Chapitre 147
Chapitre 147 – Les héros, tandis que le tonnerre gronde
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
<POV d’Eve Speed>
C’était quelques instants avant que je ne rencontre cette petite fille humaine...
△
— Eve... Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Nous nous trouvions dans la grotte où Touka nous avait ordonné de nous cacher.
Nous étions restées là, exactement comme il nous l’avait demandé.
À l’extérieur de la cavité, une pluie torrentielle s’abattait.
À l’entrée, les gouttes de pluie éclaboussaient le sol rocheux.
— Je vais rejoindre Touka.
Seras Ashrain était quelqu’un dont je n’arrivais pas à lire les véritables intentions sur le visage.
Sans prononcer un mot, Liz leva vers moi un regard inquiet.
Seras agrippa fermement mon épaule.
— Cependant, Touka-dono nous a demandé d’attendre ici.
— Lâche-moi, Seras.
Assise proprement sur le sol, ses magnifiques jambes blanches repliées, Seras me fixa d’un regard ferme.
— Dites-nous ce que vous avez l’intention de faire.
— Fumu...
Je laissai échapper un grognement.
— ...Quelle surprise. Je pensais que tu serais plus obstinée. Puisque c’est un ordre de Touka, nous devons absolument lui obéir... Je pensais que tu me réprimanderais en disant quelque chose comme ça.
— J’ai autrefois appartenu à un Corps de Chevaliers. Je n’aurais pas été digne d’être leur Chevalière-Capitaine si j’avais rejeté l’opinion de mes camarades sans même les écouter. Je dois également prendre leurs paroles en considération.
— Fuuu... Je vois. Alors, je vais te dire ce que j’ai l’intention de faire.
Je regardai la tempête qui faisait rage à l’extérieur.
— Pour faire simple, les ennemis sont beaucoup trop nombreux. Il ne doit pas y avoir seulement un ou deux monstres à Visage Humain parmi eux.
— Vous voulez dire qu’il sera difficile pour Touka-dono de survivre, même avec la puissance qu’il possède ?
— Il est possible qu’il survive. Ce n’est pas le genre d’homme à se jeter dans un combat s’il n’a aucune chance de gagner... Cependant, je ne pense pas qu’il puisse revenir sans la moindre blessure.
Cette fois, Seras ne formula aucune objection.
Je plissai les yeux en la regardant.
— Surtout que l’état actuel de Touka est loin d’être parfait.
— Il a dit qu’il n’y avait aucun problème grâce aux corrections liées à son niveau, mais...
Elle ne termina pas sa phrase.
Il semblerait que Seras elle-même en avait conscience.
— Tu l’avais donc remarqué toi aussi. En d’autres termes, depuis que nous sommes entrés dans la Zone Démoniaque, Touka est celui d’entre nous qui a le moins dormi.
— ...Oui.
— Il s’est également chargé de la majorité des tours de garde, en disant qu’il pouvait profiter de ce temps pour procéder à des essais et des erreurs afin de fabriquer des Objets Interdits capables d’exploiter la puissance de Pigimaru. Et à l’inverse, il utilisait <Sleep> sur nous pour nous faire volontairement dormir plus longtemps... C’est du moins ce que je pense.
Surprise, Seras posa un doigt fin sur ses lèvres couleur cerise.
Une Technique Magique capable d’endormir sa cible...
Non.
Une compétence appartenant à un Héros venu d’un Autre Monde.
Peu importe la situation, la cible tombait dans un profond sommeil.
Touka nous l’avait expliqué auparavant.
Cependant, il semblerait qu’on ne puisse pas se réveiller tant qu’il n’annule pas lui-même la compétence.
Selon la manière dont elle était utilisée, c’était une capacité terrifiante...
— Pendant que nous dormions, il a peut-être utilisé <Sleep> sur nous en plus de notre sommeil naturel...
— Umu. Les moments où nous nous réveillions étaient toujours très proches les uns des autres... Mais il existait tout de même un léger décalage. Touka est intelligent. Il savait que nous comprendrions facilement qu’il utilisait sa compétence si nous nous réveillions toutes exactement au même moment. Il a donc probablement légèrement décalé l’instant où il activait sa compétence sur chacune de nous. Au début, je pensais simplement que j’avais trop dormi parce que je n’étais pas encore habituée à cet environnement et que je me fatiguais facilement...
— Il semblerait que Touka-dono se soit toujours inquiété de notre épuisement mental.
Touka...
— Dormez suffisamment. C’est le meilleur moyen de récupérer de la fatigue mentale.
...disait régulièrement cela.
— Malgré tout, il est difficile de dormir paisiblement ici, dans la Zone Démoniaque Dorée... C’est pourquoi, afin que nous ne souffrions pas du manque de sommeil, je pense que Touka utilisait régulièrement <Sleep> sur nous. Enfin... Après tout ce temps, j’ai l’impression de m’être déjà habituée à dormir ici, dans la Zone Démoniaque.
Pourtant, pourquoi continuions-nous à dormir aussi profondément que lors de nos premiers jours dans la Zone Démoniaque ?
Je ne pouvais absolument pas l’expliquer autrement.
— Pour s’assurer de pouvoir “activer” sa compétence, Touka-dono a donc sacrifié son propre temps de sommeil depuis notre entrée dans la Zone Démoniaque... ?
— Je crains que ce soit probablement le cas. Et en réalité, c’est peut-être justement grâce à cela que nous avons réussi à tenir jusqu’ici.
Prenons Liz, par exemple.
Il allait sans dire qu’elle était, parmi nous, la moins adaptée à la Zone Démoniaque.
Et pourtant, même Liz ne souffrait pas de manque de sommeil.
Comme je le pensais, il était logique de supposer qu’il utilisait secrètement <Sleep> sur nous.
— De plus, Touka-dono...
Seras sembla vouloir ajouter quelque chose.
Cependant, elle ne poursuivit pas.
— Mhmm ? Qu’y a-t-il ?
— ...Non, ce n’est rien. Laissons cela de côté. C’est de vous dont nous parlons actuellement. Si vous êtes réellement décidée à faire cela, je pense que nous ne devrions pas perdre davantage de temps.
— ...Umu.
J’étais reconnaissante envers Seras de rester aussi calme dans une telle situation.
Je poursuivis.
— Dans ces conditions, même avec les corrections de son Statut, ce sera difficile pour Touka puisqu’il n’est pas dans un état optimal. Je ne peux pas affirmer avec certitude qu’il ne commettra aucune erreur. Il est même possible que... il soit actuellement grièvement blessé et incapable de bouger.
Seras ne contredit pas mes paroles.
Même si elle semblait vouloir le faire, ne serait-ce qu’un peu.
— Vous comptez sortir seule ?
— Ce que j’ai dit à Touka tout à l’heure n’était pas du bluff. Il y a de bonnes chances que les monstres me considèrent comme l’une des leurs et m’ignorent. Qu’il s’agisse d’effacer ma présence ou de me déplacer sur ce genre de terrain, ce sont des choses dans lesquelles j’excelle.
Je tournai de nouveau les yeux vers l’extérieur de la grotte.
— La nuit va bientôt tomber, mais je peux également me déplacer dans l’obscurité. Je n’ai donc pas à craindre qu’un monstre m’attaque sans que je m’en rende compte. Et mon ouïe est également excellente.
— Je suppose que vous n’inventez pas des mensonges sans fondement uniquement pour nous convaincre.
Seras confirma mes paroles.
C’est vrai.
Elle pouvait déterminer si quelqu’un mentait ou non.
(— À l’inverse, si tu ne lui présentes que des vérités, on peut dire qu’elle est facile à convaincre... hein. Effectivement, c’est exactement comme Touka l’avait dit.)
Une fois encore impressionnée par lui, même intérieurement, je poursuivis.
— Et... si Touka et Slei sont gravement blessés, je suis la seule capable de les transporter tous les deux sur mes épaules.
La Force Physique.
C’était un exploit impossible pour une Haute Elfe.
Baissant ses longs cils, Seras réfléchit pendant un moment.
La voir ainsi plongée dans ses pensées ressemblait à une scène extraite d’un chef-d’œuvre.
C’est ce qui me traversa soudainement l’esprit.
Les cils de Seras se relevèrent et ses yeux s’ouvrirent.
Liz se reflétait dans ses yeux bleu ciel.
— Je ne peux pas laisser Liz seule ici. Touka-dono ne me le pardonnerait pas si je faisais une chose pareille. C’est pourquoi... je vais attendre ici avec Liz.
— Seras.
Je prononçai son nom.
Et toute ma gratitude était contenue dans cet appel.
— Cependant, pourrez-vous réellement trouver Touka-dono ?
— Je devrais pouvoir trouver différentes traces dans la forêt. Tu dois le savoir puisque tu es une Haute Elfe, non ?
Les traces laissées par une bête...
Les arbres griffés...
Les milliers de feuilles tombées...
Les branches brisées...
La terre dispersée...
Les pierres ébréchées...
Si on les observait attentivement, la forêt nous révélait ses « signes ».
— C’était une immense procession. Même sous cette pluie, je trouverai forcément des traces restantes. Et si Touka a engagé un combat rapproché contre cette horde de monstres, il devrait être encore plus facile de suivre leur piste.
— Touka-dono a appris à Slei-dono notre odeur afin qu’elle puisse revenir jusqu’à nous. Cependant, pourrez-vous retrouver votre chemin après être partie ?
Je pointai ma tempe du doigt.
— J’ai toujours la carte et les distances approximatives enregistrées ici. Et en chemin, je compte également laisser des repères.
Seras sembla légèrement soulagée en entendant cela.
— Très bien. Je comprends que vous n’avez pas pris cette décision simplement sous le coup de l’impulsivité.
— Je t’en suis reconnaissante.
— ...Je suis désolée pour ça.
— Mhmm ?
— J’ai tout de même été nommée “Vice-Capitaine” de ce groupe. Maintenant que Touka-dono n’est pas là, il est de mon devoir de penser à la sécurité de mes camarades... J’aimerais essayer de me comporter comme telle, alors... désolée.
— Fuuu...
Un petit rire faillit m’échapper.
— Tu aimes vraiment ce type, hein.
— ...Oui. Après tout, c’est à lui que je me suis entièrement dévouée.
Se dévouer entièrement à quelqu’un.
Je n’osai pas lui demander ce qu’elle entendait exactement par là.
Quoi qu’il en soit...
— Ce n’est pas quelqu’un que nous pouvons nous permettre de perdre ici.
Nous ne devions pas laisser augmenter les risques de le perdre.
Je n’avais aucune preuve absolue pour soutenir mon raisonnement précédent.
Cependant, mon instinct me le disait.
Je posai ma main sur la tête de Liz, qui avait silencieusement écouté notre conversation jusqu’à présent.
— Écoutez bien Seras, Liz.
— Grande sœur...
Elle saisit ma main posée sur sa tête entre les siennes et la serra fermement.
Serrrrre.
Sa petite main agrippait fortement la mienne.
Ses mains tremblaient légèrement.
Elle ne parvenait pas à cacher l’inquiétude sur son visage...
C’était le visage de quelqu’un qui avait peur de perdre une personne qui lui était chère.
— Ne pars pas.
Je pouvais entendre le cœur de Liz crier ces mots.
— Fais de ton mieux pour retrouver Touka-dono.
— ...Liz.
Je voulais graver ces paroles dans mon esprit.
Lorsque Liz prononça ces quelques mots, j’eus l’impression qu’elle cherchait à me pousser en avant.
Son envie de m’empêcher de partir.
Son inquiétude pour la sécurité de Touka.
Entre ces deux sentiments contradictoires, Liz avait finalement choisi de privilégier « ce que je ressentais ».
Et en plus de cela, il y avait aussi l’inquiétude de Seras concernant la sécurité de Touka.
Je ne pouvais que me sentir désolée qu’une enfant comme elle doive prendre en considération les sentiments des adultes qui l’entouraient.
— ...Je suis désolée, Liz.
Liz hocha la tête.
Avec une expression donnant l’impression qu’elle comprenait tout.
Remplie de détermination, je me levai, mon épée à la main.
J’avais également emporté deux épées supplémentaires en guise de réserve.
Seras rectifia sa posture.
— Je vous en prie, promettez-nous de revenir saine et sauve.
— ...Bien reçu. Encore une fois, je te confie Liz, Seras.
— Peu importe la méthode que je devrai employer, je ferai en sorte de la protéger.
Je fus légèrement surprise.
J’avais imaginé...
— Même au prix de ma vie...
...que Seras dirait quelque chose de ce genre.
— Peu importe la méthode que je devrai employer...
— ...............
(C’est peut-être également l’influence de Touka sur elle...)
▽
Sous la pluie déchaînée, je sortis de la grotte.
Je le savais.
Même s’ils n’étaient pas particulièrement proches, des bêtes féroces rôdaient dans les environs.
J’aiguisai tous mes sens.
Je commençai à distinguer les sons provenant de l’autre côté du rideau de pluie.
Crrrreeeaaak...
Les muscles de mes jambes répondirent à mon appel.
Du sang brûlant circula dans tout mon corps.
Mon esprit...
Mon corps...
Tout passa complètement en mode combat.
— ...Gurururururuuuuuuuuu !
Mon propre rugissement.
— Cette bête cruelle qui sommeillait en moi refit enfin surface après tout ce temps.
(Je me souviens de l’époque où j’étais la Championne Sanglante.)
De nombreuses « bêtes » de ce genre rôdaient dans cet endroit.
(Dans ce cas, une fois encore...)
Comme si quelque chose les repoussait, les gouttes de pluie qui trempaient mon corps commencèrent à glisser sur moi.
Agrippant fermement la poignée de mon épée à deux mains...
— Une fois encore... redevenons une bête.
▽
Fwoooossshhh !
Tenant ma grande épée d’une seule main, je la balançai de toutes mes forces.
Le corps du monstre fut coupé en deux.
Les morceaux de son cadavre furent projetés dans les airs, tournoyèrent, puis commencèrent à retomber au sol.
Sans prêter la moindre attention aux morceaux de chair et au sang virevoltant autour de moi, je concentrai toute ma puissance dans mes jambes et bondis loin de cet endroit.
Je m’éloignai immédiatement, car d’autres monstres fonçaient encore vers moi.
Je venais de bondir par-dessus la tête d’un monstre.
D’un mouvement du poignet, je fis pivoter la poignée de mon épée et dirigeai la lame de ma grande épée vers le sol.
La laissant tomber, je transperçai le crâne du monstre que je venais d’affronter.
Thunk !
La lame s’enfonça profondément dans le sommet de son crâne.
Posant mon pied sur sa tête, je retirai violemment mon épée.
Le cadavre ensanglanté du monstre.
Je l’attrapai d’une seule main...
Fwoooossshhh !
Et le projetai de toutes mes forces.
Le cadavre s’écrasa contre un arbre situé à une certaine distance.
Le bruit de l’impact et l’odeur du sang serviraient de leurre pour attirer les autres monstres.
Cela me permettrait de gagner un peu de temps.
Sans prendre la moindre pause, mon regard parcourut les environs.
Je ne laisserais rien m’échapper.
Davantage de monstres que prévu s’étaient rassemblés.
Peut-être s’agissait-il de monstres qui avaient abandonné leur poursuite de Touka.
Avec un tel nombre, il m’était impossible de simplement me cacher et d’attendre qu’ils passent.
Comme je le pensais, certains affrontements étaient inévitables.
Cependant, jusqu’à présent, je n’avais rencontré que des monstres de taille moyenne tout au plus.
Je n’avais encore croisé aucun monstre de grande taille.
Et même lorsque j’en apercevais au loin, je prenais soin de ne pas m’en approcher.
Je n’avais pas le temps de me reposer.
J’abaissai mon corps.
Puis je me mis à avancer rapidement dans une posture proche de celle d’un quadrupède.
Suivre la piste de Touka n’était pas difficile.
Je pouvais trouver plusieurs traces d’un combat féroce.
Ces traces me conduiraient jusqu’à Touka.
Cependant, elles ne formaient pas une ligne droite.
À en juger par les marques de combat que j’avais déjà dépassées, je ne pensais pas qu’il s’agissait de victoires remportées sans difficulté.
Les traces se dispersaient également en plusieurs directions.
Laquelle devais-je suivre ?
(...Je dois réduire les possibilités. Je vais les vérifier une par une.)
En me basant sur les sons et les présences que je ressentais dans chaque direction...
(Il doit bien y avoir une piste qui augmentera mes chances de le retrouver...)
Je devais également rester consciente de la présence qui se rapprochait depuis un moment.
La présence d’un monstre.
Comme je m’y attendais, le monstre bondit hors des fourrés.
Au moment même où il surgit, je balançai mon épée vers lui.
D’un seul coup, le monstre fut séparé en deux.
Comme si sa mort avait été décidée dès le départ.
Puis, sans interrompre mon mouvement...
Fwoooosh !
En contrôlant soigneusement la force de mon lancer, je projetai l’une de mes épées de réserve.
— Geh !? Hyooogoroouuueeeeeeeehhhh !? Ugguueeehhh...
L’épée lancée frappa un autre monstre qui se dissimulait derrière un fourré.
Profitant de ce court instant, je fonçai dans la direction d’où provenait le hurlement.
Sans cesser de courir, je retirai l’épée du monstre mourant et récupérai ainsi mon arme de réserve.
La boue éclaboussait partout autour de moi tandis que je poursuivais ma course sans m’arrêter.
Ma vitesse ne diminuait même pas sous la pluie battante.
En regardant devant moi, je remarquai un monstre ressemblant à une araignée, perché sur une épaisse branche.
Je lançai de nouveau une épée de réserve.
Puis un autre monstre surgit sur le côté.
Sans ralentir, je le tranchai d’un seul coup.
Je bondis.
Ma cible était l’épaisse branche devant moi.
J’arrachai l’épée plantée dans le monstre-araignée...
Puis retombai au sol.
Fwwwwsssshhhh !
Je glissai dans la boue...
Bam !
Mon pied trouva le sol dur sous la couche de boue, et je retrouvai immédiatement ma vitesse.
Tant qu’il ne s’agissait ni de monstres à Visage Humain ni de monstres de grande taille, je pouvais les affronter.
J’avais déjà acquis l’habitude de combattre ce genre de monstres à l’époque où je venais tout juste de prendre la fuite.
Même mes années en tant que Championne Sanglante avaient contribué à ma croissance en tant que guerrière.
— ...............
Encore une autre présence de monstre.
Cependant...
(...Qu’est-ce que c’est ?)
Je ressentais également la présence de « quelque chose » de différent des autres.
(Touka ? Mais même en laissant de côté Pigimaru, dont la présence est difficile à détecter, je ne sens pas Slei dans les environs...)
Je devais m’en assurer.
J’augmentai encore ma vitesse.
En chemin, je rencontrai un monstre ressemblant à un scarabée rhinocéros qui déployait ses ailes.
Je m’en débarrassai en un éclair.
Cependant, le véritable problème se trouvait devant moi.
Baissant le menton, j’effaçai ma présence autant que possible.
(Qu’est-ce que cette présence ? Elle est différente de celle des monstres... Mais ce n’est pas non plus Touka...)
Je pouvais ressentir une légère peur provenant de cet être.
Ce n’était donc pas un monstre aux yeux dorés ?
Si c’était le cas, c’était assez inhabituel.
Il était rare de rencontrer des monstres ordinaires dans cet endroit.
Mais ce n’était pas totalement impossible non plus.
(Cette peur... Si je me montre tout en l’intimidant avec un grognement agressif, il quittera peut-être les lieux.)
Avec cette idée en tête, je sortis des fourrés.
Bruissement.
— Gururururururuuuuuuuuu...
— ...Ah.
Une paire d’yeux stupéfaits.
— ...Qu’est-ce que c’est ? Dans un endroit pareil... Une humaine ?
Une petite fille humaine me regardait avec des yeux tremblants de peur.
Elle semblait essayer de rendre son corps aussi petit que possible.
Étrangement, son apparence se superposa à celle de Liz dans mon esprit.
Avant même de m’en rendre compte, je tendis instinctivement la main vers elle.
Comme lorsque je voulais calmer Liz et que je posais ma main sur sa tête ou son épaule.
Cette fille trempée jusqu’aux os ressemblait à un petit animal pris sous la pluie.
Elle paraissait terriblement fragile.
Alors, mûe par cette habitude, je fis un mouvement vers elle...
— <Lightning Shifter>... <Unlock One>.
Zzzap !
Crac, crac, crac !
Une pluie étincelante d’éclairs s’abattit soudainement en un instant.
Des trajectoires de foudre s’entrecroisèrent.
Elles se propagèrent en une fraction de seconde.
Avant même qu’une seule respiration puisse s’écouler, elles étaient déjà arrivées jusqu’à moi.
Cette « chose » apparue en un clin d’œil était...
Un aiguillon semblable à celui d’une abeille.
Cependant, je parvins de justesse à dévier cette attaque sur le côté avec mon épée.
Immédiatement après que nos lames se furent croisées, cette « chose » entourée d’électricité laissa échapper un bref souffle de surprise.
— ...Cette chose, non seulement elle a réussi à réagir, mais elle a même bloqué mon attaque !? Qu’est-ce que c’est que ce truc... !? D’après ce que Grande sœur m’a dit, les seules personnes capables de réagir à mon attaque devraient être la Déesse, une personne célèbre d’un autre pays ou un Héros de rang S, non... !? Mais à cette distance...
— C’est...
— <Unlock Two>.
Zzzap !
Craaaack !
— Guoooohhhhh !?
— Tu ne peux plus échapper à ma foudre.
La foudre s’abattit violemment et parcourut tout mon corps.
— Guuugguuaahh... ggguuhhh... !?
Ma gorge était incapable de produire la moindre réponse.
Je ne pouvais rien dire.
— Je suis désolée... Mais comme Grande sœur me l’a ordonné, je ne peux pas te laisser tuer Kashima.