Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
‘Bon, maintenant… je dois trouver des monstres.’
Je me suis levée et j’ai commencé à marcher.
Je ne portai pas mon uniforme scolaire.
Je ressemblai maintenant à une femme qui vivait dans un monde fantastique, comme dans les films et les romans.
Je semblait avoir pris un peu conscience que j’étais une « femme » à cause de la coupe voyante de ma robe.
— On dit que les vêtements qui ont un effet sur le « sexe opposé » ont la capacité d’enrichir l’énergie magique qui est en vous. C’est la raison pour laquelle ces vêtements ont ce genre de design. Les héros de rang S, en particulier, doivent absolument avoir un équipement comme celui-ci !
C’est du moins ce que m’a dit la déesse.
Je me demande si elle dit la vérité.
J’ai réduit l’exposition que procure ce vêtement depuis que je l’ai porté hier.
‘Je me sens toujours un peu gênée de le porter…’
Je n’ai jamais aimé l’idée d’exposer mon corps.
C’est pourquoi je portais toujours des collants noirs, même lorsque je portais l’uniforme.
Cela dit, il est également vrai que les uniformes scolaires que nous portions n’offraient qu’une protection minimale pour notre corps.
Il devait y avoir quelque chose de magique (?) dans ce vêtement, comme la bénédiction d’une déesse.
Ma priorité absolue était désormais de préserver ma vie.
C’était inconfortable, mais je n’avais pas d’autre choix que de supporter.
Me résignant à mon destin de parcourir ces bois presque nue, je continuai à marcher.
‘… Une héroïne, hein.’
Je n’aime pas qu’on m’appelle comme ça.
C’est comme si le titre nous obligeait à garder courage.
À rassembler notre courage pour lutter contre le mal.
Un titre magique qui nous est donné et qui nous empêche de fuir.
Les attentes et les désirs de toutes les personnes qui nous ont poussés à être courageux.
Héros.
Je ne pouvais m’empêcher de penser que ce mot était une malédiction qui nous avait été infligée.
— -hmm !?
J’ai senti la présence de quelqu’un.
Je me suis rapidement préparée avec ma lance.
— Haaa… Haaa… uwaaahh ! So-Sogou-san !
— … Kashima-san ?
Si je me souviens bien, elle devait faire partie du groupe d’Ikusaba Asagi.
Actuellement, les héros s’étaient spontanément divisés en groupes.
Des factions.
Cela n’avait pas changé depuis que nous étions dans notre salle de classe.
— Qu’est-ce qui se passe ?
— Je… Je voulais juste te dire que…
— Tu devrais d’abord reprendre ton souffle. Je ne vais pas m’enfuir.
— Je suis désolée… M-Merci…
Kashima Kobato.
Quand je l’ai vue en classe, c’était une jeune fille plutôt calme.
Mais le fait qu’elle soit ici signifie…
‘Elle a réussi le rituel de qualification organisé par la déesse, hein…’
Je dormais au moment où le rituel avait eu lieu, je n’avais donc pas pu voir comment s’était déroulée l’épreuve.
Cependant, je pensais qu’elle était une jeune fille qui ne ferait pas de mal à une mouche, encore moins tuer quelqu’un.
Ou alors,
‘Ikusaba-san a peut-être fait quelque chose…’
Ikusaba Asagi avait l’air d’une personne qui ferait des choses sournoises pour atteindre ses objectifs.
Elle avait dû faire quelque chose qui avait permis à Kobato de passer son test.
La respiration de Kobato s’est enfin stabilisée.
— Hum… Un monstre très puissant appelé Kogyuuki s’est glissé parmi les monstres que les habitants du château ont amenés par erreur… Ce monstre ressemble à une petite vache humaine… C’est pourquoi… Je pense que tu devrais te rendre immédiatement au point de rendez-vous, c’est ce que je pense…
— Tu as couru jusqu’ici juste pour me dire ça ?
Kobato avait l’air de quelqu’un qui n’était pas douée pour le sport.
Elle ne semblait pas être quelqu’un de fort.
— O-Oui… Je pense que Sogou-san est quelqu’un qui doit survivre…
Je fus momentanément décontenancé par ses paroles.
J’ai l’impression d’avoir été le pire être humain qui soit… L’idée de me suicider pour avoir eu une telle pensée à son égard est…
— Kashima-san ?
Je remarquai que la voix de Kobato semblait étrange.
Je regardai le visage de Kobato et remarquai que son expression semblait figée.
Kobato me montrait alors quelque chose, non, quelque chose derrière moi.
— C-C’est…
Je tournai également la tête dans la direction qu’elle m’indiquait.
— Bummmoooorurururururururuuuu ! Bugguuuuooooohh !!!
Une créature humanoïde avec une tête de vache.
Son corps était plutôt petit.
Mais la peur qu’il inspirait était écrasante.
Un monstre aux yeux dorés.
— Buunnnuuuoooohhh !
Il se mit à charger vers nous.
— Kashima-san, mets-toi derrière moi ! Mais reste aussi loin que possible ! C’est moi qu’il vise !
— M-Mais…
— Ça va ! Laisse-moi faire !
— O-Oui !
Je me suis mise en position.
‘Est-ce que je vais y arriver ?’
Suuuuuuuuu~
J’ai lentement régulé ma respiration.
Les tremblements dans mon cœur ont également cessé.
Mais je m’assurai que mon adversaire reste dans mon champ de vision.
Je me suis souvenu des enseignements de ma grand-mère.
« Cette technique repose entièrement sur le timing et le maintien d’un état d’esprit calme dans tous les aspects de ta vie. »
Le Kogyuuki se rapprochait.
Et alors qu’il était sur le point de m’atteindre…
Passhiii !
Doggaaaaaaaannn !
Le Kogyuuki s’est violemment écrasé au sol sur le dos.
— Geeggooo… ggooobbbooo… !?
Le monstre crachait du sang par la bouche.
Le Kogyuuki était incapable de bouger après le choc violent qu’il avait subi.
— Kisouryu—
Je continuai à appuyer sur ce démon veau.
— Lance tournoyante・Croix effondrée !
Lorsque je m’entraînais à cette technique, on m’avait appris que je devais prononcer le nom de la technique à voix haute.
Ma grand-mère disait que c’était pour que la technique imprègne ma propre conscience.
L’habitude que j’avais prise à l’époque persistait encore aujourd’hui.
‘J’ai réussi…’
C’était une technique qui consistait à utiliser la puissance et l’élan de l’adversaire contre lui-même.
Cela ressemblait beaucoup au principe de l’aïkido.
La première étape consistait à accrocher le flanc de l’ennemi avec sa lance.
Ensuite, il fallait trouver l’« axe » qui soutenait le corps de l’adversaire et, une fois trouvé, le tirer vers le bas afin de lui faire perdre son centre de gravité.
Immédiatement après, je transperçais rapidement la poitrine de l’adversaire.
Puis, en utilisant l’élan de l’adversaire, j’entremêlais son corps avec ma lance.
Cela complétait la forme en croix avant d’arriver à la dernière étape de la technique.
Je retournais ma lance, faisant tourner la croix et projetant l’adversaire vers le sol.
Kisouryu — « Tensou・Hourakujuuji »
Je baissais les yeux vers l’expression effrayée du monstre.
Ma posture ressemblait un peu à celle d’un cavalier chevauchant sa monture.
Tenant ma lance à revers, je pointai la pointe de ma lance vers le monstre.
‘Je devrais le tuer… Si je ne le tue pas…’
C’est pour devenir plus forte.
Je mis toute ma force dans mon bras.
C’est à ce moment-là…
— Écarte-toi ! Sogoooouuuu !!!
— Eh ?
Dooonnnn !
Mon corps fut soudainement projeté en arrière.
— Kyaaahh !?
Je me retrouvais soudainement tombée sur les fesses.
À l’endroit où je me tenais auparavant, quand je regardais vers le Kogyuuki.
Celui qui se tenait là maintenant était Kirihara Takuto.
Kirihara enfonça son bras armé dans le monstre qui ne pouvait plus bouger.
— <Dragonic Buster> !!!
Une lumière dorée épaisse et agressive jaillit de son épée et décima le Kogyuuki.
Kirihara respirait difficilement lorsqu’il parla.
— Avec ça, je suis enfin au niveau 18…
Je ne pouvais m’empêcher d’être stupéfaite par ce que je voyais.
La voix tremblante de Kobato retentit derrière moi.
— Sogou-san… À-À l’instant…
Kirihara avait enfin retrouvé son souffle.
Après un moment, il expira dans un petit soupir.
Il se tourna ensuite vers moi……
avec son expression « cool » habituelle.
— Bien joué pour ton soutien.
— Eh ?
‘Soutien… ?’
Kirihara expira comme s’il était enfin soulagé.
— C’est un endroit dangereux. Ne baisse pas ta garde, Sogou.
Kirihara tourna le dos comme si de rien n’était.
Sans changer d’expression, il s’éloigna.
— Mais qu’est-ce qui vient de se passer… ?
Kobata avait l’air distraite elle aussi.
Elle semblait également ne pas avoir compris ce qui venait de se passer.
— Salaud…
Je fus surpris par la voix soudaine que j’entendis.
Kobato eut également l’air étonnée et poussa un cri :
— Ehh !?
Avant que je ne m’en rende compte, Takao Hijiri se tenait près de moi.
— C’est une ordure, n’est-ce pas ? Ce type.
Je me suis enfin calmée et j’ai commencé à comprendre ce qui venait de se passer.
En bref, il venait de voler des points d’expérience.
— … Hijiri-san, tu dis clairement ce que tu penses, n’est-ce pas ?
— Sogou-san, ça ne te dérange pas ?
— Je ne veux pas que des discordes éclatent dans cette classe… Je pense que Kirihara-kun n’a tout simplement pas encore mis de l’ordre dans ses idées dans ce genre de situation. C’est pour ça que ce genre de choses…
— Tu es bien naïve. Ces pensées naïves te mèneront à ta perte, tu sais ?
— … C’est possible.
— Je n’aime pas tes pensées naïves.
— … Oui.
— Eh bien…
Hijiri se détourna lentement.
— … Dans un endroit comme celui-ci, où il n’y a pas de place pour la bienveillance, je ne déteste pas ta naïveté.
Hijiri finit par partir après avoir prononcé ces mots que je ne savais honnêtement pas comment interpréter.
Kobato, qui me suivait, et moi nous dirigeâmes ensemble vers le point de rendez-vous.
En chemin, je remarquai que des nuages sombres s’amassaient dans le ciel lointain.
‘À partir de maintenant, j’espère que les jours où mes camarades de classe se battront pour des monstres aux yeux d’or… provoquant des disputes entre eux… j’espère que ces jours ne viendront pas…’
Pour Sogou Ayaka, les nuages sombres dans son cœur nuageux commençaient tout juste à s’amasser.
Ce jour-là, le royaume d’Allion reçut une certaine information.
L’armée de l’Empereur Démon, qui avait établi sa base à l’extrémité nord du continent, avait déjà commencé sa première marche vers le sud.
L’armée de l’Empereur Démon marchait vers ce qu’on appelait la pierre angulaire du nord, la fière forteresse du royaume de Magnar, « La Muraille des Chevaliers », et tomba sous la puissance de l’armée démoniaque.
Après la chute de la Muraille des Chevaliers, l’armée du Démon Empereur avait interrompu sa marche vers le sud.
Depuis lors, aucun signe d’une nouvelle invasion n’avait été signalé.
Cependant, cette nouvelle inquiétante s’était rapidement répandue à travers tout le continent et toutes les nations s’étaient empressées de préparer leurs propres contre-mesures.
Cette nouvelle n’était parvenue à Sogou Ayaka que trois jours après la fin de son entraînement dans la forêt.