Chapitre 76
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 76 : Pas besoin de bouclier
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La capitale du royaume.
Solion Impel.
Le royaume de Solion ne pouvait rivaliser avec l’Empire, mais ce n’était pas un pays faible pour autant.
Même sans tenir compte des Héros qu’il comptait parmi ses rangs, Solion était un royaume que l’Empire devait garder à l’œil.
Sa capitale était elle aussi une grande ville, à la mesure de sa puissance nationale.
Au cœur de Solion Impel se dressait Solarium, le château royal communément appelé le Palais du Soleil.
Des milliers de personnes y entraient et en sortaient chaque jour. Pourtant, comme il avait été construit avec l’aide de la Tour de magie, le palais regorgeait encore de mystères.
Les jeunes fonctionnaires qui n’étaient pas depuis longtemps au service de la cour s’y perdaient souvent.
Après avoir erré un moment, ils finissaient parfois devant un certain bâtiment.
Contrairement aux autres édifices somptueusement décorés, celui-ci était une construction ordinaire en briques rouges.
Pourtant, quiconque le regardait ne tardait pas à remarquer quelque chose d’étrangement anormal.
Même les gens peu observateurs le voyaient tout de suite.
Le bâtiment avait anormalement peu de fenêtres.
Il comptait quatre étages, mais, à l’exception du dernier, aucun n’avait de fenêtres.
De plus, la plupart des bâtiments du palais avaient quatre entrées, une de chaque côté. À tout le moins, ils en avaient deux.
Mais celui-ci n’avait même pas d’autre entrée que la porte principale, gardée par des sentinelles.
Qu’est-ce que ce lieu pouvait bien être ?
Au moment où un fonctionnaire égaré commençait à se poser des questions, quelqu’un apparaissait.
« Circulez. Zone interdite. »
Avant même qu’ils aient le temps de protester, on les renvoyait de force.
Ce n’est qu’après avoir interrogé des fonctionnaires plus anciens que le jeune bureaucrate apprenait le nom du bâtiment.
La Maison de l’Hirondelle.
Plus communément appelée le Nid de l’Hirondelle.
C’était le siège du Bureau royal du renseignement, la meilleure agence de renseignement du royaume.
Mais cela ne suffisait pas à satisfaire la curiosité des jeunes fonctionnaires.
Au contraire, elle n’en était que plus vive.
Que pouvait-il bien se passer à l’intérieur ?
On disait qu’il n’y avait pas de fenêtres parce que des actes inhumains, comme la torture et les exécutions, s’y déroulaient.
Chaque service avait sa propre histoire d’horreur : un fonctionnaire qui s’était attardé près du Nid de l’Hirondelle par curiosité, puis avait disparu sans laisser la moindre trace.
Parmi les innombrables rumeurs et histoires de fantômes, certaines étaient vraies, tandis que d’autres étaient de purs racontars.
L’absence de fenêtres jusqu’au troisième étage était bel et bien une mesure de sécurité.
Il ne s’agissait pas seulement de cacher la torture et les exécutions, mais aussi d’empêcher les écoutes et la surveillance magiques.
Alors, pourquoi le dernier étage avait-il des fenêtres ?
La raison était d’une simplicité décevante.
Au départ, le bâtiment avait été construit sans fenêtres.
Mais quelques années plus tard, il avait fallu en installer pour aérer les locaux.
À chaque réunion, les fonctionnaires épuisés du Bureau royal du renseignement fumaient ensemble des centaines de cigarettes.
Un rapport avait même été soumis pour avertir qu’à ce rythme, des dizaines de fonctionnaires mourraient d’une maladie pulmonaire en service et que les indemnités qui en découleraient pèseraient sur le trésor royal.
Aujourd’hui encore, la fumée s’échappait des fenêtres du quatrième étage.
La Conférence sur les menaces à la sécurité nationale du Bureau royal du renseignement durait depuis quarante-huit heures, et les fonctionnaires étaient à bout.
Soudain, quelqu’un fit irruption dans la salle à toute vitesse.
« Directrice, nous avons reçu des renseignements de notre agent dans l’Empire. Hum ! »
La personne qu’on appelait Directrice était une femme bien plus jeune qu’on ne l’aurait cru.
Elle était tout de même plus grande que la plupart des hommes et portait un cache-œil.
« Que dit le rapport ? »
« La quatrième division d’infanterie de l’Empire a été anéantie. Hum, hum. Ils ont subi des pertes, mais on dirait qu’ils ont fini par arrêter la Vague de monstres. »
« Rien de plus ? Quel dommage. »
Elle tira sur sa cigarette, souffla la fumée vers le plafond, puis reprit :
« Nous ont-ils fait parvenir un message ? »
Le royaume avait détourné la Vague de monstres vers l’Empire.
L’affaire avait été gardée parfaitement secrète, mais les personnes présentes, à commencer par la directrice du Bureau du renseignement, étaient au courant.
« Ils semblent en préparer un. Pour l’instant, rien n’est passé par les voies officielles. »
« Et officieusement ? »
« Ils présentent leurs condoléances officielles pour la mort du marquis Martein et les dégâts subis par son territoire. »
« Pff. »
La Directrice ricana.
Que l’Empire présente ses condoléances après la mort de Martein, un Héros et un marquis, était forcément une affaire sérieuse.
Pourtant, même après avoir subi de lourdes pertes, ils avaient envoyé ce message sans tarder.
« Sa Majesté l’Empereur leur a personnellement ordonné d’apporter toute l’aide possible à la reconstruction du Territoire de Martein. »
« Ils vont piquer une crise si on refuse, pas vrai ? »
« Très probablement. »
Le Bureau du renseignement comprit aussitôt les intentions de l’Empire.
Ils voulaient enquêter sur les raisons de l’apparition soudaine d’une Vague de monstres dans la Grande Forêt.
Et découvrir comment cette Vague de monstres avait bien pu se diriger vers l’Empire.
« Dites-leur de venir. Ils ne verront que les ruines du territoire du marquis. »
Mais l’Empire ne pouvait rien faire ouvertement.
Le royaume avait clairement subi des pertes plus importantes.
La capitale avait échappé à la destruction, mais qu’aurait pu faire le royaume si les monstres avaient bifurqué vers l’Empire alors qu’il tentait d’arrêter la Vague de monstres ?
L’Empire ne trouverait aucun prétexte pour déclencher une querelle.
« Compris. »
Le Bureau royal du renseignement, qui œuvrait dans l’ombre tout en aspirant à la lumière.
Une fois de plus, il avait sauvé le royaume de la destruction.
« Plus important encore, vous ne l’avez toujours pas retrouvé ? »
« Cette chose… vous voulez dire… ? »
« Allez, vous devriez savoir de quoi je parle sans que j’aie à vous faire un dessin. Ce serpent noir ! »
La Directrice écrasa une cigarette qu’elle n’avait même pas fumée jusqu’à la moitié.
« Il pourrait annoncer un nouveau désastre. »
Le marquis Martein et la Chimère de la Vague de monstres s’étaient entretués.
Voilà tout ce que le public savait. La Directrice, elle, savait que la Chimère avait eu une autre petite tête et qu’un serpent noir avait directement causé la mort du marquis. Ces indices la mettaient en effervescence.
« Mon instinct me le dit. J’en suis certaine. »
« Vous avez englouti combien de budget en suivant cet instinct ? »
« Vous étiez si mignon quand vous êtes arrivé ici. Bref, on n’a eu aucun signalement ? »
« Aucun. On ne retrouvera sans doute pas le serpent, si ? Il est facile de rater un petit serpent. »
« Sans doute. Hmm… Je doute qu’il soit encore dans notre pays. »
« Les Vagues de monstres attirent les bêtes magiques. »
« Les salopards impériaux auront eux aussi fort à faire », marmonna la Directrice.
« Si ça vous préoccupe à ce point, on devrait le classer parmi les monstres à surveiller et offrir une prime ? »
Les monstres à surveiller.
De tels monstres existaient bel et bien.
Ils figuraient sur une liste distribuée aux chasseurs et aux superviseurs de chaque Royaume démoniaque.
La Directrice réfléchit un instant, puis répondit.
« Non, ne le faites pas. Pourquoi rendre service à l’Empire ? »
Le destin d’un serpent noir, qui était en réalité blanc, changea légèrement à cet instant.
« Inscrivez-le plutôt sur la liste de surveillance. »
« Compris. Quel nom lui donne-t-on ? »
La Directrice avait affublé bien des bêtes magiques de noms affreux, à cause de son goût douteux.
Comment allait-elle appeler ce monstre-serpent ?
« Il est noir, alors… Noir… »
« Pourquoi pas Noir ? »
« Oui, Noir… »
Un serpent noir coiffé d’une couronne.
Son nom fut enfin décidé.
« …Roi Serpent Noir. »
* * *
*「Vous utilisez la magie Réduction du poids, niveau 3.」
*「Vous utilisez Main transparente, niveau 11.」
J’utilisai la magie de réduction du poids sur le gantelet du chevalier.
Il était immense et extrêmement lourd.
Même avec ma Main transparente, dont le niveau était bien plus élevé, je ne réussissais qu’à le faire légèrement bouger.
Mais une fois la magie de réduction du poids activée, je pouvais le déplacer assez librement.
Je posai le gantelet sur ma Main transparente.
Ce n’était plus une main transparente, mais un gantelet vivant.
Je ne savais pas si ça avait la moindre utilité, mais ça avait une classe folle, et ça me plaisait.
Et ce n’était pas la seule chose qui me plaisait.
Je pouvais grimper sur le gantelet, qui était solide.
J’enroulai une fois ma queue autour pour bien maintenir mon corps.
Puis, avec précaution, énormément de précaution, je grimpai dessus.
Concentration.
C’était peut-être une occasion qui ne se représenterait jamais. Concentration.
Ah.
Mon corps avait complètement quitté le sol.
Urooros, le terrifiant serpent blanc, chevauchant un gantelet vivant : c’était fait.
Est-ce que ça pourrait remplacer Vol, cette compétence qui ne me convenait absolument pas ?
Si le gantelet tenait aussi une épée, ce serait la technique parfaite pour chevaucher une épée.
J’avais bel et bien réussi à flotter dans les airs.
— C’est impossible !
Pelerian était stupéfait.
Quand j’avais dit à Pelerian que j’allais essayer, iel s’était contenté de rire et de me dire de tenter le coup.
Son attitude laissait entendre que c’était absolument impossible, ce qui avait piqué mon orgueil.
J’avais réussi après des dizaines d’échecs.
Il ne me restait plus qu’à faire bouger le gantelet.
Mais dès qu’il tressaillit, le mana qui formait ma Main transparente se dispersa.
Boum !
Je tombai avec le gantelet.
Ça ne s’était pas entendu dehors, si ?
Heureusement, tout était calme à l’extérieur.
— Pouhahaha !
Pelerian éclata de nouveau de rire, comme si iel n’avait jamais été tendu.
— Je ne t’avais pas dit que ça ne marcherait pas ? C’est comme essayer d’utiliser la magie de réduction du poids sur un être vivant. Si c’était possible, les télékinésistes voleraient depuis longtemps.
Il y avait des raisons scientifiques — non, magiques — qui m’empêchaient de voler avec ma Main transparente.
D’après les explications de Pelerian…
— Ce que tu essaies de faire, c’est comme sauter dans les airs, poser le pied sur ton propre pied et essayer de sauter une nouvelle fois.
« Donc, c’est une technique de légèreté appelée marcher sur le vide. »
— Ou comme déraciner un grand arbre, le lancer dans les airs, grimper dessus et s’envoler avec.
« Je crois avoir vu ça dans Dragon Ball. »
Quelle déception.
— Assez perdu de temps. Il est temps que tu apprennes quelque chose de sérieux.
« Oui, chef. »
J’écoutai tranquillement la leçon de Pelerian.
C’était notre arrangement.
J’essayais d’apprendre ce qui me tentait, puis j’écoutais ce que Pelerian voulait m’enseigner.
— Aujourd’hui, tu vas apprendre le mandala, les cercles magiques et la magie des talismans.
Pelerian était raide, autant dans son apparence que dans sa personnalité.
Iel avait l’air du genre à ne s’intéresser qu’à la « magie orthodoxe » et à mépriser tous les autres domaines d’étude, mais, en matière de magie, iel était différent.
Iel avait des connaissances dans de nombreux domaines magiques et n’hésitait ni à apprendre ni à en faire usage.
— Grâce à plusieurs circonstances favorables, tu as augmenté ta réserve de mana, mais elle reste pitoyablement faible.
« Bah, je ne suis pas en vie depuis très longtemps. »
— C’est vrai.
Qu’est-ce que j’y pouvais ?
Je devais avoir à peu près le même âge que les triplés mille-pattes.
Maintenant que j’y pensais, je me demandais s’ils allaient bien.
Maman Mille-pattes devait bien s’occuper d’eux, non ?
— Tu comprendras en te comparant à ton père.
« Père maîtrisait aussi bien Gigantification que Rayon de destruction. »
La différence devait être énorme, puisque la réserve de mana augmentait avec le temps.
— En plus d’augmenter ton mana grâce à l’évolution, tu dois aussi le développer par l’entraînement, comme le font les chevaliers et les mages.
« Vous voulez dire absorber le mana du monde en respirant ? »
— Comment l’as-tu deviné ?
« Au pif. »
— Oui. Je ne sais pas si un serpent en est capable, mais ça vaut la peine d’essayer.
Mon cœur se mit à battre à l’idée d’apprendre une méthode de cultivation de l’énergie interne.
« Alors l’aura aussi est produite avec du mana, c’est ça ? Et les attributs semblent différents. Gunter a lancé des éclairs, alors que le chevalier de tout à l’heure crachait des flammes… »
— Ne t’intéresse pas à des choses inutiles.
Pelerian se méfiait.
Pour l’instant, j’acquiesçai.
— Bref, tu devrais apprendre la Respiration du mana tout en étudiant des magies très efficaces qui consomment peu de mana. C’est là qu’interviennent le mandala, les cercles magiques et la magie des talismans.
Pelerian m’expliqua la chose ainsi.
Si je traçais un cercle magique avant d’utiliser une magie, elle consommerait beaucoup moins de mana.
Le problème, c’était le temps de préparation, mais ça n’avait pas d’importance si je le traçais à l’avance.
— Il te faudra un outil pour écrire, alors, d’abord…
C’est alors que ça arriva.
Alors que la véritable leçon de Pelerian allait commencer.
Criii, cri.
J’entendis un grillon chanter.
C’était celui que j’avais soumis et chargé de monter la garde.
*「Le grillon soumis est mort.」
*「Votre capacité de domination a été récupérée.」
Le grillon de garde était mort.
Un intrus !
Un assassin était venu s’en prendre à moi ?
Je me dirigeai prudemment vers l’entrée de la soute.
« …Hélas. »
Il n’y avait qu’un chien.
« Halète, halète, ouaf ! »
« Chut, ferme-la, abruti ! »
C’était le chien de Roil, l’humain propriétaire du chariot de marchandises.
Il s’appelait Jacky.
Ce petit salopard avait encore mangé mon grillon.
« Je ne peux pas vraiment te faire quoi que ce soit. »
J’avais déjà essayé de soumettre le chien, moi aussi.
J’avais seulement réussi à l’apprivoiser, sans parvenir à le dominer.
Depuis qu’il avait mangé mon premier grillon, il revenait sans cesse comme si cet endroit était un distributeur de grillons.
« Dégage, maintenant ! »
« Ouaf ! »
Jacky me lécha le visage.
Je le laissai faire parce qu’il était mignon.
C’est alors que ça arriva.
« Qu’est-ce qu’il y a, Jacky ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »
J’entendis une voix humaine et me cachai à la hâte.
* * *
« Quoi ? Il n’y a rien ici. Hé, viens là. »
Jacky traînait encore près de la soute.
Il posa ses pattes avant sur le chariot et gémit, voulant grimper à l’intérieur.
Roil éloigna Jacky de force.
« Je te l’ai dit, tu n’auras pas de viande séchée. »
C’était à cause de la viande séchée offerte avec l’achat de la bière, évidemment.
Son odeur rendait Jacky fou.
Les marchands avaient arrêté le chariot quelque temps pour laisser les mules se reposer.
« Amaen, tu as nourri Jacky ? »
Roil chercha son fils du regard.
Ce ne fut pas son fils, mais un marchand de son groupe qui lui répondit.
« Je l’ai vu nourrir le chien à l’instant. »
« Vraiment ? Ah, il étudie. »
Roil sourit en regardant son fils.
Le garçon n’avait que douze ans.
Voyager avec son père pour une tournée commerciale ne devait pas être facile, et pourtant Amaen ne s’était jamais plaint.
Voir son fils mûrir bien trop tôt lui faisait parfois mal au cœur.
En même temps, son fils était sa fierté.
« Tu fais tes exercices de mana ? »
« Oui. Je dois travailler dur si je veux entrer à l’académie l’année prochaine. »
Étonnamment, le fils de Roil avait un don pour la magie.
Un mage itinérant avait dit à Amaen qu’il avait du talent.
Roil avait payé le mage une petite fortune pour obtenir une méthode d’entraînement au mana.
Il avait même acheté un grimoire contenant des exercices de magie élémentaires.
Amaen était maintenant assis en silence, les yeux fermés, en pleine méditation.
C’était un garçon tellement gentil.
Même s’il devait y laisser jusqu’à sa dernière pièce, Roil comptait envoyer Amaen dans une bonne académie l’année suivante.
En vérité, Roil était incroyablement naïf.
Pour quiconque s’y connaissait ne serait-ce qu’un peu, son jugement était celui d’un paysan ignorant.
Que savait-il de ce mage itinérant pour confier à son fils une vie de mage ?
La magie était devenue assez répandue, mais devenir mage exigeait toujours un talent immense.
Sans parler de la somme obscène que cela coûtait.
Mais Amaen avait bel et bien du talent.
Il avait compris la cultivation du mana après une seule leçon.
Il avait étudié son unique grimoire si attentivement qu’il tombait en morceaux.
Les exercices de respiration qu’il faisait maintenant étaient eux aussi la bonne méthode.
À chaque inspiration, il absorbait une petite quantité de mana dans son environnement.
Pour un enfant, sa concentration était remarquable.
Amaen percevait le flux de mana autour de lui.
« Hoo… »
Le garçon expira doucement, les joues rouges.
La nervosité faisait battre son cœur à tout rompre.
Ce n’était pas son imagination.
Le mana s’écoulait de nouveau du chariot de marchandises de son père.
« C’est réel ? »
Amaen serra un grimoire contre sa poitrine.
« Introduction aux mystères de la magie par le sage Liberta » traitait de nombreux sujets différents.
L’un d’eux portait sur les créatures mystérieuses.
Des bêtes magiques voyageant sur les nuages, des baleines transportant des sirènes dans leur ventre.
Et même des serpents qui utilisaient la magie.
L’auteur, Liberta, décrivait les serpents comme des amis des mages, en particulier.
Ils compteraient parmi les créatures les plus compatibles avec le mana.
On disait même qu’il était possible de converser avec les monstres-serpents qui avaient vécu longtemps et évolué.
Amaen feuilleta le livre.
Il expliquait la langue des serpents : la Langue des serpents.
La première fois qu’il l’avait lu, cela lui avait paru absurde.
Mais à présent, il avait l’occasion de vérifier.
Il y avait un serpent dans la soute.
Il avait clairement vu Jacky lécher le visage du serpent.
Ce chien de chasse intelligent et loyal avait remué la queue au lieu de tuer le serpent d’une morsure.
Ce n’était pas un serpent ordinaire.
Amaen avait beau avoir mûri tôt, il n’en restait pas moins un jeune garçon.
« Père me gronderait si je le lui disais, pas vrai ? »
La curiosité du garçon s’enflamma.
« Je vais préparer le ragoût. »
« Je vais ramasser du bois. »
Les adultes étaient occupés : c’était sa chance.
Amaen se dirigea discrètement vers la soute du chariot.
Il emmena Jacky avec lui parce qu’il avait peur.
La nuit était tombée, et il ne voyait rien dans la soute.
Amaen se racla la gorge et répéta les mots de la Langue des serpents qu’il avait lus dans le livre.
« Saaat, saak. Shirit. »
« Serpent, tu es là ? »
Aucune réponse.
Il essaya une nouvelle fois.
« Saaat, saak, shirit. »
Le silence persista.
Alors qu’Amaen s’apprêtait à conclure, déçu, que ça ne servait à rien…
Frrt, frrt.
Un serpent blanc sortit de l’obscurité.
Le serpent n’était pas aussi grand qu’Amaen l’avait imaginé.
Il n’avait pas l’air effrayant non plus.
Mais ses écailles brillaient comme du cristal, et une couronne coiffait sa tête.
« Shiriit. »
Le serpent répondit à l’appel d’Amaen.
* * *
« Qu’est-ce qu’il raconte, ce gamin ? »
J’entendis des sifflements dehors et sortis prudemment pour voir ce qui se passait.
Un petit morveux attendait là, serrant un livre contre sa poitrine.
— Comment veux-tu que je le sache ?
Comme s’il m’avait attendu, le gamin me regarda et prit la parole.
« Shwiit, sarararak. »
Hmm, c’était probablement…
— Un enfant humain cinglé.
Ça devait être ça.
Notes de bas de page :
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