Chapitre 166
Chapitre 166 – Dans ce monde, le plus...
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
La capacité d’écraser cette Déesse.
Je n’avais aucune intention de tout miser sur les Sortilèges Interdits.
Je devais également augmenter la puissance de combat de ceux qui m’accompagnaient.
En plus d’un plan, je devais en préparer un deuxième, puis un troisième.
Je devais constamment réfléchir à la manière d’aller encore plus loin.
Gloups.
J’entendis quelqu’un déglutir derrière moi.
Même la personne à l’origine de ce bruit semblait surprise par son volume.
— Touka-dono.
— Hmm ?
Je me retournai.
Seras, qui se brossait les cheveux un peu plus tôt, détourna le regard.
— Je... Je pense qu’il est bientôt temps pour nous de dormir.
— J’irai dormir après avoir rangé ces matériaux. Tu peux te coucher avant moi.
— D-Dans ce cas, je vais rester encore un peu moi aussi...
Seras se dirigea vers ses bagages et se pencha dessus.
Elle fouilla à l’intérieur à la recherche de quelque chose.
Elle en sortit un fin manteau.
Seras l’enfila par-dessus la légère robe qu’elle portait actuellement.
Elle avait probablement estimé qu’elle était trop légèrement vêtue.
Après avoir rangé les matériaux, je me préparai à dormir et retournai vers le lit.
J’éteignis la lampe alimentée par l’énergie magique.
Puis je jetai un regard vers le chandelier placé à côté du lit.
— Seras, tu peux aussi éteindre celui-là ?
— Ah, oui... Fwwuuuu.
En soufflant dessus, Seras éteignit la flamme de la bougie.
La chambre devint beaucoup plus sombre.
Cette pièce possédait une grande fenêtre donnant sur l’extérieur.
La lumière de la lune pénétrait par cette fenêtre.
Nous étions pourtant censés nous trouver sous terre.
Cependant, j’avais l’impression que le ciel que j’avais vu à l’extérieur de cet endroit était plus sombre qu’ici.
J’ignorais totalement le principe derrière tout ça, mais elle avait même réussi à reproduire une lune ici.
Comment dire...
J’avais l’impression de me trouver dans un film de science-fiction.
Pigimaru se glissa sous le lit.
Quant à Slei, elle s’était déjà endormie, allongée sur le ventre.
Seras et moi étions couchés côte à côte sur le lit.
Ce lit était suffisamment grand pour accueillir trois personnes.
Tant que nous faisions attention à l’endroit où nous dormions, il était assez large pour que nos peaux ne finissent pas par se toucher.
— ...............
Seras se détourna.
À en juger par le son de sa respiration, elle ne semblait pas encore endormie.
— Touka-dono... Vous êtes toujours éveillé ?
— Ouais.
— On dirait que nous sommes enfin sur le point de percer les secrets de ces Sortilèges Interdits.
Les Ruines d’Élimination.
Les Chevaliers du Dragon Noir.
Ashinto.
La Zone Démoniaque Dorée.
La Sorcière des Tabous.
J’avais l’impression que mon voyage durait depuis très longtemps, mais en même temps, tous ces événements semblaient s’être déroulés en un clin d’œil.
— Si nous avons réussi à arriver jusqu’ici, ta présence à mes côtés m’a vraiment énormément aidé.
— Je suis honorée.
Je fixai le plafond.
— Tu as quelque chose que tu veux me demander ?
— ...............
J’attendis que Seras parle.
Après un bref instant, je perçus de la nervosité dans sa voix lorsqu’elle posa sa question.
— ...Une fois votre voyage de vengeance terminé, qu’avez-vous l’intention de faire ensuite ?
— Une fois ma vengeance terminée, hein ? Je n’y ai pas vraiment réfléchi... Si j’en avais les moyens, j’aimerais retourner une fois dans mon ancien monde.
— Vous aimeriez revoir votre oncle et votre tante dont vous m’avez parlé, n’est-ce pas ?
— Ouais.
Même si je ne pouvais leur dire que quelques mots, ça me suffirait.
Je voulais les remercier...
Pour tout ce qu’ils avaient fait pour moi.
— Et toi, Seras ? À l’heure actuelle, le monde semble croire que Seras Ashrain est déjà morte.
— Je ne sais pas... Je n’y ai pas vraiment réfléchi non plus. D’une certaine manière, exactement comme le monde le croit, j’ai l’impression d’être déjà morte une fois...
— Tu n’aimerais pas revoir cette Princess-sama dont tu m’as parlé ?
Je me souvenais du collier que la princesse du Saint Royaume de Neia lui avait offert.
Seras l’avait conservé pendant très longtemps sans jamais le vendre pour obtenir de l’argent.
— ...Contrairement à votre situation, Touka-dono, nous nous sommes déjà fait nos adieux.
— Je pense que, pour toi, l’existence de Princess-sama est semblable à ce que mon oncle représente pour moi, non ?
— Fufu...
Seras gloussa doucement.
— Oui, c’est peut-être vrai...
— Lorsque tu fuyais seule, tu avais prévu de rejoindre un autre continent en prenant un bateau depuis Jonato, pas vrai ?
— Oui. Cependant, maintenant...
Seras tourna son corps vers moi.
— Où que vous soyez, mon roi, cet endroit sera également celui auquel j’appartiens.
Seras prononça ces mots en me regardant droit dans les yeux.
— Ma vie, mon épée et mon être tout entier... Je vous consacre tout.
Je pouvais voir une certaine fièvre dans le regard de Seras.
Il semblerait qu’elle soit encore légèrement échauffée par son bain.
Une légère teinte rosée s’étendait sur sa peau blanche et éclatante.
Ses fins cheveux blonds et soyeux ondulaient sur le lit.
Ses longues oreilles caractéristiques avaient elles aussi légèrement changé de couleur.
— Ah... Mes excuses, tout à coup, je...
Elle me tourna de nouveau le dos.
Je pouvais sentir sa nervosité et son agitation.
— Je vais utiliser <Sleep> sur toi maintenant... Ça te va ?
J’approchai ma paume de son dos.
Puis...
Serre.
Seras saisit ma main dans la sienne.
Comme pour manifester son refus.
— Hum... Pourriez-vous... ne pas utiliser <Sleep> aujourd’hui ?
— Tu penses pouvoir t’endormir ?
— ...Je ne sais pas.
— Je comprends... Je vais te laisser faire comme tu veux pour le moment.
Après avoir dit cela, nous nous allongeâmes de nouveau sur le dos.
Je pense qu’environ dix minutes de silence s’écoulèrent lorsque...
— ...À part mon père, c’est la première fois de ma vie que je partage ainsi un lit avec quelqu’un du sexe opposé.
— C’est aussi la première fois pour moi.
— Pour une première fois, vous semblez plutôt calme...
Jetant un coup d’œil vers elle, je vis une expression légèrement sombre sur le visage de Seras.
Ses joues étaient même inhabituellement gonflées.
Je crois que je savais à quoi elle pensait.
C’était sûrement parce que je n’avais pratiquement montré aucune réaction face à cette situation.
— Tu as une personnalité très attachante, Seras. Tu es également très belle. Je pense que tu pourrais sans aucun doute charmer quelqu’un du sexe opposé. Tu peux avoir confiance en toi sur ce point.
Je le dis sincèrement.
— Je pense que, parmi toutes les personnes du sexe opposé de ce monde, celle que j’apprécie le plus, c’est toi, Seras.
— ...............
Je pouvais dire que Seras venait de retenir son souffle.
Elle se tourna sur le côté.
Toujours allongée, elle faisait maintenant face à moi.
— Tu sais que je ne mens pas, pas vrai ?
— Hum... Oui.
— Et puis, comment dire... Si je me retrouvais dans ce genre de situation avec quelqu’un du sexe opposé, je pense que je serais probablement capable de rester calme même s’il ne s’agissait pas de toi, Seras. C’est exactement comme Erika l’a dit tout à l’heure. “Je ne réagis pas vraiment comme les garçons de mon âge.”
— Ah, maintenant que vous le dites... Elle a effectivement dit ça...
— Je pense savoir pourquoi. Alors... Je t’en parlerai lorsque le moment viendra.
...Je n’avais pas vraiment envie de parler de mes parents de merde.
Mais je pensais probablement pouvoir en parler à Seras.
— Ah...
Le regard de Seras s’adoucit légèrement.
— Oui... J’attendrai. Hum, Touka-dono...
— Hmm ?
— Moi aussi, j’ai quelque chose que je devrai vous dire un jour.
Est-ce que ça pouvait concerner ce qu’elle avait fait dans cette grotte ?
— D’accord. Un jour, c’est ça ?
— Oui, un jour...
— ...............
— ...............
Seras rapprocha son visage de ma poitrine.
Comme si elle venait se blottir contre moi, elle rapprocha également son corps du mien.
Je pouvais presque entendre les battements de son cœur...
Je me demandais si je devais dire quelque chose comme ça.
Même dans l’obscurité qui nous entourait, je pouvais encore distinguer Seras et la rougeur qui envahissait son visage.
Lorsque je sentis sa petite épaule contre moi, je perçus toute sa nervosité.
— Je suis désolée...
Seras s’excusa.
Sa voix s’affaiblissait, mêlée à un soupir.
— Je l’ai simplement fait tout à coup... Sans m’en rendre compte...
— Sans t’en rendre compte ?
Comme prévu, même moi, j’étais un peu déconcerté par cette réponse.
Sans s’en rendre compte, hein...
J’imagine qu’elle s’était rapprochée avant même de réaliser ce qu’elle faisait.
Après ce qui s’était passé dans la grotte l’autre jour...
Dans ce genre de situation, il semblerait qu’elle ait tendance à agir inconsciemment selon ce qu’elle ressent au fond d’elle-même.
D’habitude, je me contentais de rester calme face à ça, mais...
— To-Touka-dono... Je n’en peux plus... Hum... Pourriez-vous utiliser <Sleep> sur moi... ?
Les yeux de Seras tournaient presque dans leurs orbites.
Je pouvais également voir son embarras dans la crispation de ses sourcils.
On aurait dit qu’elle avait été frappée par l’État Anormal « Confusion ».
J’expirai.
— D’accord.
Je tendis ma paume vers elle et activai <Sleep>.
— ............... Zuuuu...
Seras s’endormit presque immédiatement.
On aurait dit un enfant capable de sombrer très facilement dans un sommeil paisible.
Je déplaçai légèrement le corps de Seras.
Puis je remontai également la couverture sur elle.
J’étais encore un peu excité, malgré tout...
Mais, comme auparavant, son visage paisible lorsqu’elle dormait n’avait pas changé.
Le menton posé sur ma main, j’observai le visage endormi de Seras et pris la parole.
Sur un ton qui donnait presque l’impression que je m’adressais directement à elle.
— ...Tu es vraiment étrange, tu sais ?
Reprenant ma position précédente, je m’allongeai de nouveau sur le dos.
Seras ne se réveillerait pas avant que l’effet de <Sleep> ne disparaisse.
Peu importe ce que je disais.
Peu importe ce que je faisais.
— Pigimaru.
J’appelai Pigimaru, qui se trouvait sous le lit.
— Pii ?
— Je vais dormir maintenant. Si quelque chose d’étrange se produit, préviens-moi.
— Pigii... !
— Bien reçu !
C’était du moins ce que son petit cri semblait vouloir dire.
Je ne savais pas si c’était par prévenance, mais il avait également considérablement baissé le volume de sa voix.
— ...Je savais que je pouvais compter sur toi.
Disant cela avec un sourire en coin, je fermai doucement les yeux et m’endormis.