Chapitre 176
Chapitre 176 – Je reste un Héros de rang S
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
<PDV de Sogou Ayaka>
Le Grand Empereur Démon était apparu à l’est.
La Déesse fronça les sourcils en apprenant la nouvelle.
Oyamada se pencha hors de la calèche.
— Hé, hé, hé, Déesse-chan !? C’est le boss final, pas vrai !? On est pas carrément dans la merde, là !? C’est déjà la fin !? Et ceux qui sont à l’est, vous êtes déjà morts ou quoi !?
Monté sur son cheval, Yasu croisa les bras.
— Fumu, c’est donc le scénario où Hijiri et Itsuki se sont attaquées à plus fort qu’elles, hein. Quand on pense à la distribution des rôles, j’imagine que c’est ici que le rôle de ces jumelles prend fin.
Je déglutis.
(Le grand boss ennemi est apparu...)
— L’une des choses les plus regrettables au monde, c’est que ceux qui possèdent réellement du pouvoir n’aient pas l’occasion de l’utiliser. Il y a de fortes chances qu’une telle perte devienne tôt ou tard impossible à compenser...
Monté à cheval à côté de la Déesse, Kirihara prononça ces mots d’un ton chargé de sous-entendus.
— Il n’existe aucun héros aussi malchanceux que moi. À l’inverse, les occasions ont toujours été particulièrement favorables à Hijiri. Vysis, tu sais ce qui m’inquiète, pas vrai ?
— J’ai certaines choses auxquelles réfléchir, alors pourriez-vous vous taire ?
— C’est parce que le Grand Empereur Démon est plus faible que je ne le pensais et qu’à ce rythme, Hijiri va le vaincre.
Même après la réponse de la Déesse, Kirihara continua d’exprimer ses préoccupations.
— Maintenant que Sogou a été éliminée, la bataille pour le sommet ne concerne plus que Hijiri et moi. Ça aurait pu me convenir... mais ce serait vraiment ennuyeux si tout se décidait simplement parce que tu favorises Hijiri. Je dois dire que ça gâcherait complètement le plaisir.
Claquant la langue, Kirihara soupira.
— Parce que ces faibles sont vraiment stupides... Le seul moyen de leur faire comprendre la différence qui nous sépare est de leur montrer des résultats que leurs esprits médiocres peuvent facilement comprendre. Cependant... Ce serait vraiment une arnaque si les forts n’avaient même pas l’occasion de produire ces résultats.
Penchée en avant sur son cheval, la Déesse couvrit sa bouche d’une main.
— Fumu...
Après quelques instants de silence, il semblerait que la Déesse ait pris une décision.
— Dans ce cas... Que diriez-vous de nous diriger vers l’est, Kirihara-san ?
Kirihara repoussa ses cheveux en arrière.
Son expression semblait indiquer qu’il venait d’entendre quelque chose qui allait de soi.
— Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’il ne soit pas trop tard lorsque nous arriverons...
Agito dirigea son cheval vers la Déesse.
— Tu comptes venir toi aussi, Vysis ?
— Je ne peux pas nier que j’ai l’impression de danser dans la paume de la main du Grand Empereur Démon, mais nous ne pouvons pas non plus nous permettre de rester sans rien faire, vous ne pensez pas ? Même si les sœurs Takao et les Chevaliers du Loup Blanc combattent là-bas, la situation est complètement différente si le Grand Empereur Démon lui-même est présent.
— Tu penses qu’on peut encore arriver à temps ?
— Nous utiliserons les chevaux magiques.
(N/T : 魔導馬 / madouba.)
Avant notre départ d’Alion, on m’avait déjà expliqué ce qu’étaient ces chevaux magiques.
Il s’agissait apparemment de chevaux spéciaux créés grâce aux connaissances combinées de la Déesse et de la Guilde des Magiciens.
Un cheval magique pouvait se déplacer beaucoup plus rapidement qu’un cheval ordinaire, même particulièrement rapide.
Cependant, ils étaient extrêmement précieux, car il n’en existait qu’un petit nombre.
Apparemment, seuls quelques-uns avaient été affectés à chacune des armées participant à cette guerre.
— Seuls Kirihara-san et moi rejoindrons l’Armée de l’Est.
— Tu vas donc laisser tous les autres Héros ici avec l’Armée du Sud ?
— L’armée d’Urza, qui était déjà en attente au sud-est, se dirige également vers l’est en renfort.
En plus des trois armées déployées à l’ouest, au sud et à l’est, deux autres armées avaient été positionnées sur le territoire de Magnar.
L’armée d’Urza se trouvait au sud-est et celle de Mira au sud-ouest.
Ces deux armées devaient servir de renforts en fonction de l’évolution de la bataille.
— Tu penses que ce déplacement du Grand Empereur Démon en personne pourrait être un piège, hein ?
— Les mouvements des Forces d’Invasion de l’Ouest et du Sud sont quelque peu inquiétants, j’ai donc décidé que l’Armée du Sud resterait dans sa position actuelle. Cependant, comme je l’ai dit tout à l’heure, nous ne pouvons pas non plus ignorer le Grand Empereur Démon.
Était-ce pour montrer à l’ennemi à quel point nous étions sereins ?
Un sourire apparut sur les lèvres de la Déesse.
Cependant, ses yeux ne souriaient absolument pas.
La Déesse ordonna immédiatement que les chevaux magiques soient préparés.
Elle commença ensuite à donner ses instructions aux généraux de l’armée d’Alion.
Je n’irais pas jusqu’à dire « comme on pouvait s’y attendre d’une Déesse », mais elle agissait avec rapidité et précision.
Pendant ce temps, Oyamada et Yasu se plaignirent légèrement en disant qu’ils devraient eux aussi être emmenés.
Cependant, la Déesse les convainquit facilement.
Après cela, elle réunit de nouveau les Quatre Saints Vénérés et le Tueur de Dragons.
Une fois toutes les instructions transmises aux différentes unités, Agito interrogea la Déesse.
— Tu n’emmènes pas Ayaka Sogou avec toi ? D’après les archives du passé, il me semble que la puissance des Héros de rang le plus élevé est essentielle pour vaincre la Racine de Tout Mal.
— Heureusement, nous avons cette fois trois Héros de rang S, alors je suis certaine que tout ira bien. Et puis... Maintenant que j’y pense, Sogou-san mérite-t-elle vraiment que l’on dépense un cheval magique aussi précieux pour elle...? Il est extrêmement inhabituel que quelqu’un ayant atteint son niveau n’ait toujours pas appris sa compétence innée. Peut-être que son arbre particulier constitue en lui-même sa compétence unique.
Posant une main sur sa joue, la Déesse poussa un profond soupir.
— En réalité, une fois cette bataille terminée, j’envisage de rétrograder arbitrairement Sogou-san au rang B.
La Déesse posa tristement une main sur sa poitrine.
— Il semblerait que le cristal puisse lui aussi commettre des erreurs de jugement... Enfin, s’il existe une trop grande différence entre elle et les deux autres Héros de rang S, les gens autour d’elle finiront par être troublés. On n’y peut rien. C’est moi qui l’ai jugée digne du rang S, alors j’admets gracieusement ma faute. Le classement de Sogou-san au rang S était une erreur. Ceux à qui l’on confie la responsabilité de juger les autres doivent parfois avoir le courage de reconnaître leurs erreurs et de présenter leurs excuses. Il n’y a rien de mal à cela, pas vrai, Sogou-san ? Même si je doute que cela change grand-chose pour vous...
Je répondis sans la moindre émotion.
— Oui.
— Je respecte cette attitude qui consiste à ne pas contester inutilement ma décision. Hum... Je suis vraiment désolée pour toutes les paroles sévères que je vous ai adressées. Cependant, c’était uniquement parce que j’avais placé de grands espoirs en vous en tant que Héros de rang S. Mais je ne dirai plus rien à la Sogou de rang B. À partir de maintenant, faites de votre mieux pour vivre avec ces Héros de rang inférieur qui vous ont peut-être privée de l’occasion de devenir plus forte. Je vous ai avertie encore et encore par pure gentillesse... mais dans ce monde, peu importe les efforts que vous pensez fournir, tout cela n’aura aucun sens si vous ne produisez aucun résultat. Comment dire...
La Déesse m’adressa un sourire attristé.
D’une certaine manière, j’avais l’impression qu’elle me rejetait.
— Merci infiniment pour tous les efforts que vous avez fournis jusqu’à présent.
Un soldat vint annoncer que les chevaux magiques étaient prêts.
La Déesse rendit son cheval et se dirigea vers la tente où les chevaux magiques avaient été préparés.
Tirant sur les rênes de son cheval, Kirihara changea de direction.
Me lançant un regard, il parla comme s’il s’adressait à moi.
— Mon manque de chance est certainement impossible à ignorer, mais il semblerait que cet autre monde ne soit finalement pas aussi mauvais que je le pensais. Petit à petit, je sens que la différence entre l’authentique et les contrefaçons commence à devenir plus évidente... J’étais vraiment fatigué de toute cette ambiguïté dans notre ancien monde, mais ici, nous devons malgré tout tracer une frontière claire entre les forts et les faibles.
Empli d’une assurance silencieuse, Kirihara regarda vers le ciel oriental.
— Si Hijiri parvient réellement à te tuer maintenant, je serai obligé de remettre en question ta santé mentale, Grand Empereur Démon...
Marmonnant pour lui-même, Kirihara posa la main sur la poignée de son épée.
— Si je veux montrer à tout le monde la différence entre le véritable roi, Kirihara, et ces faibles, personne n’est mieux adapté à cette tâche que toi... Tuer le Grand Empereur Démon, personne d’autre que moi ne peut le faire. Ce ne peut être que moi.
▽
Après le départ de la Déesse et de Kirihara, Oyamada frappa dans ses mains.
— Buhyahyahyahyahyahya ! Attends, Ayaka, sérieusement !? C’est vraiment arrivé !? R-R-R-R-Rétrogradation au rang B~ ! La plus grande chute du siècle vient d’avoir lieu~ ! Giiieeehhhh, c’est le moment, pas vrai !? C’est là qu’Ayaka-senpai doit sortir ses techniques de séduction érotiques, hein !? Hieeeeeeeehhh, ça peut marcher ! Trop chaud ! Trop passionné ! Tu vas me faire brûleeeeer !
— ...Shogou-sa, j’ai quelque chose à dire à propos de Takuto, mais...
— Hein ?
Celle qui venait de parler à Oyamada était Murota Erii.
C’était la gyaru qui se démarquait le plus parmi les filles du groupe de Kirihara.
Auparavant, Kirihara avait utilisé un monstre auquel il manquait un membre comme appât afin d’attirer d’autres monstres.
À ce moment-là, c’était cette fille qui s’était éloignée en disant :
— Attends, t-tu ne vas pas un peu trop loin ?
— Tu ne trouves pas que Takuto agit vraiment bizarrement depuis qu’on est arrivés dans ce monde ?
— Hein ? Vraiment ?
— Je veux dire, qui parle comme ça ? Dans notre ancien monde, il n’était pas très bavard, mais je trouvais justement que ça le rendait plutôt cool... Je le trouvais vraiment cool lorsqu’il ne parlait que lorsque c’était nécessaire...
— C’est peut-être vrai, mais on n’est plus dans le monde où on vivait avant. Tu ne crois pas que ce changement était peut-être nécessaire ? Ou alors, c’est simplement sa véritable nature qu’il retenait jusque-là et qui s’est libérée ! Un truc comme ça ? Même dans les mangas, il y a des protagonistes qui s’éveillent lorsqu’ils se retrouvent dans une situation critique.
— Non, je ne sais pas s’il cachait vraiment sa véritable nature ou quelque chose comme ça, mais... Même Yasu semble s’être laissé influencer par ce changement, et c’est un peu dégoûtant. Même Asagi est devenue légèrement inquiétante depuis qu’on est arrivés ici...
Moi aussi, leurs changements soudains me mettaient mal à l’aise.
Plusieurs élèves avaient incontestablement changé depuis notre arrivée dans cet autre monde.
Oyamada disait qu’il s’agissait peut-être simplement de leur « véritable nature ».
Lorsque les Héros avaient été invoqués, une sorte de pouvoir avait-il agi sur eux pour faire ressortir leur véritable personnalité cachée ?
— Tu as l’air préoccupée. Ça va ?
Banewolf conduisit son cheval à côté du mien.
Puis il regarda dans la direction où la Déesse était partie.
— Comme toujours, les paroles de la Déesse sont sévères. Enfin, personnellement, je n’aime pas vraiment cette idée selon laquelle seuls les résultats comptent...
Banewolf me tendit un bâton Doto.
Je refusai poliment.
Il porta donc lui-même le bâton Doto qu’il m’avait proposé à sa bouche.
— Peu importe le résultat, si tu as travaillé dur pour quelque chose... Je pense que tes efforts méritent tout de même d’être reconnus.
Banewolf haussa les épaules.
— Tu vois, je suis naturellement un sacré paresseux, pas vrai ? Du point de vue d’un paresseux comme moi, il est facile de comprendre à quel point travailler vraiment dur est difficile. Enfin... C’est pour ça que Sogou-chan et son groupe, qui travaillent si dur, méritent d’être félicités.
Un léger sourire apparut sur mes lèvres.
— On dirait que Bane-san est du genre à prendre soin des autres sur le long terme.
Se grattant la tête, Banewolf se tourna vers la direction dans laquelle nous allions désormais marcher.
— C’est plus facile pour moi quand on ne me demande pas de produire des résultats immédiatement... Mais bon, je ne veux pas te mettre davantage de pression, cependant j’imagine que la Déesse ne peut pas se permettre d’attendre patiemment que tu progresses sur une longue période.
— Merci de vous inquiéter pour moi.
Assise bien droite sur mon cheval, je regardai devant moi.
— Cependant, ça va. Ce n’est pas que ce soit facile, mais je commence à comprendre comment gérer la Déesse. Si je ne la contredis pas, ses réprimandes prennent fin plus rapidement.
Banewolf me regarda avec une expression impressionnée.
— Pour être honnête, c’est frustrant de ne pas avoir été bénie par une compétence innée. Cependant, ce n’est pas comme si j’étais complètement impuissante. Mon niveau a augmenté et j’ai perfectionné mes techniques. Oui, j’en suis certaine...
Tout en tenant les rênes, je regardai derrière moi.
Suou Kayako me suivait un peu plus loin.
Les Héros de mon groupe nous observaient avec inquiétude depuis la calèche.
— Je suis certaine que je ne suis pas impuissante au point d’être incapable de protéger qui que ce soit.
Banewolf suivit mon regard.
— C’est bien d’être optimiste.
— Je n’ai pas travaillé dur simplement pour recevoir les compliments de la Déesse. J’ai toujours fait de mon mieux pour que nous puissions tous retourner ensemble dans notre monde... et pour protéger tout le monde, je dois persévérer. Et si les paroles de la Déesse sont vraiment exactes, alors jusqu’à ce que cette bataille se termine...
Je poursuivis sur le ton de la plaisanterie :
— Je suis toujours une Héroïne de rang S.
<PDV de Takao Itsuki>
— <Wind>
Des rafales de vent aussi tranchantes que des rasoirs se déchaînèrent sauvagement, comme une multitude de kamaitachis devenus fous.
(N/T : kamaitachi = belette-faucille.)
Les monstres furent engloutis dans ce tourbillon chaotique tandis que l’un d’eux roulait au sol en agrippant sa gorge lacérée.
La danse tumultueuse de ces lames de vent tyranniques déchiqueta violemment les forces du Grand Empereur Démon qui chargeaient vers nous.
Des gerbes de sang jaillirent dans toutes les directions.
La formation ennemie, qui avait à peine réussi à tenir jusque-là, s’effondra complètement sans pouvoir opposer la moindre résistance.
Les hurlements d’agonie des monstres se mêlèrent en un chœur assourdissant qui recouvrit toute la région.
C’était littéralement une vision de l’enfer.
Même s’il s’agissait de monstres, voir leurs corps impitoyablement découpés en milliers de morceaux...
Même s’ils étaient nos ennemis, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver un peu de pitié pour eux.
Finalement, tous les monstres pris dans la zone d’effet sombrèrent dans une mer de sang.
Ma grande sœur, Takao Hijiri, contemplait cette scène sans que son expression ne change le moins du monde.
Très loin derrière elle se trouvaient les Chevaliers du Loup Blanc, l’armée de Magnar et celle d’Alion, qui battaient en retraite.
Hijiri assurait l’arrière-garde de ces armées en repli.
Me déplaçant derrière ma grande sœur grâce à ma compétence innée, je lui transmis l’ordre.
— Grande sœur, le Commandant a dit qu’il était temps pour nous de battre en retraite !
Grande sœur abaissa les bras.
— Très bien.
Prenant Grande sœur dans mes bras, j’utilisai l’augmentation de vitesse de ma compétence innée, <No. 1>, afin de rattraper les Chevaliers du Loup Blanc.
Le cheval que Grande sœur était censée monter s’était enfui, probablement terrifié.
Hijiri enfourcha donc un cheval de réserve dont le propriétaire avait disparu.
Je remontai également sur mon propre cheval.
Alors que nos chevaux commençaient à galoper, l’homme situé à l’arrière des chevaliers en retraite ralentit sa monture et vint se placer à côté de Grande sœur.
— On dirait que tu es saine et sauve, Hijiri.
— Ouais, plus ou moins.
L’homme vêtu d’une armure noire de chevalier qui galopait à nos côtés, Sigurd Sigmus, regarda derrière nous.
— La compétence innée d’un Héros possède vraiment une puissance terrifiante... Ça ressemble à de la magie offensive de type vent, mais sa puissance est d’un tout autre niveau.
— Ce n’est pas comme si je pouvais l’utiliser indéfiniment. Elle consomme énormément de PM.
— Le nom de ta compétence innée est quand même bien plus simple que le mien, tu ne trouves pas, Grande sœur...? Le nom de ma compétence est vraiment long et, honnêtement, c’est assez pénible...
— Plus le nom est court, plus son activation est rapide.
— Je n’y connais pas grand-chose, mais d’après Grande sœur, ces noms ressemblent à ceux qu’on pourrait trouver dans un jeu ou quelque chose comme ça ?
— Si ce que dit la Déesse est vrai, le concept des fenêtres de Statut et de la montée de niveau est basé sur la culture du monde dont nous venons... les jeux de rôle. Dans ce cas, je me demande si les noms des compétences ne sont pas eux aussi inspirés des jeux.
— Fuunnn...
À cet instant, Sigurd se tourna vers nous avec une expression grave.
— Des renforts ennemis.
Une horde de Chevaux Goules surgit au détour d’un chemin dans cette large vallée.
La horde fonçait vers nous, piétinant les cadavres de ses propres compagnons.
Les Soldats Ogres qui chevauchaient ces montures tenaient de grandes machettes dans leurs mains.
Leurs montures étaient plus rapides que les nôtres, et la distance qui nous séparait diminuait progressivement.
Grande sœur sauta brusquement de son cheval.
— Vous ne me laissez même pas le temps de reprendre mon souffle, hein. Enfin, ce n’est pas grave.
Sigurd arrêta son cheval et vint se placer à côté de Grande sœur.
— Peux-tu utiliser ta compétence innée pour abattre ceux qui se trouvent devant ?
— Ouais.
— Ensuite, tu pourras laisser les ennemis restants à mes chevaliers. Nous ignorons encore ce qui nous attend plus loin. Si nos capacités ne peuvent être utilisées qu’un nombre limité de fois, nous devrions essayer de les préserver pour les batailles les plus importantes.
Après une courte pause, Grande sœur répondit :
— Je comprends. Dans ce cas, je vous laisse vous occuper du reste.
Sigurd dégaina son épée.
— L’escouade de Diaris continuera d’avancer ! Toutes les autres escouades, changez de direction ! Après que Hijiri Takao aura utilisé sa compétence innée, nous chargerons ! Je suis certain que vous le savez déjà, mais gardez constamment à l’esprit l’influence du Miasme du Tyran lorsque vous combattez !
Les chevaliers vêtus de blanc...
— OUAIS !
...répondirent avec enthousiasme.
Puis ils s’alignèrent en rangées à gauche et à droite de Sigurd.
— ...Je ne laisserai pas Grande sœur se battre toute seule.
À une certaine distance derrière elle, je fis face à l’armée du Grand Empereur Démon qui déferlait furieusement vers nous.
— <Lightning Shifter>
(N/T : « Foudre, frappe ici ». Bon sang, le nom de sa compétence est vraiment long. Cela fait onze syllabes si elle prononce l’incantation ci-dessous au lieu de simplement dire « Lightning Shifter ». Enfin, « Lightning Shifter » compte déjà quatre syllabes, auxquelles il faut encore ajouter l’incantation de déverrouillage.)
Des fleurs de foudre commencèrent à éclore tout autour de moi.
— <Unlock Three>