Chapitre 199
Chapitre 199 – La réunions des héros de rang S
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
Kirihara Takuto, vêtu de sa tenue de Héros.
Il s’avançait dans ma direction.
Puis il s’arrêta devant moi.
— Dieu merci… Kirihara-kun, tu es sain et sauf.
— Alors c’est comme ça que tu réagis ?
— Hein ?
— Sogou… Tu t’inquiétais pour moi ?
— Hein ? Oui… J’ai entendu dire que le Grand Empereur Démon était apparu à l’Est. Alors…
— Ne me dis pas que tu pensais que moi, j’allais perdre face au Grand Empereur Démon… ? Ou alors, tu manques simplement d’imagination ?
Quelque chose semblait le contrarier.
À ce moment-là, les deux autres Héroïnes de haut rang qui avaient été envoyées dans l’Armée de l’Est apparurent également sur la place.
Les sœurs Takao.
À première vue, elles ne semblaient pas blessées.
(On dirait que Hijiri-san et Itsuki-san vont bien elles aussi… Dieu merci.)
— Ah… Au fait, Kirihara-kun…
Je changeai de sujet.
— Tu es peut-être déjà au courant, mais… Euh, Oyamada-kun a…
— Évidemment que j’en ai entendu parler, Sogou…
— Oui… Oyamada-kun est maintenant…
— Tu as tué le Confident du Grand Empereur Démon, hein ?
Kirihara m’interrompit pour poser cette question.
(Hein ?)
Quelque chose me mettait mal à l’aise.
(Il ne parle même pas d’Oyamada-kun… ?)
— D’après ce que j’ai entendu, c’était apparemment quelqu’un d’important qu’on appelait le Second Serment ou quelque chose comme ça… Si tu essaies d’étaler ton nouveau statut, ce n’est pas à moi de t’en empêcher…
— Pourquoi tu ne dis pas simplement que la différence de statut entre la Présidente et toi te dérange ?
Celle qui interrompit son monologue était Takao Itsuki.
Comme s’il était surpris, Kirihara repoussa sa frange vers l’arrière.
— Tu ne comprends vraiment rien, Itsuki. Ce n’est pas comme si je n’étais pas suffisamment clair… Sogou a vaincu le Second Serment des Confidents, tandis que, de mon côté, le Grand Empereur Démon s’est enfui la queue entre les jambes… Les faits parlent d’eux-mêmes. Ça ne pourrait pas être plus évident.
Pendant ce temps, le malaise dans mon cœur continuait de grandir.
Kirihara ne s’inquiétait donc pas pour Oyamada Shogou ?
Je regardai les membres du groupe de Kirihara derrière lui.
Au début, eux aussi avaient semblé vouloir courir vers Kirihara lorsqu’il s’était approché.
Mais maintenant, ils semblaient hésiter.
Itsuki ramena la conversation vers moi.
— Enfin bref, on dirait que la Présidente a finalement éveillé sa compétence inhérente, hein ?
— Hein ? Oui, enfin…
— Kukuku, avec ça, Kirihara ne pourra plus faire le fier devant la Présidente, hein ?
— ? Moi ? Faire le fier… ?
La main avec laquelle il se frottait la nuque s’immobilisa tandis que Kirihara lançait un regard mécontent à Itsuki.
— Je ne me souviens pas avoir jamais fait quelque chose comme ça. N’invente pas n’importe quoi comme ça t’arrange, Itsuki…
Itsuki lui rendit son regard noir.
— La ferme… C’est toi, l’enfoiré qui te vantes de la retraite du Grand Empereur Démon comme si c’était uniquement grâce à toi. S’il s’est retiré, c’est grâce à Grande sœur…
— Ça suffit, Itsuki.
Hijiri interrompit Itsuki.
— Mais Grande sœur…
— Il est vrai que l’évolution des compétences inhérentes de Kirihara-kun a permis de contenir la vague d’ennemis de la Force d’Invasion de l’Est.
— Tu es devenue ma flatteuse, Hijiri. Mais bon…
Kirihara renifla.
— Je vois que tu n’es pas complètement aveugle à ce que voit ce roi. Même si tu resteras toujours sa sous-fifre, Itsuki, tu devrais au moins apprendre certaines choses de Hijiri… C’est ça, prends exemple sur elle. Tu as mon autorisation.
Gémissant, Itsuki s’agrippa au bras de sa sœur.
— Uuuu~
Puis elle appuya son front contre le bras de sa sœur.
— Ce type est vraiment impossible à supporter quand on lui parle.
— On n’y peut rien, nous sommes dans un autre monde après tout.
Après lui avoir donné une réponse qui ne semblait répondre à rien, Hijiri se tourna vers moi.
— Plus important encore, Sogou-san, est-ce que ton corps va bien ?
Un peu heureuse d’entendre les paroles attentionnées de Hijiri, je sentis involontairement mon expression se détendre.
— Je pense que je vais pouvoir récupérer, mais… je crois qu’il me faudra encore un certain temps avant de retrouver ma forme optimale.
Après un bref silence, Hijiri ouvrit la bouche.
— Ces blessures viennent-elles de ton combat contre le Confident appelé Second Serment ?
Ces blessures ne m’avaient pas été infligées par Zweikzeed.
En réalité, les blessures provoquées par son épée de sang ne me gênaient pas vraiment.
C’était simplement que le contrecoup provoqué par la libération de mes limites commençait maintenant à se manifester.
Mais mon corps n’était pas « brisé ».
Je le savais.
Il lui fallait simplement du temps pour récupérer.
Cependant…
(Même avec les corrections de statut d’une Héroïne, je n’arrive pas à croire que cette technique impose encore une charge aussi importante à mon corps…)
Je n’avais libéré qu’un seul « fil » parmi mes limiteurs.
On disait que, dans le passé, certains maîtres avaient été capables de contrôler plusieurs de ces fils.
À cette époque, on les appelait les « Êtres du Sommet ».
(Même si, pour l’instant, j’ai encore du mal à m’imaginer libérer deux de ces fils…)
Si je continuais à m’entraîner, pourrais-je un jour atteindre ce domaine ?
Atteindre un niveau bien supérieur à celui où je me trouvais actuellement.
Le domaine des êtres les plus puissants.
— En réalité…
— Tu n’as pas besoin de répondre à cette question.
— ?
Pendant un instant, Hijiri jeta un regard à Kirihara.
(Est-ce que…)
Il valait probablement mieux ne pas révéler à Kirihara la cause du contrecoup que subissait mon corps.
Hijiri m’avait sans doute interrompue parce qu’elle pensait la même chose.
— Enfin bref.
Les mains derrière la tête, Itsuki demanda :
— La Présidente a écrasé ce Confident, pas vrai ? T’as gagné combien de niveaux ?
— Mon niveau est actuellement…
Maintenant que j’y pensais, quel était mon niveau actuel ?
Depuis que j’avais vaincu le Confident, tout avait été tellement mouvementé que j’avais complètement oublié de le vérifier.
— Ouverture du Statut.
En principe, seule la personne concernée ou la Déesse pouvait consulter l’intégralité de son écran de statut.
Dans ce cas, je devais donc leur annoncer oralement ce qui y était inscrit.
Regardant le niveau affiché, je répondis :
— Voyons voir… D’après ce qui est écrit ici, je suis déjà niveau 499…
——FWOOSH——
— ———————
CLAAANG !
— … Hein ?
Mon corps…
Avait bougé tout seul.
Cependant, ce n’était pas une erreur.
Mon corps avait simplement réagi comme s’il était encore capable de bouger normalement.
Dans mon état actuel, je n’étais normalement pas capable de me déplacer ainsi.
Et puisque j’avais essayé de le forcer à bouger malgré mon état…
— ——Ngh.
Une douleur fulgurante parcourut mon corps.
— … … … … … Kirihara-kun, est-ce que tu viens vraiment de…
La voix qui le réprimandait légèrement appartenait à Hijiri.
Lorsque je tournai mon regard vers eux…
L’épée de Kirihara s’était arrêtée juste devant mes yeux.
Non.
Il serait plus juste de dire qu’elle avait été bloquée.
Car Hijiri se tenait désormais juste à côté de moi.
Sa longue épée dégainée à la main, elle la tenait horizontalement sur le côté.
Mon cœur se mit à battre à toute vitesse.
Qu’est-ce qui venait de se passer ?
C’était…
Kirihara venait soudainement d’essayer de me trancher.
Et Hijiri avait réagi à son attaque en bondissant pour me protéger.
Elle avait arrêté le coup de Kirihara avec son épée.
La sueur commença à jaillir de tout mon corps.
Je sentais une sueur froide couler le long de mon dos.
Le regard interrogateur de Hijiri, froid et tranchant comme une lame, était dirigé vers Kirihara.
— Et qu’est-ce que tu crois être en train de faire, Kirihara-kun ?
Une dureté inhabituelle se mêlait à la voix de Hijiri.
Autrement dit…
Elle l’avait déjà senti, elle aussi.
Oui…
(Le coup de Kirihara-kun à l’instant…)
… était clairement chargé d’une intention meurtrière.