Chapitre 81
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu le serpent ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 81 : Infiltration secrète réussie
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La bière se divisait généralement en deux catégories.
« Lager » et « ale ».
Pour être plus précis, la lager était obtenue par fermentation basse, avec une levure qui se déposait au fond du tonneau, tandis que l’ale recourait à la fermentation haute, avec une levure qui flottait à la surface, et ainsi de suite.
Mais il existait une façon plus simple de les distinguer.
Si la bière était claire, savoureuse et rafraîchissante, c’était une lager. Si elle était riche en arômes, trouble et lourde à boire, c’était une ale.
Le tonneau de chêne apporté par Roil, celui dans lequel je m’étais infiltré, contenait de l’ale.
Et, fidèle à sa réputation, son arôme était incroyable.
« Ooooh… »
Un parfum floral m’emplissait les narines.
« Je crois que je vais être un peu pompette… »
J’avais toujours été un petit buveur.
Apparemment, devenir un serpent n’avait rien changé à cet aspect de ma personne. Heureusement que la bière était peu alcoolisée. Si ce tonneau avait contenu du vin, la seule odeur m’aurait complètement saoulé.
— Endure ça en silence.
Pelerian se montrait inhabituellement entreprenant.
Je m’étais bien lavé, mais je présentai tout de même mes condoléances à ce tonneau d’ale devenu imbuvable. Nous n’avions pas le choix : il fallait infiltrer la mine.
Dehors, ça faisait du bruit. Les nains étaient probablement sortis.
Parfait. Je n’avais qu’à tenir jusqu’à ce qu’on entre.
Tout irait bien tant que je ne buvais pas. Il y avait de la place pour respirer dans le tonneau et nous avions même percé un petit trou d’aération.
C’est alors que le tonneau de chêne dans lequel je me trouvais bascula brusquement.
Glouglouglou.
La bière m’engloutit jusqu’au sommet du crâne.
Je me redressai aussitôt, mais j’avalai une énorme gorgée de bière.
« Hic. »
C’est ainsi que j’appris que les serpents aussi pouvaient avoir le hoquet.
« Oh… oh… c’est bon, ça. »
Mon ventre était gonflé par toute la bière que j’avais avalée.
Pour une raison ou une autre, je me sentais bien, agréablement grisé.
J’étais saoul. J’étais en train de me saouler !
« Mmm, je commence à être un peu pompette… »
— Hé, espèce d’idiot, t’as bu combien pour être déjà saoul ?!
Je n’avais pas bu d’alcool depuis que j’étais devenu un serpent.
Cela dit, grâce à mon expérience dans ma vie précédente, je savais très bien ce qui m’arrivait quand je buvais.
« Merde, j’en peux plus. »
« Fais-le rouler jusqu’à ce qu’on le mette sur le chariot. »
Les nains firent rouler le tonneau de chêne.
Et moi, je roulai à l’intérieur.
Le monde tournait, encore et encore.
Je ne devais pas me saouler.
« Quand je suis saoul… »
Je devenais un poids mort… !
* * *
[Sur les traits essentiels et mystérieux des nains, dissimulés derrière l’expression « artisans obstinés »]
Pour nous, les humains, les nains étaient connus comme des « artisans obstinés » ou des « forgerons minutieux ».
Mais réduire les nains à une race de forgerons était une vision bien trop étroite.
Tout d’abord, les nains se divisaient en nains de la surface et nains souterrains.
Les nains de la surface étaient souvent des maîtres bâtisseurs plutôt que des forgerons. La plupart des grandes constructions, dont le Palais du Soleil, avaient été érigées par eux. Leur tempérament joyeux leur permettait aussi de bien s’entendre avec les fiers elfes des forêts.
Les nains souterrains, en revanche, étaient différents.
Ils vivaient principalement dans les mines, creusant toujours plus profondément dans la terre. Combien de gens avaient déjà pénétré dans leurs villes ?
Ceux qui n’avaient rencontré que des nains de la surface étaient stupéfaits lorsqu’ils découvraient les nains souterrains.
Ils avaient la même petite taille et la même musculature solide, mais leur peau était d’un blanc pâle. Leurs yeux profondément enfoncés et leurs barbes incroyablement épaisses leur donnaient même un air effrayant.
À force de creuser vers le bas, ils étaient devenus comme des termites qui finissaient par ronger les racines d’une montagne.
Ils consacraient toute leur vie à aménager des mines et à transformer le sous-sol en un endroit aussi complexe qu’un Donjon.
Ces nains souterrains étaient les véritables forgerons.
Ils remontaient rarement à la surface, mais les armes et armures qu’ils forgeaient étaient célèbres sur tout le continent.
Pourtant, je pouvais affirmer avec certitude que les nains n’étaient pas une race faite pour vivre sous terre.
Leur vie, passée dans les profondeurs arides à se préoccuper de choses comme l’épaisseur de leur barbe, était nettement plus courte que celle des nains de la surface. La plupart mouraient avant deux cents ans.
Graves maladies pulmonaires, éboulements meurtriers, monstres surgis des profondeurs qui les dévoraient… Les causes de leur mort étaient nombreuses.
Il y avait pourtant un mal qui fascinait tout particulièrement les chercheurs.
Une maladie mentale appelée Enchantement du feu, ou Syndrome d’enchantement du feu.
Aussi grande que fût la Force mentale d’un nain, une fois que l’Enchantement du feu commençait, il ne pouvait échapper à la mort.
Envoûtés par le feu, les nains finissaient inévitablement, tels des papillons attirés par la flamme…
* * *
Contrairement à ce que croyaient les humains, les nains souterrains ne menaient pas une vie morose en permanence.
Surtout quand il y avait de la bonne bière, les nains étaient plus heureux que quiconque au monde.
« Tchin ! »
Les chopes en bois s’entrechoquèrent si fort qu’elles auraient pu se briser en plein vol.
De la mousse blanche gicla partout.
Les nains de la Mine de l’Enclume rouge engloutirent leurs pintes d’ale. Aucun des cinq nains attablés ne baissa sa chope. Comme s’ils s’étaient concertés, ils vidèrent tous leur bière d’un trait.
« Kuaaaah ! »
« Gloouurp ! »
Ils lâchèrent des rots dignes du souffle d’un dragon.
Un tonnerre de rires bruyants retentit.
La Mine de l’Enclume rouge n’était pas qu’une simple mine.
Au fil du temps, elle avait pris une ampleur colossale, au point qu’on pouvait désormais parler d’une ville. Son niveau supérieur abritait les maisons des nains et toutes sortes de commodités.
Après avoir passé la journée à extraire du minerai dans les niveaux inférieurs, les nains remontaient et noyaient leur fatigue dans la bière. Avant même d’essuyer la suie noire sur leur visage, ils s’en remplissaient le ventre.
Grâce à leur résistance phénoménale, la quantité de bière que les nains buvaient chaque jour était astronomique.
« J’ai cru que j’allais mourir de faim. »
« On leur demande de faire rôtir un cochon entier ? »
« Et du jambon, aussi ! »
Comment les nains faisaient-ils pour se nourrir au fond d’une mine aussi profonde ?
C’était remarquable, vu que les échanges commerciaux entre la Mine de l’Enclume rouge et les humains n’étaient pas particulièrement importants. Les nains de la mine vivaient en grande partie en autarcie.
De généreuses tranches de jambon furent posées dans leurs assiettes, accompagnées de choucroute et de purée de pommes de terre.
Un nain ne prit même pas la peine de couper son jambon. Il le piqua avec sa fourchette et l’enfourna dans sa bouche.
Le jambon qu’ils mâchaient bruyamment venait d’un « cochon ».
Mais ce « cochon » était d’une espèce différente des porcs de la surface.
Plus exactement, c’était un monstre.
Ils élevaient dans la mine des Cochons d’acier, d’étranges créatures qui se nourrissaient de minerai de fer.
Les pommes de terre et le chou, c’était à peu près pareil. Il s’agissait de variétés de plantes souterraines qui constituaient l’alimentation de base des nains.
Du porc, des pommes de terre, du chou blanc.
On ne trouvait rien de vert dans l’alimentation des nains.
Mais ils s’en moquaient. Même un plat infect devenait délicieux avec de la bière.
Ils enchaînèrent trois tournées à toute vitesse.
Ils auraient dû être rassasiés, mais les nains semblaient particulièrement enthousiastes ce soir-là.
« Faites tinter vos chopes, ho ! »
Ils n’arrêtaient pas de trinquer.
« Brandis le marteau, ho ! Creuse la terre et extrais le minerai, ho ! »
Le visage rouge, ils chantaient à tue-tête.
« Jusqu’à ce qu’enfin, au fond de la mine, le feu flamboyant nous envoûte et nous tue, ho ! »
Le vieux nain qui tenait la taverne claqua la langue en regardant les jeunes mineurs.
« Patron ! Encore de la bière par ici ! »
« Non, apportez-nous directement le tonneau ! »
Ça, c’était effectivement plus simple.
Le patron ne prit pas la peine de leur servir son inutile « Buvez avec modération » ; de toute façon, ils n’écouteraient pas. Il traîna jusqu’à eux un tonneau de chêne fraîchement livré.
L’odeur d’alcool se renforça à mesure qu’il approchait.
Les nains avaient déjà le regard vitreux.
« Évitez de vomir, quand même… »
« On ne vomiiiira pas ! Promis. »
« Tss, tss. »
Le patron posa le tonneau de chêne près d’eux et s’éloigna.
Normalement, ils auraient ouvert le couvercle et versé la bière dans des chopes, mais les nains employèrent une méthode plus barbare.
L’un d’eux sortit un marteau et l’abattit à la vitesse de l’éclair.
Pan !
Un trou s’ouvrit au sommet du tonneau.
Et pourtant, il n’en tomba que quelques copeaux.
Le nain jeta le morceau de couvercle au sol, se lécha les babines et leva une chope.
Alors qu’il s’apprêtait à y puiser de l’ale…
Frouf !
Quelque chose jaillit du tonneau de chêne.
C’était un serpent trempé de bière.
Un serpent aux écailles aussi belles que du cristal grimpa sur la table où le repas était disposé.
Même les nains complètement ivres se figèrent d’un coup.
Personne ne comprit tout de suite ce qui se passait.
Le serpent, qui avait dû se trouver dans le tonneau quelques instants plus tôt, semblait saoul et tournait la tête en rond sur la table.
L’un des nains cria :
« D-d’la Liqueur du Serpent ! »
Cette seule phrase suffit à dissiper l’atmosphère figée.
« De la Liqueur du Serpeeeent ?! »
« J’en ai jamais buuu ! »
« Vous êtes complètement cinglés ! Puhahaha ! »
Les nains ivres se précipitèrent vers le tonneau de chêne.
Baptisant Liqueur du Serpent l’ale où avait séjourné un serpent, ils s’en servirent avidement dans leurs chopes.
Entre hommes qui buvaient ensemble, se faire traiter de cinglé était le plus beau des compliments.
Chacun d’eux fit une folie.
Ils engloutirent une bière dans laquelle un serpent avait trempé quelques instants plus tôt.
« Toi aussi, mange ! »
Quelqu’un donna un morceau de jambon au serpent.
Quand le serpent l’accepta docilement, l’enthousiasme des nains atteignit son comble.
« Tu veux aussi un peu de bière ? »
« Sssak ! »
Le serpent enfouit son museau dans la chope qu’on lui avait posée devant et se mit à boire.
« Wahahahaha ! »
« Il boit bien, en plus ! »
Ils reprirent la chanson que l’arrivée du serpent avait interrompue.
« Bois de la Liqueur du Serpent, ho ! Fais une folie, ho ! »
« Sssak ! »
« Même si on t’abandonne au fond de la mine et qu’on te laisse mourir, ho ! »
« Sssak ! »
Le serpent poussait un cri à chaque « ho ! »
Était-ce un rêve ou la réalité ?
Étaient-ils tellement saouls qu’ils avaient des hallucinations ?
Les nains riaient en sifflant leur bière.
La beuverie battit son plein.
À la fin, même les nains, pourtant réputés pour leur résistance à l’alcool, furent complètement ivres.
« Je ne sens plus le bout de mes doigts. »
« M-mes lèvres n’arrêtent pas de trembler. »
Ils commencèrent à souffrir de symptômes qu’ils n’avaient jamais ressentis, quelle que fût la quantité d’alcool qu’ils buvaient.
Leurs mains et leurs pieds s’engourdirent, leurs lèvres tressaillirent.
Des symptômes comparables à ceux provoqués par une infime dose de Neurotoxine.
« Wahahaha ! Ça doit être à cause de la Liqueur du Serpent ! »
« Puhahaha ! »
Mais même ça, ils le prirent comme un divertissement de plus.
Ils perdaient connaissance, reprenaient leurs esprits, puis recommençaient.
« Un temps de pause ! Deux temps de pause ! Encore trois temps de pause, un, deux, trois ! »
À un moment, c’est ce qu’ils se mirent à chanter.
Les nains s’étaient rassemblés autour de la table, applaudissant et encourageant le serpent.
La nourriture et les assiettes étaient toutes tombées par terre, et le serpent dansait sur la table.
« Belle danse ! »
Personne ne savait s’il dansait vraiment ou s’il se débattait simplement dans tous les sens.
Les nains qui le regardaient passèrent les bras sur les épaules les uns des autres et se joignirent à sa danse.
Aujourd’hui, il n’y avait personne d’autre dans la taverne que ce groupe de nains.
Le patron, après leur avoir apporté le tonneau entier, était allé se reposer dans sa chambre.
Le vacarme devint si assourdissant que le patron finit par se précipiter dehors, un balai à la main, pour les mettre à la porte.
C’est alors qu’il réagit enfin comme une personne normale.
« U-un serpent ! »
Un serpent dansait sur une table de sa taverne.
Et de toute évidence, ce n’était pas un serpent ordinaire, mais un monstre.
« Allez, ouste ! Dégage ! »
« Qu’est-ce que vous faites à notre ami ?! »
« Espèce de cinglé ! »
Quand le patron repoussa le nain qui s’accrochait à lui, le jeune mineur complètement saoul roula sur le sol.
Même si le serpent balançait la tête comme un ivrogne, il ne s’enfuit pas.
Le patron lui asséna un coup de balai.
Le serpent aurait naturellement dû être balayé au loin.
Clang !
Au lieu de ça, le balai rebondit.
Le serpent l’avait écarté d’un coup de queue.
Le patron, stupéfait, frappa de nouveau avec son balai.
Clang ! Twing ! Paf !
Il frappa trois fois, et chaque coup fut repoussé par la queue du serpent.
« Ch-ch-ch-ch. »
Le patron s’imagina-t-il que le serpent ricana ?
« Puhahaha ! »
« Impressionnant, très impressionnant. »
Les nains ivres agitèrent leurs chopes vides en signe d’admiration.
Comme pour leur répondre, le serpent étira fièrement son corps.
« Espèces de petits cons ! Dehors, tous autant que vous êtes ! »
Le patron rugit.
Lui aussi avait été un célèbre guerrier nain. Un tavernier qui devait gérer des ivrognes tous les jours ne pouvait pas être faible.
Il se rendit dans la cuisine pour prendre un couteau et tuer le serpent.
Cling.
C’est aussi à ce moment que quelqu’un entra dans la taverne.
Ni les clients ivres ni le patron, qui venait de partir chercher un couteau dans la cuisine, ne le remarquèrent.
« Bande d’abrutis, vous n’êtes toujours pas partis ?! »
Le patron revint en courant, essoufflé, un couteau à la main.
La colère l’aveuglait peut-être, car il agitait son arme d’une façon plutôt menaçante.
« Attendez ! »
Le nouveau venu poussa un cri alarmé.
Mais le couteau ne s’arrêta pas.
* * *
« F-faut que je l’attrape avec la bouche ! »
Je happai la lame qui volait vers moi.
Quand je serrai les dents, la lame aurait dû se briser dans un craquement…
Mais ce ne fut pas le cas.
Aïe !
J’avais mal aux dents !
Beurk !
Je lâchai le couteau et eus un haut-le-cœur.
Par miracle, je réussis à ne pas vomir.
« Waaah. »
« Glurp. Puhat ! »
Les nains avec qui je venais de me lier d’amitié éclatèrent de rire.
J’avais failli vomir sur la table.
Ça me rappela ma première beuverie, après avoir atteint l’âge adulte.
À l’époque, l’alcool m’était passé étonnamment bien.
« C’est génial, je ne suis même pas saoul ! » avais-je lancé en enchaînant les mélanges de soju et de bière comme un fou…
— Tu ne cesseras jamais de me surprendre.
Mais je ne me souvenais de rien d’autre.
J’avais trop la tête qui tournait.
— Je pensais que tu allais te battre avec les nains… Je n’aurais jamais imaginé que tu boirais avec eux.
Ouais, ouais, c’est bien quand tout le monde s’entend.
Je devrais aussi nettoyer la table.
J’avais vraiment mis le bazar.
J’utilise la magie élémentaire élémentaire : Eau…
Pas une goutte d’eau ne sortit.
« Gaaah ! »
Les autres nains étaient adorables.
Mais ce vieux nain ne semblait pas m’aimer.
Il s’apprêtait à me frapper de nouveau avec son couteau.
« Désolé, je vais bientôt partir. Laissez-moi juste nettoyer la table. »
« Qu’est-ce que vous croyez faire ?! »
À cet instant, un nain encapuchonné se jeta sur le patron.
Il lui arracha son couteau de force et cria :
« Vous ne trouvez pas que vous êtes un peu dur avec une bête qui ne peut pas parler ?! »
« V-vous… »
Le vieux patron sembla décontenancé.
Puis il se défendit comme s’il était accusé à tort.
« Ces cinglés ont amené un serpent dans ma taverne ! »
« Ce n’est pas nous… Ce petit ami a jailli du tonneau de chêne. »
« Un tonneau de chêne ? Arrêtez de raconter n’importe quoi ! »
La personne encapuchonnée empêcha les autres de déclencher une bagarre.
« Je vais l’emmener. »
Puis elle s’approcha de moi.
« Qui êtes-vous ? Et je ne suis pas une bête qui ne peut pas parler. »
Mes nouveaux copains de beuverie essayèrent de l’arrêter.
Le pouvoir de l’amitié !
« Qu’est-ce que vous faites… ?! »
Mon ami, qui avait essayé de barrer la route à la personne encapuchonnée, tressaillit soudain.
Après avoir vu son visage, le nain cracha par terre.
« Berk, vous m’avez gâché ma bière. »
Puis il la laissa tranquille.
Traîtres.
C’est tout ce que notre relation représentait pour vous ?
La personne encapuchonnée me saisit.
J’essayai de lui échapper, mais le vertige me fit vaciller et je m’effondrai.
« On dirait qu’il vient de l’extérieur. Pauvre petite chose. »
« Sssak. »
Je ne suis pas une pauvre petite chose. Je suis venu exprès.
Elle me prit dans ses bras.
Puis elle sortit de la taverne.
Personne ne nous arrêta.
« On va d’abord rentrer chez moi. »
Le nain me caressa doucement.
Ce kidnappeur…
Nous arrivâmes dans un endroit désert où l’on ne voyait aucun autre nain.
Il retira sa capuche.
Son visage apparut à travers ma vision trouble.
« S-ssak ! »
J’étais sous le choc.
Tous les nains avaient une barbe épaisse. Même les femmes naines.
Mais ce nain était différent.
Il avait un visage doux, sans le moindre poil à part quelques sourcils.
Son crâne et son menton étaient parfaitement lisses.
— Un nain sans poils…
Pelerian marmonna, incrédule.
Le nain eut alors un sourire amer et dit :
« Toi aussi, t’es chauve comme moi. »
Qu’est-ce que tu viens de dire ?!
Le nain se sentait lié à moi sans me demander mon avis.
« On est dans le même bateau. »
C’était injuste.
Je n’étais pas chauve. J’étais lisse.
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