Chapitre 97
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 97 : Ce qui compte, c’est d’avoir un cœur indomptable
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Rosena avait été maîtrisée et emprisonnée par Barbe-Bleue.
Elle était enfermée dans une prison réservée aux criminels. Comme elle ne devait accueillir que quelques personnes pour de courtes périodes, Rosena était la seule détenue.
Elle avait une cellule de six personnes pour elle toute seule, mais elle était loin d’y être à l’aise.
Rosena était la guerrière la plus puissante de la Mine de l’Enclume rouge. Elle avait accumulé du mana pendant de longues années et possédait des muscles d’acier. Évidemment, de simples barreaux de fer ne pouvaient pas la retenir.
C’était pourquoi les nains avaient eu recours à des entraves spéciales.
On lui avait attaché les mains dans le dos. Les entraves étaient faites d’Acier blanc spécialement raffiné ; elles ne céderaient donc pas, quelle que soit la force qu’elle déploierait.
Contrainte à une position inconfortable, Rosena refusait de manger et de boire depuis des jours.
Pour avaler les repas que les gardes lui apportaient, elle aurait dû baisser la tête comme un chien. Elle avait refusé de le faire.
Des mouches bourdonnaient au-dessus de la nourriture en décomposition.
Rosena était assise, la tête baissée, silencieuse comme si elle dormait.
Boum !
Le grondement d’une explosion parvint jusque dans la prison de Rosena.
« Q-Qu’est-ce que c’était ? »
« De l’eau coule du plafond… ! »
Elle entendit les gardes affolés.
Eux aussi étaient ensorcelés par le feu. À les voir errer dans tous les sens, désemparés, on aurait dit que leur âme avait quitté leur corps.
Rosena se leva et regarda dehors à travers les barreaux.
De l’eau déferlait bel et bien du plafond.
Un Petit Serpent blanc tomba alors au milieu du torrent.
Son corps se mit soudain à grandir démesurément.
Crac !
Quel atterrissage majestueux.
« Hahaha ! »
Rosena éclata de rire malgré elle.
Elle avait cru qu’il n’y avait plus aucun espoir. À force de fixer ces flammes orange, elle avait eu l’impression qu’elle allait perdre la raison, elle aussi.
Et voilà que de l’eau se déversait dans ces profondeurs.
Les yeux de Rosena brillèrent.
Les mains toujours attachées dans le dos, elle s’arracha un cheveu.
Puis, entre l’index et le pouce, elle se mit à le torsader. Ses gestes étaient aussi précis que ceux d’une fileuse à son rouet.
Rosena avait toujours eu les cheveux épais et solides. Une fois torsadés bien serré, ils devenaient raides comme du fil de fer.
De son pouce et de son majeur, elle glissa le cheveu dans la serrure de ses entraves.
Eh oui. Elle tentait de les déverrouiller à la force de son adresse.
Cela aurait dû être impossible, mais Rosena était Maître d’art des accessoires.
Autrement dit, ses mains étaient les plus habiles de toute la Mine de l’Enclume rouge.
Clic !
Comme par magie, les entraves tombèrent.
Les gardes l’avaient vu, eux aussi.
« Gah ! Ne bougez plus ! »
« N’approchez pas ! »
Mais pourquoi leur aurait-elle obéi ?
Au lieu de se débarrasser des entraves en Acier blanc, Rosena les saisit comme un crochet. Elle les accrocha aux barreaux de fer, puis…
Gniiiii !
Elle tordit les barreaux comme du chewing-gum et se glissa par l’ouverture.
Les gardes étaient incapables de fuir, et encore moins de songer à résister.
« Hé hé. »
Rosena donna un ordre aux nains tremblants.
« Il y a des marteaux ou des haches, par ici ? »
« O-Oui. »
« Apportez-les. »
« Euh… »
Rosena inspira profondément et hurla :
« MAINTENANT ! »
Il n’était pas étonnant que le rugissement de lionne de Rosena ait brièvement tiré les nains ensorcelés par le feu de leur torpeur.
* * *
J’avais l’impression d’être dans une attraction aquatique.
C’était exactement ça, d’être emporté par le courant déchaîné sous terre.
Puis vint la chute vertigineuse.
Le vieux Helmut avait vu juste dans ses calculs. Juste en dessous de nous se trouvaient la porte du niveau le plus profond et les nains.
[Vous utilisez Gigantification niv. 1.]
Je devais contrôler soigneusement mon mana.
Si je grossissais autant que dans la Forêt de l’Ombre, je ne pourrais plus maîtriser mon propre corps. Plus je devenais grand, plus ma durabilité semblait diminuer.
Je grandis jusqu’à mesurer environ neuf mètres de long.
Puis je m’écrasai sur les subordonnés de Barbe-Bleue.
Craaaac !
Je ne savais pas ce qui était arrivé aux nains sous moi !
Ils furent projetés au loin comme des quilles de bowling.
Un strike parfait.
Je n’avais pas prévu la force de l’impact à l’atterrissage.
J’espérais que mon cri ressemblait à un rugissement.
« Sssak ! »
Ça faisait mal !
Un mal de chien.
Mais je ne pouvais pas rester là sans bouger. Je m’empressai d’avancer en repoussant les nains.
« F-Fermez la porte ! »
Même dans une telle situation, Barbe-Bleue donna le bon ordre.
L’eau continuait de se déverser à flots par l’ouverture béante du plafond. Attirée par la gravité, elle se précipitait tout droit dans l’escalier menant au niveau le plus profond.
À l’ordre de Barbe-Bleue, les nains tentèrent de fermer la porte du niveau le plus profond.
Je ne pouvais pas les laisser faire.
[Vous utilisez Rayon niv. 2.]
« Aaaah ! »
Le nain qui tirait sur la chaîne du treuil hurla et lâcha prise.
Déséquilibré, il tomba et fut emporté dans l’escalier, impuissant.
C’était l’une des raisons pour lesquelles j’avais utilisé Gigantification.
L’eau montait jusqu’aux cuisses des nains, qui étaient petits. Avec un courant aussi rapide, ils ne risquaient pas de marcher correctement.
En temps normal, j’aurais moi aussi été emporté, mais ma taille me permettait maintenant de me déplacer plus librement que tous les autres.
Les nains avaient réussi à réparer le treuil que j’avais cassé auparavant, mais…
Crac !
Cette fois, je le détruisis simplement en me jetant dessus.
Avec toute cette eau qui déferlait, impossible de fermer la porte du niveau le plus profond.
« Dunkel ! Manjin ! »
Comme s’ils n’attendaient que ça, ils accoururent.
Allons-y !
Dunkel et Manjin grimpèrent sur mon corps.
Avant de sauter, j’avais rangé tout ce que je portais dans le Sous-espace. La seule chose à laquelle ils pouvaient se cramponner, c’était la Couronne sur ma tête.
Dans un rugissement, je bondis dans l’escalier qui descendait.
« Espèce d’enfoiré ! »
Mais Barbe-Bleue me sauta aussi dessus.
Le salaud s’accrocha à moi, me saisissant et m’arrachant des morceaux sans la moindre honte.
Aïe !
Plusieurs écailles furent arrachées.
Normalement, des mains nues n’auraient jamais pu abîmer mes écailles, mais Gigantification devait en avoir diminué la résistance.
Du sang suinta des endroits où mes écailles avaient été arrachées.
L’eau dévalait l’escalier.
Je glissai avec elle.
« Crève ! »
Toujours agrippé à moi, Barbe-Bleue sortit une hache.
Il leva le bras, prêt à l’abattre.
Je me tortillai et balayai l’air de la queue.
La partie de mon corps à laquelle Barbe-Bleue s’accrochait s’éleva et heurta le plafond.
Barbe-Bleue se cogna le sommet du crâne et lâcha sa hache.
« Kuagh ! »
Malgré ça, il s’accrochait toujours à moi comme une sangsue.
Il essayait même de ramper petit à petit vers ma tête.
« D-Dunkel ! »
Manjin lança un cri paniqué, tandis que Dunkel jetait calmement sur Barbe-Bleue tout ce qu’il avait sur lui.
Un marteau à main tournoya dans les airs et frappa Barbe-Bleue en plein visage.
Son nez saigna abondamment, mais il ne lâcha pas prise.
On aurait pu lui faire avaler tous les citrons du monde, ce type n’aurait jamais repris ses esprits.
En voyant ça, Manjin et Dunkel lui lancèrent tous les objets inutiles qu’ils avaient sur eux.
Barbe-Bleue ne broncha pas et continua de ramper vers ma tête.
On dévalait l’escalier à la vitesse d’un toboggan aquatique ; il fallait reconnaître que c’était impressionnant.
À la fin, Dunkel et Manjin enlevèrent même leurs chaussures pour les lui jeter.
« Gah ! »
La chaussure de travail de Manjin frappa heureusement les doigts de Barbe-Bleue.
Une fois qu’il lâcha prise d’une main, Barbe-Bleue ne put plus se retenir.
Il s’écrasa au sol.
Dunkel et Manjin affichèrent un grand sourire.
Mais il était trop tôt pour fêter ça.
« Sssak ! »
Je les prévins qu’un rocher se trouvait devant nous.
Évidemment, ils ne comprirent pas ce que je voulais dire avant que je ne le percute.
Craaaac !
Ma tête ne s’ouvrit pas en deux.
À la place, mon corps fit un tonneau en l’air comme une voiture lors d’un accident.
Dunkel et Manjin perdirent eux aussi leur prise et furent projetés au loin.
Emporté par mon élan, je continuai de rouler sur le sol.
Avec l’eau qui déferlait à toute vitesse, il n’était pas facile de s’arrêter.
Étrangement, l’eau froide des profondeurs était chaude.
La chaleur géothermique devait être sacrément intense, ici.
Le lac de lave se trouvait juste devant.
Ffffff !
Une quantité phénoménale de vapeur jaillissait devant moi.
« Gasp ! »
Je frappai le sol de ma Frappe de la queue.
Ça ne suffisait pas, alors j’enfonçai aussi mes crocs dans le sol.
Grrrkkk !
De justesse, je parvins à m’arrêter juste avant de tomber dans le lac de lave.
Et Dunkel et Manjin ?
Je ne les voyais pas.
Ils avaient sûrement survécu d’une manière ou d’une autre !
Je ne tombai que sur un nain que je n’avais pas envie de voir.
« Aaaah ! »
La tête de Barbe-Bleue était fendue et ensanglantée.
Il rugit de rage.
L’eau se déversait sans arrêt dans le lac de lave.
Il faisait si chaud qu’en dépit de la quantité d’eau qui tombait, des flammes orange jaillissaient encore jusque-là.
Mais même le feu le plus puissant devait s’éteindre si on y versait assez d’eau.
Les avantages élémentaires existaient bel et bien, comme Pokémon l’avait prouvé.
« Viens donc, Barbe-Bleue ! »
Même après l’extinction des flammes, Barbe-Bleue ne reprit pas ses esprits.
Non, peut-être avait-il déjà sombré trop profondément dans la folie.
« T-Tu… ! Un simple serpent ! Une créature misérable ! »
Il fulminait comme s’il crachait du feu…
Non, des flammes jaillissaient réellement de la bouche de Barbe-Bleue.
Ses yeux, noirs comme des trous de bouton, brûlaient eux aussi d’un feu ardent.
[Le Démon de feu sent une menace et lutte désespérément.]
Même sans les explications de Pelerian, ça semblait évident.
Des flammes jaillirent de tous les orifices du visage de Barbe-Bleue.
Elles gagnèrent bientôt sa barbe et ses cheveux.
Barbe-Bleue ne lui allait plus vraiment. Il aurait plutôt dû s’appeler Barbe-Rouge.
« Crève ! »
« Crève, toi ! »
Je fonçai sur Barbe-Bleue tandis qu’il se ruait vers moi.
Barbe-Bleue, les poings enflammés, décocha un coup brûlant.
Avec mon corps gigantesque, je ne pouvais pas l’esquiver.
Mais si j’annulais Gigantification, ce serait facile.
Frouu !
Le poing de Barbe-Bleue fendit le vide.
[Vous utilisez Bond dévoreur de cœur niv. 3.]
Mon corps devint plus léger, et je gagnai aussi en vitesse.
Je fus littéralement propulsé en avant comme une flèche.
Pour dévorer le cœur de Barbe-Bleue.
Crac !
Mais je faillis plutôt me casser les dents.
Le lâche Barbe-Bleue portait une cotte de mailles naine sous ses vêtements.
Barbe-Bleue tenta de me saisir de sa main brûlante.
Je n’avais aucune envie qu’il me laisse des empreintes de main, alors je me glissai rapidement sur le côté.
J’avais une arme secrète pour ce genre de combat rapproché.
[Vous utilisez Décret du Tonnerre céleste niv. 1.]
« Pauvre idiot. »
« Ah oui, c’est vrai ! »
On était sous terre !
Alors que j’allais maudire mon manque de jugeote…
Crac !
Le bruitage était ridiculement faible comparé au fracas habituel de la foudre.
Pourtant, un éclair bleu nous électrocuta tous les deux, Barbe-Bleue et moi.
Et comme ma résistance à la foudre était supérieure, je repris mes esprits le premier.
Crac !
Je réussis à lui mordre la cheville.
Barbe-Bleue hurla.
Ouais.
Je crois que je suis plus fort que Barbe-Bleue, finalement.
* * *
Ffffff !
Une quantité phénoménale de vapeur s’éleva.
L’eau qui tombait dans le lac de lave se vaporisait aussitôt, formant d’épais nuages qui s’élevaient en tourbillonnant.
L’humidité grimpa à un niveau anormal et l’air se remplit de vapeur à plus de cent degrés.
Dunkel comprit immédiatement à quel point la situation était dangereuse.
Si cette quantité gigantesque de vapeur envahissait la mine, tout le monde mourrait.
C’était évident. À la première inspiration, leurs poumons seraient cuits.
Ils avaient déjà prévu que verser de l’eau dans le lac de lave produirait une quantité énorme de vapeur.
En temps normal, pourtant, il n’y aurait eu aucune raison de s’inquiéter.
Les systèmes de ventilation étaient essentiels dans les mines. Celles des nains, qui creusaient bien plus profondément que les humains, étaient équipées d’installations de ventilation particulièrement impressionnantes.
Si elles avaient été correctement entretenues, la vapeur aurait dû s’échapper par les conduits qui remontaient directement à la surface.
Mais rien n’indiquait que c’était le cas.
Au contraire, la vapeur commençait à envahir tout l’espace.
« À ce rythme-là, tout le monde va mourir. »
En comprenant cela, Dunkel prit sa décision.
Manjin sentit que quelque chose n’allait pas chez lui.
« Dunkel, qu’est-ce que tu comptes faire ? »
« Aide le serpent. »
« Dunkel ! »
Manjin hurla à s’en déchirer la gorge.
Dunkel s’était jeté dans la vapeur brûlante.
Sa peau rougit comme si elle cuisait en un instant.
La douleur était terrible.
Mais il ne pouvait même pas respirer.
En apnée, Dunkel gravit aussi vite que possible l’escalier encastré dans la paroi.
C’était là que se trouvaient les conduits de ventilation et leur mécanisme.
Comme prévu, ils n’avaient pas été correctement entretenus et étaient couverts de rouille.
Ça n’aurait jamais pu arriver si les nains n’avaient pas été ensorcelés par le feu.
« La valve, il me faut la valve ! »
Heureusement, une grande valve permettait d’ouvrir de force le conduit de ventilation.
Il était déjà à bout de souffle, mais il n’avait pas le choix : il devait courir.
Quand Dunkel tendit la main pour tourner la valve, il faillit crier.
Elle était brûlante.
Malgré tout, Dunkel serra les dents et la saisit de nouveau.
Même s’il devait s’arracher la peau des paumes, il fallait qu’il tourne cette valve.
Il força jusqu’à faire saillir les veines de ses bras, mais la valve ne bougea pas.
Grincement, couinement.
« Si seulement j’avais fait plus de sport. »
Des larmes lui montèrent aux yeux, peut-être de regret, peut-être parce que la vapeur était si épaisse.
C’est alors qu’une grosse main se posa sur la valve.
Dunkel tourna la tête.
Rosena venait d’apparaître.
Elle lui adressa un sourire, puis força sur la main qui agrippait la valve.
Gniiiii !
La valve récalcitrante se mit à tourner.
Le gigantesque ventilateur se mit alors en marche.
Vrouuuum !
La vapeur qui remplissait l’air fut aspirée vers le haut.
Enfin, il redevint possible de respirer.
Rosena donna une tape dans le dos de Dunkel.
Son dos brûlé le lança douloureusement.
« Bien joué. »
Sa voix était complètement rauque.
Elle aussi semblait avoir inhalé un peu de vapeur.
« O-Oui, m-merci. »
Pourquoi avait-il les larmes aux yeux ?
Dunkel ne pouvait s’empêcher de détester son propre manque de courage.
Ce n’est qu’alors qu’il eut assez de répit pour regarder en contrebas.
Et le serpent ?
Et le lac de lave où, disait-on, le démon se cachait ?
Et qu’était-il arrivé à son père… non, à Barbe-Bleue ?
Le lac de lave, sans cesse léché par les flammes orange, avait enfin perdu son éclat.
La vapeur s’élevait encore, mais il distinguait de l’eau accumulée au fond.
Une flamme persistait pourtant.
Rosena murmura :
« Zenzero… »
Le corps de Barbe-Bleue était en feu.
Le serpent se tenait à une courte distance de lui.
Barbe-Bleue, en flammes, tituba vers le lac de lave.
Puis, comme si c’était irréel, il se jeta sous sa surface.
* * *
[Vous avez éteint le feu du démon.]
[Vous avez vaincu le Démon de feu de Paimon.]
Je l’avais eu.
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
[Votre niveau a augmenté.]
…
Sans aucun doute !
[Vous avez obtenu le succès « Tueur de démons ».]
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