Chapitre 116
Chapitre 116
Chapitre 116 – F I G É
Auteur : Shinozaki Kaoru
Traductrice : Moonkissed
J'ai pointé du doigt le dos du duc à terre.
— Eve.
— Umu.
— Tu as peut-être envie d'entendre le duc supplier qu'on lui laisse la vie sauve, mais s'il te plaît, fais en sorte que ce soit aussi bref que possible.
Eve n'a pas répondu tout de suite.
J'ai temporairement arrêté de compter les cadavres au sol et j'ai dit :
— Si ça ne te dit rien de le faire, je vais…
— Non.
Eve ouvre la bouche.
— Laisse-moi m’en occuper moi-même.
— D’accord. Viens me voir quand tu auras fini.
Après m’avoir fait un signe de tête, Eve se place devant le duc.
Et dans sa main, elle tient une épée.
Je me remis à compter le nombre de cadavres au sol.
— Nuuuoooohhh… Guuhhhggiiiigggiiiii… Hiiii…. Hiiiiiiiii…
Finalement, le duc ne put plus échapper à la réalité.
Je pouvais le voir derrière lui.
La peur du duc.
— Je pense que ça aurait peut-être été mieux pour toi si tu ne pouvais pas parler. Comme ça, je n’aurais pas à m’inquiéter d’être à nouveau trompée par tes paroles… Je ne suis qu’une personne simple, après tout.
La voix d’Eve s’arrête.
Sa voix était aussi froide que la glace.
— Je pense que si tu parvenais à me tromper maintenant, il est possible que des sentiments jaillissent soudainement en moi et que je me retrouve soudainement à te pardonner. Cependant… Tendre la main vers cet enfant est une mauvaise idée.
— Giiguuuuuhhh… Guuuhhhhh….
— Même si tu verses des larmes, je ne me laisserai plus berner.
— Giigiiigiiiiiiiiii……..
— Adieu.
Un cri bref et grave est tout ce qui reste de lui à la fin.
Je repense aux derniers mots prononcés par Eve.
Si l’on y réfléchit normalement, on pourrait penser que ses paroles s’adressaient au duc.
Cependant, selon le point de vue, il est possible que ces mots aient été adressés à son propre moi naïf du passé.
▽
Des pas se sont approchés et se sont arrêtés derrière moi.
— Touka.
— … Tu en as fini avec ça ?
— Umu.
Eve semble plus enjouée que je ne l’aurais cru.
— Touka-dono.
Seras est sortie de la forêt, accompagnée de Liz qu’elle tenait dans sa main.
À présent, elle avait déjà retrouvé son apparence d’origine.
Le pouvoir des esprits exige une compensation appropriée quand on l’utilise.
Ce n’est pas quelque chose que l’on devrait utiliser à tort et à travers quand ce n’est pas nécessaire.
De toute façon, elle n’a pas vraiment besoin du pouvoir de modifier son apparence pour le moment.
Seras observe les environs.
— On dirait que c’est enfin terminé.
Liz agrippe fermement l’ourlet des vêtements de Seras.
Elle se tient tout près, autour de la taille de Seras.
Je pris la parole.
— Liz, si tu n’aimes pas voir leurs cadavres…
— J- Je vais bien…
— Tu es sûre ?
— J’en ai déjà vu beaucoup quand je voyageais avec ma sœur… la plupart étaient des gens qui avaient essayé de nous attaquer…
Donc, ce n’est pas la première fois qu’elle voit des cadavres, hein…
Cependant, on dirait qu’elle tremble encore un peu.
Bon, ce n’est vraiment pas quelque chose auquel on peut s’habituer.
— Seras, j’ai encore des choses à faire ici avec Eve. Tu veux bien emmener Liz avec toi et préparer notre départ ?
— Compris. Bon, après avoir récupéré nos bagages que nous avons laissés derrière nous, il nous faudra encore rattraper le cheval qui doit toujours rôder dans les parages.
— Je compte sur toi. Ah, encore une chose.
— Quoi donc ?
— Merci de m’avoir soutenue avec tes flèches tout à l’heure.
Seras prit soudain un air assez hésitant.
— C’était aussi mon propre jugement, vous ne m’avez jamais donné d’instructions…—
— Je te l’ai déjà dit, non ? Je fais confiance à ton jugement.
Elle ferme les yeux pour assimiler mes paroles.
Les yeux fermés, elle pose ses mains sur sa poitrine.
— Oui, merci beaucoup…
— Aah… Tu es la sous-commandante de cette « Compagnie de mercenaires ». Lorsque je ne pourrai pas donner d’instructions, je te laisserai le soin de juger. Eve. Liz. Ça vous va ?
— Umu.
— O-Oui.
Répondirent Eve et Liz.
Seras sourit.
— Je compte sur vous deux à partir de maintenant.
— Encore une chose, Seras.
— Qu'y a-t-il ?
— Avant de préparer notre départ, peux-tu prendre dans mes bagages cette chose que je t'ai montrée tout à l'heure ? Je pense que je m'en servirai plus tard. Voyons voir… Tu peux simplement la laisser dans les environs.
Seras semble immédiatement comprendre ce que je veux dire.
— Oui, compris.
Après avoir décidé d’un endroit général où nous nous retrouverions plus tard, Seras se dirige vers la forêt.
— Euh… Seras-sama.
L’air assez nerveuse, Liz l’arrête.
— Qu’y a-t-il, Liz ?
— S-S’il vous plaît, laissez-moi… vous aider aussi.
La voix de Liz tremble.
— Je suis aussi membre… de la Compagnie de mercenaires de Touka-sama après tout…
— Liz ?
Des larmes perlaient au coin des yeux de Liz.
— Je veux aussi être utile à quelque chose…
Elle fait quelque chose de mal.
J’ai l’impression que Liz pense en quelque sorte quelque chose comme ça.
Seras tapote doucement la tête de Liz.
— Je comprends. Alors, veux-tu bien m’aider à porter une partie des bagages ? Ça te va ?
— O-Oui… Merci, Seras-sama…
Les deux se mirent alors en route vers la forêt.
Liz a peur de s’exprimer librement.
Je pense que c’est une mauvaise chose.
C’est probablement l’influence de la vie passée avec cette tenancière.
Ils lui ont refusé cela.
Tous les enfants ont leur propre volonté.
Ils ne les ont pas laissés avoir leurs propres pensées.
On leur disait alors de ne suivre que ce qu’on leur avait dit.
Comme ça, ils pouvaient alors garder leur propre tête.
Après ça, les enfants perdaient confiance en leurs propres pensées.
Quoi qu’ils aient envie de faire, ils finissaient par penser que c’était mal.
Ses émotions commençaient peu à peu à la paralyser…
Il semble que les blessures que Liz a reçues dans son cœur soient assez profondes.
— Eve.
— Qu’y a-t-il ?
— Il semble que tu aies besoin d’un peu de temps pour guérir les blessures qu’elle a subies.
— Même si je suis insensible, je reste responsable du bien-être de cette enfant… Naturellement, j’ai l’intention de continuer à m’en occuper.
Je les regardai tandis que Liz disparaissait dans la forêt.
— Pendant que nous voyagerons ensemble, Seras et moi travaillerons également ensemble sur ce point.
— Ah… Merci, Touka.
▽
— Mais bon, Touka. Qu’allons-nous faire ?
Il y a des cadavres éparpillés partout.
Nous avons compté tous les cadavres jusqu’à tout à l’heure.
Personne n’a pu s’enfuir.
C’est un anéantissement total.
Je me suis également assurée que les personnes que j’ai empoisonnées auparavant ne puissent plus jamais parler, alors qu’elles gisaient mortes sur le sol.
— ……………………..
Je suppose que je vais expliquer certaines choses à Eve, hein…
Je glissai ma main dans ma pochette.
— Regarde ça, Eve.
— C’est de la glace… ?
Cette chose que je tiens entre mes doigts…
De petits blocs de glace.
Plissant les yeux, Eve observe ce que je tiens.
— Fumu… ? Il semble y avoir une sorte d’insecte à l’intérieur de la glace, mais…
— C’est exact. C’est un insecte vivant que j’ai gelé avec ma compétence <Freeze>.