Chapitre 123
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 123 : Site maléfique – 7
──────
Une idole à l’effigie d’un roi majestueux chevauchant un cheval pâle.
L’inscription gravée ici était simple.
[Vénérez le Roi des Ténèbres. Prosternez-vous tous. Alors, le chemin s’ouvrira.]
Elle exigeait ouvertement qu’on vénère une idole.
Le groupe du père Gabriele avait-il un autel semblable ?
Devant l’idole du démon, les mercenaires donnèrent leur avis.
« Euh… Et si on se prosternait juste une fois ? »
« C’est vrai. Ce n’est pas si difficile de s’incliner, si ? »
Je ne trouvais pas leur raisonnement entièrement faux.
Oui, qu’est-ce qu’on risquait à s’incliner ?
Si ça pouvait nous aider à surmonter cette épreuve, certains pourraient estimer que ça en valait la peine.
Mais…
Ça ne valait que pour les gens ordinaires.
« Vénérer une idole, c’est hors de question. Et encore moins celle d’un démon ! »
« Tout le monde ici est chrétien. Comment pouvez-vous dire ça ? »
Vu la nature de leur travail, les mercenaires engagés par le Vatican étaient tous croyants.
« Surtout, vous ne pensez pas qu’il y a peut-être un piège à donner aux démons et à leurs fidèles ce qu’ils veulent ? »
« Hum… »
« Ce n’est pas faux, mais… »
Que ce soit pour des raisons religieuses ou parce qu’il s’agissait d’un piège tendu par les sorciers, tout le monde savait que vénérer une idole n’était pas une bonne idée.
Mais juste une fois.
Ils devaient se dire qu’un seul compromis ne ferait pas de mal.
« Pour l’instant… continuons à nous battre. »
Nous ne parvînmes pas à une conclusion, mais nous remîmes la décision à plus tard et nous préparâmes à affronter la vague suivante.
Bientôt, la troisième porte s’ouvrit.
Trois fois plus de démons que lors de la première vague se ruèrent sur nous.
* * *
Une fois une vague repoussée et le temps d’attente écoulé, une autre arrivait.
Ils ne s’appelaient peut-être pas une « légion » pour rien. Les démons de la Légion étaient plus nombreux à chaque vague.
Tout serait-il terminé lorsque les dix portes se seraient ouvertes et que nous aurions surmonté cette dernière épreuve ?
Rien n’était certain.
Tout cela pouvait n’être qu’une diversion, un moyen de gagner du temps.
Surtout, si ça continuait, des gens allaient mourir.
Les blessés étaient de plus en plus nombreux, et plusieurs personnes avaient été grièvement blessées ou tuées.
Si le Pasteur Park, Gari, la Sœur de deux mètres quarante ou moi n’avions pas été là à réciter des prières sans relâche…
Si l’un de nous avait manqué à l’appel, le bilan aurait été bien plus lourd.
Mais les gens étaient plus sensibles aux pertes qu’ils voyaient de leurs propres yeux.
« Sept portes ! Sept portes se sont déjà ouvertes ! La prochaine fois, il y en aura huit ! »
« Mais la vie des gens n’est-elle pas plus précieuse ? On ne pourrait pas fermer les yeux, s’incliner une fois et en finir… ? »
Quand les dix portes se seraient ouvertes, tout ça serait terminé.
Mais l’armée de la Légion qui déferlait sur nous était bien trop nombreuse pour nourrir un tel espoir.
Peut-être allions-nous vraiment nous effondrer à la prochaine vague, ou à celle d’après.
Non. Au minimum, eux-mêmes risquaient d’y laisser la vie.
« Yohan, qu’en penses-tu ? »
À la question du Pasteur Park, les mercenaires tournèrent vers moi des yeux pleins d’espoir.
Entre l’eau bénite, les prières et le fait que Gari et la Sœur de deux mètres quarante étaient considérées comme mes familières, mon avis semblait avoir beaucoup de poids.
Si je disais qu’il fallait le faire, le Pasteur Park et le pasteur Go prendraient aussi la chose au sérieux.
Mais je devais décevoir leurs attentes.
« On ne peut pas, n’est-ce pas ? »
« Tu n’es pas obligé d’être aussi catégorique… »
« D’autres le pourraient peut-être, mais pas nous. »
« Pourquoi pas ? On ne peut pas juste fermer les yeux et le faire une fois ? »
« Parce que nous sommes chrétiens. »
Parce que nous étions des croyants.
Que nous croyions en Dieu, en Bouddha ou en Allah.
Les croyants ne pouvaient pas faire ça.
« La tentation de Satan se limitait à “juste une fois”. Quand Jésus fut tenté dans le désert, Satan lui promit tous les royaumes et toute la gloire du monde s’il s’agenouillait ne serait-ce qu’une fois. »
C’était lorsque Satan avait tenté Jésus après qu’il eut jeûné quarante jours dans le désert.
Satan ne lui avait même pas demandé de se soumettre.
Il avait tenté Jésus en lui disant que s’il se prosternait simplement pour l’adorer, puis se relevait, il lui donnerait le monde entier.
« Nous ne devons adorer que Dieu et ne jamais servir les idoles. Vous aussi, vous êtes chrétiens, non ? Cette seule fois nous changera. »
Juste une fois, pour surmonter une crise.
Un compromis en entraînerait un autre, et la prochaine fois, ça nous semblerait normal.
C’était pour ça qu’il ne fallait pas céder, pas même une fois.
Le diable nous tentait en ce moment même.
« Franchement, vous pouvez vous permettre de tirer cette conclusion parce que vous, vous vous en sortirez quoi qu’il arrive, non ? »
L’un des mercenaires prit la parole.
Son regard était fixé sur le Pasteur Park et moi.
« Parce que vous êtes puissants, parce que des familiers monstrueux vous protègent… C’est pour ça que vous pouvez préserver votre foi alors que nos vies sont en jeu ? »
« Hé ! C’est le Pasteur Park qui se bat le plus en première ligne… »
« Et ce jeune homme, là ! À part réciter des prières, il ne fait pas grand-chose non plus ! »
À ces mots, je repensai à ce que j’avais fait pendant les dernières vagues.
Est-ce que je m’étais retenu en privilégiant ma sécurité ?
« Hé, ce n’est pas vrai… »
« Il s’est battu en première ligne à chaque fois. C’est lui qui a foncé dans le tas comme un fou. »
« Hum… ! »
Bon, peut-être pas.
La formule était un peu étrange, mais la prière de courage ne renforçait pas seulement les mercenaires.
En vérité, c’était moi qu’elle affectait le plus.
« C’est pour ça qu’on se bat. »
« Jusqu’à quand ? Et si d’autres démons arrivaient après l’ouverture des dix portes ? »
« Alors, on continuera à se battre. »
« Quelle irresponsabilité… ! »
Il existait bel et bien un moyen de sauver tout le monde et de s’assurer que personne ne meure.
Je pouvais faire sortir tout le monde du donjon grâce au Saut spatial.
Déplacer autant de gens depuis l’extérieur d’un sanctuaire épuiserait toute mon énergie spirituelle et m’empêcherait de me battre, mais ça nous garantirait au moins de survivre.
Mais je ne le ferais pas.
« Vous avez entendu dire que si cet endroit subissait une transformation en Site de mauvais augure, le Site maléfique serait achevé, pas vrai ? »
« C-ce n’est pas certain. La Veine fantôme pourrait être rétablie ailleurs, ou le groupe du père Gabriele a peut-être réussi. »
« Ce n’est pas bien de rejeter la responsabilité sur les autres. »
À ces mots, les mercenaires se turent.
« Si le Site maléfique est achevé, j’ignore exactement ce qui se passera, mais ça ne pourra sûrement pas être normal. Je le sais, et c’est pour ça qu’un Coréen venu de l’autre bout du monde se démène ici. »
« Yohan, ton langage… »
« Désolé. »
Je ne dis pas aux mercenaires qu’ils avaient une issue.
S’ils savaient qu’il existait une autre solution, certains l’exigeraient.
Le Pasteur Park et le pasteur Go connaissaient aussi mon Saut spatial, mais ils n’en parlèrent pas pour la même raison.
On appelle ça se couper toute retraite, non ?
« Puisqu’on ne peut pas l’éviter de toute façon, donnons tout. Je vous donnerai du courage. »
De toute façon, il n’y avait pas d’issue.
Vénérer une idole était impossible.
Alors, nous devions nous battre.
* * *
À mesure que les murs de pierre s’ouvraient, les mercenaires s’épuisaient.
Pendant les combats, la prière de courage de Yohan les empêchait de le sentir, mais dès qu’ils avaient tenu bon jusqu’à la fin d’une vague, la fatigue les submergeait pendant l’attente.
« Vous êtes épuisés, pas vrai ? Buvez un peu d’eau bénite et tenez bon. »
« On peut vraiment boire ça ? »
« On entend toutes sortes d’histoires sur des gens qui boivent de l’eau bénite et guérissent, ou qui voient leurs problèmes réglés. L’eau salée peut tout faire. »
Yohan prenait soin des mercenaires pour qu’ils ne perdent pas courage.
Yohan et les exorcistes de l’Église du Saint Temple de Gangnam risquaient leur vie par devoir chrétien.
Yohan n’était pas membre du clergé, mais il avait été témoin de l’œuvre de Dieu plus directement que quiconque. Cela renforçait encore sa détermination.
Mais les mercenaires, eux, étaient différents.
Ils étaient simplement chrétiens. Ils n’étaient pas venus ici avec une foi profonde ni la résolution de devenir des martyrs.
Yohan devait donc faire tout ce qu’il pouvait pour eux.
« Alors ? C’est ce qu’on appelle l’Épée des Sept Étoiles. C’est une lame de grande valeur. »
« Ah, oui. Elle les découpe sans effort. »
Yohan partagea les héritages du Pasteur Kim avec les mercenaires.
Il s’agissait d’armes toutes conçues pour combattre les grands démons, et leur transformation en reliques sacrées était achevée.
« C-cette épée précieuse doit valoir des milliards de wons, non ? »
Les mercenaires le savaient.
Comme ils travaillaient dans ce domaine, ils savaient à quel point le matériel d’exorcisme adéquat pouvait coûter cher.
Les balles en argent étaient relativement bon marché.
Après tout, elles étaient simplement recouvertes d’argent.
C’était déjà assez incroyable que Yohan possède tant d’épées et de lances de valeur, au point d’en distribuer à tout le monde. Pourtant, il en remettait à de parfaits inconnus sans hésiter.
« La vie des gens vaut plus que les objets. Utilisez-les comme bon vous semble. Je m’en fiche si elles se cassent. »
« Mais quand même, elles valent tellement cher… »
« Si vous vous en servez et que vous survivez, essayez de croire vraiment en Dieu. Mettez-vous à aller à l’église, catholique ou protestante, et souvenez-vous de moi. »
Ça suffisait.
La décision de Yohan se révéla incroyablement efficace.
Les balles en argent fonctionnaient assez bien, mais on pouvait se demander si elles constituaient vraiment des armes puissantes.
À l’inverse, les trésors imprégnés d’une longue histoire et de pouvoirs occultes voyaient leurs effets renforcés davantage encore par leur transformation en reliques sacrées.
Le plus gros problème, c’était qu’ils devaient combattre la Légion au corps à corps, mais grâce au coup de pouce de la prière de courage de Yohan, ils pouvaient se battre comme des forcenés.
Cette fougue et cette puissance destructrice leur donnaient la force de venir à bout de chaque vague.
« Ouf… Ouf ! Bon sang, ils n’arrêtent pas d’arriver. »
« Mais c’est la dixième vague. Si on arrive juste à en venir à bout… ! »
« Sœur de deux mètres quarante, changez le chargeur… Il est déjà vide ? »
【Po…】
Le chargeur de la Tronçonneuse de Madeleine était à sec.
Personne ne s’était attendu à utiliser les quinze mille balles.
« On n’a plus de balles en argent non plus ! »
« On a même utilisé les munitions de nos camarades morts, mais… »
Les munitions stockées dans Gari étaient elles aussi épuisées.
Au départ, il n’avait emporté que suffisamment de munitions pour les membres de l’Église du Saint Temple de Gangnam.
« Il ne nous reste que des balles en plomb… »
« Ah ! »
Yohan parla comme s’il venait de comprendre quelque chose.
« Des balles en plomb ! Sortez-les toutes, jusqu’à la dernière ! »
« Hein ? Yohan, qu’est-ce que tu comptes faire ? »
À la question du pasteur Go, Yohan lui expliqua son plan.
« Je vais les consacrer. »
S’ils n’avaient plus de balles en argent, ils utiliseraient des balles en plomb à la place.
Ils compenseraient la différence en les consacrant pour accroître leur puissance.
« Yohan… Si tu tires des balles que tu as consacrées, les armes vont fondre. »
« Oui, elles vont fondre. »
« Alors, pourquoi… ? »
« On peut s’en servir une fois. »
« … ! »
Le pasteur Go comprit ce que Yohan voulait faire.
Les balles consacrées par Yohan étaient assez puissantes pour faire fondre les armes.
C’était pour cette raison qu’il avait évité de les consacrer, afin de préserver leur capacité à combattre.
Mais s’ils ne s’en servaient qu’une fois avant de jeter les armes ?
S’ils n’avaient de toute façon aucun avenir, ils pouvaient traiter leurs armes comme du matériel jetable.
« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier. Les ténèbres ne vaincront pas la lumière. »
Yohan aspergea les munitions entassées d’eau bénite et récita une prière.
« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante que n’importe quelle épée à deux tranchants. Serviteurs des ténèbres, au nom du Christ, je déclare que vous céderez devant la pure lumière couleur de plomb. »
Grrrrrr !
La dixième vague commença.
Un nombre effroyable de démons de la Légion s’approchèrent en poussant des cris stridents.
« Chargez les chargeurs ! »
Les mercenaires chargèrent leurs armes avec les balles de plomb consacrées.
Les démons de la Légion ne pouvaient pas se précipiter sur nous dès l’ouverture des murs de pierre.
Il y avait trop de cadavres entassés à l’entrée.
La barrière d’huile sainte répandue autour du tas de corps leur barrait la route.
Quand le passage était bloqué, les démons de la Légion lançaient des cadavres pour effacer physiquement la barrière d’huile sainte, mais même cela leur prenait une dizaine de secondes.
Un goulot d’étranglement inévitable.
« Feu ! »
Une pluie de balles consacrées s’abattit sur la masse de démons.
Kiiik ?!
Les démons comprirent instinctivement que les balles qui arrivaient étaient différentes de celles d’avant.
Comme ceux qui découvraient pour la première fois le terrifiant déluge de feu des armes à poudre.
Le résultat fut immédiat.
Boum ! Boum !
Pan ! Boum !
Ce qui jaillissait des canons n’était pas une simple flamme.
Une lumière blanche… Même les coups de feu résonnaient distinctement, comme des cloches d’église.
Des centaines, des milliers de traînées lumineuses s’abattirent sur les rangs serrés de la Légion.
Plouf ! Plouf !
Les démons tombèrent, impuissants.
C’étaient des démons de la Légion capables de résister à plusieurs balles en argent.
Ceux qui, jusque-là, avaient besoin de trois ou quatre tirs dans les points vitaux pour mourir furent transpercés par une seule balle. Même une éraflure leur faisait fondre la peau.
Avec un peu de chance, un tir en tuait deux et en neutralisait trois ou quatre autres.
« C’est dingue… Qu’est-ce que tu as fait à ces balles ?! »
« Continuez à tirer ! Putain ! À chaque tir, les démons s’écroulent ! »
Les mercenaires appuyaient avec joie sur la détente.
Ils n’arrivaient pas à s’habituer à voir les démons mourir aussi facilement, mais avec ces balles consacrées infaillibles, ils avaient l’impression de pouvoir tout affronter.
Mais une puissance écrasante avait toujours un prix.
« M-mon canon a fondu ! »
« Jette-le ! Prends une autre arme ! »
« Celle-là aussi fond ! Quel genre de balles fait fondre les armes ?! »
Comme des mitrailleuses qui surchauffaient et fondaient après avoir tiré des milliers de balles sans s’arrêter, les balles consacrées commencèrent à faire fondre les armes après seulement quelques dizaines de tirs.
Ils prirent des armes de rechange, ramassèrent celles de leurs camarades tombés au combat, puis passèrent aux pistolets pour déployer toute la puissance de feu possible.
Yohan cria alors.
Ayant récité la prière de courage pendant tout le combat, Yohan avait déjà le regard fou.
« Suivez-moi, et la victoire sera à nous ! »
Les mercenaires n’étaient pas en reste.
« Deus vult ! Deus vult !! »
Clacaaaaac !!
Pooooooo !!
「Le roi chevaucha en tête, dans un char enflammé, vers les armées de l’Enfer, suivi de ses guerriers.」
「Le char enflammé les piétina tous jusqu’à la mort.」
Notes :
« Deus vult » signifie « Dieu le veut » en latin. Cette expression a été célèbre comme cri de guerre des croisés.
Rejoignez notre Discord sur <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>