Chapitre 11
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 11 : Le fantôme de l’hôpital (2)
──────
Une brusque lumière jaillit et la vision de Bodhisattva Wolryeong se brouilla de blanc.
La possession avait été brisée.
Son corps était vieux et affaibli, mais la possession d’un esprit maléfique avait été rompue aussi facilement ?
Je savais qu’il n’était pas ordinaire, mais quel puissant Verbe de puissance !
On appelait aussi cela un mot spirituel.
Dans le monde des pouvoirs surnaturels, il s’agissait d’une puissance spirituelle capable d’agir partout.
Les mots avaient du pouvoir. Ils influaient sur la réalité, en particulier sur les lois spirituelles.
Paroles de vérité, incantations, prières… Les appellations variaient, mais les pouvoirs surnaturels invoqués par la déclaration de mots étaient pratiquement indispensables.
Il n’était pas qu’un simple pratiquant de shikigami !
Elle avait été stupéfaite quand l’esprit maléfique avait révélé son propre nom en réponse au mot spirituel de Yohan.
Les esprits maléfiques étaient des êtres dont les paroles et les actes ne concordaient jamais.
Ils semblaient parler comme des humains, mais les mots ne les atteignaient pas vraiment et leur logique était un imbroglio inextricable.
À force d’accumuler le mauvais karma, ils finissaient eux-mêmes par devenir des êtres contradictoires.
Pourtant, l’esprit maléfique avait révélé son nom sur l’ordre de Yohan.
Il avait même chassé l’esprit maléfique qui possédait son corps.
Les mots spirituels de Yohan relevaient du Verbe du Seigneur.
C’était le type de pouvoir qu’employaient les membres du clergé lorsqu’ils empruntaient les paroles de leur dieu et donnaient des ordres avec une autorité absolue.
En temps normal, pourtant, leur effet se limitait à renforcer un exorcisme.
L’autorité empruntée n’avait rien d’absolu, et la foi elle-même était subjective.
C’était une stratégie à haut risque et à haut rendement. Le moindre doute ou la plus petite hésitation pouvait tout faire voler en éclats.
Mais lui, il y était parvenu. Encore et encore ! Chacun de ses mots était devenu un Verbe absolu du Seigneur et avait soumis l’esprit maléfique !
Pourquoi un exorciste aussi puissant errait-il à la chasse aux esprits maléfiques ?
Ce jeune homme à l’air naïf jouait-il la comédie ?
Non. Bodhisattva Wolryeong se rappela ce qui caractérisait ceux qui se vouaient au service religieux.
Servir sa religion, c’était se rendre dans les endroits les plus misérables.
À l’origine, les membres du clergé étaient censés considérer le service comme une vertu.
Mais ceux qui s’en abstenaient étaient plus nombreux.
Ils étaient plus nombreux à déformer jusqu’à leur foi pour satisfaire leurs propres désirs.
C’était pourquoi ceux qui se rendaient dans les lieux les plus humbles et vivaient comme des serviteurs brillaient plus que quiconque.
* * *
Han Taek-su, Yu Hanna et Han Gyeoul.
Tous trois formaient une famille ordinaire, comme tant d’autres.
Puis, un jour, le malheur s’était abattu sur leur foyer heureux sans prévenir.
Han Gyeoul, qui se trouvait sur les lieux, était morte sur le coup. Ses parents avaient été transportés inconscients à l’hôpital, mais ils n’avaient pas tenu longtemps et étaient morts à leur tour.
Une âme accablée de rancœur devenait un fantôme et errait dans le monde des vivants.
Quand cette rancœur brûlait avec tant de force qu’elle engendrait haine et malédictions, l’âme devenait souvent un esprit maléfique.
Mais rien ne justifiait que le couple devienne des esprits maléfiques.
L’accident avait été tragique, mais ce n’était qu’un accident.
Pourtant, quelqu’un était venu les trouver alors qu’ils erraient, désorientés, après leur mort.
Ils racontèrent qu’une faim insupportable les avait submergés quand cette personne avait enfoncé des clous de fer dans leurs cadavres.
C’est ainsi qu’ils étaient devenus les esprits maléfiques de l’Hôpital Hallym et qu’ils avaient dévoré des fantômes.
« Des clous de fer… Ils avaient vraiment l’intention de créer des esprits maléfiques ! »
« Créer des esprits maléfiques ? »
« C’est une méthode utilisée partout dans le monde depuis des siècles. Vous avez déjà entendu parler des poupées de paille dans lesquelles on plante des clous de fer pour maudire quelqu’un, non ? »
C’était bien ces trucs qu’on voyait tout le temps dans les séries historiques ?
« On place dans la poupée de paille un cheveu ou une partie du corps de la cible, puis on y inscrit son nom, pour en faire un substitut de son corps. Mais si le cadavre est encore là, il constitue à lui seul un excellent support pour une malédiction. »
Bodhisattva Wolryeong balaya les environs du regard, sortit de la morgue et se mit à inspecter les lieux.
« Bodhisattva, y a-t-il un endroit dans le coin qui dégage une mauvaise odeur ? »
« Hein ? Maintenant que vous le dites, oui. À part les deux autres, je veux dire. »
« Emmenez-nous là-bas. »
Je pris la tête en suivant l’odeur. Bodhisattva Wolryeong et les Hans me suivirent.
Nous arrivâmes bientôt dans une salle de stockage des déchets. Bodhisattva Wolryeong ouvrit la porte sans hésiter et entra.
Elle fouilla parmi les déchets entreposés et finit par trouver quelque chose.
« Hein… ! »
Ce que Bodhisattva Wolryeong sortit de là, c’étaient des clous de fer de la longueur d’une phalange.
Au premier coup d’œil, ils ressemblaient à des vis, mais le clou qu’elle avait trouvé portait deux chiffres six.
« Ils n’y sont pas allés de main morte ! Ils ont planté une Malédiction de correction septuple ! »
« Une Malédiction de correction septuple ? »
« C’est un rituel qui consiste à planter sept pieux de fer. On s’en sert pour couper l’énergie vitale d’une personne et la maudire, ou pour souiller une terre. Le problème, c’est qu’il y a ici deux pieux numéro six. Ils comptaient s’en servir sur le couple depuis le début. »
Le couple ?
Tout ça avait été préparé depuis le début ?
« Attendez… Alors, l’accident n’en était pas un ? »
Bodhisattva Wolryeong acquiesça à ma supposition.
« Ces enfoirés… »
Je ne pus m’empêcher de jurer.
Ils avaient prévu de tuer des gens exprès, puis de les transformer en esprits maléfiques.
« Ils ont planté sept pieux de correction, alors il doit en rester cinq. Il faut se dépêcher de les neutraliser pour mettre fin à leur plan ! Je vais contacter l’Association des Mystiques tout de suite— »
« …Il en reste cinq ? »
« Oui ! Il y en a deux ici, donc il doit y avoir des esprits maléfiques dans cinq autres endroits ! Ces enfoirés… Hein ? »
Bodhisattva Wolryeong s’interrompit, comme si elle venait de comprendre quelque chose.
La mention de cinq m’avait figé les idées.
Bodhisattva Wolryeong ouvrit alors la bouche, comme si elle venait de faire le même rapprochement que moi.
« Vous avez dit avoir éliminé tous les esprits maléfiques, n’est-ce pas ? »
« Vous avez aussi neutralisé les cinq autres pieux de fer de ce genre, pas vrai ? »
« … »
« … »
« On rentre ? »
« On y va ? »
Bon sang, qu’est-ce que c’était que ça ? J’avais cru qu’on était dans de beaux draps !
Vous m’avez fichu une de ces trouilles !
* * *
L’exorcisme des esprits maléfiques de l’Hôpital Hallym avait réussi, mais il restait encore quelques détails à régler.
D’abord, qu’allions-nous faire du couple de fantômes ?
« On ne pourrait pas les emmener auprès de Gyeoul ? »
【G-Gyeoul est vivante ?!】
【Mon bébé… !】
Je ne pus que secouer la tête devant leur réaction.
« Gyeoul est devenue un Esprit lié à la terre sur le lieu de l’accident. Je ne crois pas qu’ils puissent partir tant que ses parents ne l’auront pas rejointe. »
【Ah… !】
Le couple se lamenta, accablé de chagrin.
Leur enfant était devenue un Esprit lié à la terre et les attendait encore. Quel parent aurait pu garder son calme en apprenant ça ?
« Bodhisattva, on ne pourrait pas les emmener auprès de Gyeoul ? »
« Pas pour l’instant. Leurs âmes sont des Esprits liés à la terre, attachés à l’hôpital. Ils sont même devenus des esprits maléfiques, alors ils sont encore plus solidement liés à l’endroit où ils sont morts. »
Il n’y avait vraiment aucun moyen ?
Comme je faisais grise mine, Bodhisattva Wolryeong ajouta : « Les arts de la maîtrise des esprits ont une longue tradition. On peut conclure un pacte avec des shikigami ou recourir à la nécromancie. »
Clac, clac !
Gari manifesta son profond dégoût devant la proposition de Bodhisattva Wolryeong.
Elle devait penser : *Je suis un ange, comment pouvez-vous suggérer une sorcellerie aussi maléfique ?!*
« Si les préparatifs sont suffisants, je peux m’en charger. Mais ça prendra un peu de temps. »
Clac !
Sa réaction semblait dire : *Ah, dans ce cas, laissez tomber.*
L’idolâtrie ne la dérangeait pas tant que ce n’était pas moi qui m’en chargeais ?
« Faisons comme ça. Et vous deux… »
« Nous n’avons pas d’autre choix que de les laisser ici pour l’instant. Celui qui a conçu ce plan abject viendra, alors je demanderai aussi à l’Association des Mystiques de mettre en place des défenses. »
« Oui, je vous en prie. »
« Les preuves d’un complot aussi grave ont été découvertes. Même ces bons à rien de l’association, avec du plomb dans les fesses, n’auront pas d’autre choix que d’agir. »
Au moins, c’était rassurant.
J’envisageai de lui demander comment contacter l’Association des Mystiques, mais remis ça à plus tard.
Il me semblait préférable de me tourner vers l’Église, que je connaissais, plutôt que vers l’association.
Quand le pasteur Park rentrerait-il ?
Alors que nous quittions l’hôpital, un vieil homme arriva en courant du parking arrière, à bout de souffle.
C’était le directeur de l’hôpital.
« Bodhisattvas ! T-tout est réglé ? »
Il avait eu trop peur pour entrer, mais apparemment, l’inquiétude l’avait empêché de partir.
« Les esprits maléfiques ont été purifiés. Il n’y aura plus d’incident. »
« Oui, oui ! Oh, merci infiniment ! »
« Mais n’utilisez pas la morgue pour le moment. J’ai placé des talismans autour, alors veillez à ce que personne n’y entre. Quelqu’un arrivera bientôt ; accueillez-le comme il se doit. »
Le directeur de l’hôpital ne cessait de s’incliner et de nous remercier.
Puis il dit quelque chose d’inattendu.
« Je vais virer le paiement à l’association. »
« Attendez. Pourriez-vous plutôt verser l’argent sur un compte personnel ? »
« Pardon ? C’est possible ? Pour les impôts, ça risque d’être compliqué… »
À la question du directeur, Bodhisattva Wolryeong tourna les yeux vers moi.
« Bodhisattva, faites-le verser sur votre compte. »
« Hein ? Sur le mien ? »
« C’est vous qui avez tout réglé, non ? Si cette vieille femme avait été seule, elle aurait forcément été blessée. »
« Je n’ai pas fait ça pour être payé. »
J’étais seulement venu parce que je pensais pouvoir aider Gyeoul à partir.
Maintenant qu’on parlait d’argent, j’avais l’impression que le sens de tout ça se brouillait, et ça me mettait mal à l’aise.
« Pour quelqu’un qui a la foi, se tenir à l’écart des richesses est une vertu. Mais ne refusez pas une juste rémunération. L’argent gratuit n’existe pas en ce monde, et il n’y a aucun mal à accepter d’être payé par ceux qui en ont les moyens. Ce directeur d’hôpital est riche. »
« Ha, ha… »
Le directeur se frotta l’arrière de la tête, embarrassé.
Bon, le directeur d’un hôpital général devait être riche.
« Alors… mon compte à la banque XX… »
« Oui, je vous fais le virement tout de suite. »
Je reçus bientôt une notification : un virement venait d’arriver au nom du directeur de l’hôpital.
Voyons… 1,2 million de won.
Moins que ce à quoi je m’attendais—
« Douze… millions ? »
« Ah, vous avez réglé l’affaire très vite, alors j’ai ajouté un supplément pour que vous ne soyez pas déçue. »
« … »
Je regardai Bodhisattva Wolryeong, les yeux écarquillés, mais son regard demeurait indifférent.
Comme si cette somme allait de soi.
Douze millions ? Douze millions de won ? Ça faisait mille deux cents bols de gukbap.
Il y avait eu deux esprits maléfiques, alors je m’étais donné un peu plus de mal, mais on me versait une telle somme pour une seule mission ?
« Vu le rang des esprits maléfiques que nous avons affrontés aujourd’hui, ce n’est pas assez. Mais personne ne s’attendait à tomber sur des esprits maléfiques de ce niveau, et c’était le montant convenu au départ. Acceptons-le. »
« À ce point ? »
Bodhisattva Wolryeong hocha calmement la tête devant mon air incrédule.
« Nous devrions y aller. N’oubliez pas de bien fermer derrière vous. »
« Oui, Bodhisattvas ! Bonne route ! »
Je sortis dans la rue, encore hébété, quand Bodhisattva Wolryeong m’interpella.
« Bodhisattva, acceptez ceci. »
Elle me tendit deux Lames spirituelles.
C’étaient des épées à un seul tranchant, plus courtes que des épées longues, mais plus longues que des poignards.
J’acceptai sans réfléchir ces deux lames à l’aspect froid et lisse.
« Euh… ce ne sont pas vos outils, Bodhisattva ? »
« Dans ma jeunesse, c’étaient des épées spirituelles qui tranchaient les fantômes et les monstres. Ces épées ont passé toute leur existence auprès de cette vieille femme. »
« Elles ne valent pas une fortune ? »
« Vous avez sauvé cette vieille vie, je vous dois bien ça. Un jeune Bodhisattva comme vous en fera meilleur usage. »
Comme j’hésitais, Bodhisattva Wolryeong ajouta : « Je suis trop vieille pour continuer à aller sur le terrain. Il est temps que je prenne ma retraite. »
Je finis par les accepter, mais dès que je les eus en main, un autre problème se posa.
« Ça ne vous dérange pas ? Je suis chrétien. »
« Les croyants peuvent utiliser toute relique sacrée qui en vaut la peine, quelle que soit leur confession. »
Donc, les outils n’étaient pas coupables en eux-mêmes ?
De toute façon, Gari ne réagit pas vraiment, alors ça devait aller.
« Alors, bonne route. »
Sur le chemin du retour, après avoir pris congé de Bodhisattva Wolryeong, je contemplai les deux Lames spirituelles qu’elle m’avait offertes et me plongeai dans mes pensées.
Est-ce que j’aurais un jour besoin de m’en servir ?
Est-ce que je continuerais à faire ce genre de choses ?
Je ne m’étais jamais posé ces questions.
Au début, je n’avais fait que frapper le premier pour me protéger des esprits maléfiques.
Le quartier avait été débarrassé des fantômes, alors je n’avais plus besoin de chasser des esprits maléfiques dangereux.
Bien sûr, maintenant que ma vision spirituelle s’était éveillée, si je croisais un esprit maléfique, il faudrait que je m’en occupe pour survivre…
« Beurk, quel destin à la con… Moi, exorciste ? Le meilleur moyen de crever tout seul dans un coin. »
La sécurité d’abord.
À l’avenir, j’éviterais autant que possible ce genre d’imprudence.
À peine avais-je pris cette résolution que les Lames spirituelles brillèrent sous la lune.
« … »
Ces trucs dégageaient une puissance spirituelle sacrément envoûtante.
Non, mais pour un chrétien, Lames spirituelles, ça sonnait quand même un peu bizarre.
Puis je repérai l’eau bénite que j’avais stockée.
« … »
Clac, clac ?
« … »
………
………
………
« C’est l’heure d’enchanter quelques épées sacrées~ ! »
Très bien, à partir de maintenant, vous êtes des Épées sacrées. Compris ?
Notes :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>