Chapitre 144
Chapitre 144 – P I É T I N E R
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
La boue giclait violemment dans toutes les directions.
Cependant, les sabots de la jument noire transperçaient la boue à chacune de ses foulées, et notre allure restait parfaitement stable.
Est-ce que la température avait baissé ?
Le souffle qui s’échappait de la bouche de Slei ressemblait à une fumée blanche qui dérivait derrière nous.
En nous voyant soudainement faire demi-tour et foncer droit vers eux, les monstres montrèrent un instant de confusion.
Mais maintenant, ils semblaient déjà...
— La proie a enfin décidé d’arrêter de fuir ?
...ravis, tandis qu’ils avançaient eux aussi vers nous.
Je tirai sur les rênes et dirigeai Slei vers la gauche.
Grâce aux tentacules de Pigimaru, je projetai ma Compétence d’État Anormal en diagonale vers la droite.
Un groupe de monstres nous suivit lorsque nous changeâmes de direction.
Certains d’entre eux glissèrent magistralement dans la boue.
Chaque fois qu’un monstre roulait au sol, la boue enveloppait son corps comme si elle formait une carapace autour de lui.
Cependant, les monstres qui étaient tombés ne représentaient qu’une goutte d’eau dans l’océan comparés à tous ceux qui les suivaient.
Seuls quelques-uns avaient été écartés du groupe.
...Ce serait vraiment un combat difficile à mener seul.
— Vous aimez tant que ça vous comporter comme des humains, bande d’enfoirés ?
Peut-être que ces monstres aux yeux dorés aimaient réellement les humains.
Lorsque j’étais dans les Ruines d’Élimination, je l’avais vaguement remarqué.
L’obsession de ces monstres envers les humains.
Peut-être que cela ne concernait pas uniquement les monstres de ces ruines.
Les « humains » étaient des jouets particulièrement appétissants pour les monstres et les monstres à Visage Humain.
Ils possédaient une grande intelligence.
Parfois, ils pouvaient faire preuve d’une volonté noble et sacrée.
D’autres fois, ils exprimaient leurs émotions les plus laides et les plus malveillantes.
Les briser...
Les blesser...
Jouer avec eux...
Ils étaient les jouets parfaits.
Et leurs cibles pouvaient même inclure les Elfes ou les hommes-léopards.
— Enfin, il existe aussi des humains qui veulent transformer d’autres humains en jouets... <Dark>.
Le monstre qui venait de perdre la vue s’effondra dans la boue.
Splaaash !
Compétence d’État Anormal.
Portée.
Effet.
Entre ces deux aspects, <Paralyse> était la compétence la plus facile à utiliser.
Elle possédait la plus grande portée parmi mes compétences.
Et une fois ma cible paralysée, j’avais énormément de possibilités pour décider de la manière dont j’allais m’en débarrasser.
Cependant, cette compétence possédait un point faible qui pouvait parfois m’être fatal.
Pour activer une compétence, je devais prononcer son nom à un certain volume.
Et <Paralyse> était la seule de mes compétences dont le nom comptait « trois » syllabes.
Cela signifiait qu’il me fallait plus de temps pour l’activer que mes autres compétences.
J’avais déjà essayé de prononcer son nom extrêmement rapidement pour l’activer.
Mais cela n’avait pas fonctionné.
Je devais respecter une certaine vitesse lorsque je prononçais le nom de cette compétence.
En d’autres termes, il était impossible de la « lancer » rapidement en prononçant son nom à toute vitesse.
Et contre un adversaire redoutable, cette légère différence de quelques secondes nécessaire pour prononcer cette « syllabe » supplémentaire pouvait décider de la victoire ou de la défaite.
C’était pour cette raison que...
— <Dark>.
Indépendamment de son effet, <Dark> était la compétence que je pouvais activer le plus rapidement.
En réalité, après avoir changé de direction, <Dark> était la seule compétence avec laquelle je pouvais atteindre les monstres à Visage Humain.
Ils avaient déjà anticipé l’utilisation de <Paralyse> ou de <Berserk>.
Mais cette fois, un mot d’une seule syllabe sortit soudainement de ma bouche.
Naturellement, leur réaction fut retardée.
Et par conséquent, je leur retirai la vue.
Désorientés, ils s’effondrèrent au sol et entraînèrent avec eux les monstres qui les entouraient.
C’était également un résultat auquel je m’attendais.
Après les avoir habitués à un mot de trois syllabes puis à un mot de deux syllabes, je les avais soudainement attaqués avec un mot d’une seule syllabe.
Si je m’étais retenu d’utiliser <Dark> jusqu’à présent, c’était précisément pour cet instant.
C’était l’une de mes cartes cachées.
Il semblerait que mon plan ait fonctionné.
Cependant, <Dark> ne faisait que priver sa cible de la vue.
Elle ne pouvait pas la tuer.
J’attaquais avec tout ce que j’avais, puis je fuyais, courais, détalais et m’éloignais à dos de Slei, tout en projetant mes compétences sur eux.
Pourtant, à en juger par ce que je voyais, le nombre de monstres ne semblait absolument pas diminuer.
Petit à petit, la distance qui nous séparait d’eux se réduisait.
Mais il ne restait plus très longtemps.
Le nombre d’arbres abattus autour de nous devenait de plus en plus important.
J’étais enfin revenu dans la zone que nous avions traversée précédemment.
Slei, qui montrait déjà des signes de fatigue, puisa dans ses dernières forces et accéléra encore.
Encore un peu.
Puis...
— On y est.
Nous étions enfin à portée.
C’était ici que j’avais répandu mon <Paralyse> tout à l’heure.
L’endroit où j’avais paralysé plusieurs dizaines de monstres qui s’étaient retrouvés immobilisés.
Badump.
Mon cœur battit violemment.
Je n’aimais pas ça.
Un monstre à Visage Humain.
Je pouvais voir un monstre à Visage Humain qui semblait avoir été paralysé.
Les monstres qui l’entouraient avaient probablement essayé d’intercepter ou de retarder tout ce qui pouvait lui nuire.
Ou peut-être que ses capacités étaient simplement inférieures à celles des autres ?
Non.
Peu importe.
La raison n’avait aucune importance.
Seul comptait le fait qui se trouvait devant mes yeux.
Il y avait bel et bien un monstre à Visage Humain paralysé là-bas.
Je l’observai pendant un moment.
Il dégageait de la colère.
De la frustration.
Une haine débordante.
D’après ce que je pouvais voir, la probabilité qu’il s’agisse d’une simple feinte était extrêmement faible.
Il ne faisait pas semblant d’être paralysé.
Par conséquent...
— <Berserk>.
Tu peux maintenant mourir sans retenue.
En commençant par le monstre à Visage Humain qui se trouvait en tête, j’infligeai <Berserk> aux autres monstres paralysés derrière lui.
Des hurlements rauques et stridents s’élevèrent tout autour de nous.
Un geyser de sang jaillit vers le ciel.
Le sang projeté se mêla à la pluie, faisant tomber sur les environs une véritable pluie de sang de monstres.
<Votre niveau a augmenté.>
Telle une balle noire traversant cette pluie sanglante, nous poursuivîmes notre course.
<Nv 1903 → Nv 1921>
Je jetai un coup d’œil à mon écran de Statut.
Mes PM s’étaient entièrement régénérés.
— ...............
Mon regard tomba sur la sphère cristalline située derrière le cou de Slei.
Sa lumière avait légèrement faibli.
Cela m’inquiétait depuis un moment.
Peut-être que sa troisième forme consommait progressivement l’énergie magique qu’elle avait accumulée.
Elle devait probablement recevoir continuellement de l’énergie magique pour maintenir cette forme.
Il n’y avait pas que ma technique de fusion avec Pigimaru.
Slei avait elle aussi besoin d’un apport constant d’énergie magique.
Je versai mon énergie magique dans le cristal.
Après cette injection, sa vitesse de course augmenta légèrement.
Je me penchai et murmurai mes instructions à l’oreille de Slei.
Une fois mes explications terminées, je lui demandai :
— Le moment crucial approche. Tu peux encore tenir un peu ?
— Bururururuuuu !
J’eus l’impression qu’elle venait de crier :
— Laisse-moi faire !
Je caressai doucement le cou de Slei.
— ...............
Vous êtes prêts tous les deux ?
Je posai mentalement la question à Pigimaru et Slei.
Cependant, Pigimaru et Slei pouvaient toujours s’enfuir si cela devenait nécessaire.
L’un était un monstre.
L’autre une Bête Magique.
S’ils parvenaient à prendre suffisamment de distance avec moi, ils pourraient peut-être réussir à échapper à ces monstres.
Tap, tap.
Je sentis les tentacules légèrement fermes de Pigimaru me tapoter l’épaule.
— Hmm ?
— Piii !
Son cri donnait l’impression qu’il me réprimandait.
...Ne me dis pas qu’il a deviné ce à quoi je pensais ?
Dans le pire des cas, je comptais faire fuir Pigimaru et Slei.
Je saisis doucement la protubérance de Pigimaru.
Comme pour le rassurer, je le caressai délicatement avec trois doigts.
— Tu le sais toi-même, pas vrai ? Je suis quelqu’un de gentil... Je t’ai sauvé quand tu te faisais maltraiter.
— Pyuuuu...
— Hmph...
Je reniflai.
— Idiot. Pourquoi tu réfléchis comme si j’allais mourir ?
— Puii ?
— Je réfléchissais simplement à l’un de mes plans, jusqu’à son terme. Et puis... tant que je n’aurai pas fait pleurer cette putain de déesse jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, je ne mourrai pas...
— Puiii !
Pigimaru, soudainement alarmé, me transmit un signal.
Certaines des « racines » de Pigimaru se trouvaient également sur mon dos.
Jusqu’à présent, elles m’avaient permis de connaître la direction et la distance des monstres qui nous poursuivaient.
— ...Ils sont proches.
Impossible de les éviter.
Je ne pouvais plus leur échapper.
Je levai les yeux vers le ciel.
— ...............
Cette pluie torrentielle pouvait peut-être jouer en notre faveur.
Elle effaçait notre odeur.
Elle nous permettait d’échapper plus facilement aux monstres qui nous traquaient grâce à leur odorat.
Selon la méthode utilisée, nous pouvions même faire disparaître assez facilement notre présence.
À partir de maintenant, notre stratégie consisterait à alterner constamment assauts et retraites.
Nous disperserions peu à peu les ennemis en nous retirant, puis nous attaquerions ceux qui se retrouveraient isolés dès qu’une occasion se présenterait.
Une stratégie qui revenait, en quelque sorte, à écraser nos ennemis un par un.
Je fis faire demi-tour à Slei.
Un virage magnifique, sans le moindre mouvement inutile.
L’efficacité de ses huit jambes était vraiment impressionnante.
Ses multiples membres lui permettaient d’effectuer des mouvements impossibles pour un animal à quatre pattes.
Ses huit jambes se soutenaient mutuellement.
Mais ce qui était particulièrement remarquable, c’était le virage serré qu’elle venait d’effectuer.
Plus elle pouvait virer court, plus ses mouvements devenaient précis.
Et cela augmentait l’efficacité de nos esquives.
— ...Fuuu.
Je stabilisai ma respiration.
Pour le moment, raffiner mon énergie magique imposait une certaine charge à mon corps.
Mais je n’avais pas le loisir de m’inquiéter de la fatigue que cela provoquait.
— Mes PM devraient suffire...
Après ça...
— ...il ne restera plus qu’à nous entretuer.
▽
La boue détrempée par la pluie giclait partout tandis que Slei bondissait à travers le terrain.
— Gyoruuueeehhguegyoooruuuaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh !
Les hurlements des monstres retentissaient les uns après les autres autour de nous.
Slei fonçait à travers les rideaux de pluie tandis que nous balayions les ennemis sur notre passage.
Des feuilles projetées dans les airs se collèrent à mon masque.
Je les retirai rapidement d’un geste de la main.
La situation dans la zone s’était désormais transformée en une sorte de mêlée.
À force d’alterner assauts et retraites, la horde de monstres s’était considérablement dispersée.
Était-ce parce que nous étions apparus et avions disparu à plusieurs reprises ?
Les monstres semblaient commencer à perdre leurs repères.
Le fait de fuir tout en lançant des attaques dispersées servait également à limiter leurs mouvements.
Les monstres qui semblaient particulièrement puissants avaient cessé de nous prendre à la légère et avaient commencé à se rapprocher les uns des autres.
Cependant, le fait que j’étais encerclé n’avait toujours pas changé.
À cause de la pluie torrentielle, je ne pouvais plus déterminer la répartition des monstres autour de moi.
En continuant à avancer, je trouvai une zone remplie de buissons.
Cet endroit devrait être assez facile pour s’y cacher, non ?
...Même si je dis ça, ce n’était évidemment pas une cachette que les monstres ne pourraient pas remarquer.
Les feuilles bruissaient sous les gouttes de pluie qui les frappaient.
Rien n’indiquait que la pluie allait bientôt s’arrêter.
— Haaah... haaah... haaah... fuuuuu...
Moi aussi, je commençais à manquer légèrement de souffle.
Une petite blessure était apparue sur le dos de ma main.
Une branche m’avait égratigné pendant que nous avancions.
Ces petites coupures étaient particulièrement nombreuses lorsque nous traversions les fourrés.
— ...Il y en a deux, hein.
Deux monstres nous poursuivaient par-derrière...
À en juger par leur présence, tous les deux semblaient être des monstres à Visage Humain.
Dans ce cas...
— Guruuuaaahhh !
Soudain, un monstre bondit hors d’un fourré à quelques mètres devant nous.
— ...!? Tsk !
J’avais accordé trop d’attention aux deux monstres qui nous poursuivaient.
Notre réaction fut retardée.
À cet instant...
— Hiihhhyyyyyyyiiiiinnnnnnnnn !
Slei leva ses immenses jambes avant.
Puis...
Splatch !
Elle frappa le visage du monstre avec ses énormes sabots.
Le coup de Slei s’enfonça dans la tête du monstre et la pulvérisa.
Et dès que ses sabots avant retouchèrent le sol, Slei accéléra de nouveau.
Fwoooosssshhhh !
— ...Bien joué.
— Bururururu !
▽
Fwish !
Slei jaillit hors des fourrés.
Un bref instant plus tard, deux monstres à Visage Humain de taille moyenne surgirent à leur tour des buissons et se lancèrent à notre poursuite.
— Derrière nous.
Les protubérances de Pigimaru fusèrent en direction des deux monstres à Visage Humain qui nous poursuivaient.
Pris par surprise, les deux monstres à Visage Humain de taille moyenne tentèrent de sortir de ma portée.
Mais j’étais plus rapide.
La protubérance de Pigimaru passa entre eux et les sépara.
— <Paralyse>.
Agenouillé au sol, je me cachai derrière les buissons.
Il existait donc aussi des imbéciles parmi les monstres à Visage Humain.
Même si je n’étais plus sur le dos de Slei, ils ne s’en rendirent pas immédiatement compte.
Sans le moindre doute, ils continuèrent à poursuivre la jument noire qui courait sous la pluie.
C’était précisément l’occasion dont j’avais besoin.
Je me dirigeai vers le monstre à Visage Humain effondré et mis fin à sa vie en lui infligeant <Berserk>.
<Votre niveau a augmenté.>
<Nv 1921 → Nv 1929>
Mes PM, qui étaient tombés à moins de la moitié, se régénérèrent complètement.
Si je voulais les tuer sans perdre de temps, je ne pouvais utiliser que la combinaison <Paralyse> et <Berserk>.
En chemin, j’avais également infligé <Poison> à certains monstres qui n’étaient pas encore morts, mais...
Je remontai rapidement sur Slei lorsqu’elle revint me chercher.
— ...Certains continuent à se rapprocher tout en attendant que les autres arrivent.
Je ne connaissais cependant pas leur distance exacte.
J’expirai doucement.
Il faisait vraiment chaud.
J’étais couvert de sueur.
En réalité, depuis le début de cette mêlée, nous avions déjà frôlé le danger à plusieurs reprises.
Nos adversaires étaient les monstres qui avaient fait la réputation de la Zone Démoniaque Dorée.
Si quelqu’un baissait sa garde, il serait immédiatement dévoré.
À dos de Slei, nous reprîmes aussitôt notre fuite.
Les présences des monstres que j’avais ressenties commencèrent à s’éloigner.
Mais avant toute chose, nous devions trouver un moyen de briser cet encerclement...
Frisson.
— ...!!! Slei, baisse la tête !
Tout en criant, j’abaissai moi aussi mon corps autant que possible.
Swoooooosssssshhhhhhhh !
— ...Hein ?
Quelque chose venait de surgir sur notre trajectoire ?
Par exemple...
Une gigantesque faux.
En regardant derrière moi, je vis cette chose trancher les arbres qui nous entouraient.
Privés de leur soutien, les arbres perdirent leur équilibre et commencèrent à s’effondrer les uns après les autres.
Slei bondit vers l’avant et évita les arbres qui s’écrasaient au sol.
Quelque chose venait de faucher ces arbres.
— Gyorurururururururuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Un gigantesque monstre dont les deux mains ressemblaient aux lames d’une faux rugit au loin.
L’extrémité de ses tentacules avait elle aussi la forme d’une faucille.
À travers la pluie, je ne pouvais distinguer que la silhouette de son corps principal.
— Cet enfoiré... Il a réussi à nous atteindre à une telle distance ?
Il n’y avait à proximité que les cadavres des deux monstres que j’avais rencontrés précédemment.
La pluie emportait peu à peu leur sang.
J’aperçus un monstre humanoïde tituber en avançant, alors qu’il n’avait plus de tête au-dessus du cou.
Du sang coulait continuellement de la section tranchée de son cou...
— Pii !
— Ouais, je sais...
Une faucille vola vers moi.
Cette fois, cependant, je l’avais déjà sentie arriver.
Comme précédemment, je projetai mon corps sur le côté et évitai l’attaque.
Tout en esquivant, je gardai les deux faux sous surveillance.
Puis...
Boum !
Soudain, un gigantesque monstre à Visage Humain apparut.
C’était un monstre à Visage Humain humanoïde.
Il possédait une immense bouche aux lèvres étrangement épaisses.
Son visage semblait hurler de tristesse.
Son corps était couvert d’une pilosité anormalement épaisse.
À l’endroit où ses cheveux auraient dû se trouver, il semblait y avoir d’innombrables vers de terre.
...Je pense que Seras s’évanouirait si elle voyait ça.
Au bout de ses mains rugueuses se trouvaient de grandes griffes acérées.
— Tsk... Encore un qui apparaît, hein.
Cependant...
— Ugurugiiieeeeggaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
— Gyorururururururuuiiiiiiiii !? Gyoruuuu !? Gyoooo...
Celui-là...
Commença à attaquer le monstre aux deux faux.
Le monstre à Visage Humain mordit le gigantesque monstre.
En regardant attentivement, je remarquai que le monstre à Visage Humain qui attaquait saignait au niveau du flanc.
— Je vois. Ce monstre à Visage Humain s’est mis en colère après avoir été blessé par la faux de l’autre monstre...
— Kaburuuaaahhhh ! Gabuuuuu ! Buchhiiiii !
Le corps du monstre aux deux faux fut arraché morceau après morceau sous les morsures.
— Guooo... Gyoruueeeee...
La voix du monstre aux deux faux commença progressivement à faiblir.
— Fuuuuu...
J’expirai.
— Une belle occasion...
▽
— <Paralyse>.
Sans que les deux monstres ne me remarquent, j’effaçai ma présence et fis un large détour.
— Higiieeehh !?
— Gyoruuu... !?
Le monstre à Visage Humain.
Le monstre aux deux faux.
— Désolé pour ça...
C’était le pêcheur qui allait profiter de leur affrontement.
— Je vais donc pêcher les Points d’Expérience de vous deux.
Je leur infligeai <Berserk>...
Alors que le sang jaillissait tels de gigantesques feux d’artifice, je dépassai les deux monstres.
<Votre niveau a augmenté.>
<Nv 1929 → Nv 1966>
Je sentis la tension quitter légèrement mon corps.
— Haaah... Haaaaahhhhh... Fuuaaaahhhh...
Même lorsque mon niveau augmentait, la fatigue accumulée dans mon corps ne disparaissait pas.
...Ce serait bien trop absurde si c’était le cas.
À l’origine, ma technique de fusion avec Pigimaru était censée être réservée au moment décisif d’un combat et ne durer qu’un très court instant.
Mais la charge imposée à nos corps devenait de plus en plus sévère, au point d’être aussi évidente qu’un feu déchaîné.
— Hmm ?
La forêt aux arbres tranchés dans la direction opposée attira mon attention.
Je pouvais distinguer derrière eux les silhouettes de la horde de monstres.
Avaient-ils été attirés par les cris des monstres que je venais de tuer ?
Ou bien par ce terrifiant geyser de sang ?
Peut-être que ces types se léchaient déjà les babines en attendant que je m’affaiblisse.
Je ressentais cette atmosphère oppressante propre à une proie acculée contre un mur.
— Fuuaahhhh... Fuaaahhh... Haaahhhaaahhhh...
Était-ce parce que la température avait encore baissé ?
Le souffle qui s’échappait de ma bouche était blanc.
— ...............
Il n’y avait aucune raison particulière.
Pour une raison quelconque, mon regard se posa sur mon écran de Statut.
<Touka Mimori>
Lv 1966
PV : +5898
PM : +64478 / 64878
Attaque : +5898
Défense : +5898
Force Physique : +5898
Vitesse : +5898
Sagesse : +5898
<Titre : Héros de rang E>
Héros de rang E.
Tout avait commencé à cause de ce titre stupide.
Slei accéléra.
Pigimaru déploya ses tentacules encore davantage.
Alors, à partir de maintenant, avec ce pouvoir ridicule qui était le mien...
— Je vais tout écraser.
Nous commençâmes à charger droit vers la horde de monstres.
Cela ne pouvait plus se terminer que par un massacre.
— Je vais tous vous tuer.