Chapitre 120
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 120 : Site maléfique — 4
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L’Ordre du Temple, dirigé par le père Gabriele Santoro, découvrit le mur de pierre avant le groupe de Yohan.
« C’est… une barrière ensorcelée. »
Le commandant des mercenaires marmonna en examinant le mur de pierre noire.
« Il est sacrément épais. Si on veut le détruire au canon sans recul… il va falloir tirer un bon paquet de fois. »
« La malédiction qui recouvre ce mur est particulièrement vicieuse. Nous allons la contrer avec des reliques sacrées bénies. »
Aux mots du père Gabriele, les exorcistes levèrent leurs marteaux à deux mains.
Les marteaux qu’ils tenaient avec leurs épais gants étaient des reliques sacrées, fabriquées dans un alliage d’argent pur et consacrées lors de rites religieux.
« Un… deux… »
Un moine pivota à la taille et lança tout son corps dans son mouvement.
« Trois ! »
BANG !
Une série de coups de marteau assourdissants retentit.
Les exorcistes, pourtant entraînés, frappèrent le mur de pierre, mais ne laissèrent derrière eux que de petites bosses.
BANG ! BANG ! BANG !
Ils prirent leur temps et continuèrent à marteler le mur.
Les marteaux forgés à partir de reliques sacrées venaient bel et bien à bout du sort des sorciers, mais le mur lui-même était d’une solidité redoutable.
« Même si nous dissipons la malédiction, l’épaisseur du mur restera un problème. »
« Nous ne faisons que le frapper légèrement, mais je crois qu’on va surtout s’épuiser. »
« On devrait utiliser du TNT ? »
Les explosifs étaient une option. Le père Gabriele réfléchit à la proposition du commandant des mercenaires.
« Ça pourrait provoquer un glissement de terrain ? »
« Si on n’en utilise qu’une petite quantité, ça ne devrait pas poser de gros problème. Mais si quelque chose tourne mal, il risque de ne plus nous en rester assez. »
Ils avaient apporté des explosifs au cas où ils devraient ensevelir le nœud de dragon lui-même.
Alors qu’ils hésitaient à sacrifier l’une de leurs dernières solutions, un message leur parvint par radio.
[Bonjour, ici le Pasteur Park. Père Gabriele, comment ça se passe de votre côté ?]
« Pasteur Park. »
Le père Gabriele lui expliqua la situation. Il semblait que le groupe du Pasteur Park avait lui aussi rencontré un mur de pierre ensorcelé par un sorcier.
[Vous avez l’eau bénite qu’on vous a distribuée, n’est-ce pas ? Aspergez-en le mur. Ça agit tout de suite.]
« De l’eau bénite ? »
[On vient de franchir le nôtre grâce à ça. Faites-moi confiance et essayez.]
Toujours sceptique, le père Gabriele s’adressa à Sœur Maria, de l’Ordre du Temple.
« Utilisons l’eau bénite que nous a donnée le Pasteur Park. »
« Vous voulez dire l’eau bénite préparée par frère Yohan. »
Sœur Maria sortit la bouteille d’eau bénite qui lui avait été confiée.
Quelques gouttes de cette eau bénite avaient fait fondre la peau de l’Évêque Nicola, qui s’était allié aux démons et avait trahi le Seigneur et ses frères.
Ils ignoraient quels ingrédients elle contenait, mais sa puissance était indéniable.
« Alors… je vais essayer. »
Sœur Maria lança l’eau bénite contre le mur de pierre.
Crac ! La bouteille se brisa et l’eau bénite éclaboussa le mur. Aussitôt, celui-ci se transforma.
Pssss !
« Qu’est-ce que… ? »
« Le mur fond ? »
Le changement était si évident qu’il stupéfia même les mercenaires qui observaient la scène.
Le mur qui n’avait pas cédé sous les marteaux fondait littéralement.
L’eau bénite ne se contentait pas de dissoudre le sort qui recouvrait le mur. Elle dissolvait aussi le mur enchanté lui-même.
C’était un châtiment impitoyable, qui faisait fondre jusqu’à la moelle les êtres corrompus par le pouvoir démoniaque.
Quelques gouttes avaient à moitié fait fondre quelqu’un qui avait pactisé avec des démons. Il n’était donc pas étonnant qu’elles puissent réduire en vapeur un mur de pierre souillé par des sorts maléfiques.
« L’entrée est dégagée ! »
L’eau bénite, en se répandant, avait ouvert dans le mur un trou assez grand pour laisser passer plusieurs personnes de front.
Le père Gabriele observa la scène, puis donna une consigne ferme à Sœur Maria.
« Gardez précieusement l’eau bénite. »
« … Oui. »
Mais qui était donc ce frère Baek Yohan ?
* * *
Au-delà du mur de pierre s’étendait un monde complètement différent.
L’air changea dès qu’ils franchirent l’entrée.
Il était glacial, au point de donner l’impression qu’il pouvait leur trancher la peau.
« Je n’aurais jamais imaginé qu’un endroit pareil puisse exister. »
« On dirait que ça date de plusieurs siècles. »
Les mercenaires se frottèrent machinalement les bras et allumèrent leurs lampes.
Les escaliers qui descendaient et le passage creusé dans la roche n’étaient pas naturels.
Des supports pour torches étaient disposés le long des murs. Quelqu’un avait clairement engagé des ouvriers pour construire cet endroit.
« L’air est vicié. »
Les exorcistes de l’Ordre du Temple sentirent l’air stagnant.
Il n’y avait presque pas de vent.
Le père Gabriele leva le poing.
« Halte. »
Clic.
Au signal de la main, les mercenaires s’arrêtèrent et apprêtèrent leurs armes.
Devant eux, leurs lampes éclairaient un long couloir, assez large pour que trois ou quatre personnes marchent de front.
Le problème, c’étaient les statues alignées de part et d’autre.
« Mais qu’est-ce que… »
C’étaient des bêtes assises sur d’immenses trônes.
Trop animales pour être humaines, mais trop humaines pour être des bêtes.
Des créatures grotesques, impossibles à classer parmi les hommes-bêtes.
Les exorcistes avaient déjà vu de tels êtres dans des fresques et des archives.
« Des démons. »
« Ils portent des couronnes et de longues robes, ont des ailes déployées de chaque côté… mais aucun visage. »
« Le démon qui possédait la fille chargée de détourner notre attention était Barbatos, l’un des soixante-douze démons. Ces statues représentent probablement d’autres membres des soixante-douze. »
Les soixante-douze démons étaient, comme leur nom l’indiquait, soixante-douze grands démons.
Leur rang et leur autorité leur permettaient de se considérer comme la noblesse des Enfers ; leurs noms et leurs apparences étaient donc relativement bien connus dans le monde des humains.
« Vous vous souvenez de la prophétie reçue par frère Baek Yohan ? »
« Celle qui annonçait la venue des rois ? »
Le Pasteur Park la leur avait communiquée avant leur départ.
Ils avaient été surpris qu’une personne de notre époque puisse recevoir une prophétie et avaient douté de sa provenance. Mais puisque le Pasteur Park l’avait affirmé, ils l’avaient cru.
« Le cheval noir embrasera l’autel, et les commandants de légion réveilleront les rois déchus… »
« La prophétie annonçait la venue des rois éveillés. »
Chacun des soixante-douze démons était un grand démon doté d’un titre nobiliaire.
Certains étaient considérés comme des rois. Ces statues représentaient sans doute ces grands démons qu’on appelait les rois.
« Leurs visages ont été détruits, impossible de les identifier. Et la plupart de leurs traits distinctifs aussi. »
« Peut-être les ont-ils détruits… ou peut-être ne les ont-ils jamais sculptés. »
Une étrange plainte s’éleva alors de quelque part.
Kiiiiik !
Quelque chose bougea dans l’obscurité.
« Feu ! »
Sur l’ordre du commandant des mercenaires, les fusils équipés de viseurs laser crachèrent leurs balles.
Mais elles traversèrent la brume noire et se dispersèrent sans effet.
La fumée d’un noir d’encre se dissipa, puis se rassembla.
Elle avait un corps humain, mais ses bras étaient beaucoup trop fins et trop longs.
« Un démon ! »
« Les balles ordinaires ne lui font rien ! »
Les moines et les nonnes ouvrirent aussitôt le feu avec leurs fusils chargés de balles en argent consacré.
Le démon bondit et se rua sur eux. Quelques balles le touchèrent à l’épaule et au torse, mais ça ne suffit pas à l’arrêter.
Kyaaaah !
Alors qu’il s’apprêtait à leur sauter dessus, un tir puissant retentit dans un BANG ! et lui arracha les membres.
Floc !
Le démon, qui n’avait pas bronché sous une rafale de balles d’argent, s’effondra en lambeaux sous un seul coup.
« Père Gabriele ! »
L’auteur du tir était le paladin Gabriele.
Le petit fusil à canon scié qu’il tenait était une relique sacrée exceptionnelle, fabriquée à partir de croix en argent fondues provenant des quatre grandes basiliques du Vatican.
Le fusil calibre 12 des quatre grandes basiliques.
C’était un chef-d’œuvre conçu par l’agence d’extermination des monstres du Vatican, une arme rendue célèbre par son précédent propriétaire.
« Ils arrivent. »
BOUM !
Une secousse venue du bas des escaliers ébranla tout l’espace souterrain.
Comme si l’apparition du démon et le coup de feu avaient servi de déclencheur, des créatures jaillirent en masse des ténèbres.
Une. Deux… Dix.
Des yeux rouges se multiplièrent à l’infini.
« Une légion… »
L’armée des Enfers commandée par les grands démons.
Des esprits maléfiques levés pour faire la guerre aux anges du Ciel à la fin des temps.
Le père Gabriele croisa son épée et son fusil.
Ensemble, ils formaient une croix.
Même face à la Légion qui approchait, le paladin ne se hâta pas.
Il ferma les yeux et pria doucement, sa croix pour emblème.
« Même si je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. »
Il appuya sur la détente en direction de la Légion qui chargeait.
BANG !
Plusieurs démons de la Légion furent mis en pièces.
Des balles d’argent fusèrent à leur suite.
Les membres du clergé combattant de l’Ordre du Temple avancèrent derrière le père Gabriele.
« Donne-nous le courage de ne craindre aucun mal et la vaillance de nous relever, même après être tombés. »
Ils firent tournoyer leurs épées et tranchèrent la tête des esprits maléfiques.
« Sois notre lampe dans les ténèbres et éclaire notre chemin. »
Ils tirèrent des balles et lancèrent des grenades dans l’obscurité, l’illuminant de leurs explosions.
« Le Seigneur est ma lumière et mon salut ! Qui pourrais-je craindre ?! »
Leurs prières mêlées galvanisèrent aussi les mercenaires, qui serrèrent plus fort leurs armes.
Les deux camps s’entrechoquèrent face à l’armée de démons qui déferlait.
Mais affronter les démons mettait toujours la foi à l’épreuve.
Les membres entraînés du clergé combattant de l’Ordre du Temple firent bravement face à la situation.
Le père Gabriele Santoro, en particulier, faisait une démonstration spectaculaire, fauchant les démons de la Légion à coups d’épée sacrée et d’arme à feu bénie.
Ce n’était pas pour rien qu’on l’appelait l’arme fatale du Vatican.
Mais les mercenaires étaient différents de ces guerriers entraînés par la foi et la pureté.
« Rechargez ! Jetez les balles en plomb ! Uniquement des balles d’argent ! »
« Putain ! C’est quoi, ces monstres ?! »
Ils étaient trop nombreux.
Surtout, les mercenaires étaient déjà terrifiés par ces démons hideux qui semblaient venir d’un autre monde.
Ils avaient déjà chassé des sorciers et des monstres pour le Vatican, mais c’était la première fois qu’ils affrontaient des démons.
Même les exorcistes ne rencontraient généralement que des démons possédant des corps humains.
Beaucoup passaient leur vie entière sans jamais voir un démon.
Mais contrairement aux exorcistes, formés et constamment instruits au sujet des démons, les mercenaires n’étaient que des humains armés.
L’hésitation devint indécision, et l’indécision ralentit leurs réactions.
Leur foi était mise à l’épreuve, et la peur les dévorait peu à peu.
* * *
Ce n’était pas la première fois que j’affrontais une armée de démons.
J’avais rencontré à Itaewon Club des démons des rêves qui avaient essayé de me faire je ne sais quoi tous ensemble.
Mais c’était la première fois que j’affrontais des démons qui tentaient de s’en prendre à moi physiquement.
« Il y en a un paquet. Ils ont vraiment bien préparé leur coup ! »
Le Pasteur Park fit tournoyer sa masse et écrasa le crâne d’un démon.
Le démon chancela, le crâne enfoncé jusque sous les épaules.
Le Pasteur Park avait assez de force brute pour affronter une centaine de personnes à lui seul, mais le Pasteur Park était unique.
« Chargez les balles d’argent ! »
« On leur balance de l’eau bénite ?! »
« Non ! L’eau bénite de Yohan est tellement puissante qu’elle va faire exploser les fusils ! Lancez-la comme des grenades ! »
Les fidèles de l’Église du Saint Temple de Gangnam s’en sortaient bien.
Ils étaient bien équipés, et la plupart de leurs armes étaient des reliques sacrées que j’avais bénies.
Même leurs fusils avaient été transformés en reliques sacrées, ce qui les rendait redoutablement efficaces contre les démons.
Nous avions pris soin de mettre l’eau bénite dans des bouteilles en verre pour qu’elles se brisent facilement. Chaque fois qu’une bouteille éclatait parmi les démons, l’odeur de chair brûlée s’élevait, accompagnée de leurs cris.
« Gari, mords-les ! »
Clac !
« Seigneur de la Montagne, mords-les ! »
【Je ne suis pas un chien. Qu’est-ce que tu racontes, à me dire de « mordre »… ?】
« Grande Sœur ! »
【Po ?】
« Vas-y, montre-leur ! »
【Pooooooo !!】
KABOUM !!
« Kohaku ! »
« Oui, mon seigneur ! »
« Reste bien derrière moi. »
« À vos ordres, mon seigneur !! »
Le combat tournait largement à notre avantage.
Gari n’était même pas à présenter, et le Seigneur de la Montagne commandait jusqu’aux Chang-gwi contre l’armée démoniaque.
La Sœur de deux mètres quarante, notre principale puissance de feu, faisait un véritable carnage.
« On tient bon grâce à Yohan, mais ils sont encore trop nombreux ! »
Les démons continuaient d’affluer, mais nous les maîtrisions bien.
À vrai dire, si nous maintenions cette défense, ça finirait par tourner au massacre à sens unique.
Le problème, c’était que, comme l’avait dit le pasteur Go, les mercenaires commençaient à perdre les pédales.
« Argh… argh… »
« O-On devrait pas s’enfuir ? Putain, commandant ! Je vous avais dit de ne pas nous entraîner n’importe où sous prétexte qu’ils payaient bien ! »
La bataille tournait en notre faveur, mais les mercenaires vacillaient.
Pourquoi ?
Ah.
Le regard des démons et la puanteur qu’ils dégageaient dévoraient les mercenaires.
Les démons inspiraient une peur instinctive.
C’était une question d’affinité.
Les démons fraîchement invoqués étaient en réalité plus faibles que des adversaires de niveau Nœud noir.
Quand j’avais affronté le démon Decarabia, puis Kim Gicheol, le sorcier du Nœud noir, Kim Gicheol s’était révélé bien plus puissant.
Parmi les démons invoqués depuis les Enfers, certains n’avaient peut-être pas été appelés avec toute leur force, tandis que d’autres n’avaient pas encore retrouvé la leur.
Mais si Decarabia et Kim Gicheol s’affrontaient ?
Je pensais que Decarabia l’emporterait haut la main dans la plupart des cas.
Decarabia… non, la malveillance particulière des démons, qui éveillait les instincts et les peurs des humains, était difficile à surmonter.
Pour y parvenir, il fallait une détermination inébranlable, de la foi et une croyance à toute épreuve.
Moi, ça allait.
Les pasteurs, les diaconesses et les diacres de l’Église du Saint Temple de Gangnam s’en sortiraient aussi.
Mais pas les mercenaires.
À ce rythme, ils allaient craquer.
Il leur fallait du courage.
« Gari ! »
Clac !
Gari revint aussitôt quand je l’appelai.
Des démons étaient encore coincés dans sa bouche et se débattaient en vain, mais je m’en fichais.
« Prions. »
Clac-clac !!
« Le Seigneur est mon berger. Même si je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car le Seigneur est avec moi. »
Cette prière n’était pas pour moi.
Elle était pour ces ignorants qui manquaient tant de foi.
« Même si des chevaux de guerre, des chars de fer et des hommes plus nombreux que vous se dressent contre vous, je n’aurai pas peur, car le Seigneur Dieu, Jéhovah, est avec moi. »
« Hé, pourquoi tu pries tranquillement en plein milieu de tout ça… »
Je proclamai :
Vous qui êtes faibles et sans foi, moi ! Gari ! Le Seigneur Jésus et Jéhovah sont avec vous !
« Regardez ! Même si l’ennemi campe devant nous et pointe ses épées sur nous, notre salut est au Ciel et notre bouclier est auprès du Seigneur ! »
« Y-Yohan ? »
« Debout, enfants du Seigneur ! Ceignez vos reins et levez le bouclier de la foi ! Revêtez la cuirasse de la justice, mettez le casque du salut et emparez-vous du fusil de l’Esprit saint ! »
« Ooooh… »
« Ooooh… ! »
« Le Seigneur se tient devant nous. Que craignez-vous donc ?! Nous vivrons pour devenir des guerriers de gloire et, si nous mourons, nous retournerons dans les bras du Seigneur ! »
« En avant ! En avant ! Pour mon royaume ! Le dernier des rois vous l’ordonne ! Ne craignez pas la mort et écrasez mes ennemis ! Tel est le juste décret voulu par Dieu ! Deeeus Vuuult !! »
« DEUS VULT !! »
« DEUS VULT !! »
Notes :
« Deus vult » signifie « Dieu le veut » en latin. C’était un cri de guerre associé aux croisades médiévales.
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