Chapitre 156
Chapitre 156 – Les héros dans la boue
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
<Point de vue de Kashima Kobato>
Une femme-léopard qui s’était présentée sous le nom d’Eve.
Après nous être séparées d’elle, je marchai à travers la forêt faiblement éclairée.
Le soleil était sur le point de se coucher...
Une forêt vraiment sombre.
Un paysage uniquement empreint de solitude.
Pourtant, je ne ressentais pas tant d’anxiété que ça.
Les sœurs Takao marchaient devant et derrière moi.
Le sentiment de sécurité que j’éprouvais venait probablement de la présence de ces deux filles.
Je...
— Hum...
...commençai à parler pour les remercier.
— Encore une fois, merci... vraiment beaucoup, Takao-san.
— Woah, incroyable... Elle a encore dit “Takao”. Tu peux simplement m’appeler par mon prénom. On est toutes les deux des Takao, tu te souviens ? Et puis, cette habitude que tu as d’utiliser des honorifiques ? Pas besoin de ça, on est dans la même classe d’âge.
Itsuki prononça ces mots d’un ton léger.
Elle essayait d’être attentionnée envers moi.
Je pouvais le comprendre au son de sa voix.
— ...Itsuki-san et Hijiri-san, vous êtes vraiment incroyables toutes les deux. Même dans un endroit pareil, je n’ai pas l’impression que votre manière d’agir ait changé par rapport à notre ancien monde.
— Les êtres humains sont des créatures qui changent, qu’ils soient envoyés dans un autre monde ou non.
Hijiri, qui marchait derrière moi, prit la parole.
— Quelque chose peut servir de déclencheur, mais au bout du compte, ceux qui sont capables de changer changeront, quel que soit le monde dans lequel ils se trouvent. Et ceux qui ne changent pas resteront les mêmes.
— V-Vous êtes vraiment incroyable, Hijiri-san...
Mes épaules s’affaissèrent.
Je ne pouvais que répéter le mot « incroyable ».
Je détestais mon manque de vocabulaire.
(Même après avoir lu autant de romans, je n’arrive pas à trouver les mots que je veux employer quand il s’agit d’une véritable conversation...)
J’essayais de construire mentalement une conversation intelligente.
Cependant, tout s’effondrait rapidement.
Comme je le pensais, j’étais vraiment mauvaise dans les conversations en face à face.
Moi aussi, j’essayais désespérément de changer.
Cependant, certaines parties de nous étaient peut-être trop profondément enracinées dans notre personnalité pour pouvoir être modifiées.
— Au fait, Kashima.
— Ah, oui.
Itsuki Takao voulait me demander quelque chose... ?
Je me demandais ce que c’était.
— Qu’est-ce... qu’il y a ?
— Pourquoi est-ce que tu fais partie du groupe d’Asagi ?
— Hein ?
— Peu importe comment je regarde la situation, Kashima est beaucoup plus proche de la Présidente.
— C’est parce que...
Je repensai à ce qui s’était passé au Palais Royal d’Alion.
△
La Première Épreuve.
La condition que nous devions remplir était de tuer un monstre.
Cependant, je n’avais pas réussi à le tuer.
Je n’y arrivais pas.
C’est à ce moment-là...
qu’Asagi...
— Pour notre pauvre Poppo-chan complètement terrifiée, cette fiable Asagi-san va venir à ton secours.
...me murmura ces mots.
Quant au résultat...
J’avais réussi à tuer le monstre.
Son cadavre gisait devant nous.
— Tu as réussi, Poppo-chan~ ! On dirait que tu as eu un coup de chance après avoir paniqué sous l’effet de la peur, mais ça s’est finalement transformé en percée ! Et voilà, Première Épreuve terminée ♪
La déclaration d’Asagi avait été particulièrement forte.
Je pense qu’elle avait volontairement élevé la voix pour que toutes les personnes autour de nous puissent l’entendre.
Asagi s’était ensuite approchée.
Depuis l’arrière, légèrement sur le côté, elle avait posé son coude sur mon épaule.
— Umu ! Je vais t’expliquer ça de manière à ce que même Poppo, qui a envoyé la majorité de ses nutriments dans ses seins au lieu d’en garder suffisamment pour son cerveau, puisse comprendre.
Elle commença à parler d’un ton affectueux.
— L’humanité a survécu en se tenant mutuellement la patte. Mais dès qu’on cesse de coopérer, on finit par se bouffer les uns les autres. Voilà pourquoi nous aussi, nous devons travailler ensemble.
Mes jambes tremblaient légèrement.
J’avais l’impression qu’un serpent s’enroulait autour de mon corps.
À cet instant, j’avais trouvé Ikusaba Asagi « effrayante ».
J’étais incapable de répondre.
Aucun mot ne sortait.
— Kobato-san.
Depuis derrière moi, la main d’Asagi avait rampé jusqu’à mon sein gauche.
— Tu as déjà entendu parler de l’histoire des êtres humains ?
▽
J’ai peur.
J’ai peur d’Ikusaba Asagi.
Puis je pris la parole.
— Et c’est comme ça... que j’ai fini par rejoindre le groupe d’Asagi.
L’air décontracté, Itsuki croisa les mains derrière sa tête.
— Personnellement, Asagi me donne vraiment un mauvais pressentiment...
Sans même m’en rendre compte, je sentis de l’humidité sur mon corps.
Ce n’était pas parce que j’avais été mouillée par la pluie.
Je n’aimais pas cette sensation...
Je savais parfaitement reconnaître le moment où je transpirais.
Je pris la parole.
— Oui, je sais.
Avec une expression innocente, Itsuki inclina la tête.
— Hmm ? Toi aussi, tu la trouves dangereuse, Kashima ? ...Asagi te fait chanter avec quelque chose ?
Je secouai la tête.
— Non, ce n’est pas ça.
□
— Poppo~ Tu veux vraiment rejoindre Ayaka, pas vrai ?
— Oui... Au début, c’était ce que je voulais.
— Hoh~ ?
— Maintenant, eh bien... J’ai une dette envers Asagi-san à cause de ce qui s’est passé pendant cette épreuve...
— Ooh~ ! Tu es vraiment adorablement gentille, hein ?! Cette Asagi-san est profondément émue.
▽
Je ne fuirai pas le groupe d’Asagi.
Parce que...
— Cela pourrait peut-être aider Sogou-san un jour.
Itsuki cligna des yeux de surprise.
— Hein ?
J’essayai de sourire.
Mais...
Je n’y arrivai pas.
— C’est parce qu’Asagi-san pense que je suis idiote... Et peut-être qu’elle n’a personne d’autre devant qui elle peut laisser échapper ses véritables sentiments...
Asagi s’entendait bien avec la plupart des filles.
Elle avait beaucoup d’amies.
Cependant, il n’y avait personne qu’elle pouvait réellement appeler une amie proche.
Oui.
Depuis tout ce temps.
Durant tout ce temps.
— Asagi-san est très intelligente. C’est pour ça qu’elle choisit soigneusement les personnes devant lesquelles elle peut montrer ses véritables sentiments. Et je suis certaine qu’elle sait que j’ai peur d’elle... Alors, hum... Je suis certaine qu’elle pense que je ne pourrai jamais m’opposer à elle...
(En réalité, elle me parle souvent de choses dont elle ne parle pas avec les autres filles...)
Je pouvais probablement dire que ce n’était pas simplement superficiel, mais véritablement authentique.
J’aimais lire.
Grâce à ça, j’étais capable de comprendre ce genre de subtilités...
Enfin, je crois.
C’était du moins ce que je pensais, mais...
— Passer sa vie à cacher ses véritables sentiments peut être beaucoup plus éprouvant qu’on ne l’imagine.
Hijiri intervint.
— Personne n’est assez fort pour traverser toute son existence en portant un masque de mensonges. Et plus une personne est intelligente, plus elle ressent le désir de révéler sa véritable nature aux autres. Cela confirme sa supériorité et lui donne envie de l’affirmer devant quelqu’un.
Les sourcils d’Itsuki se froncèrent.
Elle semblait particulièrement confuse.
— Hmmm~ ? Grande sœur... Qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
— Simplement que lorsqu’une personne est intelligente, elle a envie de se vanter de son intelligence devant quelqu’un.
— Ah, je vois. Hein ? Mais toi aussi, tu es intelligente, Grande sœur... pas vrai ?
— Maintenant que tu le dis, je suppose que je ne peux pas le nier.
— Même toi, Grande sœur ?
— Eh bien, oui. Je reste humaine.
Hijiri esquissa un léger sourire.
— Enfin... Lorsqu’une personne est vraiment trop intelligente, elle peut aussi réfléchir à un niveau complètement différent de ceux qui éprouvent le besoin de montrer leur supériorité aux autres.
— Hmm... Quelqu’un devant qui on pourrait se vanter, hein... Dis... Est-ce que ça a seulement un intérêt de me vanter devant les autres... ?
— Tu es sans aucun doute ma petite sœur dont je suis fière.
— Fueehehe ♪
(La réponse d’Hijiri-san à l’instant... Ce n’était probablement pas la réponse que tu cherchais, Itsuki-san...)
Cependant, je ne pouvais rien dire.
Visiblement de meilleure humeur, Itsuki reporta ses questions sur moi.
— Mais Kashima~ ? En quoi le fait que tu connaisses les véritables sentiments d’Asagi pourrait aider la Présidente ?
— Elle pourrait me le dire.
— Hmm ? Te dire... quoi ?
— Je suis certaine qu’à un moment ou à un autre, Asagi-san finira par me parler de ses projets importants.
Je m’attendais au moins à ce qu’elle laisse échapper un indice.
— Si Asagi-san essayait de préparer quelque chose qui pourrait mettre la vie de Sogou-san en danger... Moi, qui suis la personne la plus proche d’elle...
Je posai une main sur ma poitrine.
Comme pour calmer mon cœur.
— Je suis certaine que je pourrais aller prévenir Sogou-san aussi vite que possible.
Itsuki s’arrêta de marcher.
— Kashima, tu...
— Ça va.
Gloups.
J’avalai ma salive malgré ma gorge sèche.
— En pensant à cette “Poppo idiote et peureuse”... Asagi-san ne s’imaginerait jamais que je puisse penser à quelque chose comme ça.
Même si une idée pareille me traversait l’esprit, je n’aurais pas le courage de la mettre à exécution.
Si c’était Ikusaba Asagi, elle penserait probablement ainsi.
Et elle aurait raison.
En réalité, je n’en avais pas le courage.
Oui...
Ce n’était pas encore le moment.
(...C’est pour ça que je dois devenir plus forte.)
Puis...
— Il semblerait que nous ayons pris la bonne décision en partant à la recherche de Kashima-san.
Hijiri prit la parole.
Je me souvins alors d’une question que je retenais depuis longtemps.
— M-Maintenant que j’y pense... Pourquoi Hijiri-san et Itsuki-san êtes-vous venues m’aider ?
— J’imagine que c’est parce que la Sogou-san actuelle a besoin que Kashima-san reste en vie.
— M-Moi ?
— Quelle personne ennuyeuse.
— Hein ?
Hijiri posa une main sur la garde de son épée encore dans son fourreau.
— Sans nous en informer, la Déesse a envoyé une unité distincte pour cette expédition. Aucun d’entre eux n’a prononcé un mot à ce sujet, donc il est assez difficile de l’affirmer avec certitude... Mais leur objectif est probablement d’assassiner les filles du groupe de Sogou-san.
— ........Hein !?
— Elle doit avoir l’intention d’imposer un lourd fardeau mental à Sogou-san en faisant mourir les personnes auxquelles elle tient.
J’étais profondément choquée.
— P-Pourquoi ferait-elle quelque chose d’aussi horrible... ? Alors que c’est la Déesse elle-même qui les a invoqués... Pour que tout le monde puisse retourner dans notre ancien monde... Tout le monde travaille si dur pour vaincre le Grand Empereur Démon pour le bien de la Déesse... !
— La Déesse veut transformer Sogou-san en un pion obéissant. Cela prouve également à quel point les Héros de rang S ont de la valeur... Mais pour y parvenir, elle doit d’abord briser son esprit, puis lui laver le cerveau et la reconstruire comme elle le souhaite.
Les yeux d’Hijiri se fixèrent directement dans les miens.
— Et la mort de Kashima-san aurait probablement elle aussi un impact extrêmement négatif sur Sogou-san. Je l’ai compris en observant son comportement.
(C-C’est vrai... ? Quand Hijiri-san dit ça, ça me rend un peu heureuse...)
— Comme c’est ennuyeux.
Depuis l’obscurité derrière moi, Hijiri poursuivit.
— Si le cœur de Sogou-san venait à être brisé maintenant, il serait facile d’imaginer ce qui se produirait ensuite.
Sa silhouette était trempée par la pluie.
Ses vêtements mouillés collaient à sa peau.
Ils accentuaient les lignes du corps d’Hijiri.
Elle était mince, mais ne semblait absolument pas fragile.
Sa silhouette digne se tenait calmement sous la faible lumière.
Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais la regarder me procurait un étrange sentiment d’effroi.
— Kashima-san, tu as dit tout à l’heure que tout le monde travaillait dur afin que nous puissions retourner dans notre ancien monde, n’est-ce pas ?
— Hein ? O-Oui...
Quelques mèches mouillées étaient collées autour de sa bouche.
Hijiri les écarta doucement avec ses doigts fins avant de les replacer élégamment.
— La condition pour que nous puissions retourner dans notre ancien monde est de vaincre le Grand Empereur Démon. Mais même si nous y parvenions...
Hijiri Takao.
Limpide...
Intelligente...
Froide.
(...Hijiri-san.)
— Je n’arrive tout simplement pas à imaginer cette Déesse nous renvoyer docilement dans notre ancien monde.
▽
— Oohhh, Poppo, te voilà ! On s’inquiétait pour toi~
Le groupe de la classe 2-C accueillit notre retour.
La première personne à me prendre dans ses bras fut Ikusaba Asagi.
— Hmm~ ? Alors, pourquoi tu étais avec les Takao ?
— Je les ai rencontrées par hasard et elles m’ont aidée...
Asagi jeta un regard aux sœurs Takao.
— Fuuunnnn... Il semblerait que les Takao soient plutôt généreuses, hein... Hehhh...
— Kashima-san...
— Ah... Sogou-san.
Sogou Ayaka accourait vers nous.
Ayaka posa ses deux mains sur mes épaules.
— Est-ce que tu vas bien ? Tu n’es pas blessée ?
Je pouvais sentir qu’elle s’inquiétait sincèrement pour moi.
Sans même m’en rendre compte, je sentis mes joues se détendre en un sourire.
— Oui, grâce aux sœurs Takao...
Je ne les appelai pas « Hijiri-san » ou « Itsuki-san ».
Parce que j’avais l’impression qu’il ne fallait pas donner l’impression que j’étais devenue proche d’elles.
Surtout devant Asagi.
Ayaka adressa un regard reconnaissant aux sœurs Takao.
— Oui, Takao-san et les autres...
Immédiatement après notre retour, les sœurs Takao avaient simplement fait un bref rapport à Nyantan.
Elles ne semblaient pas vouloir se mêler davantage aux autres élèves.
Puis, alors que je pensais à cela...
— J’espère que vous êtes conscientes d’avoir gaspillé mon précieux temps en disparaissant de votre propre initiative...
Celui qui s’adressa aux jumelles était Kirihara Takuto.
Alors qu’il avait jusque-là ignoré leur existence en classe.
— Heh... Qu’est-ce qui t’arrive, Kirihara ? C’est plutôt inhabituel de te voir venir nous parler.
Itsuki lui répondit sans la moindre gêne.
Elle se plaça entre Hijiri et Kirihara.
Comme si elle protégeait sa sœur.
— Sogou a déjà été éliminée de la liste des candidates.
— ...Hein ? De quoi tu parles ? Je ne comprends absolument pas pourquoi tu sors ça tout à coup.
— Ce que je dis, c’est que les seuls Héros de rang S encore dignes de ce nom sont peut-être Takao Hijiri... et moi.
— Non, comme je viens de te le dire, je ne comprends pas ce que tu racontes.
— Soit vous vous joignez à nous, soit vous rejoignez le camp de ceux qui ont été éliminés... Vous allez devoir faire un choix.
Itsuki fixa Kirihara.
— T’as vraiment des asticots dans le cerveau, Kirihara.
— Takao Itsuki, les paroles de ce Réceptacle du Roi sont un cadeau que je t’accorde... Pour quelqu’un qui n’est qu’un bonus accompagnant sa sœur, tu aboies beaucoup aujourd’hui.
— Je ne vais pas nier que je ne suis peut-être qu’un bonus accompagnant ma sœur... Mais toi, le Roi Nu qui nous as ignorées jusqu’à maintenant, qu’est-ce qui te prend tout à coup ?
Kirihara poussa un profond soupir.
— C’est simplement que je vais enfin vous faire prendre conscience de l’existence de ce Réceptacle du Roi... Ne m’oblige pas à me répéter. Tu es exactement ce qu’on appelle le genre de personne qui “a de bonnes notes mais reste stupide”...
— Je n’ai pas envie d’entendre ça de ta part simplement parce que je t’ai battu plusieurs fois en finale.
Crac.
Kirihara fit craquer son cou.
— Après tout, j’ai toujours eu l’intention d’être un généraliste...
— Et alors... ?
— Malgré tout...
Kirihara tendit la main vers Hijiri.
— Hijiri... Tu devrais mieux discipliner ta petite sœur.
Clac !
Itsuki bloqua la main de Kirihara alors qu’il s’apprêtait à toucher sa sœur.
— Qu’est-ce que tu fous ? N’essaie pas de toucher ma sœur sans permission.
Sans que son expression ne change, Hijiri resta silencieuse.
Ses yeux semblaient eux aussi observer Kirihara.
— Dans mon esprit... J’avais prévu d’être indulgent envers vous pour le moment, en essayant de conserver un cœur compatissant, mais...
Soupirant, Kirihara repoussa ses cheveux en arrière.
— Je vais vous montrer l’écart qui existe entre nous... J’espère simplement que tout cela se terminera sans que vous soyez blessées, mais...
— Fais-le.
Silence.
À cet instant, tout le monde s’immobilisa, comme si le temps s’était arrêté.
Puis...
— <Dragonic...
BrrrrrrrrRRRRRRR...
— <Lightning Shifter>.
Crac, craaaccckkkllleeee...
— Hé ! Ça suffit, bande de petits morveux !
En réalité, Nyantan était sur le point d’intervenir pour les arrêter.
Mais ce fut Abyss, la fille aînée des Quatre Saints Vénérés, qui les interrompit.
— Vous tenez vraiment à rendre la situation encore plus emmerdante que ça !? Vous voulez que je vous remette du plomb dans le crâne jusqu’à ce que vous commenciez à obéir, comme je l’ai fait avec cet abruti mal élevé d’Oyamada !? Hé, putain, qu’est-ce que vous voulez tous à la fin !?
En regardant dans sa direction, je vis Oyamada Shougo derrière Abyss, avec un bleu sur la joue.
Il fixait Abyss avec un regard plein de rancœur.
Il avait probablement fait quelque chose qui lui avait valu une gifle.
La raison pour laquelle il ne se trouvait pas près de Kirihara était apparemment qu’il avait été avec Abyss.
Kobato déglutit.
(Pouvoir s’interposer entre ces deux-là sans montrer la moindre nervosité... Comme je le pensais, les Quatre Saints Vénérés sont vraiment incroyables...)
Ce fut Kirihara qui recula le premier.
— Chacun d’entre vous a vraiment eu de la chance... Vous avez échappé de justesse à la mort.
Frottant son cou d’un air mécontent, Kirihara soupira.
— Parce que ces demi-portions jouent les gentils, le nombre de faibles inutiles qui se font des idées et qui feraient mieux de mourir ne cesse d’augmenter... Ces idiots et ces incapables ne comprennent même pas qu’ils ne font que ralentir les plus forts. Vous pensiez vraiment qu’ils changeraient simplement parce qu’on se trouve dans un autre monde ? C’est ça... la solitude du Roi... Tss, c’était dangereux...
Itsuki recula elle aussi.
— ...C’est parce qu’on est arrivés dans un autre monde que tu as soudainement commencé à perdre complètement la tête, Kirihara ?
— Itsuki.
Hijiri ouvrit enfin la bouche.
— Tu m’as protégée. Merci.
— Fumuu... Pour des connards comme lui, Grande sœur n’a même pas besoin de s’en occuper elle-même.
— Ooh, on dirait que tout le monde est déjà là ?
La personne qui arriva ensuite était le fils aîné des Quatre Saints Vénérés, Agito.
D’une manière ou d’une autre, il apparut depuis la direction opposée à celle où devait se trouver la partie la plus profonde de la Zone Démoniaque.
Et en plus, il montait maintenant à cheval.
— Je suis désolé, mais nous devons partir avant le lever du soleil.
Agito jeta un regard à Nyantan.
Nyantan hocha légèrement la tête.
Autour de nous, certaines filles...
— — — Kyaaaahhh, Agito-san ♪
Leurs cris aigus résonnèrent.
— Hé !? Il est même à cheval !? Et en plus, c’est un cheval blanc !
— C’est tellement romantique, beaucoup trop romantique ! Sérieusement, c’est beaucoup trop romantique !
— Ce n’est plus seulement un rêve ! Un prince sur un cheval blanc ! Je n’aurais jamais cru que ça existait vraiment... !
— Ahri ! C’est l’inverse, Ahri ! On dit un Prince Charmant, Ahri !
— Ah, je ne peux même pas partager une vue aussi magnifique sur les réseaux sociaux, quelle tragédie... !
Avec un sourire embarrassé, Agito regarda dans la direction d’Alion.
— Comment dire... En mettant de côté cette étrange anomalie provoquée par la procession de monstres, il semblerait que nous devions de toute façon retourner à Alion.
Sans regarder Agito, Kirihara demanda :
— Il s’est passé quelque chose ?
— Un messager venu d’Alion est arrivé à cheval au campement que nous avons établi près de la frontière de la Zone Démoniaque.
Depuis sa monture, Agito nous informa :
— Le Grand Empereur Démon, qui n’avait encore fait aucun mouvement jusqu’à présent, vient finalement d’entamer une vaste marche vers le sud.