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Traducteur : Botanica
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◈ Je suis devenu le sbire aux yeux bridés de la boss maléfique
Chapitre 009
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Un festin de mots creux (3)
Le noyau de mana d'une Tour Magique garde en mémoire le mage qui détient l'autorité pour le contrôler. Les Dix Commandements ont accès aux informations concernant les noyaux de mana appartenant à leur lignée.
La combinaison de ces deux faits signifie que les mages ayant occupé illégalement une Tour Magique peuvent être démasqués à tout moment. La sanction pour une occupation illégale varie selon la durée et les motifs, mais la peine maximale est un ordre de soumission.
La limite pour une occupation illégale est fixée à un mois après le remplacement du Maître de la Tour Magique, si l'enregistrement du changement n'est pas effectué.
Enregistrer un Maître de Tour Magique auprès d'une Tour Magique Apex n'entraîne aucune obligation, comme le paiement d'impôts à la tour de rang supérieur. Par conséquent, la plupart des nouveaux Maîtres de Tour qui héritent d'une tour préfèrent s'enregistrer fidèlement dans les délais plutôt que de payer une amende.
« Pour le dire autrement. Si la Corporation Hydra occupait toutes les Tours Magiques de la ville d'Etna, les Tours Magiques Apex finiraient inévitablement par l'apprendre. »
Dans l'œuvre originale, la « Sans-Nom Blanche » dissimulait parfaitement ses intentions, mais elle ne prenait pas la peine de cacher les activités de l'organisation elle-même, la Corporation Hydra.
Dans un sens, sa fin était une conclusion assez prévisible dès lors qu'elle négligeait la gestion de ses subordonnés.
J'espère que le véritable objectif de Karisia ne sera découvert ni par les Tours Magiques Apex, ni par le protagoniste Simon, qui finira par arriver.
« Nous ne fusionnerons donc pas votre Tour Magique, Geryones, ni celle de Kaicel. Du moins, en apparence. »
Geryones laissa échapper un rire creux. On pouvait y déceler une pointe d'autodérision, lui qui avait hypothéqué son avenir pour devenir une marionnette.
« Un président potiche. Je suppose que je devrais être reconnaissant d'avoir eu la vie sauve. »
Généreuse. C'est ça.
À l'origine, il était condamné à mourir dès l'instant où il s'en prendrait à Karisia.
J'ai rapidement observé l'expression de Karisia sans qu'elle ne s'en aperçoive. Elle ne semblait pas mécontente.
« Les trois Tours Magiques donneront l'impression d'être en tension, en guerre les unes contre les autres… Oh. Toutes mes excuses. Ça ne sonne pas très bien. Nous allons entrer dans un système de concurrence. »
Une fausse guerre orchestrée par Geryones. C'était l'objectif que j'avais déduit de la capture de Geryones par Karisia.
« Si nous embauchons soudainement des mercenaires ou construisons de nouvelles installations, personne ne trouvera cela étrange. En profitant de cette situation, nous réorganiserons l'organisation, et par extension, la ville d'Etna elle-même. »
***
« Vers une direction plus efficace et plus saine, bien entendu. »
Le plan d'Ortes, pour le dire positivement, était révolutionnaire ; pour le dire négativement, cela ressemblait à une illusion.
Un projet absurde visant à créer un onzième membre des Dix Commandements.
Le plus gros problème était que personne dans cette pièce ne savait si les Dix Commandements artificiels que Kaicel aurait créés existaient réellement.
Comme s'il exprimait les doutes des Directeurs, Geryones demanda :
« En tant que prisonnier, ce serait un luxe d'espérer autre chose que ma survie. Mais je ne peux m'empêcher de demander. Connaissez-vous un moyen de trouver les Dix Commandements artificiels ? Ou même un moyen de rencontrer Kaicel ? »
« Hein ? Je ne vous l'ai pas dit ? Il est à l'intérieur du mont Etna. »
« Vous suggérez d'envoyer un drone d'exploration dans la lave en fusion ? Ou d'engager un mage spécialisé dans l'eau ou la glace pour refroidir la lave et avancer ? »
« C'est… »
Les paroles d'Ortes, qui coulaient avec fluidité, se coupèrent soudainement. Le sourire qu'il arborait toujours s'effaça également pour laisser place à une expression presque vide. Une facette de lui qu'on ne retrouvait jamais dans son attitude habituellement posée.
Ceux qui observaient Ortes de près purent remarquer que son regard se tourna un instant vers Karisia.
Bientôt, Ortes esquissa de nouveau ce léger sourire sur ses lèvres et parla.
« C'est un secret. »
C'était naturel. Il n'y avait qu'une seule personne au monde capable de faire vaciller cet homme.
« Ce n'est pas que je ne vous fais pas confiance, alors soyez rassuré. »
Cela devait signifier que ce qu'Ortes s'apprêtait à dire dépassait le cadre autorisé par Karisia. Quelle méthode la Présidente a-t-elle en tête pour attirer Kaicel, au point de cacher le plan même aux Directeurs ?
Et Ortes, le seul à avoir été mis dans la confidence, quel genre de relation entretient-il avec la Présidente ?
Bien que leur lien fût indéniable, la manière dont ils s'étaient rencontrés et dont une telle confiance s'était établie restait entourée de mystère.
***
Bon sang.
Je n'avais pas réfléchi à la manière de le rencontrer.
J'ai vérifié précipitamment l'expression de Karisia à nouveau. Toujours ce léger sourire. Elle est d'assez bonne humeur.
Cela signifie que, jusqu'ici, elle n'a senti aucune gêne ni aucune faille dans mon baratin. Je vais juste lâcher que c'est un secret et j'improviserai la suite plus tard.
***
La réunion prit fin.
La question de savoir comment créer un état de tension et réorganiser l'organisation était quelque chose à traiter après avoir d'abord mis la main sur Kaicel.
Par conséquent, la question finale qui marqua la fin de la réunion fut : « Que se passera-t-il si nous ne parvenons pas à trouver Kaicel ? »
Karisia répondit sans hésiter : « Ce qui doit être fait ne changera pas. »
Aucun des Directeurs ne savait si cela signifiait un plan pour utiliser la ville d'Etna comme base afin de préparer l'ascension au trône, même si le plan d'Ortes échouait, ou si c'était une réponse née de la conviction qu'Ortes ne pourrait jamais échouer.
La réunion, qui avait commencé par la convocation soudaine de Karisia, se termina par son renvoi.
Deux personnes restèrent dans la salle de conférence jusqu'à la fin : Ortes et Karisia.
Arabel tourna légèrement la tête en quittant la pièce.
Derrière Karisia, Ortes, les mains jointes dans le dos, souriait doucement.
« Avec cette expression toujours vissée au visage, je ne peux même pas deviner ce qu'il pense… »
Ortes pensait.
« Je veux rentrer chez moi. »
Le souhait de tout employé de bureau.
***
« Vieux schnock. »
Il fut décidé que Geryones serait placé sous la garde de la Guilde des Mineurs de Bertrand pour le moment. La raison était que, puisqu'ils se connaissaient, ils seraient plus faciles à contrôler.
« Tu ne penses pas que ta boss pourrait croire qu'on va s'allier pour lui planter un couteau dans le dos ? »
Bertrand secoua la tête.
« Ça veut juste dire qu'elle pense qu'on ne représente même pas une menace. Tu devrais mieux le savoir, puisque tu l'as affrontée directement. »
C'était humiliant à entendre, mais Geryones hocha la tête sans discuter. L'adversaire avait dépensé une quantité absurde de mana, et c'était une embuscade imprévue.
Et pourtant, lui-même n'avait pas porté un seul coup efficace et avait été fait prisonnier.
Il avait senti que les bidonvilles et la pègre s'agitaient et, pensant qu'un concurrent inhabituel pourrait émerger, il avait tenté d'étouffer le problème dans l'œuf, mais c'était lui qui avait failli être éliminé.
« Alors. Comment se bat la Présidente ? »
« Tu ne l'as jamais combattue ? Les rumeurs disent qu'elle est assez féroce. La tyran qui a anéanti à elle seule la Tour Magique de Lernian et broyé tous les idiots de la pègre qui s'en prenaient à elle. »
« La Guilde des Mineurs ne s'implique pas dans ce genre de bagarres. Nos corps sont nos actifs. Comme on fait du travail manuel, on est costauds, et comme on manipule des pierres de mana, il y en a quelques-uns qui peuvent utiliser un peu de magie. Mais c'est tout. »
Une organisation qu'il était difficile pour les autres de toucher imprudemment, mais qui, inversement, ne pouvait étendre son influence. La Guilde des Mineurs était une organisation limitée à l'autodéfense, pas à l'expansion.
« Ah. Donc quand les autres se sont prosternés, vous vous êtes prosternés avec eux ? »
« C'est comme ça qu'on survit. Tant qu'on peut continuer à creuser la terre et à vivre comme on l'a toujours fait, ça nous va. Réponds juste à ma question. Comment elle se bat ? »
« Un sanglier enragé ? »
C'était un mot lâché impulsivement, mais Geryones sentait que le terme décrivait parfaitement le style de combat de Karisia.
« En fait. Celle qui m'a arraché le bras n'utilisait pas de magie de lumière. Elle a brisé mes bras un par un avec une force physique pure. Bien qu'elle ait tiré un rayon sur les bras que j'avais lancés pour les vaporiser. »
« Des armes mémorables ? »
« Est-ce qu'elle utilise une autre arme que son gantelet ? »
« Je vois. »
En observant Bertrand hocher la tête, Geryones se demanda pourquoi un vieil homme qui semblait désintéressé par le combat fouillait dans des détails aussi triviaux. Puis il se souvint de la race de Bertrand.
« Vieux rusé. Tu prévois d'offrir un pot-de-vin ? »
Les nains étaient connus comme les maîtres de la fabrication d'artefacts. Bertrand essayait clairement d'utiliser son talent pour s'attirer les faveurs de la nouvelle dirigeante de la ville.
« C'est une stratégie de survie. »
Même si ses pensées intérieures avaient été percées à jour, Bertrand répondit nonchalamment. C'était la sagesse d'un vieil homme, apprise au cours d'une longue vie : si la survie pouvait être assurée en offrant un cadeau approprié à ceux qui détiennent le pouvoir, mieux valait le faire.
« Alors laisse-moi te poser une question maintenant. Quel genre d'homme est ce type, Ortes ? »
Les huit Directeurs d'Hydra, qui comptaient parmi les plus redoutables de la ville. Et Ortes, qui agissait clairement comme leur supérieur.
« Il ne ressemble pas au genre d'érudit qui se contente de suivre le sillage de la Présidente. »
Ce qui était particulièrement frappant, c'était la posture de Cryton. Bien que Cryton fût un homme d'une prouesse au combat considérable — assez pour qu'il puisse facilement le tuer s'il utilisait trois de ses six bras, voire quatre en cas de besoin — et pourtant.
En plus de cela, il avait un tempérament vicieux. Une chose était que Cryton baisse la tête devant la Présidente, Karisia, mais agir de façon si servile devant Ortes aussi ?
Bertrand était plongé dans ses pensées. Ortes avait fait trop de choses pour l'expliquer en quelques mots, et on en savait trop peu sur lui.
« D'abord, laisse-moi corriger une idée reçue. Quand la Tour Magique de Lernian a été anéantie, Karisia n'était pas seule. »
« Tu veux dire qu'il était avec elle. »
« Oui. Dans chaque bataille qui a décidé du sort de la pègre, cet homme était toujours aux côtés de Karisia. Plus fort que quiconque sous les ordres de Karisia, et plus digne de confiance que quiconque. Je dirais qu'il se qualifie comme le second de la Corporation Hydra. »
***
« Alors. Tu comptes t'expliquer ? »
À peine tous les Directeurs furent-ils partis que Karisia fit pivoter sa chaise pour me faire face.
« Pourquoi avoir révélé ce plan bidon avec une telle assurance, au lieu de notre véritable objectif ? »
Présidente. Détruire les Dix Commandements est votre objectif, pas « notre » objectif, vous savez.
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