Chapitre 77
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu le Serpent de l’Apocalypse ◈
Chapitre 77 : Pas de glissade
──────
Salut tout le monde, petite annonce avant le chapitre ! Nous organisons un concours de webromans originaux avec 1 000 dollars de récompenses, une chance de publier votre roman sur WeTried et un accès gratuit à vie à la lecture pour les deux grands gagnants !
Un prix de participation de 500 pièces sera également remis à toutes les personnes qui participeront.
Vous avez une histoire qui traîne dans un dossier quelque part, ou vous avez toujours eu envie d’essayer d’en écrire une ? Nous serions ravis de la lire. Il vous suffit de nous envoyer vos dix premiers chapitres, et vous avez jusqu’au 1er janvier 2027 pour participer. Les nouveaux auteurs sont les bienvenus !
<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">Tous les détails, les règles et les modalités de participation sont ici !</a> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest">https://wetriedtls.com/announcements/webnovel-contest</a>
N’hésitez pas à partager l’annonce avec vos connaissances qui écrivent. Bonne lecture !
Si vous avez des questions, rejoignez notre serveur Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
──────
Le garçon devant moi semblait avoir à peu près le même âge que la petite Rania.
Fils d’un pauvre marchand, il portait des vêtements crasseux. Mais ses cheveux couleur crème étaient légèrement bouclés, et il avait une jolie frimousse.
Il serait sûrement populaire en grandissant.
Le garçon imita de nouveau le bruit d’un serpent.
« Sssak, sssak. »
Il n’avait vraiment pas l’air d’avoir toute sa tête.
Pauvre gosse. Aucune chance qu’il devienne populaire.
« Sssat, sssat. »
« Sssaaak ! »
Quand je me joignis à lui, il devint rouge comme une tomate et se mit à siffler de plus belle. Il reniflait même bruyamment, tant il avait l’air excité.
Je ferais peut-être mieux d’arrêter de le taquiner.
Mais surtout, qu’est-ce que j’allais faire ? Il m’avait surpris à me cacher ici. S’il le racontait aux marchands, ils me chasseraient sans aucun doute.
J’appréciais ce voyage en chariot. C’était confortable et reposant, et il nous restait encore plusieurs jours avant d’arriver à Ville de Kalea, ma destination.
— Tu comptes tuer tous ceux qui le savent ?
Pelerian venait de dire quelque chose de terrifiant.
« Ce ne serait pas une bonne idée. Les marchands resteraient les bras croisés, peut-être ? »
— C’est vrai.
Même si je mangeais cet enfant humain, le voyage en chariot prendrait fin de toute façon.
Tu as de la chance, gamin.
Mais comment avait-il su que je me cachais ici ? Vu la rapidité avec laquelle il s’était mis à siffler, il m’avait remarqué avant.
Dans ces moments-là, je pensais toujours à la Cape d’invisibilité que je n’avais pas réussi à obtenir. Si je l’avais eue, tout aurait été tellement plus simple.
Elle était probablement encore entre les mains du Gnome, dans la Grande Forêt. Quel gâchis.
— Attends.
Pelerian prit soudain un ton sérieux.
— Le livre de cet enfant humain. Prends-le. Apporte-le ici.
Un livre ?
Le titre sur le livre que tenait le garçon était :
「Introduction aux Mystères de la magie, par le Sage Liberta」
C’était une sorte de manuel d’initiation à la magie ?
Je fis signe au garçon et au livre avec ma queue.
Hé. Apporte-moi ce livre.
« Sssishit ! »
Encore ses bruits de serpent. Dépêche-toi de me l’apporter avant que je te donne une leçon.
J’avais l’impression d’être une petite brute qui rackettait un écolier. Grâce à la Main transparente, je subtilisai discrètement le livre au garçon.
« Waouh, de la magie… ! »
Au lieu de paniquer, le garçon avait les yeux qui brillaient d’émerveillement.
Sans prêter attention à son regard encombrant, j’ouvris le livre. Une plume assez coûteuse, remplie d’encre, était glissée à l’intérieur.
La page ouverte indiquait :
« Pour converser facilement en Langue des serpents. 1) Comment saluer un serpent que l’on rencontre pour la première fois. »
Oh.
C’était gênant.
Je croyais qu’il était juste bizarre, mais il ne faisait que répéter ce qu’il lisait ?
« Il existe vraiment une langue que parlent les serpents ? »
L’existence d’une langue des serpents dont j’ignorais tout était révolutionnaire.
— Comment ça pourrait être vrai ? C’est du n’importe quoi.
Pelerian, qui n’était même pas un serpent, rejeta cette idée sans hésiter.
— Liberta, Liberta… J’ai déjà entendu ce nom quelque part…
Pelerian me demanda d’ouvrir l’Introduction et se mit à la lire attentivement. Pendant ce temps, je saisis la plume avec ma Main transparente.
« La langue commune devrait suffire. »
Puis j’écrivis dans un coin de la page.
« Tu sais qui est Liberta ? »
Sans m’en rendre compte, j’employai la façon de parler que j’avais apprise auprès de Nanaruk.
« Ah ! Ah… sssak… »
Le garçon se remit à siffler. Son niveau de conversation n’avait pas l’air bien élevé, cela dit. Le voir s’efforcer de répondre à ma question m’amusait un peu.
J’aurais presque pu continuer à le regarder, mais je décidai de m’arrêter là.
« La Langue des serpents, c’est n’importe quoi. Les humains ne peuvent pas apprendre la langue des serpents. »
« C-c’est vrai ? »
« Réponds. Tu sais qui est Liberta ? »
« J’ai entendu dire que c’était un grand archimage… Il a vécu il y a une centaine d’années. »
Pelerian marmonna : « Un grand archimage ? Hum… » et se plongea dans ses pensées.
J’attendis que le garçon poursuive.
« Il maîtrisait toutes les sortes de magie élémentaire… et il portait toujours un masque en or. C’est pour ça qu’on l’appelait le Sage au masque d’or. »
Il avait l’air d’être un mage plutôt romantique.
Et c’est alors que…
— Ah, ce foutu charlatan !
Pelerian se frappa son énorme tête, comme s’il venait de se souvenir.
« Tu le connais ? C’était un charlatan ? »
— Oui. C’était un jeune morveux qui escroquait les humains en se vantant d’être un grand archimage.
« Ah bon ? »
— Un masque en or… Je comprends maintenant pourquoi il portait ce truc.
Apparemment, Pelerian connaissait l’auteur de ce livre de magie.
Je n’étais pas particulièrement curieux, mais je lui posai la question par politesse. Pelerian me répondit avec enthousiasme.
— Il a même essayé de m’escroquer. Il était tellement arrogant que je lui ai retourné le nez, puis remis à l’endroit.
« … »
— On dit qu’il toussait chaque fois qu’il pleuvait, après ça. Hahaha !
Comme prévu, Pelerian était assez cruel pour être considéré comme l’ennemi public du continent.
« Donc, ce gamin apprend la magie dans un livre plein de sottises écrit par un charlatan ? »
— Il était au moins capable d’écrire un manuel d’initiation à la magie… mais, vu le chapitre sur la conversation en Langue des serpents, il n’a jamais corrigé cette sale habitude.
C’était dommage pour l’enfant humain.
Au moins, il valait mieux qu’il apprenne la vérité maintenant.
« Petit humain, Liberta était un mage minable et médiocre. Il ne vaut pas la peine qu’on apprenne auprès de lui. »
Je craignais que le garçon ne soit si choqué qu’il se mette à pleurer.
Mais je me trompais.
« Oh là là, vous avez vraiment rencontré Liberta ? »
Ses yeux brillaient encore plus fort.
Après avoir réfléchi un instant, je répondis.
« En effet. C’était un pauvre type. Il se croyait supérieur et se montrait arrogant, alors je lui ai retourné le nez. C’est sûrement pour ça qu’il s’est mis à porter un masque en or. »
Héhé. C’était amusant.
Le garçon avait l’air complètement ébahi.
« Waouh… »
« L’or ne peut pas dissimuler la laideur intérieure. »
« Alors… quel âge avez-vous ? »
J’allais répondre quatre mois, mais je me repris rapidement.
« Je dirais… environ quatre cents ans. »
« Oh ! »
Pelerian me réprimanda : « Tu aurais dû dire quatre mille. Tu manques de prestance. »
Les enfants de ce monde aimaient-ils les monstres terrifiants comme ceux de la Terre aimaient les dinosaures ?
« Vous êtes un serpent incroyablement vieux… Alors, vous êtes un Serpent ? »
« … On peut dire que je suis quelque chose de semblable. »
« Comment dois-je vous appeler ? »
« Appelle-moi Urooros. Uro, ça ira aussi. »
« Maître Uro… »
Alors que je cherchais comment mettre fin à cette farce, le garçon me supplia.
« V-vous pourriez m’apprendre la magie ? »
Hum.
Un enfant restait un enfant.
Demander à un serpent rencontré à l’instant de lui apprendre la magie. Il ne manquait pas de courage.
— Liberta est vraiment lamentable jusqu’au bout. Ce livre de magie est nul.
Je compatissais, malgré tout, de le voir apprendre la magie dans un livre pareil.
« Qu’est-ce que je vais faire de lui ? »
— Hum ?
« Il veut que je lui apprenne la magie. »
— Fais comme tu veux.
« Hmm… Ah ! »
Une partie de moi avait envie de continuer à le taquiner, mais une idée me vint.
« Tu souhaites recevoir mon enseignement ? »
« Oui… ! »
« Si tu m’offres un tribut convenable et corriges ton attitude, je t’accorderai mon savoir. »
« Un tribut, vous voulez dire… ? »
Peut-être que cet enfant et moi pourrions nous rendre service.
« Apporte-moi de quoi écrire, du papier et à manger. »
Je pourrais peut-être vivre encore plus confortablement que maintenant.
« Pour la nourriture… je dois attraper des souris ou des grenouilles ? »
« Petit insolent ! »
« A-alors, quoi ? »
« Apporte-moi des pommes de terre rôties et des saucisses. »
J’avais vraiment envie de manger de la nourriture humaine. Et j’en avais assez du jerky.
« Compris ! »
Le garçon hocha solennellement la tête.
« Tu ne t’es toujours pas présenté. »
« Ah, pardon. Je m’appelle Amaen. »
« Très bien, Amaen. »
Il fallait que je lui fasse promettre de garder le secret.
« Il vaudrait mieux que personne n’apprenne que je suis ici. »
« Oui ! »
Je n’oubliai pas non plus de le menacer comme il se devait.
« Sinon, je n’aurai pas d’autre choix que de te manger, toi, ton père et tous ces humains. »
« Ah… »
« Ce serait peut-être agréable de me remplir l’estomac affamé avec de la chair humaine, pour une fois… »
Je dardai la langue en sifflant, puis me retirai dans l’obscurité de la soute.
Le visage du garçon devint blanc de peur.
Pelerian me demanda à voix basse :
— Tu t’amuses ?
« Oui, héhé. »
Je m’amusais beaucoup.
* * *
À vrai dire, j’étais incapable d’enseigner correctement la magie au garçon.
J’apprenais moi-même la magie auprès de Pelerian. Comment aurais-je pu l’enseigner convenablement à quelqu’un d’autre ?
Je voulais rester plus longtemps dans le chariot, et je me disais qu’Amaen pourrait m’aider à obtenir les affaires et la nourriture dont j’avais besoin.
C’était tout ce que j’avais en tête.
Si les autres humains me découvraient, je comptais quitter le chariot.
Pourtant, gagner la confiance du garçon se révéla être une excellente décision.
Amaen était intelligent, malgré son jeune âge.
« Papa, je vais dans la soute m’entraîner. »
« Encore là-dedans ? »
« Oui, c’est calme et sombre, alors je peux mieux me concentrer. »
Amaen déclara cela d’un ton parfaitement naturel, puis sauta dans la soute.
Roil, le marchand, ne semblait pas soupçonner son fils le moins du monde. La soute était bien recouverte d’une bâche huilée ; à moins que quelqu’un ne crie, c’était un endroit tout à fait convenable pour s’exercer à la magie.
Cela faisait deux jours qu’Amaen allait et venait dans la soute, et personne n’avait encore découvert ma présence.
« Te voilà. »
« Oui, maître. »
En plus d’être intelligent, c’était un garçon poli.
J’utilisai la plume que je lui avais demandée pour communiquer avec lui par écrit.
« Qu’est-ce que je t’avais demandé d’apporter ? »
J’avais demandé quelque chose à Amaen le matin même. Je lui avais demandé d’apporter un pot de fleurs rempli de terre noire, mais il n’avait aucun moyen d’en trouver un sur une route de montagne.
Je ne m’attendais pas à grand-chose, mais Amaen avait brillamment répondu à ma demande.
« J’ai trouvé un bol à ragoût qui convenait, alors je l’ai rempli de terre. »
Avec politesse, il me tendit un bol en bois.
C’était un pot de fleurs tout à fait acceptable. Je pouvais y planter la graine de Kibaemi.
Il était vraiment fiable.
« Excellent. Tu as bien appris la Respiration du mana ? »
« Oui. »
« Montre-moi. »
Amaen s’assit, ferma les yeux et se mit à respirer.
La technique de respiration qu’il pratiquait auparavant était rudimentaire. Celle-ci était la technique que Pelerian m’avait enseignée.
« Tu te débrouilles bien. »
Il ne devait pas être facile de se concentrer dans un chariot qui cahotait, mais même moi, en l’observant à côté de lui, je voyais qu’Amaen respirait correctement.
Contrairement aux humains ou aux Elfes, je ne semblais pas avoir de dantian. Il ne m’était pas facile d’accumuler du mana grâce aux techniques de respiration.
Ça me déprimait un peu, mais voir le garçon apprendre aussi bien me remonta le moral.
— Tiens. Il a du talent. Vraiment du talent.
Pelerian marmonna en observant Amaen.
— Ça aurait été tellement plus facile de lui enseigner à lui…
« Alors, voyage avec lui au lieu de rester avec moi. »
Je le dis avec irritation, mais Pelerian sembla réellement envisager cette idée.
Au bout d’un long moment, il secoua enfin la tête.
— Non. Les humains sont une espèce bien trop inférieure. Ils vivent soixante ans tout au plus, puis ils meurent. Ils ne peuvent pas évoluer non plus.
« … »
Pelerian venait d’admettre que les serpents étaient supérieurs aux humains.
Amaen termina la Respiration du mana à la perfection.
« Bien joué. Aujourd’hui, nous allons étudier les cercles de magie élémentaire. »
« Les cercles de magie élémentaire ! »
Je venais tout juste de l’apprendre de Pelerian ce matin-là, mais c’était pratique de ne pas avoir à jouer un rôle en communiquant par écrit.
« Je vais t’apprendre à remplir de mana un cercle de magie du Feu. »
Quand j’enseignais à quelqu’un un savoir que je venais d’acquérir, je pouvais me l’approprier une nouvelle fois.
C’était pareil pour les cercles de magie.
Avec l’aide de Pelerian, je dessinai un petit cercle magique sur une feuille.
« Après avoir correctement rempli cet endroit de mana… »
Puis je le fixai à ma dague, Ashira.
Je levai la dague et écrivis :
« Voilà ce qui se passe. »
Quand j’y insufflai un peu de mana…
Fwoosh !
La dague s’embrasa comme si on l’avait enduite d’huile.
Le regard d’Amaen s’emplit d’admiration.
« L’Aura de feu est terminée. »
— Espèce de salaud.
J’avais un peu triché, mais j’étais enfin devenu un épéiste magique de premier ordre.
* * *
Cela faisait un peu moins d’une semaine que les trois chariots de marchandises avaient quitté l’étape en direction de Ville de Kalea.
Ils arriveraient enfin à Ville de Kalea le lendemain.
Après avoir campé dehors presque trois jours d’affilée, les marchands étaient dans un état répugnant.
« Beurk, on arrive en ville demain, pas vrai ? »
« La première chose que je vais faire, c’est aller à l’auberge prendre un bon bain. »
La nuit était complètement tombée.
Les marchands étaient assis autour d’un feu de camp, à discuter à voix basse. Comme c’était leur dernière nuit, ils partageaient un peu de rhum pour se réchauffer.
Un ragoût chaud et du rhum rendraient la nuit froide supportable.
L’un d’eux, pourtant, buvait son ragoût dans une tasse plutôt que dans un bol.
« Merde, où est passé mon bol ? »
« C’était toi qui faisais la vaisselle, Jackson. Si tu ne le sais pas, qui pourrait le savoir ? »
« Il était bien là, pourtant… »
Le marchand nommé Jackson avait le nez rouge vif. Il buvait sans arrêt.
C’était une mauvaise habitude, mais il n’écoutait jamais ceux qui tentaient de l’en empêcher.
Couché à côté de Roil, Amaen se recroquevilla comme s’il avait sommeil.
« Mmm, papaaa… »
« Tu dois avoir froid. Couvre-toi avec une couverture. »
Roil recouvrit Amaen de sa propre couverture.
C’était une scène attendrissante.
Jackson marmonna d’un air absent.
« Ce gamin est vraiment intelligent. Et mignon, en plus. »
« Haha. »
Roil et Jackson n’étaient pas particulièrement proches, mais ils se connaissaient un peu.
« Tu disais que ton fils voulait aussi devenir marchand, non ? »
« Ah, oui… »
« Pourquoi tu ne l’emmènerais pas avec toi, un de ces jours ? Ta femme n’est pas d’accord ? »
Jackson hésita avant de répondre.
« Eh bien… oui. »
Sa réponse vague rendit l’atmosphère un peu gênante.
On n’entendait que le chant des insectes.
Ce fut Jackson qui rompit le silence.
« Je peux prendre le premier tour de garde cette nuit ? Je suis crevé. »
« Bien sûr. Je prendrai le deuxième, alors. Réveille-moi après. »
Ils se relayaient pour monter la garde. Des rumeurs de bandits circulaient depuis quelque temps, et un monstre affamé pouvait surgir à tout moment.
Après tout, ils étaient près de la chaîne de montagnes, qui faisait indéniablement partie du Royaume démoniaque.
Tous, sauf Jackson, se glissèrent un à un dans leur sac de couchage et tentèrent de dormir.
Leur respiration devint régulière. Une fois tout le monde endormi, Jackson but une tasse de rhum et marmonna :
« … C’est vraiment la merde. »
Roil dormait là, le visage bienveillant, son fils endormi dans ses bras.
La scène était agréable, mais elle irritait Jackson.
Le visage rougi par l’alcool, Jackson se demanda :
« Ce salaud de Roil se fout de moi, lui aussi ? »
Pourquoi ne pas emmener ton fils avec toi, un de ces jours ?
Cela faisait longtemps que Jackson n’avait pas vu le visage de son fils.
Un jour, il était rentré tôt pour la première fois depuis longtemps et avait trouvé un homme qu’il ne connaissait pas dans le lit de sa femme.
Il avait perdu la tête et frappé sa femme et l’homme. Ce dernier s’était enfui ; quand Jackson avait voulu gifler sa femme, elle lui avait mordu le poignet.
Il était ivre et déjà furieux. Il l’avait alors rouée de coups avec l’intention de la tuer.
Puis il avait senti une douleur dans le dos. En se retournant, il avait vu son jeune fils qui venait de le poignarder avec un couteau de cuisine.
La main de l’enfant tremblait autour du couteau, mais il fixait Jackson de ses yeux injectés de sang.
Heureusement, la lame ne lui avait entaillé que la peau.
Le nez en sang, sa femme avait serré leur fils contre elle et crié :
« Je t’en prie, pars. Va-t’en. »
C’était complètement absurde, mais Jackson s’était enfui comme s’il avait pris ses jambes à son cou.
Après avoir bu et raconté ce qui s’était passé à ses collègues marchands, l’histoire s’était répandue partout, d’une façon ou d’une autre.
Ce salaud de Roil n’en avait jamais entendu parler ?
Ou alors, il le savait et faisait semblant de ne rien savoir pour se moquer de lui ?
« Salaud. Il se croit tellement supérieur. »
L’alcool fit déborder sa colère.
Il avait envie de fracasser la tête de ce petit morveux et celle de Roil. Mais il ne passa pas à l’acte.
Puis, peut-être sensible à l’hostilité que dégageait Jackson, Amaen entrouvrit les yeux.
À l’instant où le regard de Jackson croisa celui du garçon…
Thud !
Une vive douleur lui transperça la joue.
Ce n’est qu’après qu’il comprit qu’une flèche venait de surgir de quelque part.
« Urgh, guuugh ! »
Jackson lâcha un cri étouffé et se redressa en titubant.
D’autres flèches surgirent de l’obscurité.
Thud, thud, thud !
Trois flèches se plantèrent dans le corps de Jackson.
Il mourut sur-le-champ.
Jackson chancela et s’effondra sur le feu de camp.
Thud !
Des étincelles jaillirent dans les airs avec un crépitement.
Le vacarme réveilla tout le monde.
Des silhouettes patibulaires armées d’arbalètes, de masses et d’autres armes émergèrent des ténèbres.
« J’ai gagné, parce que je ne l’ai pas tué d’un seul coup. »
« Non, il serait mort même si tu l’avais laissé tranquille. »
« Tu plaisantes ? Il serait mort de vieillesse bien plus tard. Hahaha ! »
Ils riaient et plaisantaient après avoir tué quelqu’un.
Un chien se mit à aboyer.
« D-des bandits ! »
Amaen cria.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre serveur Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>