Chapitre 180
Chapitre 180 – Et alors, confrontation s’ensuivit...
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
En plus des monstres à Visage Humain, des monstres de taille moyenne différents de ceux que nous avions affrontés jusqu’à présent se ruèrent eux aussi vers nous.
La brèche ouverte par le lion à Visage Humain leur servait désormais de nouvelle entrée.
— Je vois... Les premiers à nous attaquer n’étaient que les monstres aux Yeux Dorés qui se trouvaient près de la périphérie de la Zone Démoniaque. Autrement dit, ceux qui viennent d’arriver sont les “unités d’élite” provenant des profondeurs de la Zone Démoniaque. Tsk... Mais ce monstre à Visage Humain, il n’a pas un peu trop de mains humaines ?
Se tournant vers nous, le lion à Visage Humain se dressa uniquement sur ses pattes arrière.
— Obaaaaaaa !
J’ignorais s’il essayait de nous intimider ou s’il était simplement en train de déclarer quelque chose.
— ...Ce truc nous a dans sa ligne de mire, hein. Je ne pense pas qu’il nous laissera le temps de nous enfuir... Bon sang, c’est vraiment désagréable...
Banewolf jeta son épée au sol.
— Je vais vous faire gagner du temps. Je veux que vous battiez en retraite et rejoigniez les forces à l’extérieur des remparts nord. Même ce château devra probablement être abandonné... Tu peux prendre le commandement ici, Agito Angoon.
— ...Compris. Assure-toi simplement de battre toi aussi en retraite lorsque le moment sera venu, Tueur de Dragons.
— Kuku, je n’ai pas l’intention de mourir ici. Mais bon, vu la taille de ce truc...
Les yeux de Banewolf se mirent à briller d’un rouge intense.
— Autant m’en charger moi-même.
Après que ses yeux se furent illuminés, le corps entier de Banewolf émit une faible lumière et commença à se transformer...
Son corps devint gigantesque.
Et devant nous apparut un géant à tête de dragon dont la peau était recouverte d’écailles.
Comme s’il voulait répondre à l’intimidation qu’il venait de subir, l’homme-dragon aux yeux flamboyants poussa un rugissement encore plus féroce que celui des dragons noirs.
Une fois son rugissement terminé, l’homme-dragon se retourna immédiatement et se déplaça légèrement.
Il tendit la main vers une énorme « chose » qui avait été déposée près du château.
L’homme-dragon retira le tissu qui la recouvrait.
Sous cette toile apparut une épée gigantesque qui semblait absolument impossible à manier par un être humain.
S’il était arrivé en retard tout à l’heure, c’était peut-être parce qu’il avait demandé aux soldats de transporter cette épée gigantesque en prévision d’une situation imprévue.
(C’est vraiment... Bane-san... ?)
Je restai immobile, incapable d’en croire mes yeux.
Agito leva les yeux vers Banewolf sous sa forme draconique.
— J’avais déjà entendu parler de ce pouvoir de Dragonification que tu as obtenu après t’être baigné dans le sang du dragon que tu avais tué autrefois... Mais j’ai également entendu dire que la Dragonification s’accompagnait du risque de perdre progressivement conscience ainsi que certains de tes souvenirs. Malgré tout, je te remercie d’avoir libéré ce pouvoir maintenant... Tueur de Dragons Banewolf.
L’homme-dragon saisit son épée et fit face au monstre à Visage Humain.
— Arrête tes commentaires barbants et ordonne déjà aux autres de battre en retraite, Agito.
— ...Je sais.
Acquiesçant, Agito monta sur un cheval de guerre qui avait perdu son propriétaire et donna l’ordre de battre en retraite.
Les soldats commencèrent alors à se retirer.
Guira, qui était censé commander les soldats, semblait beaucoup trop bouleversé pour donner des ordres, et ses hommes durent l’exhorter à faire avancer son cheval.
— Obaaaahhh !
Le lion à Visage Humain chargea l’homme-dragon.
Abaissant son centre de gravité, l’homme-dragon balaya son immense épée vers le haut.
Je sentis soudain quelqu’un tirer sur mon bras.
C’était Moe.
— A-Ayaka-chan ! Il faut partir d’ici !
— O-Oui ! Euh, Bane-san !
Pendant un instant, j’eus l’impression que l’homme-dragon suspendait son mouvement.
— Soyez prudent... ! Et puis, nous avons encore tellement de choses à apprendre de vous, Bane-san !
Pendant un très court instant...
J’eus l’impression que l’homme-dragon hochait la tête.
— Allons-y, Minamino-san !
— Oui !
Plusieurs monstres quittèrent leur horde et se lancèrent à notre poursuite.
— Laissez-moi couvrir nos arrières ! Tout le monde, allez-y !
Ma lance en position, je suivis mes compagnons qui couraient devant moi tout en surveillant nos arrières.
— Hein !? Je rencontre enfin un putain de monstre à Visage Humain pour la première fois ! Je vais pas m’enfuir ! Ça sert à quoi d’être un Héros si je me barre en courant maintenant !? C’est trop naze !
— Bla bla bla, ferme ta putain de gueule ! Vous n’êtes utiles que lorsqu’on affronte ceux qui possèdent le Miasme du Tyran ! C’est là que vous autres Héros montrez votre véritable valeur ! Sans Miasme du Tyran, on n’aurait même pas besoin de vos culs inutiles ! Et tu sais quoi !? Si on fait l’erreur de laisser mourir les Héros qui sont censés combattre le Grand Empereur Démon, Vysis nous fera certainement tuer ! Ça rentre dans ton petit crâne, Oyamada !?
Pendant qu’Abyss réprimandait Oyamada, Yasu passa à côté d’eux.
Il semblait avoir lui aussi attrapé un cheval de guerre qui errait sans cavalier.
— Fuunnn... C’est quoi cette Dragonification... Quelle compétence ridicule. Enfin... Si les monstres à Visage Humain ne sont que de ce niveau, ils ne sont même pas dignes de se tenir devant ce Héros aux Flammes Noires.
Tout en galopant sur son cheval, Agito semblait marmonner quelque chose.
— Malgré tout, pourquoi les monstres de la Zone Démoniaque, qui n’en étaient pas sortis depuis des années, ont-ils soudainement décidé d’attaquer comme ça... ? Il y avait aussi ce bruit qui semblait avoir rendu ces monstres complètement frénétiques...
En regardant derrière moi, je vis que Banewolf semblait avoir du mal.
Il restait apparemment encore quelques-uns de nos alliés survivants près des remparts, et Banewolf combattait les ennemis tout en se déplaçant afin de s’assurer qu’ils puissent s’échapper.
Un nombre toujours croissant de monstres grouillait autour de Banewolf.
L’homme-dragon rugit.
Peu après, les monstres commencèrent également à affluer dans le dos de Banewolf.
Tout en tuant d’un seul coup les monstres rapides qui étaient sur le point de nous rattraper, je regardai l’immense homme-dragon qui luttait au loin, réprimant mon envie de lui venir en aide.
(Bane-san...)
L’homme-dragon maniait désespérément son épée gigantesque et repoussait à coups de pied les monstres qui s’étaient rassemblés autour de lui.
Cependant, leur nombre continuait d’augmenter.
Il était désormais impossible de savoir si nos alliés restés là-bas étaient encore en vie.
Le monstre à Visage Humain en pleurs, dont le corps sphérique était couvert de torses noirs, fondit sur l’homme-dragon avec toutes ses mains.
— Obaaaaaaaaaaaiiiiiiiii !
Le lion à Visage Humain planta ses crocs dans le bras de l’homme-dragon.
À cet instant...
— Nyaiii... Nyaaaiii...
Une voix rauque et sinistre résonna.
— Impossible...
Je clignai des yeux, espérant que ce que je voyais n’était pas réel.
Un autre immense monstre à Visage Humain venait soudainement d’apparaître.
Et ce n’était pas tout.
Il se trouvait juste derrière Banewolf.
De plus, ce monstre à Visage Humain était accompagné de plusieurs monstres de grande taille.
— !
Je ne ressentis plus que du désespoir au plus profond de ma poitrine.
Banewolf était désormais complètement encerclé par trois monstres à Visage Humain !
Le corps gigantesque de l’homme-dragon était presque devenu invisible sous la masse de monstres qui s’accumulaient derrière lui.
(S’il se retrouve complètement submergé, il ne pourra plus s’échapper !)
— A-Agito-san ! Bane-san est... !
De toutes mes forces, j’appelai Agito, qui dirigeait les autres depuis son cheval.
Entendant mon appel, Agito se retourna...
— Uwwwoooooooooooooooooooooooooohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!
Une voix rauque et assourdissante, qui semblait appartenir à un homme.
Ce n’était pas la voix de Banewolf.
— L-La voix d’un monstre... !? D’où est-ce que ça vient !?
Tout le monde se mit spontanément à chercher l’origine de cette voix tonitruante.
Oui...
L’endroit d’où elle provenait était inhabituel.
Moe fut la première à le remarquer.
— Agito-san ! D-Dans le ciel... Regardez le ciel !
— ...Le ciel, tu dis ?
Un monstre traversait le ciel en tournoyant dans les airs.
Ses mouvements me rappelaient vaguement ces exercices de gymnastique rythmique où l’on bondit tout en effectuant des rotations.
— Q-Qu’est-ce que c’est que ça...
Une quantité innombrable de membres humains formait un seul humanoïde gigantesque...
Ou plutôt, devrais-je dire qu’il s’agissait d’un humanoïde gigantesque constitué d’une multitude de petits membres ?
— Il descend... J’imagine qu’il ne vole pas réellement, hein ? Je vois, cette chose...
Agito analysa la situation.
— Elle a bondi jusqu’ici.
En regardant le ciel, je pointai du doigt quelque chose qui me fit pâlir.
— Euh, Agito-san... Ces choses sur le corps de ce monstre, est-ce que ce seraient...
Tout aussi incrédule que moi, Agito hocha la tête.
— De nombreux autres monstres sont agrippés à son corps.
Au début, je pensais qu’ils faisaient eux aussi partie de son corps.
Cependant, ce n’était pas le cas.
Une multitude d’autres monstres s’agrippaient fermement à cet humanoïde formé d’un amas de membres.
Quelques instants plus tard...
Fwoooosshhh !
— Uuuuuooooooooohhhh... Uwaaaaahhhhh !?
Un rayon blanc parfaitement rectiligne jaillit vers le ciel.
Le bras droit du géant qui tournoyait dans notre direction fut désintégré par le rayon.
Avec tous les monstres qui s’y agrippaient.
— Uwaaaaahhhh !?
Était-ce à cause de la douleur ?
Le géant qui tournoyait vers nous poussa un hurlement assourdissant.
Agito murmura :
— ...Œil Sacré.
L’arme antiaérienne de Jonato, l’« Œil Sacré », possédait la capacité de détruire les monstres qui s’élevaient dans le ciel.
Son effet couvrait toute cette région.
— Je vois... Comme son bond l’a emmené trop haut, seul son bras droit se trouvait tout juste à portée de mon Œil Sacré...
Cependant, le géant n’était toujours pas mort.
Seuls son bras droit et les monstres qui s’y agrippaient avaient disparu.
Naturellement, les monstres accrochés aux autres parties de son corps étaient toujours vivants.
Et du moignon de son bras jaillit une pluie de sang bleu...
Boum !
Dans un grondement tonitruant qui fit trembler la terre, le géant atterrit lourdement sur le sol, la colère visible sur son visage.
— Impossible...
Le cheval de Guira, qui se trouvait en tête du groupe, s’arrêta brusquement en hennissant.
Devant l’avant-garde du groupe en retraite...
— Uwoooooohhhhhhhhh ! Uwoooooooohhhhhh !!!
Le quatrième monstre à Visage Humain, accompagné d’une quantité innombrable de monstres, se dressait sur notre chemin.
<PDV d’un Confident>
Dans les plaines à l’extérieur des remparts nord.
Un « changement » se produisit dans la rivière Aisne, qui surplombait la zone où campaient les armées des trois royaumes.
— Gi, gigi...
Un Soldat Ogre sortit la tête de la rivière.
Puis plusieurs Soldats Ogres rampèrent hors du sol...
Splash !
Et des profondeurs de la rivière émergea un immense démon à tête de chèvre.
L’eau projetée par son corps ruisselait sur sa fourrure violette.
Doté de quatre cornes sinistres sur la tête, il sortit de la rivière en marchant sur ses deux jambes.
Le Deuxième Serment de l’Empereur Démon...
Zweikzeed.
Zweikzeed était le deuxième membre le plus puissant parmi les « Confidents », juste derrière le Grand Empereur Démon lui-même.
Exactement comme il l’avait prévu, le Château Blanc Anti-Démon avait sombré dans le chaos.
De ses Yeux Dorés, il regarda dans sa direction.
Savourant paisiblement le chaos qui régnait à l’intérieur comme à l’extérieur du château, Zweikzeed lacéra sa propre poitrine de ses grandes griffes.
Splatch !
La chair sous sa fourrure se déchira et du sang jaillit de son torse robuste.
— Récolte
Les Soldats Ogres qui se dissimulaient sous la rivière apparurent les uns après les autres derrière Zweikzeed.
— Il est temps... La dignité des Humains est désormais suffisamment mûre pour que nous la récoltions.