Chapitre 92
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 92 : Ex-petite amie, ex-petit ami
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« Varus ! »
Quand je prononçai ce nom, Pelerian me corrigea.
— C’est Baras, pas Varus. Tu l’as écrit correctement, alors pourquoi dire autre chose ?
« C’est juste une question de feeling. »
La prononciation était bien « Baras », mais j’avais eu envie de crier « Varus ».
La langue des runes elle-même détenait un pouvoir magique.
Barbe-Bleue était lié par le contrat qu’il avait passé avec Pelerian.
Pelerian le Défieur du Ciel avait fait en sorte qu’un seul mot runique suffise à réclamer la pénalité en cas de rupture du contrat.
Un contrat terrifiant : il suffisait de prononcer le mot runique « Baras » pour faire de Barbe-Bleue, le seigneur de la mine naine, un esclave.
« Mais pourquoi Barbe-Bleue avait-il accepté un contrat aussi terrifiant ? »
— Les gens sont différents quand ils entrent aux toilettes et quand ils en ressortent.
« Quelle comparaison dégueulasse. »
— C’est comme ça que va le monde. L’attitude de quelqu’un qui emprunte de l’argent n’est pas la même que celle qu’il a quand il doit le rembourser. Ce nain stupide devait vraiment croire qu’il ne romprait jamais le contrat.
Pelerian ne se contentait pas d’avoir l’air vieux. Iel avait véritablement beaucoup d’expérience du monde.
À force d’en avoir vu tous les aspects les plus sordides, iel était forcément devenu cynique.
— Mais les circonstances ont dû changer. Une fois qu’il a eu besoin de Célestium, il a sans doute cru que j’étais mort et a tout simplement rompu le contrat.
« Ah. »
— Et surtout…
Pelerian ajouta sans la moindre honte :
— Ce salaud ne savait probablement pas qu’un seul mot runique suffirait à le mettre dans cet état. J’avais soigneusement dissimulé la clause concernée dans le contrat.
« Oh. »
C’était tellement du Pelerian, ça.
Quoi qu’il en soit, leur petit arrangement tordu m’était très utile, à présent.
Barbe-Bleue était figé sur place, comme une statue de cire.
« Lève les mains, Barbe-Bleue ! »
À mon ordre, il leva raide comme un automate les deux mains.
Ça ressemblait à ce qui se passait quand j’utilisais Domination sur un monstre.
« Ouah, comment ça marche ? »
— C’est comme si son âme avait été mise en hypothèque.
« … C’est pas le genre de truc qu’un démon ferait ? »
— Comment tu l’as deviné ? C’est exactement une méthode que les démons utilisent souvent.
Quel démon, ce Pelerian.
Pour Pelerian, les méthodes et les outils n’avaient pas à être jugés moralement.
J’ordonnai à Barbe-Bleue de remonter la chaîne et le seau.
Sans un mot, Barbe-Bleue se mit à hisser le seau de Célestium.
Pschhh !
Une goutte de sueur tomba sur la chaîne et s’évapora aussitôt.
Il faisait vraiment une chaleur infernale, ici. Il n’aurait pas été étonnant qu’un démon vive dans les parages.
« Euh… ça va ? »
« Mon seigneur. »
Les nains étaient déconcertés de voir Barbe-Bleue soudain devenu si docile.
Mais Barbe-Bleue continuait de tirer sur la chaîne sans rien dire.
Allez-y, continuez à vous agiter.
La vie de votre roi était entre mes mains, maintenant !
Je relevai fièrement la tête devant eux.
Les nains, pareils à des momies, observaient la scène sans savoir quoi faire.
« Le contrôle ne va pas lâcher, hein ? »
— Je te l’ai dit, c’est comme si son âme était mise en hypothèque. La magie ne se dissipera pas avant la mort de Barbe-Bleue.
Dans ce cas, je devais récupérer le reste du Célestium en plus du seau et de la chaîne, puis faire fabriquer des armes avec.
Je devais aussi leur faire clairement comprendre qu’ils n’avaient plus intérêt à se livrer à des pratiques barbares comme les sacrifices humains.
C’est alors que mon regard perçant remarqua quelque chose.
Les bras de Barbe-Bleue tremblaient légèrement tandis qu’il tirait sur la chaîne.
C’était à cause de la chaleur de la chaîne ?
Quand il eut presque remonté le seau jusqu’en haut, même ses lèvres se mirent à trembler.
Les lèvres de Barbe-Bleue bougèrent et il réussit à articuler quelques mots.
« … Ah. »
« Oui ? »
« … Attrapez. »
Ce n’était pas bon signe.
« Attrapez… le… serpent. »
Les nains tournèrent les yeux vers moi.
Je m’empressai de donner un ordre à Barbe-Bleue.
« La ferme ! Et passe-moi le seau ! »
L’ordre fit effet.
Le seau contenait une mystérieuse flamme orange.
Ce n’était pas de la lave. C’était sans aucun doute la même flamme qui dansait à la surface du lac de lave.
Un feu maléfique qui ensorcelait les nains et s’attaquait à leur esprit.
Un couvercle pendait au seau.
Je le refermai en vitesse et verrouillai le loquet.
La résistance à la chaleur du Célestium était vraiment incroyable. C’était brûlant, mais encore supportable.
Pourtant, Barbe-Bleue ne lâchait toujours pas la chaîne qu’il tenait.
« Lâche-la ! »
« A-attrapez-le… ! »
Il cria en laissant le sang lui couler de la bouche.
Ce n’est qu’alors que les nains se ruèrent sur moi.
La situation était claire.
Contrairement à ce que prétendait Pelerian avec tant d’assurance, Barbe-Bleue se libérait peu à peu du contrôle magique.
— C-ce n’est pas possible !
« Tu as dit que cette magie était indestructible ! »
Ce nain avait une Force mentale de dix-neuf ou quoi ?
— La Force mentale ne peut pas briser un contrat pareil. Je te l’ai dit, il est littéralement lié à son âme !
Peu importait ce que disait Pelerian : la situation, elle, était bien réelle.
Je mordis de toutes mes forces le dos de la main de Barbe-Bleue.
Puis je lui injectai une dose raisonnable de Neurotoxine.
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【Seigneur de la mine naine Barbe-Bleue Nv. 159】
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Il était clairement plus fort que moi.
Il n’allait pas mourir, si ?
Bah, qu’est-ce que ça pouvait faire, s’il mourait ?
Ce n’est qu’alors que Barbe-Bleue lâcha la chaîne.
Je rangeai le seau et la chaîne ensemble dans mon Sous-espace.
Kibaemi, c’est dangereux, alors n’y touche jamais !
« U-aaaah ! »
Barbe-Bleue finit par se libérer de la magie du contrat.
Il se jeta sur moi.
Je me glissai sur le côté pour esquiver Barbe-Bleue.
Un nain qui avait tenté de m’attaquer par-derrière se retrouva empêtré avec Barbe-Bleue.
Ah !
J’avais failli tomber dans le lac de lave.
Le lac de lave se trouvait derrière moi.
Les nains qui bloquaient ma fuite étaient devant moi.
Barbe-Bleue serra son poignet mordu et rugit :
« Attrapez-le ! »
« Ssss ! »
Je lui criai à mon tour :
« Protège-moi, Barbe-Bleue ! »
Il devait rester une partie du contrôle.
Barbe-Bleue frappa un de ses subordonnés qui allait se jeter sur moi.
Le nain touché roula sur le sol.
Je profitai de l’ouverture pour échapper à l’encerclement.
「Vous utilisez Accélération Nv. 7.」
Ce n’était pas de quoi être fier, mais la fuite avait toujours été l’un de mes points forts.
Le problème, c’était qu’il faisait beaucoup trop chaud, ici.
« À ce stade, je crois que je pourrais même apprécier une baignade. »
J’aurais peut-être pu nager avec plaisir, même si c’était ce que je détestais le plus.
Les nains me poursuivaient en hurlant.
Barbe-Bleue semblait lui aussi s’être totalement libéré de mon contrôle.
J’étais à deux doigts de me plaindre encore à Pelerian, mais je me retins.
Iel semblait plus choqué que quiconque.
— Le contrat était-il incomplet dès le départ ? Non, sinon le mot runique n’aurait pas fonctionné. Y aurait-il un défaut structurel dans la conception de mon contrat… ? Le plus probable, c’est que ce nain ait un moyen de le contrer. Mais lequel ?
Iel continuait à marmonner dans son coin, comme si son orgueil avait été profondément blessé.
Mais la façon dont Barbe-Bleue avait échappé à la magie de Pelerian n’avait aucune importance.
Le plus important, c’était de fuir ces nains ensorcelés par le feu.
Je gravis les escaliers en vitesse.
La porte entre le niveau le plus profond et le niveau intérieur était fermée.
Je me jetai dessus de tout mon poids.
Bam, bam bam !
C’était comme ça qu’on frappait pour demander à ceux de l’autre côté d’ouvrir.
Comme prévu, elle s’ouvrit dans un grincement.
Je me faufilai par l’ouverture.
« Argh ! »
Les nains qui ouvraient la porte en tirant sur la chaîne de la poulie sursautèrent de surprise.
Ils ne s’attendaient pas à me voir débouler tout à coup.
Quand ils lâchèrent la chaîne, la porte, à moitié ouverte, se referma brusquement.
Une idée me vint.
Ce ne serait pas mieux s’ils ne pouvaient plus du tout ouvrir la porte ?
Je sortis Ashira et frappai la chaîne reliée à la poulie.
Clang !
La chaîne ne montra pas le moindre signe de faiblesse.
Merde, les nains étaient vraiment trop doués pour fabriquer des trucs inutiles.
À la place, je m’accrochai à la poulie fixée au-dessus de moi.
Je contractai tous mes muscles et tirai de toutes mes forces.
Crac.
La poulie céda.
« Q-qu’est-ce que tu fais ?! »
Je fis la sourde oreille aux cris des nains.
Boum !
Un grand fracas retentit contre la porte en contrebas.
Barbe-Bleue et les autres nains étaient arrivés.
Ils ne pourraient plus ouvrir la porte. Restez là-dessous et faites-vous cuire à la vapeur, les nains.
Mais je criais victoire trop tôt.
Grincement, crissement !
Les nains étaient une race incroyablement forte.
Barbe-Bleue et ses subordonnés parvinrent d’une manière ou d’une autre à soulever la porte au-dessus de leur tête.
Sans me retourner, je fis demi-tour.
Je quittais le niveau intérieur.
D’abord en haut. Puis encore plus haut.
« Attrapez ce serpent ! »
Ils avaient grimpé depuis le niveau le plus profond.
Cette fois, même les autres nains des environs se joignirent à la poursuite.
Un nain qui descendait le chemin écarta les bras et prit une posture maladroite pour me barrer la route.
「Vous utilisez Bond dévore-cœur Nv. 3.」
La pauvre bête ne vit pas un trou rouge béant s’ouvrir dans sa poitrine.
Je ne fis que frôler son cou en passant.
Sa colonne devait s’être glacée d’effroi, car le nain se frotta la nuque avant de s’effondrer par terre.
Après l’avoir dépassé, j’aperçus aussitôt la porte du niveau intérieur.
La porte entre le niveau intérieur et l’étage supérieur fonctionnait grâce à la gravité.
Autrement dit, il fallait faire tourner une sorte de roue de charrette pour l’ouvrir ; dès que la corde était coupée, la porte de fer retombait d’un coup.
« Fermez la porte ! »
Le nain qui gardait la porte ouverte somnolait.
Puis Barbe-Bleue cria de nouveau :
« Ferme-la, espèce d’abruti ! »
Une hache vola au-dessus de ma tête, s’écrasa contre le mur et tomba par terre.
Le nain endormi se réveilla en sursaut.
« Fermez-la ! »
Le nain se dépêcha de tourner la roue.
La porte commença à se refermer dans un crissement.
J’accélérai encore.
Une autre hache vola derrière moi.
Clang !
La chaîne qui soutenait la porte se brisa d’un seul coup.
La lourde porte de fer chuta sous son propre poids.
「Vous utilisez Bond dévore-cœur Nv. 3.」
Je me jetai dans l’ouverture qui rétrécissait, manquant de rouler sur moi-même.
Booom !
Ma queue avait failli être coupée.
Mais j’avais remporté une nette victoire.
La chaîne qui soulevait la porte avait cédé, ce qui me faisait gagner du temps.
La porte de fer résonnait derrière moi, mêlée aux hurlements furieux de Barbe-Bleue.
« Qu’est-ce qui se passe ?! »
Celle qui apparut en poussant ce cri tonitruant était Rosena.
Ah, je ne pensais pas pouvoir la battre…
J’avais trois options.
Vaincre Rosena et m’enfuir.
Ou passer à côté d’elle et m’enfuir.
Les deux premières options semblaient impossibles.
Mais il y en avait une troisième.
« Barbe-Bleue est devenu fou ! »
Je pouvais lui raconter ce que j’avais vu.
« Il a poussé un vieux nain du nom de Jeremiah dans un brasier. Je te jure, il a complètement perdu la tête. Il a dit qu’il allait exploiter le Cœur de la montagne et bâtir un royaume nain… »
« Q-quoi ? »
Je dénonçai sans détour les atrocités de Barbe-Bleue.
Enfin, pas tout à fait sans détour. J’exagérais un peu.
— Oh, non !
Pelerian s’écria brusquement :
— Cette femme et Barbe-Bleue sont liés !
« Quoi ? »
Oh là là, c’était pas vrai.
« Ils sortent encore ensemble ? »
— Euh… qui sait ?
S’ils avaient rompu, il n’y aurait eu aucun problème.
Peut-être qu’ils avaient encore des sentiments l’un pour l’autre ?
L’expression de Rosena me donna la réponse.
Son visage s’était complètement déformé.
« Ce putain de salaud de Zenzero… »
Ah, ils avaient bel et bien rompu.
Et ça s’était manifestement très mal terminé.
Donc Barbe-Bleue s’appelait Zenzero.
« Je pensais qu’il finirait par reprendre ses esprits si je le laissais tranquille, mais il a fini par faire des siennes… »
« Tu me crois ? »
« Oui. »
Rosena retroussa ses manches, révélant ses énormes muscles.
Puis elle ramassa un petit marteau qui ne collait pas du tout avec sa carrure.
Je tressaillis, craignant qu’elle ne me l’abatte dessus, mais elle se contenta de me le tendre.
« Serpent, tu as dit que tu étais venu avec Dunkel. »
« Oui. »
« Prends ça. »
Le marteau de Rosena était un peu vieux, mais c’était un objet remarquable.
En l’observant de près, je vis que ses ornements délicats étaient incroyablement beaux.
Un outil digne d’un Maître d’art.
« Retrouve Dunkel et cherche Helmut. Dis-lui que je t’envoie, puis remets-lui ça. »
Helmut n’était vraiment pas un vieillard ordinaire.
« La mine a besoin d’un nouveau seigneur. Zenzero a enfin perdu la tête. »
Rosena me caressa doucement la tête.
J’acquiesçai et rangeai le marteau dans mon Sous-espace.
« Allez, file ! »
De toute façon, je voulais déjà m’échapper au plus vite.
Je laissai Rosena derrière moi et pris la fuite.
Tout ce que je pouvais faire, c’était espérer qu’elle donnerait une bonne leçon à Barbe-Bleue.
* * *
Rosena regarda le serpent s’éloigner.
Pour Barbe-Bleue, Zenzero, ce serpent avait peut-être été une catastrophe tombée du ciel.
Mais Rosena voyait les choses autrement.
C’était peut-être un serpent chanceux, apparu dans une mine à l’agonie.
Elle examina ses outils.
En plus du marteau qu’elle avait donné au serpent, elle avait tout un assortiment d’outils menaçants.
Il y avait des lames, ainsi que de gros marteaux qui auraient fait de parfaites armes de guerre.
Mais elle ne pouvait pas utiliser d’armes.
Oui, ça suffirait.
Rosena ramassa le coussin en bois qu’elle utilisait pour dormir.
Bam, bam !
Un vacarme assourdissant retentit depuis la porte donnant sur le niveau intérieur.
Barbe-Bleue finit par l’ouvrir.
Lui et ses subordonnés les plus proches se faufilèrent par l’étroite ouverture.
« Ha. »
En les voyant, Rosena laissa échapper un rire sans joie.
« Ton visage était au moins supportable, avant… »
Barbe-Bleue avait une mine affreuse.
Son visage était rouge vif.
Des vêtements blancs trempés de sueur lui collaient au corps.
Sa barbe et ses cheveux avaient roussi et frisé.
« Zenzero. »
« … Rosena ? »
Barbe-Bleue devait être un peu surpris de voir Rosena l’attendre, son coussin posé sur l’épaule.
« Tu as vu le serpent ? »
« Non, espèce d’abruti. Qu’est-ce que tu fabriquais là-dessous ? »
« Hoo… »
Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu son ancienne compagne.
À la vue de Rosena, Barbe-Bleue poussa un soupir.
« Rosena. »
« Ouais. »
« Tu sais que tu as toujours été pénible, depuis le début jusqu’à aujourd’hui ? »
« Toi… »
Une veine saillit sur le front de Rosena.
« Espèce de connard ! »
Notes :
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