Chapitre 104
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 104 : La soumission du Seigneur de la Montagne (5)
──────
Au moment où le Seigneur de la Montagne fut absorbé par le talisman, je compris que cela avait un rapport avec un contrat.
Alors, je m’emparai du contrat le premier.
Ce ne fut pas difficile.
J’avais même volé le contrat du serpent de feu grâce aux pouvoirs de Marchosias, le démon-bête. Pourquoi n’aurais-je pas pu dérober celui d’un Seigneur de la Montagne sur le point d’être lié par un contrat ?
À l’instant où je volai le contrat forcé du talisman, je fus saisi d’un dégoût indescriptible.
Ce talisman n’avait rien d’ordinaire.
C’était un objet maléfique, créé en se nourrissant du sang et de l’âme d’un nombre bien trop grand de personnes.
Il était si immonde qu’il me dégoûtait encore plus que le Seigneur de la Montagne, qui avait dévoré des centaines de personnes.
Celui qui l’avait fabriqué ne pouvait pas être un salaud ordinaire, mais les sorciers nord-coréens ne me semblaient pas assez répugnants pour avoir créé une chose pareille.
Quelqu’un d’autre avait-il fabriqué le talisman ?
« Tigre, fais un salto sur place. »
[Oui, mon seigneur !]
À mon ordre, le Seigneur de la Montagne fit le fier en exécutant un salto arrière sur place.
« Roule vers l’avant. »
[Oui, mon seigneur !]
Patatras !
« Roule vers l’arrière. »
[Oui, mon seigneur !]
Patatras !
« M-mais qu’est-ce que… ?! »
Ri Gicheol se tourna vers Cha Hyeran, alarmé.
« Qu’est-ce qui se passe ?! »
« J-je n’en sais rien non plus ! J’allais conclure le contrat, et quelqu’un m’a volé ma place de contractante ! »
« C’est… possible ?! »
Ri Gicheol pivota et me lança un regard noir.
« Quoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce que tu peux y faire ? »
« … ! »
Ri Gicheol fronça les sourcils et tenta de m’intimider.
« Tu assumeras les conséquences, même après avoir entravé une entreprise de la République ? »
« De quoi vous parlez ? Seigneur Choi, ils me menacent, là. »
« Tes conneries coulent comme un ruisseau. Ces mendiants ne pourraient même pas gagner le budget annuel d’une petite ville, et pourtant ils passent leur temps à crier “Papa, papa” à leur Grand Dirigeant. Ils ont perdu la tête ? »
Autrement dit : qu’est-ce que des mendiants sans un sou pouvaient bien nous faire ?
Attendez… le Seigneur Choi venait vraiment de dire ça ?
« Contrairement à ces donateurs du Nord, nous sommes des citoyens privés. Ça n’a aucun sens de transformer une petite querelle en affaire d’État. »
« Ils sont trop mal éduqués pour le comprendre. Privés des enseignements des hommes de bien, comment ces morveux galeux pourraient-ils savoir se conduire ? »
« S-salauds ! »
Ri Gicheol grinça des dents.
Comme il semblait prêt à se battre sur-le-champ, le Seigneur Choi ouvrit son éventail.
« Tu es sûr de toi ? À l’époque des régimes militaires, vous, les Rouges, vous vous faisiez rouer de coups. Vous avez un peu grandi depuis ? »
À l’époque où la Corée du Nord et la Corée du Sud se menaçaient ouvertement, les exorcistes indépendants avaient eux aussi été mobilisés pour le conflit.
Il y avait notamment eu des lâchers de fantômes.
On envoyait des esprits maléfiques au Nord pour y commettre des attentats ; même les mines posées le long de la ligne de démarcation militaire ne les arrêtaient pas.
À cette époque, les gens commettaient toutes les atrocités imaginables, mais le monde des exorcistes sud-coréen avait indéniablement un avantage écrasant.
Le Seigneur Choi et le Maître Seon Unjeong avaient tous deux joué un rôle majeur durant cette période.
« Vous allez partir tranquillement ? Ou faut-il vous rouer de coups, puis annoncer que le Seigneur de la Montagne vous a tués ici ? »
« Seigneur Choi. Vous ne devriez pas prendre des vies à la légère. »
« Faut-il absolument les tuer ? Même si on se contente de les capturer et de les jeter dans une prison souterraine, comment ces Rouges l’apprendraient-ils ? »
Ils échangèrent des paroles glaçantes, et tous deux avaient assez de pouvoir pour les mettre à exécution.
Cha Hyeran et les autres sorciers commencèrent à vaciller en comprenant qu’ils étaient en position de faiblesse.
« C-camarade lieutenant-colonel… »
Maintenant que le Seigneur de la Montagne leur avait été dérobé, ils ne pouvaient plus rien faire.
Même s’ils se battaient pour le récupérer, ils se feraient seulement rosser comme des chiens.
Ils semblaient encore hésiter, alors je décidai de porter le coup de grâce.
« Tigre, rugis. »
[Grrrrraah !]
Le Seigneur de la Montagne gronda. Le son grave, aux basses fréquences, fit s’effondrer les sorciers nord-coréens.
Même Ri Gicheol, pourtant si fier, ne put empêcher ses jambes de trembler face à la terreur du Seigneur de la Montagne, qu’il affrontait de si près.
« Argh… Salauds !! »
Il ne pouvait que les insulter.
Qu’est-ce que tu peux y faire ?
* * *
La soumission du Seigneur de la Montagne était achevée.
Au moment où le Seigneur de la Montagne conclut un contrat avec moi, les Chang-gwi cessèrent tous de se battre, et nous prîmes le contrôle de Taebaeksan.
« Ouf. Ça s’est terminé plus vite que prévu. »
« C’est incroyable, bodhisattva Gari. Vous avez réglé en deux jours un problème qui traînait depuis des mois. »
Bang Seoryeong et l’Érudit Yoo, qui avaient fait diversion contre les Chang-gwi de l’armée japonaise au pied de la montagne, semblaient indemnes, eux aussi.
« Allons voir les Chang-gwi, maintenant. »
Les Chang-gwi attendaient à l’Hôtel Taebaeksan.
Leur nombre avait été réduit de moitié pendant le combat, mais ils étaient encore plus de trois cents.
« Tigre. C’est tout ? »
[Oui, mon seigneur ! Tous les fantômes que ce serviteur commande sont là !]
Les Chang-gwi de l’armée japonaise…
Cela me laissait un sentiment mitigé. C’étaient des envahisseurs de l’époque de l’occupation japonaise, mais ils avaient aussi été enrôlés de force et amenés ici contre leur gré.
Ils avaient fait partie de la force d’invasion, mais étaient aussi des victimes, transformées en Chang-gwi et enfermées avec le Seigneur de la Montagne pendant près d’un siècle.
« Laisse-les partir. Ils sont restés trop longtemps sur une terre qui n’était pas la leur. »
[Ces Chang-gwi pourraient vous être d’une grande aide, mon seigneur…]
« J’ai dit que ça suffisait. »
Quand je lui en donnai une nouvelle fois l’ordre, le Seigneur de la Montagne n’ajouta rien et se contenta de gronder.
Les Chang-gwi avaient l’air libérés de chaînes invisibles.
[A-arigato…]
Les Chang-gwi me remercièrent en japonais.
Je ne connaissais pas grand-chose au japonais, mais je savais ce que voulait dire arigato.
« Parlez coréen, bande de salauds. »
Même après avoir été des Chang-gwi pendant cent ans, ils passèrent aussitôt dans l’au-delà et disparurent lorsque le Seigneur de la Montagne les libéra.
Le contrôle du tigre était apparemment le seul lien qui les retenait dans ce monde.
« Ouf. On peut dire qu’on en a réglé un ? »
« Pas tout à fait. Nous n’avons pas réussi à sceller le Seigneur de la Montagne lui-même. »
« Qu’est-ce que tu comptes faire de ce Seigneur de la Montagne, Yohan ? »
Bang Seoryeong, le Seigneur Choi et le Maître Seon Unjeong s’approchèrent.
À bien y réfléchir, toute cette opération avait pour but de sceller le Seigneur de la Montagne.
Mais au lieu de le sceller, j’en avais fait mon familier. Techniquement, l’objectif initial avait donc échoué.
« On devrait le sceller, maintenant ? »
[Mon seigneur ?!]
Le Seigneur de la Montagne avait l’air horrifié, mais franchement, ça m’était égal.
« Ça ne poserait pas problème ? Un Seigneur de la Montagne ferait un familier redoutable. »
« Il a juré obéissance de son plein gré, et le talisman est extraordinairement puissant. Il ne pourra pas s’échapper tant que Yohan sera vivant. »
« Le fait qu’il soit libéré à ma mort est aussi un problème. Scellons-le, alors. »
[Mon seigneur !!]
Le Seigneur de la Montagne était stupéfait. Mais je le pensais vraiment.
Un familier aussi puissant que le Seigneur de la Montagne aurait été appréciable, mais je n’en avais pas désespérément besoin.
Gari était à elle seule un être bien supérieur au Seigneur de la Montagne, et j’avais aussi la Sœur de deux mètres quarante ainsi que plein d’autres familiers bien élevés.
« Je n’ai pas spécialement envie d’avoir un familier qui a mangé des gens. »
[Mon seigneur !!]
À cet instant, le Seigneur de la Montagne se prosterna juste devant moi et s’écria :
[Comment pouvez-vous vous prétendre un homme de bien, sans même la moindre compassion ? Était-ce donc si grave que je tue quelques salauds japonais qui avaient pénétré sur mon territoire, alors que je ne faisais que me défendre ?!]
« Eh bien… »
[Si je suis un criminel, alors tous les martyrs patriotes qui se sont battus pour l’indépendance de cette terre le sont aussi ! Mon seul crime a été de défendre mon territoire !]
« Ce salaud vient vraiment de parler des indépendantistes ? »
Cela dit, la défense du Seigneur de la Montagne ne semblait pas complètement infondée.
Il vivait depuis longtemps sur Taebaeksan, et l’armée japonaise était venue envahir son territoire sous prétexte de le soumettre.
Les Chang-gwi de l’armée japonaise avaient fini par perdre une lutte pour le territoire. Il était donc difficile d’affirmer que le Seigneur de la Montagne avait eu entièrement tort.
« Toi ! Quelle langue fourbe ! »
C’était le Seigneur Choi qui avait crié.
La pointe de son éventail désignait le Seigneur de la Montagne.
« Tuer quelques salauds japonais, c’est le seul crime que tu aies commis ? »
« … »
« Toutes ces années passées sur la péninsule coréenne, tu n’as vraiment fait de mal qu’à des salauds japonais ? Vivre dans le luxe comme une bête sauvage efface tes péchés ? »
Le Seigneur de la Montagne gronda et répliqua à l’accusation du Seigneur Choi.
[Ils étaient entrés sur mon territoire !]
« Alors, tu peux dévorer tous ceux qui mettent le pied sur ta montagne ? C’est de la pure sophistique ! »
Autrement dit, il tordait le raisonnement en mêlant des choses sans rapport pour faire croire que son argument se tenait.
« Ne retenir que ce qui t’arrange pour donner à tes actes une apparence de vertu, voilà ce que ferait une bête. Il est évident que tu as opprimé d’innombrables êtres plus faibles que toi au nom de la loi du plus fort, et maintenant, tu te sers des martyrs patriotes comme d’un bouclier ? Comment oses-tu ! »
Eh bien, chaque mot était juste.
Je devrais vraiment sceller le Seigneur de la Montagne…
[J-je n’ai jamais mangé d’être humain !]
Oh, voilà une nouvelle affirmation.
« Tu n’as jamais mangé d’être humain ? Et tu crois qu’on va gober ce mensonge, espèce de… »
« Monsieur, mode gentleman. Mode gentleman. »
« Hum ! »
Le Seigneur Choi se racla la gorge à l’intervention de Bang Seoryeong.
Le Seigneur de la Montagne saisit l’occasion et poursuivit sa défense.
[Pourquoi aurais-je besoin de capturer des gens pour les manger ? Il y a de la nourriture partout, même sans manger d’humains !]
« Comment veux-tu qu’on te croie… »
[Je m’y attendais, alors j’ai gardé quelques Chang-gwi en réserve ! Je vais les appeler comme témoins !]
« Hein ? Tu as gardé des Chang-gwi ? »
[Je n’ai gardé pas seulement des soldats, mais aussi quelques onmyoji et ninjas. Je me suis dit que l’homme de bien changerait peut-être d’avis.]
En réalité, il les avait sans doute gardés comme témoins pour une situation pareille.
Ce salaud était plus retors et intéressé que je ne l’avais cru.
Après avoir entendu les témoignages des Chang-gwi restants, il apparut que le Seigneur de la Montagne n’avait vraiment pas mangé d’êtres humains.
Une troupe de l’armée japonaise avait été envoyée pour le soumettre à l’époque, mais il n’avait jamais capturé ni dévoré un humain.
« Waouh, je ne m’y attendais pas. »
[Tu pourrais manger un poisson ou une bête qui parle comme un être humain ?]
« Euh… je crois que ça me ferait bizarre. »
Même moi, j’aurais du mal à manger un poisson qui parlerait et me supplierait de l’épargner.
Le Seigneur de la Montagne semblait ressentir la même chose.
« Hum ! On dirait que tu n’étais finalement pas le pire des monstres. Mais tu as tout de même fait du mal à beaucoup de gens ! »
[Si vous parlez de bienveillance et de justice, êtes-vous vraiment tous irréprochables ? Pouvez-vous affirmer avec certitude n’avoir jamais pris une vie ? Est-ce un crime quand une bête fait du mal à un humain, mais de la bienveillance et de la vertu quand un humain fait du mal à une bête ? Peut-on vraiment appeler cela la conduite d’un homme de bien ?]
Le Seigneur de la Montagne se défendit avec une telle logique que même le Seigneur Choi et le Maître Seon Unjeong semblèrent manquer de mots.
« Pour un tigre, c’est remarquablement logique. »
« Tu l’as dit. »
[Mon seigneur ! Je jure que je ne ferai plus jamais de mal aux humains ! Je le promets ! Sous vos ordres, je suivrai la voie du salut des hommes !]
Le Seigneur de la Montagne était couché devant moi, le regard assuré.
À ce stade, il semblait croire qu’il ne restait plus aucune raison valable de le sceller.
« Quel regard brillant. »
[Mon seigneur ?]
« Je ne connais rien à la conduite d’un homme de bien. Je sais seulement que tu pues. »
[Mon seigneur ! Attendez !]
« Scellons-toi proprement et n’en parlons plus. J’espère que tu vivras avec bonté quand tu seras libéré, un jour. »
[A-attendez ! Attendez !]
Je pris un tableau dans la bouche de Gari.
Collection du pasteur Kim, <Série sur l’histoire coréenne, n° 21 : Voyage au pays des fleurs de pêcher>.
« Tu vas rester là-dedans une centaine d’années. Je réfléchirai au reste après. »
Le temps qui s’écoulait à l’intérieur ne pouvait même pas être comparé à celui du monde réel.
Ça devrait avoir un effet similaire à un scellement.
Si le Seigneur de la Montagne semblait toujours irrécupérable dans cent ans, je pourrais toujours enterrer le Voyage au pays des fleurs de pêcher quelque part.
[A-attendez !]
« Tigre, tu es trop têtu. Sois un homme et accepte ça sans faire d’histoires. »
« … Un homme ? »
Je venais d’ouvrir le Voyage au pays des fleurs de pêcher et m’apprêtais à enfermer le Seigneur de la Montagne dans le tableau, quand cela arriva.
[Je me convertirai ! Je deviendrai catholique et recevrai les enseignements du Christ !!]
« Ah… »
« Hein ? »
La déclaration de conversion du Seigneur de la Montagne m’obligea à m’arrêter net.
La carte de conversion, maintenant ?
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>