Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
Je lavai rapidement mes vêtements avant de sortir de l’eau.
J’enlevai délicatement la saleté sur mes vêtements avec mes mains.
La saleté peut parfois éveiller les soupçons des autres.
D’un autre côté, la propreté permet de gagner la confiance des autres.
Une telle image fait toute la différence.
Je voulais enlever la saleté qui pouvait être enlevée de mes vêtements avant d’entrer dans la ville.
— ……….
Je me souvins de cette femme que j’avais rencontrée plus tôt.
Si je ne me trompe pas, nous nous rendions toutes les deux dans la même ville, Mills.
Cette femme avait probablement des problèmes elle aussi.
Nous ne nous sommes pas dit nos noms.
C’est parce que nous n’avons pas besoin de ces informations.
Nous n’allions pas voyager ensemble non plus.
La femme devait penser la même chose.
C’est une situation où l’on évite de se confier plus que nécessaire…
— Des problèmes, hein… Eh bien, j’en ai aussi.
Je finis rapidement de laver mes vêtements.
— Bon, je crois qu’il est temps d’y aller.
— Piii !
Pigimaru s’enroula à nouveau autour de ma robe.
J’enfilai mes vêtements qui semblent avoir un peu séché et je sortis de l’eau.
Je traversa la forêt en direction de Mills.
Je m’arrêtai en chemin.
C’est parce que Pigimaru essayait de me dire quelque chose.
— Pi ?
« Qu’y a-t-il ? »
C’est ce que je pense qu’il essayait de dire.
— C’est juste que je crois que quelque chose me gêne… mais je ne sais pas ce que c’est.
C’est comme si quelque chose était coincé entre mes dents. Je savais que c’était là, mais je n’arrivai pas à l’enlever.
Je ne pouvais m’empêcher de me sentir troublé alors que je reprenais ma marche dans la forêt.
En marchant dans la forêt, je levai les yeux vers les branches et les feuilles des différents arbres qui se chevauchaient.
La nuit commençait-elle à tomber ?
Cependant, même si le soleil venait à se coucher, j’avais toujours la lumière de mon sac en cuir.
Je m’étais également habitué à l’obscurité grâce aux jours passés dans les ruines.
La journée que j’avais passée ici avait été beaucoup plus facile que lorsque j’étais dans ces ruines.
Cependant, j’aimerais arriver à Mills aujourd’hui si possible.
Au bout d’un moment, j’ai enfin pu apercevoir une route bien aménagée devant moi.
Il semble que la route devant moi soit pavée à partir d’ici.
Je m’arrêtai un moment en apercevant un panneau en bois sur mon chemin.
« Mills »
Je continuai donc à avancer sur cette longue route sinueuse. Allais-je enfin arriver à Mills ?
Si je continuais à ce rythme, j’y serais probablement aujourd’hui.
En avançant, je commençai à croiser quelques personnes.
La plupart d’entre elles semblaient être des voyageurs, à en juger par leur tenue.
Je passai également devant une calèche avec un porte-bagages à l’arrière.
— Hmm ?
Un haut mur apparut devant moi.
C’est probablement le rempart qui protège la ville.
Je trouvai une porte simple par laquelle je pouvais passer.
Deux gardes se tenaient près de la porte.
Un homme et une femme.
Ils étaient tous deux armés d’une lance.
Ils avaient également une épée dans un fourreau à la taille.
— ………..
Je dois faire en sorte que leur première impression de moi soit la meilleure possible, n’est-ce pas ?
Je parla à Pigimaru qui se cachait sous mes vêtements.
— Reste silencieux pour l’instant, d’accord ?
— Pii.
Pigimaru répondit par un petit cri d’acquiescement.
— Et si tu te fais repérer… Eh bien, on fera comme on s’est entraînés, d’accord ? Tu te souviens de notre signal ?
— Pii.
— D’accord.
Je pris une courte inspiration.
Je changeai d’état d’esprit…
J’essayai de passer la porte.
— Attends.
Je fus arrêté par la femme.
— Je ne te reconnais pas.
Y a-t-il rarement des étrangers qui viennent ici ?
Dans ce cas, cela signifie…
Cet endroit est suffisamment grand pour que le gardien puisse mémoriser qui entre et qui sort…
— Je ne vois aucune arme sur toi, mais es-tu un mercenaire ?
Je ris doucement, affichant une attitude peu fiable à leur égard.
— Eh bien… s’il y a du travail pour moi ici.
— Hahaaa~
La gardienne rit un peu en acquiesçant.
— Alors tu fais partie de ces gars des montagnes qui ont entendu dire qu’on recrutait des gens pour piller ces ruines, hein ?
Du recrutement pour piller des ruines.
Un sujet de conversation inconnu surgit soudainement.
Je ne pense pas qu’ils parlent de piller ces ruines vraiment dangereuses, mais…
Je ne veux pas être interrogé ici pour avoir dit le contraire.
Je dois choisir mes mots avec soin.
— Oui, j’ai entendu dire qu’il y avait un travail intéressant ici.
Si je dis ça, j’aurai l’air de quelqu’un qui en a entendu parler mais qui ne connaît pas vraiment les détails.
Je levai les yeux vers le mur comme si c’était quelque chose de très inhabituel.
— Cependant, je n’ai rien à voir avec cette ville florissante jusqu’à présent, alors… Je suis curieux, même si ce ne sont que ces hauts murs que vous avez.
— Fuunnn… tu dis que c’est une « ville florissante » juste à cause de sa taille, hein… Tu dois venir de la campagne ?
La garde féminine m’avait regardé de la tête aux pieds.
— On dirait que tes vêtements sont un peu sales.
— Le voyage a été très long. Milles est loin de chez moi.
— Ce n’est pas Milles. C’est Mills. Bon sang… C’est le problème avec les ploucs qui n’ont même pas entendu les bonnes informations.
Je ris un peu, même si cela semblait forcé.
— Je suis désolé.
— Vraiment… Je ne me souviens pas de tous les noms des habitants de cette ville. Les ploucs resteront toujours des ploucs, on les repère même sans chercher. Mais toi, c’est comme si tu n’étais jamais sorti de ton village. On dirait que tu es complètement imprégné de la culture des ploucs. Hum… Vu la situation, je ne sais même pas lequel d’entre nous vivait dans une région reculée.
Je pense que les gardiens ont baissé leur garde.
Ce n’est peut-être pas nécessaire, mais je pense que je dois insister un peu.
— Regardez ça, s’il vous plaît.
Je leur montrai mes bras tremblants.
— En fait, je suis très nerveux maintenant que j’ai vu votre porte.
— Hahaha ! Ça va, jeune homme ? Même la belle femme élancée qui est passée tout à l’heure a plus l’air d’une guerrière que toi !
Une femme belle et élancée.
Est-ce la femme que j’ai rencontrée tout à l’heure dans la forêt ?
La description est approximative, mais tout ce qu’il a dit correspond à elle.
La gardienne posa les mains sur ses hanches.
Le doute sur son visage avait complètement disparu.
— Eh bien, je pense que si c’est juste pour porter les bagages des mercenaires, tu feras très bien l’affaire. Hé, ce type peut passer, n’est-ce pas ?
La gardienne confirma avec l’homme à côté d’elle.
— Oui. Au départ, le marquis nous a dit d’accepter les mercenaires qui se sont rassemblés pour les ruines. Je me fiche bien qu’il entre. Allez, entre.
Je détendis un peu mon visage et le remerciai.
— Merci beaucoup. Je ferai de mon mieux.
Je franchis enfin la porte.
Un sourire s’était involontairement dessiné sur mes lèvres….
Et j’avais murmuré doucement.
— Ça se passe bien.
Ils n’avaient inspecté ni mon corps ni mes bagages.
Ils étaient étonnamment laxistes en matière de sécurité.
Tout semblait dépendre dans une certaine mesure du bon vouloir du gardien.
Je traversai le pont qui enjambait ce qui semblait être un fossé.
Je sortis de la porte et me retrouvai dans une grande rue.
Cela ressemblait un peu à un village, mais on ne pouvait vraiment pas appeler cet endroit un village.
Cela ressemblait un peu à une ville, mais on ne pouvait vraiment pas appeler cet endroit une ville.
L’impression que me donnait cet endroit était à mi-chemin entre une ville et un village.
Cet endroit ressemblait beaucoup à l’image que je me faisais des rues d’une région rurale d’Europe occidentale.
La rue était une route pavée qui s’étendait tout droit jusqu’à perte de vue.
La surface des pavés était un peu encrassée.
On dirait que cette route existait depuis très longtemps.
Il y a quelques personnes qui allaient et venaient.
On ne peut pas vraiment dire que cet endroit est bondé, mais il est certainement animé.
Est-ce la rue principale de cet endroit ?
— Bon, très bien.
Tout d’abord, allons chercher une auberge.
J’avais repéré trois types d’auberges.
Je les avais jugées en fonction de l’apparence des personnes qui entraient et sortaient de l’établissement.
Elles se distinguaient toutes par leur niveau de standing : haut, moyen et bas.
Je suis habillé comme ça.
Pour l’instant, je pense que je devrais éviter d’entrer dans ces auberges « haut de gamme »…
Je vais plutôt aller voir dans une auberge « bas de gamme » et demander combien coûte la nuit.
J’entrai dans l’auberge en donnant l’impression d’être un voyou.
— Combien coûte une nuit dans cette auberge ?
— 800 Marks.
L’unité « Mark » semble tirer son nom du dieu du commerce.
C’est la femme chez qui j’vaisi acheté mon pain tout à l’heure qui m’avait donné cette information.
En fait, je ne lui avais pas demandé.
Elle me l’avait dit comme ça.
Après avoir entendu le prix d’une nuit, je réfléchis un peu.
Avec ce prix, je devrais avoir assez d’argent pour tenir un certain temps…
Cependant, il semble que cette auberge ne propose que des chambres communes.
J’ai Pigimaru avec moi, donc je veux vraiment éviter de partager une chambre avec quelqu’un…
Je quittai cette auberge « bas de gamme » et allai voir une auberge « moyenne gamme ».
Le prix de la nuit était de 2000 Marks.
Il semblait qu’il n’y avait presque plus de chambres, probablement à cause du recrutement pour le raid dans les ruines.
Mais heureusement, il restait encore quelques chambres privées inoccupées.
Je pense que c’est parce qu’il ne reste presque plus de chambres que le prix de base est déjà aussi élevé.
Une fois ces chambres occupées, n’aurai-je plus d’autre choix que de me tourner vers les auberges « haut de gamme » ?
Voyons voir…
Je devrais pouvoir rester ici.
— Hmm ?
Le tenancier de l’auberge me regardai fixement.
Il ne semblait clairement pas me voir d’un bon œil.
Ah, se pourrait-il que…
— Hum, je viens de faire un très long voyage et mes vêtements sont sales à cause de ce que j’ai rencontré en chemin… Si c’est possible, pourriez-vous me vendre quelque chose à porter pendant que je lave mes vêtements ?
Je sortis une pièce d’argent de ma bourse.
Je la posa sur le comptoir et la tendis à l’aubergiste.
— C’est juste… un petit quelque chose pour vous remercier. Ah… Je compte prendre une chambre après m’être changé, vous n’avez donc pas à vous inquiéter que je salisse les draps.
L’hôtelier changea complètement d’humeur après avoir entendu mes paroles.
— O-Oui, oui ! Bien sûr ! Alors, je vous fais visiter l’auberge ? Pour vos vêtements, nous sommes déjà en train de vous préparer des vêtements de rechange !
L’aubergiste vérifia rapidement mes mensurations.
Il sourit ensuite et acquiesça.
— Veuillez patienter quelques minutes !
L’atmosphère désagréable qui régnait au début avait complètement disparu.
Tout allait bien maintenant.
— Hum, excusez-moi.
— Oui ?
— Si c’est possible, hum… j’aimerais d’abord déposer mes bagages dans ma chambre…
— Oui ! Bien sûr, pas de problème ! Ah, maintenant que j’y pense, comment vous appelez-vous, monsieur ?
— …….
Mon nom, hein.
Je pense que ce serait mauvais de donner mon vrai nom ici…
Heureusement, personne ne semble avoir besoin d’une carte d’identité ici.
Dans ce cas, je pourrais utiliser un faux nom.
Je ne dois pas prendre trop de temps pour répondre.
Cela serait vraiment suspect.
Je me dépêchai de trouver un faux nom et répondis.
— Je m’appelle Hati Skoll.
J’avais choisi ce nom en m’inspirant des loups de la mythologie nordique.
C’étaient des noms assez connus à l’époque, mais je ne m’attendais pas à ce qu’ils le soient ici.
Les personnes capables de deviner la signification de ces noms ne se trouvaient pas ici non plus.
— Hati-sama, c’est bien ça ? Bien sûr !
L’aubergiste inscrit mon nom dans une sorte de registre qui semblait être celui de l’établissement.
— Voici la clé de votre chambre ! Pendant que vous rangez vos bagages, je vais vous préparer la salle de bain et des vêtements de rechange~
D’après sa réaction, il semble que son attitude envers les clients change en fonction de la personne à qui il a affaire.
Je pense qu’il me traite comme un bon client.
Mais bon, assez parlé de ça.
Il m’est difficile de dire que cela me dérange, car il m’a donné l’impression d’être quelqu’un d’étrange et de généreux.
Mais je pense que c’est mieux ainsi que s’il se méfiait de moi.
Je montai les escaliers et entrai dans la pièce où j’allais séjourner.
Elle doit faire environ 8 tatamis de large ?
Il y a un lit près de la fenêtre.
Les autres meubles sont réduits au minimum et la pièce est assez simple.
Cependant, elle est propre.
Ils ont dû la nettoyer à fond.
Je posai mon sac en cuir et verrouillai la porte.
Après m’être assuré qu’il n’y avait personne aux alentours, j’appelai mon partenaire.
— Pigimaru.
— Pyuu.
Pigimaru descendit sur le sol et reprit sa forme ronde et tremblotante.
— Tu peux te cacher quelque part dans cette pièce pendant un moment ? Je ne pense pas que tu puisses te cacher quand je me change.
— Pii~ !
Pigimaru devient vert pour signifier qu’il était d’accord.
— Bon garçon. Et si quelque chose d’inattendu se produit…
— Pigi~ !
Pigimaru avait réagi avant même que j’aie fini ma phrase.
Il reprit sa forme sphérique.
Mais il était un peu plus petit.
Kotsu, kotsu~
La surface de son corps était devenue très dure.
Oui, on dirait qu’il s’était transformé en boule de cristal.
— C’est parfait.
— Pii.
S’il était exposé au public, je dirais simplement que je travaille dans une « entreprise qui utilise des boules de cristal ».
Si les gens insistaient pour savoir de quoi il s’agit, je dirais que je suis voyant ou magicien en formation.