendue.
Ça me rappela le rituel d’exorcisme à l’Hôtel Yurim.
Le moment où la véritable forme de Gari était brièvement apparue, après l’achèvement du triangle de la Veine sacrée et la consécration du sanctuaire.
Le moment où le Scribe céleste, Opha, était descendu.
Non. Vu qu’on ne l’avait même pas invoquée, sa puissance totale dépassait peut-être celle de la véritable forme de Gari.
Était-ce le genre de monstre qui apparaissait lorsqu’un Site maléfique était achevé ?
C’était dangereux.
Impossible de l’arrêter sans amener ici la véritable forme de Gari.
« Pasteur ! »
Je bondis droit vers le pasteur Park, qui tenait tête aux démons et aux sorciers.
« Je vais vérifier si un autre secteur a été envahi ! »
« Vous vous en sortirez tout seul ?! »
« Je ne suis pas seul. »
Clac !
【Po~ !】
La Sœur de deux mètres quarante grimpa sur Gari en Mode Char.
Nous lançâmes ensemble le Saut spatial. Mon corps s’éleva dans les airs, puis nous disparûmes.
* * *
« Q-Qu’est-ce que c’était ? Ils viennent de disparaître… »
« De la téléportation ? Il sait faire ça, lui aussi ? »
Le pasteur Park comprit soudain qu’il s’était précipité.
Si Yohan pouvait se téléporter, on risquait de lui demander pourquoi il ne les avait pas emmenés avec lui pour fuir cet enfer plus tôt.
Une téléportation de grande ampleur aurait évidemment été une mauvaise idée alors qu’il devait garder ses forces spirituelles pour les combats à venir, mais cela n’empêcherait pas les gens de se demander pourquoi il ne les avait pas sauvés, désespérés comme ils l’étaient.
« Enfin, il y a des circonstances… »
« Il aurait pu s’échapper seul, mais il est resté avec nous jusqu’au bout… »
« Bon sang, monsieur Baek ! Qu’est-ce que vous… ? »
« Hum ? »
Le pasteur Park pencha la tête, surpris par cette réaction inattendue.
« Disons qu’il s’est forgé une sacrée réputation. »
« C’est vrai, pasteur Go. »
La prière lui avait donné un coup de pouce, mais le charisme de Yohan n’avait rien d’ordinaire.
Il avait sorti tous les trésors qu’il possédait, puis s’était battu en première ligne comme un forcené, tout en récitant des prières. Il aurait été étrange que les gens ne soient pas conquis.
« Dépêchons-nous, nous aussi. Il faut se débarrasser de ces salauds avant de pouvoir aller aider les autres. »
« Oui ! »
Gardant à l’esprit la source de la pression qu’il ressentait depuis un moment, le pasteur Park acheva d’un coup de poing le démon qui lui faisait face.
* * *
Jinju nous attendait à l’entrée, là où nous avions fait notre saut.
Après avoir déposé le Seigneur de la Montagne et Kohaku, j’avais demandé à Jinju de revenir par précaution. On aurait dit qu’il avait obéi.
« Jinju, emmène-nous là où tu as laissé le Seigneur de la Montagne et Kohaku ! »
Fff !
La Sœur de deux mètres quarante et moi grimpâmes sur le dos de Jinju, tandis que Gari nous suivait.
Jinju prit son élan, déploya largement ses ailes et s’envola.
« Grande sœur, mets tes lunettes. »
【Po~】
J’enfilai des lunettes spécialement conçues pour voler.
Si on traversait le ciel sans protection, les yeux larmoyaient tellement qu’on n’y voyait plus rien.
Le froid posait aussi problème, mais mes sous-vêtements thermiques, fabriqués avec la fourrure de la queue du Renard à neuf queues de Kyoto, au visage blanc et au pelage doré, me tenaient assez chaud.
Alors que nous volions en direction de la nouvelle Veine fantôme, j’appelai le cardinal Rosinald.
« Allô ? »
[Frère Yohan. Comment s’est déroulée l’opération ?!]
Je racontai au cardinal ce qui s’était passé devant le nœud du dragon.
La coupure des communications dès notre entrée dans le donjon, la nature de l’épreuve et même le regard que j’avais senti peser sur moi dans les profondeurs souterraines.
[…Ce ne sera pas un démon ordinaire. La prophétie que vous avez reçue mentionne les Trois Rois.]
Les rois dont Gari m’avait averti dans la prophétie des Rois à venir.
L’un d’eux, le roi démon que je venais d’absorber, était Béleth, le treizième des soixante-douze démons.
Le rituel étant inachevé, il n’avait pas pu descendre complètement et je l’avais vaincu. Cela dit, il devait être incroyablement puissant.
[Rejoignez d’abord la base.]
« Quoi ? Je ne devrais pas aller aider l’Ordre du Temple ? »
[Nous rassemblons des renforts. Ce sera plus sûr si nous y allons ensemble.]
« … »
Le temps pressait, mais je ne pouvais pas vraiment ignorer le cardinal Rosinald, le commandant en chef.
« Désolé, mais mes compagnons sont là-bas. Je vais les rejoindre. »
[Frère Yohan ? Frère Yohan !]
Je raccrochai et filai droit vers le Seigneur de la Montagne et Kohaku.
L’endroit où nous arrivâmes n’avait rien à voir avec l’entrée du donjon que nous avions empruntée.
Les deux lieux avaient-ils été construits à la même époque ?
Le plan était identique, tout comme le style architectural.
« Ils préparent ça depuis très longtemps. »
On disait que les habitants de Babylone avaient libéré les soixante-douze démons de l’urne de bronze du roi Salomon.
S’ils avaient été libérés il y a environ deux mille cinq cents ans, ils avaient eu tout le temps de préparer d’innombrables choses.
Il devait y avoir bien d’autres donjons de ce genre.
Un frisson me parcourut.
Ces salauds avaient tout leur temps. Qu’est-ce qu’ils ne pouvaient pas préparer ?
Leurs subalternes avaient probablement acheté les terrains autour de ce nœud du dragon et empêché soigneusement les étrangers d’y accéder. À notre époque, ils devaient avoir encore plus de facilité à agir dans l’ombre.
« L’équilibre du jeu n’est pas complètement pété, là ? »
La mission qu’on m’avait confiée me paraissait de plus en plus insurmontable.
Qu’est-ce que Dieu avait bien pu voir en moi pour me préparer à devenir le successeur de Salomon ?
« Haa… »
Mais je devais faire ce qui devait être fait.
Gari, la Sœur de deux mètres quarante et moi nous enfonçâmes dans les lieux.
Nous ne tardâmes pas à découvrir des corps.
« … »
C’étaient des mercenaires.
Des démons de la Légion se mêlaient à eux ; une grande bataille avait donc dû avoir lieu ici.
Nous avions réussi à passer, mais qu’était-il arrivé au groupe du père Gabriel ?
J’avais envoyé le Seigneur de la Montagne et Kohaku en renfort, mais je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter.
« Tss… »
Plus nous descendions, plus la puanteur s’intensifiait.
Il y avait tant de démons que l’odeur devait forcément nous brûler les narines.
Pourtant, elle me donnait une étrange impression de déjà-vu.
Elle ressemblait à celle de Béleth, le roi qui s’apprêtait à descendre…
« Kohaku ? »
Je repérai alors un esprit-renard familier.
Kohaku était étendue par terre.
Je me précipitai pour l’aider à se relever.
« Kohaku ? Ça va ? Réveille-toi. »
« Ugh… Mon seigneur ? »
Kohaku cligna des yeux et parvint à peine à se tenir debout.
« Qu’est-ce qui s’est passé ? Où est le Seigneur de la Montagne ? »
« L-Le Seigneur de la Montagne… »
Dès que Kohaku ouvrit la bouche, sa transformation se dissipa.
Sa gueule de renard s’ouvrit en grand et se rua sur ma gorge. J’utilisai le Saut spatial pour battre en retraite.
« Kohaku ? »
« Hé hé… Pourquoi vous comportez-vous comme ça, mon seigneur ? »
Qu’est-ce qui se passait ? Kohaku venait-elle d’essayer de m’arracher la gorge ?
Je tentais encore de comprendre, sur mes gardes, quand cela se produisit.
【Po !】
La Sœur de deux mètres quarante brandit le Bâton de fer de Musashibo Benkei.
Badaboum !
Une énorme silhouette fut projetée dans les airs.
C’était le Seigneur de la Montagne.
【Grrr !】
【Po !】
Le Seigneur de la Montagne et la Sœur de deux mètres quarante se firent face.
Et Gari observait la scène, de l’autre côté de Kohaku.
« … »
Des pas. Des pas.
Ils sortirent des ténèbres, les uns après les autres.
Des mercenaires vêtus de gilets pare-balles familiers et armés de fusils…
Et des moines et des nonnes de l’Ordre du Temple.
« Gari, quoi que je fasse… Ils ont perdu la tête, pas vrai ? »
Clac ! Clac !
Je l’avais compris dès que Kohaku et le Seigneur de la Montagne m’avaient attaqué.
Quelque chose avait ensorcelé tout le monde.
Et si cette chose pouvait ensorceler un être aussi puissant que le Seigneur de la Montagne…
« Montre-toi, démon !! »
【────】
Une masse immense remua dans les ténèbres.
Un énorme sabot, épais comme un pilier.
La créature était si gigantesque que le sol se fissurait en toile d’araignée chaque fois qu’elle posait le pied.
Sa peau desséchée et ratatinée évoquait celle d’un cadavre ; du sang noir suintait de ses craquelures. Un chameau noir.
Quelque chose semblait assis sur son dos.
Un manteau noir orné d’or.
La chose qui reposait sur sa tête, faite d’os et de chair, ressemblait à une couronne.
Sa silhouette avait la forme d’une femme, mais c’était une créature des abysses qu’on ne pouvait en aucun cas qualifier d’humaine.
À la place de ses yeux, deux trous noirs ; là où aurait dû se trouver sa bouche, une rangée serrée de dents acérées, semblables à celles d’une lamproie.
« Gari, je crois que tu vas avoir droit à un beau combat. »
Clac-clac !
Je me forçai à prendre un air détendu, tâchant de maîtriser les battements affolés de mon cœur.
Ça me rappelait ma rencontre avec Martim, le dix-huitième démon.
Un mal absolu auquel les humains ne pouvaient résister. Comme si j’étais coincé au fond des abysses, incapable de m’échapper, quelle que soit la force avec laquelle je me débattais.
J’en étais sûr.
Cette créature jouait dans une tout autre catégorie que Martim.
Martim n’était pas un démon faible, loin de là, mais la créature qui se dressait devant moi était un grand démon, digne d’un véritable roi.
Je compris alors.
Une ennemie jurée.
Grrr !
Des tambours retentirent.
Derrière le démon, la Légion entonna un chant de marche.
« Mon seigneur. Soumettez-vous à cet être. »
Kohaku prit la parole.
Le visage grotesquement déformé de l’esprit-renard n’avait plus rien à voir avec celui de la Kohaku que je connaissais.
« Le roi va marcher, et nous devons offrir nos vies à cet être. »
« Kohaku, reprends-toi. Tu n’as pas dit que tu ferais de moi le Shogun chrétien ? »
« Comment un simple roi humain pourrait-il se comparer au Roi des Enfers ?! Soumettez-vous à son autorité et vous trouverez la paix ! »
« Tu as vraiment perdu la tête. »
Était-ce là le pouvoir du démon ?
Celui d’ensorceler les gens ou d’en faire des marionnettes.
La reine chevauchant un chameau.
La forme du démon représenté par la statue de l’autel.
Les membres de l’Ordre du Temple avaient dû le deviner aussi.
L’identité du démon.
« Païmon, le neuvième des soixante-douze démons. »
Il sourit.
Sa bouche ne s’ouvrit pas, mais je devinai qu’il souriait.
Ça ne me plaisait pas.
« Notre grand aîné Salomon t’a laissé vivre trop confortablement, pas vrai ? Tu as oublié que tu étais un esclave et tu as commencé à faire des manières ? »
Whoooom !
Ma provocation avait peut-être fait mouche. Une force colossale émana de Païmon.
Au même instant, je fonçai sur lui, juché sur Gari.
« Grande sœur, occupe-toi du Seigneur de la Montagne et de Kohaku ! »
【Pooo !!】
La Sœur de deux mètres quarante chargea le Seigneur de la Montagne, le Bâton de fer de Musashibo Benkei à la main.
Sans sa mitrailleuse, elle serait désavantagée dans un combat au corps à corps contre le Seigneur de la Montagne.
Je devais donc en finir vite.
Je montai Gari en Mode Char et tournai autour de Païmon.
Les démons de la Légion et les humains ensorcelés se précipitèrent sur moi.
Sans prêter attention aux humains ensorcelés, je piétinai les démons et les réduisis en cendres avec les roues enflammées de Gari.
Le problème, c’étaient les balles.
« Ha ! »
Je me réfugiai dans le char lorsque les tirs fusèrent vers moi.
Les balles de plomb ne feraient pas de mal à Gari, mais j’étais humain. Un seul tir suffirait à me tuer.
Les armes à distance étaient mon point faible.
« Ah ! »
Alors que je me demandais comment neutraliser leurs armes, une idée me vint.
« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. Les ténèbres ne vaincront pas la lumière ! »
Tout en récitant la prière, je répandis de l’eau bénite dans toutes les directions.
« La parole du Seigneur est vivante et agissante, plus tranchante qu’une épée à deux tranchants. Serviteurs des ténèbres, au nom du Christ, je vous ordonne de céder devant l’éclat pur du plomb !! »
À peine eus-je achevé ma prière que je sentis les balles qui fonçaient sur moi changer.
Je n’eus pas le courage de vérifier moi-même, mais l’effet ne tarda pas à se faire sentir.
Plop !
Plop-plop !
Les fusils, qui tiraient avec tant d’enthousiasme de toutes parts, se mirent à fondre ou à exploser.
J’avais consacré les balles de plomb en répandant de l’eau bénite à tout-va, neutralisant ainsi leurs armes.
« Oubliez vos armes à distance de lâches et réglons ça au corps à corps ! »
Bon, j’étais sur un char.
Mais nous étions en infériorité numérique. C’était équitable, non ?
Les membres de l’Ordre du Temple et les mercenaires, désormais désarmés, ramassèrent des armes sur les démons morts et se ruèrent sur moi en groupe.
Impossible de les écraser tous avec le char ; j’esquivai autant que possible, en ne piétinant que les démons.
Mon téléphone sonna alors.
Drriing !
C’était le cardinal Rosinald.
« Cardinal ?! Je suis un peu occupé, là ! »
[J’ai reçu les informations des éclaireurs. Sortez de là immédiatement.]
Partir ?
Si je m’en allais maintenant, qu’adviendrait-il de Païmon et des humains ensorcelés ?
La suite me glaça le sang.
[Les Dragons descendent.]
« … »
Putain.
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>