Chapitre 114
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 114 : La grande évasion d’Aoji
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À une époque où le nombre de transfuges nord-coréens avait dépassé les trente mille, celui des passeurs spécialisés dans leur fuite augmentait lui aussi chaque année.
Le pasteur Jo Taegwang n’avait pas commencé sa carrière en faisant passer clandestinement des transfuges nord-coréens vers un refuge.
C’était un missionnaire parti dans le nord-est de la Chine.
En semaine, le pasteur Jo tenait un restaurant de nouilles pour gagner sa vie. Le dimanche, il officiait dans une église coréenne.
C’était une situation courante pour les pasteurs qui fondaient des églises à l’étranger sans disposer d’une base déjà établie.
Dans le cadre de son ministère, le pasteur Jo noua des liens inattendus près de la frontière.
« Un transfuge nord-coréen, dites-vous ? »
« Ch-chut ! On va nous entendre ! »
Le pasteur Jo apprit la vérité après avoir offert un bol de nouilles à une personne en haillons qui errait devant son restaurant.
Quand le transfuge comprit que le pasteur Jo était sud-coréen, il lui demanda de l’aide.
« L’ambassade… Emmenez-moi à l’ambassade, je vous en prie. »
Le pasteur Jo fit monter le transfuge dans sa voiture et le conduisit à l’ambassade de Corée du Sud.
Le transfuge le remercia encore et encore en tentant d’entrer, mais quelqu’un l’attrapa à l’entrée.
Des agents de la Sécurité publique chinoise.
Les agents, qui avaient tendu une embuscade, arrêtèrent le transfuge, et le pasteur Jo dut lui aussi subir un interrogatoire.
Le pasteur Jo fut relâché peu après, mais le transfuge fut renvoyé en Corée du Nord.
Il y avait de fortes chances qu’il soit mort ou qu’il ait été envoyé dans un camp pénitentiaire.
Ce jour-là, le pasteur Jo comprit que les gens qui avaient risqué leur vie pour fuir la Corée du Nord seraient renvoyés là-bas s’ils se faisaient prendre.
Après ça, il garda toujours l’œil ouvert, à l’affût des transfuges qui erraient dans les environs.
Il en repérait de temps à autre, leur donnait à manger et des médicaments, puis les aidait à rejoindre la Corée du Sud.
Au fil du temps, le pasteur Jo comprit que les ambassades n’étaient pas une option particulièrement intéressante.
Chaque fois qu’un transfuge se présentait, la Corée du Nord coopérait avec la Sécurité publique chinoise et postait des hommes aux entrées des ambassades.
Le pasteur Jo demanda donc de l’aide à d’autres personnes.
La plupart étaient des passeurs de transfuges, mais beaucoup se contentaient d’empocher l’argent et de disparaître.
Il était tout aussi courant qu’ils prennent l’argent pour livrer les transfuges à la Sécurité publique ou les vendre.
Quand le pasteur Jo comprit la réalité de la situation, il décida qu’il ne pouvait pas laisser cette tâche à quelqu’un d’autre.
Il s’en chargea donc lui-même.
Heureusement, il avait quelqu’un à qui demander conseil.
Avant d’officier dans une église nouvellement fondée, le pasteur Jo avait été pasteur adjoint à l’Église du Saint Temple de Gangnam.
Il avait étudié l’exorcisme auprès du pasteur Park, mais s’était rendu compte que ce n’était pas fait pour lui et avait choisi de se consacrer plutôt au ministère.
Grâce aux relations et au soutien de l’Église du Saint Temple, il faisait secrètement passer des transfuges nord-coréens.
« Vous faites un travail admirable. »
« Jésus nous a dit de devenir le prochain de celui qui était tombé aux mains des brigands. Je ne fais que suivre ses enseignements. »
Le pasteur Jo sourit aux paroles de Yohan.
« Pasteur Go, êtes-vous venu me voir pour une opération d’évasion ? »
« Oui. Un transfuge nord-coréen que je connais en Corée du Sud a de la famille là-bas. Nous essayons de la faire sortir. »
« Vous savez où ils se trouvent ? »
« À la Mine de charbon d’Aoji. »
L’expression du pasteur Jo changea.
« Aoji… Vous dites ? »
« Ça va être difficile ? »
« Oui. Très difficile. »
Le pasteur Jo sortit une carte d’un tiroir.
C’était une carte agrandie de la région frontalière nord-coréenne. Elle avait manifestement beaucoup servi : des traits au marqueur permanent et des indications obscures la couvraient.
« Aoji se trouve à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord, à la limite de la préfecture autonome coréenne de Yanbian, dans la province du Jilin. En face de la Chine, de l’autre côté du fleuve Tumen, la région sert souvent de voie de fuite. »
Le problème, c’était la mine de charbon.
« Mais la Mine de charbon d’Aoji, c’est autre chose. C’est une prison où sont détenus des prisonniers politiques. »
Le pasteur Jo énuméra trois problèmes.
« Premièrement, y entrer en secret est quasiment impossible. »
Le pasteur Jo étala sur la table une carte sommaire des environs de la Mine de charbon d’Aoji et quelques vieilles photographies.
« La mine est exiguë, et le camp pénitentiaire est étroitement surveillé par l’Armée populaire coréenne. Il sera difficile de retrouver des personnes précises. »
« Ah, je crois que je peux m’en occuper. »
Yohan leva la main.
Le pasteur Jo pencha la tête et lui demanda :
« Vous avez un moyen de retrouver quelqu’un dans cette mine compliquée ? »
« Oui. Vous voulez bien regarder dehors ? »
À ces mots, le pasteur Jo ouvrit la fenêtre et regarda dehors.
Il y avait… des oiseaux.
Gugu ! Gugu !
Cui ! Cui !
Des oiseaux de toutes les espèces s’étaient rassemblés, trop méthodiquement pour que ce soit une coïncidence. Comme une seule légion, ils se posèrent à l’unisson sur les toits et les lignes électriques.
Mais seulement un instant.
Tous les oiseaux que le pasteur Jo venait de voir disparurent d’un coup.
« …Des familiers ? »
« Oui. Si je les dématérialise, ils devraient pouvoir s’infiltrer. »
Il ne me resterait alors qu’à retrouver les parents de Cha Hyeran grâce à la vision partagée.
« …On ne peut maintenir qu’une douzaine de familiers tout au plus. »
Et encore, seulement de petits animaux comme des oiseaux ou des rats.
Plus un familier était puissant, plus il fallait dépenser d’énergie pour le maintenir.
Et lui, il en maintenait des centaines à la fois, même s’il s’agissait de petits animaux ?
« C’est… »
« Quel est le deuxième problème ? »
« Sortir. Il faut franchir la frontière avec deux personnes de la Mine de charbon d’Aoji. Ce serait une chose s’ils étaient dans un village ou une ville ordinaire, mais après avoir fait sortir des prisonniers politiques d’une mine, impossible d’échapper aux poursuites. »
La Corée du Nord avait beau tenter d’empêcher les évasions, elle ne pouvait que poster des gardes le long de la frontière.
Des brèches se formaient inévitablement, et les passeurs comme le pasteur Jo s’y glissaient.
Si quelques personnes disparaissaient de Corée du Nord, il pouvait s’écouler des jours avant que quelqu’un s’en aperçoive.
Mais une mine de charbon ?
C’était là qu’on enfermait les prisonniers politiques et qu’on les forçait à travailler.
S’ils en faisaient sortir des prisonniers, l’armée nord-coréenne se lancerait aussitôt à leur poursuite.
Rien à voir avec une défection ordinaire.
« Enfin, le troisième problème… la Sécurité publique chinoise. »
« La Sécurité publique ? »
« Oui. S’il s’agissait d’une défection ordinaire, la Corée du Nord chercherait sans doute à étouffer l’affaire de nos jours. Mais l’évasion de prisonniers politiques, c’est une autre histoire. Ils coopéreraient pleinement avec la Sécurité publique. Au plus tard, celle-ci mobiliserait d’importantes forces dans les deux jours. Ils établiraient pratiquement un campement à la frontière. »
Autrement dit, sortir de Corée du Nord était déjà un problème, mais traverser ensuite la Chine pour rejoindre la Corée du Sud en serait un encore plus grand.
Je réfléchis un instant aux inquiétudes très concrètes du pasteur Jo.
« Je pense que ça peut marcher ? »
* * *
La région minière d’Aoji, dans la province du Hamgyong du Nord.
C’était l’un des deux seuls endroits de la péninsule coréenne où l’on extrayait du lignite. De mauvaise qualité, celui-ci restait pourtant une ressource importante pour la Corée du Nord.
L’endroit était devenu célèbre comme celui où l’on envoyait les sportifs qui ne brillaient pas dans les compétitions internationales, mais cette histoire avait été enjolivée.
En général, on y envoyait des réactionnaires transférés de camps pénitentiaires politiques ou de centres de rééducation.
Cha Daehyeok et Im Miran y étaient eux aussi soumis à une rééducation, classés comme réactionnaires par les autorités nord-coréennes. Leur crime ? Être des fanatiques de Jésus.
Officiellement, on les qualifiait d’« ennemis de l’État et de la révolution », mais la plupart des gens les appelaient simplement des fanatiques de Jésus.
Le couple avait été envoyé là-bas un peu plus de dix ans auparavant.
Travailler comme des forçats dans cette mine étouffante, extraire du charbon avec des pioches rudimentaires et tout le reste : voilà qui n’était pas une vie pour un être humain.
Pourtant, les gens étaient apparemment capables de s’adapter à tout.
Le couple Cha était surpris d’avoir fini par s’habituer à un environnement aussi extrême.
« Père céleste, donne-nous la force de tenir bon aujourd’hui encore. »
Ce qui les faisait tenir, c’était l’espoir qu’un jour, le salut viendrait.
Bien sûr, ils n’étaient pas non plus dépourvus de tout espoir terrestre.
« Tu crois que Hyeran va bien ? »
« La dernière fois qu’elle est venue, elle avait l’air préoccupée. Je me demande si elle mange correctement… »
Ils avaient appris que Cha Hyeran était devenue officier nord-coréenne.
Ils ne comprenaient pas comment la fille de parents au passé réactionnaire avait pu suivre la filière d’élite de l’Armée populaire coréenne.
Mais son visage sombre et épuisé devait bien porter les traces de nombreuses épreuves.
Les deux époux pensèrent au visage de leur fille et ravalerent leurs inquiétudes.
« Ça doit être grâce aux pouvoirs de Hyeran, non ? »
« On dirait que c’était hier que le Parti a déclaré traîtres ceux qui recevaient l’esprit et les a fait tuer… »
Ils connaissaient les pouvoirs innés de Cha Hyeran.
Depuis son enfance, toutes sortes d’esprits maléfiques la tourmentaient.
Heureusement, une vieille femme de leur village avait autrefois été chamane et s’occupait d’un arbre sacré. Elle était parvenue à contenir le mal de justesse. Mais elle aussi fut bientôt accusée d’être une réactionnaire, arrêtée et tuée.
Avant qu’on ne l’emmène, la vieille chamane leur avait dit :
« Elle doit servir un dieu. Pour protéger votre fille de ces esprits maléfiques, elle doit servir un dieu puissant ! »
« Quoi ? Mais comment pourrions-nous… ? »
À cette époque, les chamanes hommes avaient pratiquement disparu de Corée du Nord.
Même s’ils avaient voulu recevoir l’esprit, il n’y avait plus personne pour accomplir le rituel.
« Il y a un moyen. Il y a longtemps, un fanatique sud-coréen de Jésus est venu ici. Cette personne souffrait elle aussi d’une maladie causée par les esprits. »
Mais cette personne n’était pas devenue chamane.
Elle n’avait ni reçu l’esprit ni été dévorée par les esprits maléfiques. À la place, elle avait acquis le pouvoir de soumettre les fantômes et même d’effacer leur âme.
« C-comment ? »
« Elle servait un grand dieu. Le dieu des dieux. Le dieu le plus puissant. »
C’était le Seigneur Jéhovah.
Dieu le Père, le Christ le Fils et le Saint-Esprit.
La vieille chamane leur conseilla de se procurer une Bible, par n’importe quel moyen.
Elle leur dit de prier pour leur fille, de lui conférer une spiritualité grâce à la puissance du Saint-Esprit et d’ériger autour d’elle une barrière spirituelle.
Selon elle, c’était le seul moyen pour des gens démunis de se protéger sans l’aide d’un chamane homme.
Le couple Cha suivit fidèlement ses conseils.
Ils se procurèrent une Bible auprès de passeurs qui traversaient le fleuve Yalou et firent lire le livre à Cha Hyeran dès son plus jeune âge.
Ça marcha.
Cha Hyeran, que les esprits maléfiques tourmentaient chaque jour et qui avait frôlé la mort à maintes reprises, retrouva la paix.
Au cours de ce processus, le couple Cha lut lui aussi la Bible et en vint à croire au Seigneur.
Pour eux, la Bible ouvrait un monde nouveau.
Les gens n’étaient pas divisés selon leurs origines. Tous étaient égaux, et Celui qui vivait dans les cieux aimait chacun d’eux.
La Corée du Nord prétendait que tout le monde était égal, mais accordait plus d’importance que quiconque aux origines des gens. Les dirigeants disaient aimer le peuple, mais le condamnaient à la famine et l’envoyaient dans des zones de guerre.
Pour ceux qui avaient enduré la misérable réalité nord-coréenne, la Bible les aidait à surmonter les épreuves et à rêver du salut qui viendrait un jour.
C’était l’espoir qui permettait au couple Cha de tenir bon.
Chaque jour, ils priaient pour que le salut arrive dans cet enfer de camp pénitentiaire.
« Quand… serons-nous sauvés ? »
Mais le salut ne venait toujours pas.
Des prisonniers mouraient chaque jour dans la mine.
Ils ne mangeaient pas à leur faim, ne recevaient pas de médicaments quand ils étaient malades et ne pouvaient même pas dormir correctement.
C’était forcément l’enfer sur terre.
Même eux, qui avaient survécu au printemps de la faim et à la « période sans rations » de la Marche ardue, peinaient à tenir le coup.
« Camarade Cha, vous avez entendu la rumeur ? »
Un camarade s’approcha du camarade Cha dans la mine de charbon.
C’était celui qu’on avait envoyé ici après l’avoir pris en train de regarder en secret d’infâmes vidéos de propagande sud-coréenne ?
« Quelle rumeur ? »
« On dit qu’il y a des oiseaux qui volent dans le coin, ces derniers temps. »
Des oiseaux ?
L’Armée populaire coréenne aurait dû chasser et manger tous les animaux de la région.
« Mais ils disent que les oiseaux sont juste devant eux, puis qu’ils disparaissent d’un coup. Allez savoir comment. »
« Tu dois avoir des hallucinations à force d’avoir faim. »
« C’est ce que je me suis dit aussi. »
Des oiseaux, franchement.
Le couple Cha lâcha un rire sans joie.
Les gens devaient être tellement fous de faim qu’ils hallucinaient de la nourriture, maintenant.
Et puis…
Gugu !
« Hein ? »
Lui aussi vit un oiseau.
Pas un seul, mais des dizaines.
« D-des oiseaux ! »
« Qu’est-ce que des oiseaux foutent dans une mine de charbon ? »
Ce n’était pas le moment de rester plantés là.
Les prisonniers qui travaillaient dans la mine se précipitèrent les uns après les autres vers les oiseaux pour les attraper.
« Argh !? »
« Q-quoi ? Je l’avais bel et bien attrapé ! »
Mais les oiseaux ne se laissaient pas attraper si facilement.
Juste avant qu’on les saisisse, ils disparaissaient soudain ou battaient des ailes et s’échappaient d’un petit bond.
« C-chérie ! Essaie d’en attraper un ! »
« O-oui ! D’accord ! »
S’ils parvenaient à en attraper ne serait-ce qu’un, ce serait leur premier morceau de viande en dix ans.
Pas ce maïs au riz insipide ni ces radis salés coupés en tranches. De la vraie viande !
Tandis qu’ils poursuivaient les oiseaux et sortaient de la mine sans s’en rendre compte, le chaos éclata dans tout le camp pénitentiaire.
« A-attrapez-les ! »
« O-on ne peut pas leur tirer dessus ?! »
« Reprends-toi, espèce d’abruti ! Si le Parti apprend qu’on a gaspillé des balles, on est tous morts ! »
Des centaines d’oiseaux volaient dans le camp pénitentiaire.
Les soldats de l’Armée populaire coréenne leur lançaient des pierres et tout ce qui leur tombait sous la main, mais les oiseaux ne risquaient pas de se laisser toucher.
Certains tirèrent même avec des lance-pierres, mais aucun oiseau ne fut atteint ni abattu.
Les soldats étaient trop occupés à se démener dans l’espoir de goûter à la viande pour prêter attention aux prisonniers sortis de la mine.
Soudain, une main agrippa le couple Cha.
« Hein ? »
« Q-qui êtes-vous ? »
« Chut ! Vous êtes bien les parents de Cha Hyeran ? »
C’était un jeune homme soigné, qui aurait pu passer pour un habitant de Pyongyang.
Mais il ne parlait pas avec l’accent nord-coréen.
« Q-qui êtes-v… »
« Allons-y. »
« … !! »
L’instant suivant, le couple Cha sentit son corps s’élever dans les airs.
Quand ils reprirent leurs esprits, ils se trouvaient au milieu d’un champ de roseaux.
« H-hein ? »
Le pasteur Go et le pasteur Jo se tenaient devant eux, tandis qu’ils regardaient autour d’eux, déconcertés.
« Yohan, tu as réussi ! »
« Ouais, ce n’était pas si difficile. Leur sécurité est complètement à la ramasse. »
« C-c’est le fleuve Tumen ? »
« Q-qu’est-ce qui s’est passé ? Il y a un instant, nous étions… »
« Je vous expliquerai plus tard. Nous sommes venus à la demande de mademoiselle Cha Hyeran. »
« H-Hyeran ?! »
« C’est Hyeran qui vous a envoyés nous chercher ? »
Les deux pasteurs donnèrent quelques explications au couple Cha, encore abasourdi, puis lui tendirent d’abord à manger.
C’était une règle que le pasteur Jo suivait toujours avec les transfuges. Les boulettes de riz étaient généreusement fourrées de sel et de thon, mais le couple les dévora avec avidité.
« Vous allez avoir une indigestion. Mangez lentement. »
« M-merci… Hum ! Hum ! »
À la fin, on aurait dit qu’ils avaient eu une indigestion à force d’engloutir les boulettes de riz.
« Yohan, rentrons d’abord à la boutique… Hein ? »
Le pasteur Go pencha la tête en regardant l’endroit où Yohan aurait dû se trouver.
Bientôt, Yohan apparut soudain dans l’espace vide, accompagné d’un homme d’âge mûr barbu et d’un garçon décharné.
« Yohan ? »
« …Je crois que je peux en faire plus. »
Il y avait du potentiel, cette fois.
L’instant d’après, Yohan disparut de nouveau.
Cette nuit-là, vingt-sept personnes disparurent du camp pénitentiaire d’Aoji.
Notes :
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