Chapitre 91
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 91 : Sort de destruction (Illustration)
──────
Bluebeard et ses proches assistants émergèrent du niveau le plus profond.
Ils formaient l’élite de la Mine de l’Enclume rouge : quatre Maîtres d’art et cinq forgerons de haut niveau.
Ils dénouèrent les linges blancs qui leur enveloppaient le corps.
Même la température de ces niveaux profonds était étouffante, mais après être remontés du niveau le plus profond, ils avaient presque l’impression d’avoir frais.
Les linges étaient trempés.
Ils préparaient de l’eau rafraîchissante en mélangeant de la poudre de pierre réfrigérante à de l’eau souterraine froide, puis y trempaient des linges blancs qu’ils enroulaient autour de leur corps.
Ça ne devait pas être bon pour eux, mais ils ne pouvaient pas travailler dans le niveau le plus profond sans ça.
Les nains qui s’y aventuraient étaient l’élite de la Mine de l’Enclume rouge.
Les meilleurs des guerriers, dont la Résistance à la chaleur avait atteint son maximum après de longues expositions à une chaleur accablante, travaillaient aux côtés de Bluebeard.
Malgré toutes leurs précautions, leur visage et leur peau avaient rougi comme s’ils avaient cuit.
Bluebeard.
Fidèle à son nom, le souverain arborait une barbe d’un bleu saisissant.
Rosena l’avait aimée autrefois, disant qu’elle avait la couleur de la mer.
C’était amusant, vu qu’aucun d’eux n’avait jamais vu la mer.
Mais peut-être était-ce parce que les années avaient passé.
Ou peut-être parce qu’il avait passé trop de temps exposé à un feu aussi intense.
Sa barbe n’avait plus rien du bleu d’antan.
Elle avait roussi et frisé ; il ne lui restait qu’une vague teinte bleu-noir.
« Fuuuh… »
Bluebeard poussa un profond soupir, puis remarqua enfin l’agitation.
« Qu’y a-t-il ? »
« Un serpent… vous cherchait, mon seigneur. »
Un jeune nain lui expliqua la situation.
« Un serpent ? » marmonna Bluebeard en sortant. Et il y en avait bel et bien un.
Incroyablement, le serpent parlait la langue commune.
Un carnet flottait dans les airs, tandis qu’une plume se déplaçait sur ses pages pour communiquer.
Même Bluebeard, qui avait été témoin d’innombrables phénomènes mystérieux, n’avait jamais vu pareil spectacle.
Et ce que le serpent disait était encore plus surprenant.
« Pelerian ? »
Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas entendu ce nom.
Oui, il avait passé un contrat avec ce Mage féerique.
Pelerian était déjà célèbre pour sa réputation sulfureuse à l’époque, mais Bluebeard n’avait pas pu refuser le paiement proposé par le mage.
« Une rupture de contrat… »
Seuls les vieux nains connaissaient toute l’histoire de ce contrat.
Les plus jeunes avaient l’air de ne rien comprendre à ce que racontait le serpent.
Le carnet qui flottait dans les airs tourna tout seul quelques pages, puis inscrivit une phrase.
« Où est mon épée en fer météorique ? »
« … Ah, vous parlez de l’épée en Célestium. »
La Salle des reliques.
Quand les humains avaient découvert le Donjon de Pelerian, Bluebeard et les nains s’étaient proposés pour le démanteler.
En échange, ils avaient secrètement emporté les objets les plus précieux cachés dans la Salle des reliques.
Ils n’avaient pas eu le choix.
Le Célestium.
Ils avaient besoin de ce métal à la résistance à la chaleur complètement démesurée pour extraire le Cœur de la montagne.
« Cette… »
L’objet fabriqué avec ce métal pendait à présent à la taille de Bluebeard.
« Vous cherchez ça ? »
Une chaîne et un seau.
Des objets crasseux, couverts de taches noires et poisseuses.
Voilà ce qu’était devenue l’épée en Célestium, autrefois si belle.
Mes écailles s’assombrirent complètement.
« Kik, kik… »
Je rugis de rage.
« Kisaaaaaak ! »
* * *
Keeeeek !
Que le châtiment divin s’abatte sur ce nain cinglé qui avait transformé une épée en seau.
Je me demandai quel goût avait le cœur d’un nain.
Le dernier lambeau de raison qui me restait m’empêcha de peu de passer à l’acte.
Bon. Il me suffisait de le récupérer.
J’allais le réclamer à nouveau à ce nain.
Qu’il fasse fondre ce seau et cette chaîne minables, qu’il me forge une vraie épée et me la rende.
Avec tout le calme et toute la rationalité dont j’étais capable, je formulai ma demande.
« Rends-moi mon épée en fer météorique, tout de suite ! Voleurs ! »
Les nains paniquèrent.
Bluebeard, lui, ne parut pas surpris et ne chercha pas à esquiver la situation.
« Le Défenseur du Ciel serait-il encore en vie ? »
« Ça ne vous regarde pas. Je suis le représentant légitime de Pelerian ! »
Je pris un ton assuré, comme Pelerian me l’avait expliqué.
« Vous avez rompu un contrat. Vous l’avez enfreint à votre guise et vous avez volé les objets ? Vous n’aviez pas peur des conséquences ? »
« … Il semble que ce soit vrai. »
Oui, c’était vrai.
« Je suis désolé. Je vous présente mes excuses. Je sais qu’un simple pardon ne suffira pas, mais je ne peux pas vous rendre le Célestium. »
« Alors, paie le prix de la rupture du contrat. »
La sentence de mort de Bluebeard venait d’être prononcée.
J’allais prononcer le mot-clé de rupture de contrat.
Un seul mot suffisait à plonger Bluebeard dans un état pire que la mort.
« Pas tout de suite. Dès que le travail sera terminé, je pourrai vous le rendre. Je vous forgerai moi-même la plus belle épée, avec les meilleurs matériaux. »
« … ? »
« Vous vous demandez sûrement pourquoi j’ai poussé la rupture de contrat jusqu’à reprendre le Célestium. »
Non, pas du tout.
Alors crève, maintenant.
« Une fois que vous en connaîtrez la raison, même le Défenseur du Ciel comprendra. C’est le véritable Cœur de la montagne ! »
— Attends.
Pelerian m’arrêta.
Pourquoi ?
— Une fois le mot-clé prononcé, impossible de revenir en arrière. En plus, je suis curieux. Ce nain a-t-il vraiment trouvé le Cœur de la montagne ? Écoutons-le, pour l’instant.
Pelerian me parlait comme pour m’apaiser, ce qui était inhabituel.
La curiosité du mage.
C’était forcément ça qui avait été éveillé.
« Voulez-vous voir ce que nous faisons avec ce Célestium ? »
Bluebeard me fit cette proposition d’un ton sec.
J’y réfléchis un instant.
Puis je tranchai.
« N’essaie pas de me faire un coup en douce. »
« Vous comprendrez en le voyant. Pourquoi j’ai pris le Célestium, malgré la rupture du contrat. »
Bluebeard venait de gagner un peu de temps.
Il n’avait pourtant pas l’air ravi.
Il se contenta de crier, le visage épuisé :
« Nous redescendons au niveau le plus profond ! Préparez-vous. »
« Monseigneur, c’est dangereux. Vous venez à peine de remonter… »
« Préparez l’eau rafraîchissante et les linges. »
Ses autres subordonnés essayèrent de le retenir, mais Bluebeard ne les écouta pas.
Finalement, les nains qui devaient redescendre avec lui se rassemblèrent.
« Faites venir Jeremiah. »
Jeremiah était le Maître d’art que j’étais censé rencontrer à la place de Rosena.
Jeremiah se trouvait donc dans ces niveaux profonds.
Puis je vis le nain qui fit son apparition, et je sursautai.
« On dirait un cadavre ambulant. »
Tous les nains que j’avais rencontrés jusque-là avaient l’air robustes.
Même Helmut, le vieil homme qui élevait des cochons avec Dunkel, semblait encore en forme malgré son âge.
Mais pas ce vieillard qu’on appelait Maître d’art.
Jeremiah était d’une maigreur extrême, avec les cheveux et la barbe clairsemés.
Jeremiah cracha du sang.
On voyait bien que le vieux Maître d’art était à l’article de la mort.
Alors que je reculais discrètement, un autre nain s’approcha de moi.
« Ne bouge pas. »
Hein ?
Puis ils commencèrent à m’envelopper dans des linges blancs trempés.
J’essayai de m’échapper, dégoûté, mais la fraîcheur était si agréable que je restai tranquille.
« Il fait extrêmement chaud au niveau le plus profond. Tu en auras besoin. »
Ah, d’accord.
Ils avaient dit que ces linges étaient imbibés d’eau rafraîchissante.
Je m’étais préparé au combat ; toute ma combativité en prit un coup.
« Ouvrez la porte ! »
Bluebeard cria.
Les nains tirèrent sur les chaînes du treuil et ouvrirent la porte de fer menant au niveau le plus profond.
Une chaleur terrible se déversa sur nous.
Aah !
[La maîtrise de Résistance à la chaleur augmente fortement.]
[Résistance à la chaleur niveau 12 devient Résistance à la chaleur niveau 13.]
Ma Résistance à la chaleur venait encore de gagner un niveau.
Sans les linges trempés d’eau rafraîchissante, ça aurait été bien plus difficile.
Si moi, j’avais aussi chaud, est-ce que le vieux Jeremiah allait tenir le coup ?
Pourtant, même soutenu, Jeremiah descendit les escaliers menant au niveau le plus profond avec une obstination farouche.
— Le Cœur de la montagne. Est-ce qu’il existe vraiment ?
« C’est quoi, au juste ? »
— Une sorte de légende naine.
Clang.
La porte de fer se referma.
J’entrai avec Bluebeard dans les profondeurs du mont Calea.
« Cette situation est un peu drôle. »
— Comment ça ?
« J’ai l’impression que c’est une coïncidence. »
Après tout, j’étais le Serpent mangeur de cœur.
* * *
[À propos des nains souterrains à la recherche du Cœur de la montagne.]
Connaissez-vous le castor ?
Étonnamment, malgré leur condition de simples animaux, les castors passent leur vie à construire des barrages.
Ils entrelacent des branches pour bâtir des barrages dans les rivières. Personne ne les y oblige : c’est simplement leur instinct.
Il n’y a probablement pas de grande raison qui pousse ces animaux à construire des barrages.
Les nains souterrains qui creusent la terre ne sont pas très différents.
Ils veulent extraire des minerais précieux et les transformer en objets encore plus remarquables.
L’auteur estime que les nains qui creusent toujours plus profondément ne sont pas si différents des castors dans leurs motivations.
En ce sens, le « Cœur de la montagne » ressemble au « barrage parfait » du castor.
Les nains creusent profondément dans la terre, affirmant qu’ils trouveront le Cœur de la montagne.
Il leur arrive de tomber sur de vastes champs de lave enfouis sous terre.
Les nains croient que ces champs de lave renferment un feu pur et parfait.
Ils l’appellent parfois l’Essence de feu, l’essence même des flammes.
La légende raconte qu’avec elle, ils peuvent faire fondre et raffiner tous les métaux du monde, puis les durcir et les refroidir pour créer le métal suprême.
Mais son existence même est sujette à débat.
Si le Cœur de la montagne existe vraiment, pourquoi n’y a-t-il aucun objet fabriqué à partir de lui ?
Le Cœur de la montagne n’est peut-être qu’une légende de nains en proie à l’Enchantement du feu.
Une fois en proie à l’Enchantement du feu, les nains creusent de plus en plus profondément dans les champs de lave.
Ils finissent par brûler et tomber malades à cause de la chaleur, puis agitent les veines de lave jusqu’à ce que toute la mine soit engloutie par les flammes. Voilà sans doute la fin misérable d’une mine victime de l’Enchantement du feu…
* * *
« Ce n’est pas de la simple lave. »
Bluebeard prit la parole.
Sa gorge était irritée par l’air chaud et sec.
« Je ne suis pas idiot. Je ne confondrais pas de la lave avec le Cœur de la montagne. »
Pelerian m’avait fait poser la question, et voilà la réponse que j’avais obtenue.
« Le feu le plus pur se trouve dans le lac de lave, en contrebas. Si nous creusons plus profondément, nous déterrerons forcément le Cœur de la montagne. »
Que comptaient-ils faire une fois le Cœur de la montagne trouvé ?
Quand je lui posai la question, Bluebeard me regarda comme s’il ne comprenait pas pourquoi je la lui posais.
« Nous pourrons tout faire avec. Nous remonterons à la surface avec lui. Un royaume nain verra le jour. »
À bien y penser, les nains n’avaient pas non plus de royaume.
Les Elfes avaient au moins la Grande Forêt et l’Arbre-Monde comme bastion, mais les nains vivaient éparpillés dans le monde entier.
« Nous remonterons le Cœur de la montagne à la surface et construirons un immense fourneau. Les nains de tout le continent se rassembleront pour contempler la Forge primordiale. »
Donc ils ne creusaient pas uniquement parce qu’ils aimaient ça.
Bluebeard avait aussi des ambitions.
Encore un qui se prenait pour un roi, alors que Nanaruk voulait déjà fonder un royaume gobelin.
« Je n’ai pas l’intention de devenir roi. J’extrairai le Cœur de la montagne, puis je me retirerai. C’est ma vocation. »
Si c’était vrai, il ne se prenait pas pour un roi.
Mais il changerait peut-être d’avis le moment venu.
Je finis par atteindre le centre du niveau le plus profond.
Des falaises dessinaient un cercle, comme un puits gigantesque, et un lac de lave s’étendait loin en contrebas.
« Le Cœur de la montagne se trouve là-dedans. »
La chaleur était incroyable.
[La maîtrise de Résistance à la chaleur augmente fortement.]
Même le linge qui m’enveloppait devenait brûlant.
La simple proximité du lac me donnait l’impression que ma vie était en danger.
« Voilà pourquoi nous avons besoin de Célestium. La plupart des métaux fondent à l’instant où on les descend là-bas. »
Bluebeard expliqua qu’il avait fabriqué des chaînes et des seaux en Célestium, ainsi que des marteaux et d’autres outils avec le reste.
« Je vais vous montrer comment nous recueillons une partie de l’Essence de feu. Vous aussi, vous devez voir le potentiel du Cœur de la montagne. »
Après avoir demandé à ses subordonnés de tenir la chaîne, Bluebeard jeta le seau en contrebas.
Le seau tomba au-dessus du lac de lave.
Évidemment, il flotta au lieu de couler.
Comment comptaient-ils récupérer le Cœur de la montagne ?
Pourtant, ce lac de lave avait l’air tout à fait ordinaire.
Comme si Bluebeard avait lu dans mes pensées, il prit la parole :
« Regardez attentivement. Ce n’est que de la lave. Le Cœur de la montagne se trouve à l’intérieur. »
Sa voix avait quelque chose de sinistre.
Je devins un peu méfiant, craignant qu’il ne me pousse par-dessus le bord.
« Vous devez bien regarder. Ce ne sera qu’un instant. »
« Saak. »
Compris. Alors ne t’approche pas davantage.
Pelerian se tenait à côté de moi et jeta aussi un regard prudent en contrebas.
— Qu’est-ce qui peut bien se trouver là-dessous ?
Je ne voyais rien, alors je me retournai vers Bluebeard.
Il tenait le vieux nain Jeremiah dans ses bras.
Qu’est-ce qu’il fabriquait ?
« Tu as bien travaillé, Jeremiah. »
« Ce vieux corps malade… Je suis heureux qu’il puisse servir à quelque chose de cette manière. Kof. »
Du sang jaillit de la bouche de Jeremiah, mais Bluebeard n’y prêta aucune attention.
« Dois-je vous aider ? »
« Si vous le voulez bien… »
Jeremiah avança pas à pas et s’arrêta au bord de la falaise.
Puis l’impensable se produisit.
Sans la moindre hésitation, Bluebeard poussa le nain malade dans le vide.
La chute ne dura pas longtemps.
Sans même une éclaboussure, le corps du nain fut englouti par la lave rougeoyante.
Fssss !
De la fumée s’éleva à cet endroit.
« Qu-Qu’est-ce que tu fais ?! »
Je hurlai de stupeur.
Mais les nains ne crièrent pas.
Ils s’approchèrent du bord et regardèrent en contrebas, comme s’ils attendaient l’apparition d’un phénomène rare.
Fwoooosh !
Des flammes orange jaillirent de la surface du lac de lave.
À l’évidence, elles n’avaient rien à voir avec la lave.
On aurait dit qu’un monstre infernal tirait la langue.
La lumière qui se déversait dans la salle se reflétait dans les yeux des nains.
Personne ne parla.
Ils ne firent que regarder les flammes danser, le regard fasciné.
Bluebeard finit par rompre le silence.
« N’est-ce pas… magnifique ? »
Sa voix tremblait d’émotion.
« Regardez ce feu. C’est la flamme la plus pure du monde… »
Magnifique… ?
Pas du tout.
Ce n’était pas magnifique le moins du monde. Pour moi, ça ressemblait juste à du feu.
— Ils sont fous. C’est bien l’Enchantement du feu.
Pelerian claqua la langue.
Bluebeard, qui avait semblé normal jusque-là, avait vraiment l’air fou.
Je compris enfin ce qu’était l’Enchantement du feu.
— Mais cette flamme est bel et bien magnifique…
La voix de Pelerian me parut un peu étrange, elle aussi.
Le mage contemplait la danse des flammes avec un air absent.
Qu’est-ce qu’elles avaient de magnifique ?
J’avais beau les examiner de près, je ne comprenais pas cette impression.
Puis j’entendis un message que j’avais déjà reçu plusieurs fois.
[Vous êtes immunisé contre les attaques mentales grâce au trait « Indomptable ».]
Ah.
Ah, je vois.
Je compris enfin.
« C’est un feu maléfique. »
Les nains n’étaient pas victimes de l’Enchantement du feu parce qu’ils étaient nains.
Quelque chose sous ce lac de lave dégageait des flammes véritablement dangereuses.
« Saak ! »
— Aah, tu m’as fait peur ! Qu-Qu’est-ce qu’il y a ?
Les négociations étaient terminées.
Ils avaient essayé de m’ensorceler avec leur feu, moi aussi.
Rends-moi mon épée en fer météorique, tout de suite.
Bluebeard claqua la langue.
« Voir cette beauté de tes propres yeux et ne pas la comprendre… Tu n’es qu’une créature misérable. »
Une créature misérable.
C’étaient les mots que je détestais le plus.
« Attrapez ce serpent et jetez-le là-dessous ! »
Bluebeard révéla son vrai visage.
Sans attendre, je sortis mon carnet et ma plume pour écrire le mot-clé.
Fssss !
Mais l’encre de la plume se mit à bouillonner et brûla.
Les pages jaunirent, puis le carnet prit feu.
« Attrapez-le ! »
À cet instant, un nain se jeta sur moi.
Peu importait que la plume et le papier aient disparu.
Je pouvais prendre une autre plume et une autre feuille.
« Hurg ! »
J’entravai la cheville du nain qui fonçait sur moi et le fis tomber.
En passant au-dessus de son postérieur étalé par terre, je sortis Ashira et l’abattis.
Griffe, fssss, griffe !
« Aaargh ! »
Le nain hurla sous la douleur cuisante.
Des lettres s’étaient gravées sur ses fesses.
Bluebeard les lut, lui aussi.
Quel idiot. Ça n’aurait pas marché s’il avait gardé les yeux fermés.
« Hurg ! »
Le corps de Bluebeard se raidit.
Un mot runique de châtiment exigeant le prix de la rupture d’un contrat.
Je le prononçai une nouvelle fois en mon for intérieur.
« Varus ! »
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