Chapitre 126
Chapitre 126 – Premier contact
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
Nous étions désormais à l’intérieur de la Zone Démoniaque Dorée.
Vue de l’extérieur, la Zone Démoniaque ressemblait à une immense forêt.
Et même après y être entrés, nous étions toujours entourés principalement d’arbres et de buissons.
Comme nous étions encore le matin, le vent qui caressait notre peau était agréablement frais.
L’air lui-même semblait particulièrement pur.
Une forte odeur de végétation imprégnait les environs.
De temps en temps, j’entendais un rugissement retentir au loin.
Est-ce que ça venait des monstres ?
Je levai les yeux vers le ciel tout en plaçant une main devant mon visage pour me protéger du soleil.
Entre les branches et les feuilles des arbres environnants, je pouvais apercevoir le ciel.
Nous ne nous étions pas encore véritablement enfoncés dans la Zone Démoniaque.
Nous n’étions pas encore très profondément dans la forêt.
Pour l’instant, j’avais presque l’impression que nous nous promenions tranquillement dans les bois.
Eve ouvrait la marche tout en surveillant attentivement les environs.
— Je ne ressens encore la présence d’aucun monstre.
En effet.
Il n’y avait aucune présence de monstre à proximité.
Enfin, ce n’était pas exactement zéro, mais les présences que nous ressentions se trouvaient encore très loin.
Eve occupait l’avant-garde de notre formation.
Pigimaru et moi la suivions.
Liz marchait juste derrière moi, tandis que Seras fermait la marche.
— Toi et Liz êtes déjà entrées dans la Zone Démoniaque auparavant ?
— Umu... À l’époque, je n’avais pas beaucoup de bagages avec moi, alors je pouvais fuir les monstres.
Même si cela n’avait duré que peu de temps, elle avait tout de même déjà passé un certain temps à l’intérieur de la Zone Démoniaque.
Cela pouvait constituer un avantage considérable pour nous.
— Nous ne connaissons que les endroits jusqu’où nous étions parvenues à l’époque. Cependant, nous connaissons également quelques sources où il est possible de trouver de l’eau potable. Il y a aussi d’anciens bâtiments dissimulés et dispersés dans toute la région. C’est d’ailleurs à cause de ces bâtiments que cet endroit est également appelé les Grandes Ruines.
— Et pour la nourriture ?
— La chair de la plupart des monstres aux yeux dorés contient des toxines. De plus, il est extrêmement difficile de savoir quelles espèces sont toxiques et lesquelles ne le sont pas. Le plus problématique, c’est que... la plupart des gens ne découvrent la présence de toxines dans leur chair qu’après en avoir mangé et les avoir ingérées.
Lorsqu’on s’y connaît suffisamment, il est possible de reconnaître un champignon toxique d’un simple coup d’œil.
Mais apparemment, les monstres aux yeux dorés étaient différents.
Impossible de savoir avant d’avoir essayé d’en manger.
Il semblait également impossible de le déterminer grâce à leur odeur.
Même en supposant qu’on puisse le faire, je doutais qu’on ait envie de manger une créature pareille à moins d’être réellement au bord de la famine.
À l’époque, dans les Ruines d’Élimination, c’était de toute façon impossible puisque leurs corps étaient remplis d’acide...
— Contrairement à ce qu’on pourrait penser, aucun des fruits ou champignons qu’on trouve ici n’est comestible non plus. Enfin, je ne sais pas ce qu’il en est de ceux qui poussent dans les profondeurs de la Zone Démoniaque.
— Pour la nourriture, on devrait pouvoir se débrouiller d’une manière ou d’une autre.
Nous avions les sacs en cuir dont j’avais déjà parlé.
Tout d’abord, transporter ces sacs ne nous posait aucune difficulté.
En gros, nous n’avions pas besoin de nous préoccuper de la conservation ou du stockage de notre nourriture.
Nous savions également avec certitude si les aliments qu’ils contenaient étaient comestibles.
Dans un endroit comme celui-ci, posséder ou non un tel objet faisait une énorme différence.
— Dans ce cas, la principale raison pour laquelle toi et Liz avez fui cet endroit était...
— Évidemment, les monstres.
Comme je le pensais.
C’était le principal obstacle.
Mais si on voyait les choses autrement...
Tant que nous étions capables de vaincre les monstres, nous pouvions nous enfoncer plus profondément dans la Zone Démoniaque sans problème.
Je regardai derrière moi.
— Tout va bien, Liz ?
Liz avançait avec un grand sac à dos.
Parmi nous quatre, c’était elle qui transportait le plus de bagages.
— Je vais bien, Touka-sama.
— Tu n’as pas besoin d’hésiter. Si tu es fatiguée, dis-le-nous immédiatement, d’accord ?
— Oui.
— Je veux porter autant de bagages que possible.
C’était ce que Liz m’avait demandé avant que nous entrions dans la Zone Démoniaque.
À ce moment-là...
— Je pense que nous devrions respecter la volonté de Liz.
Les paroles d’Eve avaient interrompu Seras et moi avant même que nous puissions protester.
— Moins Touka-sama et les autres auront de bagages à porter, plus mes chances de survie augmenteront. Je ne peux absolument pas vous aider pendant les combats. Alors, si Touka-sama et les autres peuvent se déplacer plus facilement... cela me rendra également plus en sécurité.
D’un point de vue logique, elle n’avait pas tort.
— Liz.
— Oui.
— Tu es désormais un membre à part entière de ce Corps de Mercenaires.
— Ah...
Le visage de Liz s’illumina de joie.
— O-Oui !
Il aurait été difficile d’emmener un cheval dans la Zone Démoniaque.
Même Eve, qui possédait déjà une certaine expérience de cet endroit, l’avait affirmé.
Les monstres nous repéreraient plus facilement.
Et dans un environnement pareil, les chevaux seraient probablement incapables de rester calmes à cause du stress.
Dans ce cas, nous n’avions qu’à transporter nous-mêmes nos bagages.
— Tu n’as pas peur ?
— J-Je vais bien. Merci de vous inquiéter pour moi.
— ...............
Je pouvais percevoir une certaine nervosité chez elle.
Cependant, elle ne semblait pas particulièrement effrayée.
Était-ce parce qu’elle était déjà entrée une fois dans la Zone Démoniaque avec Eve ?
Ou peut-être...
Liz baissa les yeux avant de parler.
— C-Cela va peut-être sembler étrange, mais... si je devais comparer avec la fois où je suis entrée dans la Zone Démoniaque avec Grande sœur... j’avais beaucoup plus peur lorsque j’étais au White Coin.
Le regard de Liz s’adoucit.
— Tant que je peux rester avec Grande sœur... peu importe où nous nous trouvons, c’est là que se trouve mon bonheur...
— Désolée, Liz.
Toujours tournée vers l’avant, Eve s’excusa.
— C’est à cause de ma stupidité que...
— Des types comme eux auraient probablement fini par découvrir votre existence, même si vous aviez continué à vous cacher.
Dans le cas de Liz, il semblait qu’elle n’avait subi aucune blessure physique.
J’avais également demandé à Seras de vérifier lorsqu’elle l’avait aidée à changer de vêtements.
Apparemment, ils s’étaient contentés de la pousser psychologiquement dans ses derniers retranchements.
Liz était elle-même du genre à endurer silencieusement toutes les épreuves qu’elle subissait.
Elle avait probablement toujours affiché un visage joyeux lorsqu’elle retrouvait Eve.
D’une certaine manière, on pouvait même dire que la gentillesse actuelle de Liz était l’une des conséquences de la tragédie qu’elle avait vécue.
— ...............
Putain.
Savoir que sa gentillesse était née de cette tragédie me donnait la nausée.
C’était bien.
J’avais bien fait de faire souffrir cette patronne avant de me débarrasser d’elle.
Cette patronne qui avait profondément blessé le cœur de Liz.
Même si on me reprochait d’avoir utilisé de mauvaises méthodes.
Même si on me maudissait pour mon égoïsme.
Si Liz avait simplement vécu paisiblement à Monroy sans jamais rencontrer cette foutue femme, je n’aurais jamais pu comprendre ce qu’elle avait ressenti.
Voilà pourquoi...
Je ne regrettais absolument pas d’avoir envoyé cette salope en enfer.
— Ce n’est pas bon non plus de trop t’inquiéter, Eve.
— Mhmm...
— Et surtout, la simple présence de Liz nous aide déjà. Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que tu as choisi de t’enfuir de Monroy avec nous. C’est toi qui as pris cette décision. Rien que ça me suffit.
Comme si elle renonçait à argumenter, Eve poussa un soupir.
— Je n’arrive vraiment pas à rivaliser avec toi.
▽
Nous nous arrêtâmes un moment.
J’injectai alors de l’énergie magique dans le bras d’Eve.
La carte de la dernière fois apparut de nouveau.
La distance séparant les deux points lumineux était désormais plus courte.
— On dirait que nous approchons enfin de notre destination.
Seras, qui se tenait à côté de moi, se rapprocha pour observer la carte.
— Cependant, je ne sais pas si nous pouvons simplement nous diriger tout droit vers cet endroit depuis ici...
— Même si ça ressemble à une carte, elle n’indique pas vraiment les détails du terrain.
Je m’écartai légèrement de l’épaule de Seras et regardai à travers la forêt.
— Selon le terrain, nous serons peut-être obligés de faire un détour pour arriver jusque-là...
Seras était sur le point de répondre.
Cependant, je lui couvris immédiatement la bouche.
— Nhnn... ?
Seras me regarda avec confusion.
Mon regard croisa celui d’Eve.
Eve hocha silencieusement la tête avant de dégainer son épée.
Comme prévu.
Eve l’avait remarqué elle aussi.
D’un simple échange de regards, je lui transmis le message.
— Comme prévu.
Eve hocha une nouvelle fois la tête.
Elle se prépara à attaquer tout en fixant les fourrés.
Seras et Liz semblèrent comprendre que quelque chose venait de se produire.
Toutes deux abaissèrent leur posture.
— ...............
La présence d’un monstre.
Je tendis la main dans la direction d’où je la ressentais.
Apparemment, nous venions enfin de rencontrer notre premier monstre à l’intérieur de la Zone Démoniaque.
Le coin de mes lèvres se déforma spontanément.
Peu importe ce que pouvaient être les monstres de cette Zone Démoniaque...
— ...............
Bien.
Viens.