Chapitre 198
Chapitre 198 – Les héros sont de retour
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
< Point de vue de Sogou Ayaka >
Moi, Sogou Ayaka, je suis retournée à Alion.
Et je ne suis pas la seule à être revenue.
Tous les Héros qui avaient rejoint l’Armée du Sud sont également retournés à Alion avec moi.
Cette grande bataille que nous avons livrée au Château Blanc Anti-Démon.
La nouvelle de la bataille qui s’y était déroulée était déjà parvenue jusqu’à Alion.
Cela dit, toute l’Armée du Sud n’était pas revenue.
Seuls les Héros et quelques autres personnes étaient rentrés.
La majeure partie de l’Armée du Sud, qui s’était séparée de notre groupe, s’était dirigée vers Synod, la capitale royale de Magnar, qui était la destination initiale de l’armée.
(D’après ce que j’ai entendu, l’endroit où nous nous sommes battus n’était apparemment pas le seul où les combats avaient été particulièrement violents…)
On disait que de nombreuses troupes avaient été contraintes de livrer des batailles difficiles.
Pour certaines d’entre elles, je ne savais même pas si nous pouvions réellement parler de « victoire ».
C’était également le cas de l’Armée du Sud dont nous faisions partie.
Compte tenu du nombre de victimes, nous ne pouvions pas simplement célébrer cette « victoire » avec insouciance.
(… Cependant, il y avait tout de même quelques lueurs d’espoir cachées au milieu de cette tragédie.)
Nous avions appris ce qu’étaient devenues certaines des personnes dont nous ignorions si elles étaient encore en vie.
J’avais l’impression que c’était la seule chose que l’on pouvait véritablement considérer comme une bonne nouvelle.
Tout d’abord, il y avait Banewolf, le « Tueur de Dragons ».
Il avait survécu.
Cependant, il semblait qu’il lui serait difficile de retourner sur le front avant un certain temps.
Ses blessures étaient extrêmement graves.
Malgré tout, il avait déjà repris connaissance et pouvait discuter avec nous.
Lorsque j’appris que Banewolf avait survécu, je me précipitai immédiatement auprès de lui.
— Désolé… Je dois me retirer aussi tôt.
Il s’excusa auprès de moi tandis que des larmes coulaient de mes yeux.
Cependant, à cet instant, le simple fait qu’il soit vivant me suffisait.
Même s’il ne pouvait plus retourner sur le champ de bataille, le simple fait que nous puissions de nouveau nous parler ainsi me suffisait.
Après que l’Humanoïde eut forcé Banewolf à sortir de sa transformation, il n’était plus du tout en état de se battre.
On pouvait même se demander s’il était encore capable de bouger correctement.
En voyant tous les bandages qui recouvraient son corps, il me semblait évident qu’il ne pouvait pas bouger dans cet état.
Pourtant, il avait réussi d’une manière ou d’une autre à se glisser sous les cadavres de plusieurs monstres.
Heureusement, les monstres qui se trouvaient à proximité ne l’avaient pas découvert, et il avait ainsi survécu.
Alors que Banewolf semblait lui-même quelque peu surpris de ne plus pouvoir lever son bras gauche…
Enfin, laissons ça de côté pour l’instant… Je vois que tu n’as pas oublié ta promesse, Sogou-chan. »
Un petit sourire apparut sur son visage lorsqu’il prononça ces mots.
Probablement pour me rassurer, il essaya de bouger son bras.
Cependant, à ce moment-là, il lui était encore impossible de le faire.
— C’est vrai…
Je me souvins alors de quelque chose.
Le prix qu’il devait payer pour utiliser sa Dragonification était ses souvenirs.
Banewolf sourit.
Puis…
Crac.
Les croûtes sur ses lèvres durcies se fissurèrent.
— C’est dommage, mais je ne pense pas pouvoir me battre correctement avant un bon moment.
Les yeux plissés, il poursuivit :
— Pour le reste de la bataille… Est-ce que je peux compter sur Sogou-chan et les autres ?
— Oui.
Je hochai la tête.
— Nous, les Héros, vaincrons le Grand Empereur Démon. Alors reposez-vous bien, Bane-san. Et aussi…
Rectifiant ma posture, je baissai la tête.
— Merci beaucoup… de nous avoir sauvés. C’est grâce à vous que je suis encore ici aujourd’hui… en tant qu’Héroïne.
Banewolf avait annoncé qu’il retournerait directement à Urza en passant par Alion.
Il était donc revenu à Alion avec nous.
Bon.
Parmi les personnes dont nous ignorions si elles étaient encore en vie, il y avait également Agito Angoon, l’un des Quatre Saints Vénérés.
Il avait sauvé énormément de personnes sur ce champ de bataille.
C’était lui qui nous avait sauvés de l’Humanoïde grâce à sa Technique Offensive à longue portée.
Et c’était également lui qui avait attiré l’Humanoïde loin du groupe de Kirihara, sauvant ainsi ces Héros.
Agito Angoon avait été retrouvé vivant.
Mais de justesse.
Il était encore plus grièvement blessé que Banewolf.
Ceux qui avaient examiné Agito avaient déclaré :
— Qu’il soit encore vivant avec de telles blessures relève du miracle.
Il n’avait toujours pas repris connaissance.
J’étais également allée voir l’état d’Agito.
Peu importe qui l’observait, il était évident qu’il n’était absolument pas en état de retourner sur le front.
Cependant…
Il était vivant.
Et, encore une fois, cela me donnait de l’espoir.
Même si, en disant cela, j’avais conscience qu’il était quelque peu égoïste de ma part de ressentir unilatéralement de l’espoir grâce à sa survie.
Et puis…
Il y avait également les deux Héros de l’Armée du Sud dont nous ignorions s’ils étaient encore en vie.
Oyamada Shogou, qui avait perdu la raison avant de disparaître derrière un nuage de poussière.
Et Yasu Tomohiro, qui avait perdu plusieurs doigts et s’était enfui tout seul malgré les supplications des membres de son groupe.
Tous les deux étaient encore vivants.
À notre grande surprise, Oyamada Shogou avait été retrouvé à l’intérieur du Château Blanc Anti-Démon.
Il se cachait dans la prison souterraine située au plus profond du château.
Apparemment, lorsqu’on l’avait découvert, il était accroupi dans un coin, le dos tourné, tremblant de peur.
Lorsque les soldats qui le recherchaient l’avaient appelé, il avait poussé un violent cri.
Une fois ses hurlements calmés, il s’était de nouveau recroquevillé, les épaules tremblantes.
Heureusement, son corps ne présentait aucune blessure visible.
Cependant…
(Oyamada-kun…)
Lorsque je revis Oyamada Shogou, il avait complètement changé.
On aurait dit une autre personne.
Même moi, je n’avais pas réussi à lui parler à cause de ce changement.
Oyamada était également revenu à Alion avec nous.
Cependant, dès notre arrivée, il s’était séparé du groupe, et il n’était donc pas ici pour le moment.
Quant à Yasu Tomohiro…
Il avait été retrouvé dans les plaines, à une certaine distance du Château Blanc Anti-Démon.
Comparé à Oyamada, il avait été retrouvé plus tard.
Il n’était donc pas revenu à Alion avec nous.
En réalité, je n’avais appris cette information que quelques instants auparavant.
J’avais entendu dire qu’un soldat l’accompagnait actuellement jusqu’à Alion.
Nous avions seulement reçu l’information sous la forme d’une lettre transportée par un pigeon de guerre envoyé en éclaireur.
Apparemment, lorsque Yasu avait été retrouvé, il avait fait rôtir le cheval qu’il chevauchait et l’avait mangé.
Il n’avait probablement pas réussi à supporter la faim.
Lorsque le soldat qui l’avait découvert lui avait adressé la parole, il avait déclaré :
« C’est trop tard… C’est déjà trop tard… ! Je suis le dernier guerrier de haut rang survivant de l’Armée du Sud ! Le rang A que l’on peut appeler l’Ultime Espoir ! Arrêtez de traîner et transmettez immédiatement la nouvelle… ! À la Déesse ! Dites-lui que moi, Yasu Tomohiro, j’exige que mes doigts soient soignés au plus vite… ! Envoyez un pigeon de guerre et transmettez chacune de mes paroles. »
Mis à part son doigt sectionné, il ne semblait présenter aucune autre blessure.
(Yasu-kun…)
D’après ce que j’avais entendu, lorsque Yasu avait été retrouvé, il pensait que j’étais morte.
(Malgré tout, ils sont tous les deux vivants… Oui, dans cette situation, il n’aurait pas été étonnant que l’un d’eux meure. Rien que le fait d’avoir survécu à une situation pareille peut être considéré comme une chance. Et puis, il y a aussi Kashima-san et les autres…)
Le groupe d’Asagi avait été envoyé dans l’Armée de l’Ouest.
Kashima Kobato, dont je me préoccupais particulièrement, faisait également partie de ce groupe.
Nous n’avions encore reçu aucune information permettant de savoir s’ils étaient vivants ou morts.
Je savais que la capitale royale de Jonato, le principal champ de bataille de l’Armée de l’Ouest, avait été dévastée, mais…
(Kashima-san, Asagi-san, tout le monde… S’il vous plaît, soyez sains et saufs.)
Et…
— Ara ara, eh bien, eh bien, regardez-moi ça. Vous avez tous l’air en pleine forme.
Elle apparut…
— J’ai entendu dire que vous aviez accompli un travail remarquable, dépassant même mes attentes ! Formidable ! Rien qu’entendre parler de vos exploits m’a remplie d’excitation ! Oui, énormément d’excitation !
La Déesse, Vysis.
Les autres et moi nous trouvions actuellement sur la place du château.
C’était une place où nous étions venus à de nombreuses reprises avant notre départ.
Prise d’un sentiment de nostalgie, je regardai l’endroit où se tenait la Déesse.
Autrefois, beaucoup plus de personnes se tenaient là avec elle.
Les Quatre Saints Vénérés.
Le Tueur de Dragons.
Même le groupe de l’Épée Ivre n’était pas présent.
(Ils ont été incorporés à l’Armée de l’Ouest. Je me demande ce qu’ils sont devenus.)
(Nyantan-san n’est pas là non plus.)
Maintenant que j’y pensais, je ne l’avais pas vue une seule fois depuis notre retour.
Et…
— Surtout Sogou-san !
Un large sourire sur le visage, la Déesse applaudit.
S’approchant de moi, elle saisit mes deux mains.
— Comme je le pensais, ton titre d’Héroïne de rang S n’était pas simplement décoratif, n’est-ce pas !? Non seulement tu as arrêté un Humanoïde, mais je n’aurais jamais imaginé que tu parviendrais également à trancher en deux le Second Serment des Confidents ! Je vais être honnête avec toi, d’accord ? En réalité, j’ai cru en toi dès le début. Si j’ai été aussi sévère, c’est parce que je voulais que Sogou-san éveille rapidement ses capacités. Félicitations pour avoir éveillé une compétence inhérente digne d’un rang S !
La Déesse s’approcha, un pas après l’autre.
Puis…
Elle s’arrêta.
Oui.
C’était comme si quelqu’un avait soudainement mis sur pause une vidéo en cours de lecture.
Son large sourire toujours figé sur son visage…
— ?
— Je parie que tu es en train de te demander : « Mais qu’est-ce qu’elle raconte encore ? », pas vrai ?
La Déesse prononça ces mots d’une voix dépourvue d’émotion.
Elle commença à agiter alternativement sa main de haut en bas.
Fouh, fouh, fouh…
Arrêt.
Son mouvement cessa.
— Fufufu, peu importe comment on considère la situation, changer complètement d’attitude maintenant serait vraiment excessif. Après m’être comportée de manière aussi horrible envers Sogou-san, sans réfléchir une seule seconde à mon comportement passé, puis changer soudainement d’attitude dès que Sogou-san éveille ses capacités… Ce serait certainement indigne d’une Déesse.
Plaçant ses mains derrière sa taille, la Déesse sourit en se penchant vers moi.
— Mais tout va bien. Je suis sincèrement désolée pour ce que j’ai fait.
La Déesse redressa le haut de son corps, rectifia sa posture, puis inclina profondément la tête.
— Je t’en prie, accepte mes excuses. Si je n’ai pas réussi à voir tes qualités cachées, c’est probablement parce que mon jugement était obscurci… Enfin, si on remonte dans le passé, tout a commencé à cause de ce que tu as fait juste après avoir été invoquée, lorsque tu as blessé mon cœur fragile. C’est pour cette raison que j’ai adopté une attitude aussi sévère envers toi, alors à l’origine, tout était quand même la faute de Sogou-san… Mais malgré tout, je suis une Déesse. Même lorsque ce n’est pas ma faute, je dois avoir la générosité de reconnaître personnellement mes erreurs et de présenter mes excuses. Alors, je suis vraiment désolée, Sogou-san.
Relevant la tête après s’être inclinée, la Déesse accentua le petit sourire sur ses lèvres.
— À partir de maintenant, oublions ce qui appartient au passé, prenons-nous la main dans l’harmonie et vainquons ensemble le Grand Empereur Démon, d’accord ? Je suis désolée… Ma façon de parler était peut-être un peu mordante tout à l’heure, mais tu vas me pardonner, n’est-ce pas ? Voyons voir, normalement, après des excuses, les gens passent simplement l’éponge, pas vrai ? Enfin, seulement s’ils possèdent un minimum de décence, évidemment. Haaa…
Poussant un soupir de soulagement, la Déesse posa une main sur le côté gauche de sa poitrine.
— Je suis vraiment heureuse que Sogou-san soit une personne possédant autant de décence dans son cœur. Je vois, cette fameuse déléguée de classe était donc ce genre de personne. Après tout, la raison pour laquelle tu veux vaincre le Grand Empereur Démon est « pour le bien de tes camarades », n’est-ce pas ? C’est vraiment admirable. Tu ne le fais pas pour moi, mais pour tous tes camarades de classe… Et c’est précisément pour cette raison que je te respecte énormément, énormément.
C’était la première fois qu’on me « respectait » d’une manière aussi peu convaincante.
Cependant, ce n’était pas la première fois que je constatais à quel point la Déesse avait une personnalité difficile.
— Déesse-sama, dans ce cas…
— Oui, oui, unissons nos forces à partir de maintenant.
— En échange du fait que je passe l’éponge, accepteriez-vous de m’accorder une faveur ?
— Eh ? On passe directement à ça ? Quelle… avidité.
Sans prêter attention à ses paroles, je poursuivis :
— J’aimerais vous demander de les soigner.
Les deux yeux de la Déesse, dans lesquels il n’y avait pas la moindre trace de chaleur, se courbèrent.
— Eh ? Qui donc ?
— Banewolf-san, Agito-san… ainsi qu’Oyamada-kun et Yasu-kun… Lorsque le poignet de Sakura-san a été sectionné dans les Ruines des Os Magiques, Déesse-sama a réussi à rattacher son poignet à son bras. De la même manière, pourriez-vous les soigner ?
— Ah… Je vois… Je vois. Sogou-san pense vraiment toujours à ses camarades ! Tu ne changes vraiment pas. Je pensais que tu t’étais laissée griser par ta puissance et que tu étais devenue plus arrogante… Ah, non, selon la manière dont on considère les choses, on pourrait également qualifier cette demande d’arrogante, mais…
Laissant échapper un petit rire, la Déesse porta une main devant sa bouche.
— Ara ara, ma langue a fourché. J’ai encore involontairement gâché l’ambiance… Fufufu, ne fais pas attention à moi. D’accord ?
Repoussant ses provocations…
— Pouvez-vous le faire ?
La Déesse se figea pendant un instant avant de répondre :
— Ce n’est pas que j’en sois incapable. Seulement, concernant le traitement d’Oyamada-san, il s’agit d’un problème mental, alors il ne sera pas facile de le guérir. Et puis, mon <Soin> possède des effets secondaires, tu sais ?
(N/T : Soin / Souffle de la Déesse.)
— Des effets secondaires ?
— Grâce à mon pouvoir, je peux soigner presque tout, même les blessures les plus graves. Cependant… il arrive qu’une fois leur guérison terminée, les personnes soignées tombent dans un long sommeil sans que l’on sache quand elles se réveilleront.
Bâââillement…
Posant une main devant sa bouche, la Déesse poursuivit après avoir bâillé.
— Ce n’est pas systématique, mais même moi… je ne sais toujours pas faire la différence entre ceux qui dorment à cause de mon pouvoir et ceux qui dorment simplement normalement pour récupérer. Je ne sais pas non plus distinguer ceux qui n’auront besoin que d’un court sommeil de ceux pour qui ce ne sera pas le cas. Enfin, d’après ce que j’ai pu comprendre en utilisant mon pouvoir de guérison par le passé, il me semble que les personnes les plus gravement blessées ont davantage de risques d’avoir besoin d’un long sommeil.
Ainsi, même les capacités d’un être appelé « Dieu » n’étaient pas toutes-puissantes.
Apparemment, certaines personnes continuaient de dormir pendant des décennies, même après la guérison complète de leurs blessures.
Certaines passaient même le reste de leur vie endormies.
Le fait qu’elles se réveillent ou non relevait de la chance.
D’une certaine manière, c’était un pari.
Si c’était le cas…
(Il y a donc de fortes chances que Bane-san et Agito-san tombent dans un long sommeil… ?)
Dans ce cas, serait-il préférable que Banewolf et les autres ne dépendent pas du pouvoir de guérison de la Déesse ?
— Pour te dire franchement la vérité, sans chercher à ménager tes idéaux, continuer à consacrer des ressources et du personnel à quelqu’un dont on ignore quand il se réveillera est du gaspillage… Voilà pourquoi je préfère éviter d’utiliser trop souvent mon <Soin>. Et comme je te l’ai déjà expliqué, surtout, l’utiliser m’épuise énormément… C’est donc pour ça que je considère son utilisation comme du gaspillage.
Comme si elle voulait se débarrasser d’un sujet pénible, la Déesse prononça ces mots avec un soupir.
— Surtout lorsqu’il s’agit des Héros. Même s’ils étaient plongés dans un long sommeil alors que la Racine de Tout Mal est toujours bien vivante… Un Héros qui a été grièvement blessé au moment où nous avions le plus besoin de lui mérite-t-il vraiment d’être sauvé… ? C’est vraiment, vraiment problématique. Tellement problématique.
Même si je ne percevais pas le moindre signe indiquant qu’elle était réellement troublée, les sourcils de la Déesse s’abaissèrent.
— Enfin, ce n’est pas encore très grave lorsqu’il s’agit simplement d’un Héros de rang inférieur. Mais si un Héros de rang S tombait dans un long sommeil, l’avoir invoqué n’aurait vraiment plus beaucoup d’intérêt… Voilà ce que je veux dire. Par conséquent, même si Sogou-san, qui est de rang S, était grièvement blessée, tu comprends que le simple fait de te soigner deviendrait problématique ? Euh, donc… Est-ce que cette réponse te satisfait, Sogou-san ?
J’avais entendu dire que le simple fait qu’Agito-san soit encore vivant relevait du miracle.
Autrement dit, il se trouvait toujours dans un état où sa survie restait incertaine.
Alors…
— J’aimerais vous demander de soigner Agito-san.
— Compris. Tu m’en dois une.
— Pour les autres… Veuillez demander à Banewolf-san et Yasu-kun s’ils souhaitent être soignés. Après leur avoir expliqué les effets secondaires, s’ils désirent toujours recevoir votre traitement, alors s’il vous plaît, soignez-les…
Les yeux de la Déesse se plissèrent.
Dans ses yeux dorés se reflétait ma silhouette, appuyée sur des béquilles.
— Compris, je ferai cela. Ah, Sogou-san.
— Oui ?
— Je suis certaine que tu l’as compris d’après ce que je viens de dire, mais fais de ton mieux pour te rétablir rapidement, d’accord ? Je suis sincèrement heureuse que tu sois devenue plus forte, mais avec ton corps dans cet état, je ne pense pas que tu sois encore capable de te battre correctement.
Sous le regard de la Déesse, qui me fixait droit dans les yeux…
— Oui.
Je lui répondis avec détermination.
— Je vois, je vois. Dans ce cas, Sogou-san…
Rectifiant sa posture, la Déesse sourit.
— Nous ne pouvons probablement rien faire concernant nos différences de personnalité, mais faisons de notre mieux. Et il est temps que nous devenions toutes les deux un peu plus matures.
La Déesse se retourna.
— J’ai encore des affaires à régler, alors je vais devoir vous laisser. Je vous transmettrai mes instructions plus tard par l’intermédiaire de mes subordonnés, alors veuillez patienter ici un moment.
Alors qu’elle s’éloignait, elle se retourna une dernière fois et s’inclina.
Puis la Déesse partit.
Dès qu’elle disparut à l’intérieur du château, un homme entra sur la place.
— Ah…
— ——Sogou, hein.
— Kirihara-kun.