Chapitre 158
Chapitre 158 – La sorcière des Tabous
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
On dirait que nous sommes arrivés dans un autre monde.
Tout d’abord, le plafond était vraiment haut.
Et puis, il y avait aussi l’immensité de cet endroit...
Eve semblait abasourdie.
— Alors que nous sommes censés être sous terre... je peux voir le ciel ?
Liz regardait autour d’elle avec agitation.
— Incroyable...
— C’est donc ça, le pouvoir de la magie. Ou peut-être... avons-nous déjà été transportés ailleurs lorsque nous avons franchi cette porte.
C’était un grand classique des histoires qui pullulaient dans mon ancien monde.
Un décor qui semblait parfaitement approprié pour une rencontre avec une sorcière extraordinaire.
Moi aussi, j’étais stupéfait par l’étrange mécanisme de cet endroit.
Cependant, je pouvais plus ou moins l’accepter.
À présent, plus rien de ce qui pourrait apparaître devant moi ne me surprendrait.
Je léchai mon doigt et le levai devant mon visage.
— ...Il y a même du vent ici.
J’attendis un instant.
— Et en plus, le vent ne souffle pas constamment depuis la même direction.
Nous étions censés être sous terre.
Et pourtant, le vent soufflait ici.
Les fleurs des environs bruissaient elles aussi sous la brise.
— Est-ce que nous sommes... réellement à la surface ?
Eve semblait toujours aussi perplexe.
— Non, regarde là-bas.
Je pointai devant nous.
C’était probablement...
une sorte de racine.
L’immense racine tortueuse d’un arbre.
Les racines descendaient depuis les épais nuages qui recouvraient le ciel.
J’imagine qu’on pouvait considérer cela comme la preuve que nous étions bel et bien sous terre.
L’énorme racine continuait à descendre avant de s’enfoncer profondément dans le sol.
Ce ciel bleu que nous voyions n’était-il qu’une illusion créée par la magie ?
Par exemple, quelque chose de semblable au pouvoir de l’Esprit de Lumière de Seras...
Seras prit la parole.
— Est-ce que ce serait... la racine de l’Arbre Corrompu ?
— C’est tout à fait possible.
— Vu la profondeur jusqu’à laquelle nous sommes descendus, ses racines doivent s’enfoncer extrêmement loin...
Je portai une main à ma bouche.
L’Arbre Corrompu.
L’immense quantité d’énergie magique accumulée au fond du lac...
L’immense arbre dépérissant à la surface.
Pourtant, les racines souterraines semblaient plutôt vigoureuses.
Les racines de cet ancien Arbre Sacré produisaient-elles encore une grande quantité d’énergie magique ?
Et peut-être que la Sorcière préservait l’arbre d’une manière ou d’une autre... ?
— ...............
Je vois.
Si elle avait à sa disposition un buffet d’énergie magique à volonté...
— Cet endroit est probablement l’environnement idéal pour une sorcière.
À la surface de la racine se trouvaient plusieurs ouvertures semblables à des grottes.
Elles semblaient avoir été creusées artificiellement.
Je pouvais en effet voir des escaliers en bois menant jusqu’à ces ouvertures.
De plus, une ouverture ressemblant à une entrée, suffisamment large pour laisser passer une personne, se trouvait assez haut.
En la regardant, cela ressemblait un peu à une terrasse...
— Touka.
Il semblerait qu’Eve ait elle aussi remarqué « ça ».
— Ouais.
L’ombre d’une silhouette humanoïde.
Elle se trouvait sur cette terrasse qui dépassait de la racine.
C’était de là que cette personne était apparue.
Je pouvais voir quelque chose illuminer la zone.
La lumière de mon sac de cuir ne pouvait même pas être comparée à celle-ci.
Cet endroit était extrêmement lumineux.
Je pouvais donc clairement distinguer la silhouette de la personne qui s’y tenait.
De longues oreilles.
Des boucles d’oreilles.
Une peau bronzée.
Son apparence physique permettait de comprendre qu’il s’agissait d’une femme.
Dans mon ancien monde, le terme « sorcière » pouvait également désigner un homme.
Cependant, il semblerait qu’elle soit littéralement une femme.
Des yeux froids en amande.
Une expression glaciale.
La couleur de ses yeux...
semblait être d’un bleu violacé.
Ses cheveux d’un noir de jais étaient attachés en deux longues couettes.
Les mèches qui retombaient de chaque côté étaient particulièrement longues.
Les pattes d’une araignée à longues pattes.
Elles me faisaient vaguement penser à ça.
Un grand ruban blanc était noué autour d’elle.
Quant à sa tenue...
Elle ressemblait un peu à ce qu’on appelle une robe chinoise.
Une qipao.
C’était probablement à cause de la partie qui ressemblait à un tablier et de la fente dans son vêtement.
Cependant, on pouvait également dire que sa tenue comportait des éléments de style occidental.
Ce n’était pas simplement un mélange de styles japonais et occidental, mais plutôt une fusion entre l’Orient et l’Occident.
Sa tenue dévoilait néanmoins beaucoup de peau.
...Enfin, je doute que cela la dérange, puisque nous nous trouvions dans un endroit complètement à l’abri du regard du public.
Elle tenait dans sa main un bâton richement décoré.
C’était probablement bien elle.
La Sorcière des Tabous.
La Sorcière nous regardait froidement depuis les hauteurs.
Finalement, elle entrouvrit ses lèvres parfaitement dessinées.
— ※Kk, mk■▽hjn*gkt◇h
— ...Quoi ?
Elle parlait une autre langue ?
Non, c’était peu probable.
La Sorcière avait rencontré la tribu d’Eve par le passé.
La Sorcière qui en savait trop.
C’était justement parce qu’elle en savait trop qu’elle était devenue un tabou.
C’était ainsi que son histoire s’était répandue à travers le monde.
Une Sorcière possédant une immense quantité de connaissances.
Il était impossible qu’elle ignore la langue commune de ce monde.
Dans ce cas...
— sW...■hbt※t ?
Seras prononça soudainement ces mots.
Dans une langue que je ne comprenais pas.
La Sorcière...
Bam !
...frappa le sol à côté de ses pieds avec son bâton.
— Je ne pensais pas que tu connaîtrais la langue ancienne.
Cette fois, je pouvais comprendre la langue qu’elle parlait.
Seras fit un pas en avant.
— Cette question était-elle une épreuve ?
— En effet. Je voulais simplement évaluer jusqu’où allaient vos capacités.
Je commençai à observer la Sorcière.
Elle conversait désormais avec Seras.
Pourtant, son regard restait fixé sur moi.
Seras demanda :
— Êtes-vous...
— Ne me fais pas rire.
Avant même qu’elle puisse terminer sa phrase, la Sorcière l’interrompit.
— Je n’ai pas besoin d’écouter une question dont la réponse est aussi évidente. De toute façon, tu es déjà pratiquement convaincue que ton intuition est juste, n’est-ce pas ?
Son ton était réprobateur.
Cependant, il ne semblait pas particulièrement sévère.
Personnellement, sa manière de parler me surprenait un peu.
C’était presque comme si elle s’adressait à une petite fille.
Son visage et son corps donnaient pourtant l’impression qu’elle était parfaitement adulte.
À en juger uniquement par son apparence, « envoûtante » serait probablement le premier mot qui viendrait à l’esprit de n’importe qui.
Je mentirais si je prétendais que cela n’avait pas créé une petite ouverture dans ma garde.
Comme si cela l’amusait légèrement, la Sorcière déhancha légèrement son corps.
— Par conséquent, inutile de poser des questions sur chaque petite chose.
Fouuush.
La Sorcière fit tournoyer une fois son bâton dans sa main.
Comme quelqu’un faisant tourner un stylo entre ses doigts.
— Commençons par les présentations. Mon nom est Erika Anarveil.
(N/T : エリカ・アナオロバエル / Erika Anaorobaeru)
La Sorcière déclara fièrement « son nom ».
— Celle que vous appelez tous la “Sorcière des Tabous”.