Chapitre 73
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
La direction où ces dragons noirs se sont envolés.
Les rugissements des dragons.
Je les ai suivis et suis entré dans la forêt.
Grâce à cela, traquer ces dragons n’était pas difficile.
Ma vitesse de course.
Mon endurance.
Est-ce grâce à la correction de mes statistiques ?
Les avoir toutes deux à ma disposition m’a permis d’arriver avant que quoi que ce soit de grave n’arrive.
Seras se glissa hors de dessous l’homme vêtu d’une armure noire.
Je pouvais exclure certaines cibles à ma discrétion lorsque je désignais plusieurs cibles.
Ainsi, elle n’était pas paralysée avec les autres.
Mon aptitude est vraiment pratique.
— To—
Seras referma rapidement la bouche.
On dirait qu’elle allait prononcer mon nom.
Mais elle semble avoir évité que l’homme en armure entende mon nom.
Elle a donc bien pris à cœur ce que je lui avais dit plus tôt.
— Hum… Je suppose que je devrais d’abord vous remercier de m’avoir aidée.
Seras s’inclina respectueusement.
— Je suis heureux d’être arrivé à temps.
Après avoir dit cela, je me tournai vers l’homme en armure noire.
— C’est l’un de ces Chevaliers du Dragon Noir ?
— Oui, il semble appartenir aux Chevaliers du Dragon de l’Empire Bakuos.
— Est-ce l’un des fameux Cinq Dragons ?
— Non, bien qu’il se soit présenté comme le commandant adjoint du corps d’avant-garde de l’un des Cinq Dragons.
Seras se plaça à mes côtés.
Je me tournai alors vers la jeune femme à côté de moi.
— On dirait que tu es dans un beau pétrin.
— Pourquoi êtes-vous venu ici… ?
Les yeux de Seras restaient fixés sur le chevalier dragon paralysé et son dragon noir.
Elle semblait toujours sur ses gardes.
Avant que je ne réponde à sa question…
— <Poison>
J’invoquai le poison sur le chevalier dragon.
Pour l’instant, je l’avais rendu non-mortel.
En revanche, j’avais appliqué un poison mortel sur le dragon noir.
Une fois confirmé que le poison les avait bien touchés, je repris.
— Des rumeurs à ton sujet circulent sans cesse à Mills. Elles disaient que tu t’étais échappée. Que tu avais réussi à fuir jusqu’ici. Alors je suis revenu dans cette forêt pour te chercher.
Le visage de Seras devint plus grave.
— Ce n’est pas ce que je… voulais savoir. Ce que je voulais demander, c’est…
— Attends.
— Hein ?
— <Sleep>
Je fis tomber dans le sommeil le chevalier dragon et le dragon noir.
Si elle posait trop de questions d’un coup, elle risquait de laisser échapper quelque chose qu’il ne fallait pas entendre.
Comme honteuse, Seras baissa la tête.
— Je… je suis désolée de ne pas y avoir pensé. Si nous devons parler de choses compliquées, il faut d’abord se débarrasser des oreilles indiscrètes. Hum, alors… pourquoi êtes-vous ici ?
— Je t’ai engagée comme garde du corps. De plus, d’après les informations que j’ai reçues à Mills, ce n’est pas comme si tu nous avais trahis et abandonnés.
— Pii♪
Pigimaru ajouta joyeusement son commentaire.
— N’avez-vous pas compris, après ce qui vient de se passer ? Si vous restez avec moi…
— Je serai aussi poursuivi par les Chevaliers du Dragon Noir ?
— C-C’est exact. C’est pourquoi partez d’ici tout de suite. Pour l’instant, il semble qu’ils n’aient pas encore perçu votre présence, à part cet homme…
— Ne pourrions-nous pas simplement fuir ensemble après que tu aies utilisé cette technique d’illusion que tu avais employée auparavant ? Ou bien tu ne peux changer ton visage que pour celui que tu avais alors ?
— Je peux effectivement adopter d’autres visages, mais… l’esprit qui se charge de l’illusion est actuellement confus après l’effet du Briseur d’Illusion. Je ne peux pas utiliser ses pouvoirs tant qu’il ne se sera pas calmé.
— Et quand sa confusion cessera-t-elle ?
— …Je l’ignore.
Seras sortit une petite bourse de sa poche.
— Je suis désolée. La mission de garde dont nous avions parlé, je vais la résilier. Je vais aussi vous rendre cette Pierre du Dragon Azur.
Je poussai un soupir.
— Pourquoi cette annulation soudaine ?
— Comme je l’ai dit…
Seras posa la main sur sa poitrine.
— Si vous restez avec moi, vous serez en danger.
Elle semblait sincèrement peinée en disant cela.
— Pour être honnête, c’est vraiment embêtant.
— Oui ! Voilà ! Ce serait très embêtant si vous veniez avec moi.
Je me grattai la tête.
— Ce n’est pas ce que je veux dire.
— A-Alors, que voulez-vous dire… ?
— Je veux dire que ce serait fastidieux pour moi de devoir chercher un autre garde aussi compétent, ou meilleur que toi.
— ……..
Les mots de Seras restèrent bloqués dans sa gorge.
Elle fit une courte pause…
Puis je vis dans ses yeux la détermination de m’affronter.
— S-Si vous allez au nord de Mills, vous passerez par la capitale Urza avant d’atteindre la Zone Démoniaque. Vous devriez pouvoir y engager un mercenaire compétent. Si vous voulez échanger la Pierre du Dragon Azur contre de l’argent pour en engager un cher, je peux aussi vous indiquer quelqu’un que je connais pour faire cet échange…
Comme je le pensais, elle connaissait donc un moyen officieux de monnayer cette pierre.
— Dis-moi, Seras. Le problème, ici, c’est qui ?
— L-Le problème… ?
— La raison pour laquelle tu veux rompre notre accord. Le problème vient de toi ou de moi ?
Seras baissa les yeux.
— …D-De toute évidence, c’est de moi.
— Alors, il n’y a pas de problème. Notre contrat continue.
— H-Hati-dono !
— Enlève tes vêtements ici.
Le temps de Seras sembla s’arrêter net.
Ses yeux clignèrent de surprise.
— —Hein ?
Je déposai le sac que je portais.
J’en sortis les vêtements féminins que j’avais achetés plus tôt.
— La taille sera peut-être un peu différente, mais je t’ai trouvé des habits. Les gens de Mills doivent encore se souvenir de ce que tu portais. Par précaution, évite de remettre ces vêtements-là avant qu’on ait atteint la Zone Démoniaque.
— Ah— J-Je vois… C’est donc de ça que vous parliez…
Seras paraissait un peu gênée.
Hmm ?
Ah, je comprends.
— Tu as mal interprété mes paroles tout à l’heure. Je suis désolé.
— C’est vrai… même si j’avoue que cela m’a un peu troublée—
Seras sembla soudain se rappeler de quelque chose.
— A-Attendez ! Notre contrat de garde risque de durer un certain temps, mais mon problème est bien plus grave que vous ne l’imaginez…
Je tournai les yeux vers le chevalier dragon qui se tortillait dans son sommeil.
— J’ai entendu dire que les Chevaliers du Dragon Noir étaient censés être les plus puissants. Le corps de chevaliers le plus fort du continent, n’est-ce pas ? Et ces chevaliers soi-disant invincibles te poursuivent. C’est donc pour cela que tu dois fuir et rester cachée… quelque chose comme ça, non ?
— …………..
Ai-je trop insisté ?
— Puis-je te demander la vraie raison pour laquelle tu veux aller à Jonato ?
Je pensais qu’elle refuserait et commencerait à se méfier, mais…
Après un moment d’hésitation, Seras finit par confier :
— Depuis le port situé à la frontière ouest de Jonato, un navire part vers le continent occidental. Mais il faut beaucoup d’argent pour embarquer à bord.
Je vois.
Voilà pourquoi elle avait besoin de ces trois cents pièces d’or.
— Donc, cette histoire comme quoi tu participais à cet appel des Moines, ce n’était pas vrai ?
— Oui… je suis désolée d’avoir menti.
Je n’étais pas vraiment surpris.
Je m’étais douté qu’elle avait pu mentir sur certaines choses.
La conversation continua.
— En somme, il suffirait que tu te caches quelque part en sécurité, non ?
— C’est exact. C’est ce que je comptais faire—
Seras serra la main posée sur sa poitrine.
— Parce que c’est le dernier ordre que j’ai reçu de cette personne.
On dirait qu’une certaine personne avait organisé la fuite de Seras.
À la façon dont elle en parlait…
Oui, cet endroit devait être important.
— Dans ce cas, j’ai une proposition à te faire.
Je lui exposai mon idée.
— Et si tu essayais de négocier avec la Sorcière des Tabous pour qu’elle te cache ?