Chapitre 74
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 74 : Laissez-moi encore jouer les voleurs justiciers aujourd’hui
──────
Un festin de montées de niveau.
Une chaleur ardente se répandit dans tout mon corps.
En temps normal, j’aurais dansé de joie.
« Snif. »
Mais je n’arrivais pas à me réjouir, pour l’instant.
Pauvre Chimère serpent.
Kibaemi n’était encore qu’un bébé, et pourtant ce vieux chevalier lui avait arraché le cœur et l’avait tué.
Kibaemi était une créature fougueuse qui écrasait sans distinction les humains comme les monstres.
On aurait dit un monstre de fin de niveau, avec des chevaliers sacrés empalés sur les piquants qui hérissaient son corps.
Kibaemi avait conduit des dizaines de milliers de monstres hors de la Grande Forêt, et d’innombrables humains du continent seraient probablement morts.
Kibaemi m’avait enlevé, moi, la première créature que iel ait jamais vue, et m’avait traîné jusqu’ici !
… À bien y réfléchir, c’était difficile de prendre la défense de Kibaemi.
Malgré tout.
Kibaemi n’était qu’un bébé.
Ce n’était pas la volonté de Kibaemi d’être né pour mener la Vague de monstres.
Il aurait été plus juste d’en vouloir à l’Arbre-Monde.
Mais surtout, je m’étais attaché à Kibaemi.
« C’est grâce à toi, Kibaemi. »
Je n’avais réussi à tuer ce chevalier que parce que tout s’était parfaitement aligné.
Kibaemi l’avait tué une première fois.
Le chevalier avait ressuscité et s’était transformé en un vieillard décharné.
C’est pour ça que son armure était devenue assez ample pour que je m’y glisse.
Les gens paniquaient quand un seul insecte se faufilait dans leurs vêtements.
Un Python couronné de cristal tout entier s’était glissé sous son armure. Même un héros n’aurait pas pu supporter ça.
Le chevalier mort pendait, inerte.
La tunique de lin qu’il portait sous son armure était tachée de rouge vif par son sang et le mien.
« Snif, ça pue. »
La sueur et le sang s’étaient mélangés pour créer une atmosphère absolument infecte.
Kibaemi, mon bébé. Ça me manquait de m’accrocher à ton dos.
— Arrête ton cinéma. Quel bébé ? C’était franchement une Chimère hideuse.
« Toi non plus, tu n’es pas humain. »
— Je ne suis pas un vulgaire humain, mais un elfe. Évidemment que non. Tu as gagné combien de niveaux ?
« Dix. »
— Impressionnant.
Même Pelerian semblait impressionné.
Cela dit, les faits étaient là.
Ce que j’avais obtenu m’appartenait.
J’avais aussi accompli l’exploit « Tueur de héros ».
Puisque mon adversaire était clairement un héros, dix niveaux, c’était presque un peu maigre, non ?
On aurait dit qu’il me faudrait encore un bon moment avant ma prochaine évolution.
Bon. Je ne devais pas voir les choses aussi négativement.
Je t’ai vengé, Kibaemi. Sois heureux, où que tu sois maintenant.
La Vague de monstres n’aurait pas forcément fait souffrir tous les humains du continent.
Après que Kibaemi aurait tué des centaines, voire des milliers de personnes, un mage excentrique comme Pelerian aurait peut-être fini par l’attraper pour lui faire subir des expériences en vie.
Kibaemi avait vécu à crédit dès le départ. Vu sous cet angle, c’était peut-être une fin heureuse.
— Exactement !
Souris, souris.
Mais bon, ce n’était pas vraiment le moment de me contenter de sourire.
Clang !
Avant même que je puisse sortir de l’armure, des chevaliers sacrés accoururent.
« Je ne crois pas qu’il ait encore un pouls ! »
« Il faut le transporter à l’arrière ! »
« Et le commandement… »
« Les Chevaliers de la Lumière ne se replieront pas. »
« … Nous resterons et nous nous battrons jusqu’au bout ! »
Des paroles sinistres fusèrent de toutes parts.
Quelqu’un souleva d’un coup le cadavre et son armure.
Ça devait peser une tonne.
« Je vais le porter et courir. »
« On vous couvrira. »
Ce chevalier sacré avait visiblement une force monstrueuse.
L’armure tanguait violemment tandis qu’on l’emportait.
Je sortis prudemment la tête par une ouverture de l’armure.
« Ah ! »
Je rentrai vite la tête.
Des chevaliers sacrés m’encerclaient.
Ils couraient en portant sur leur dos le cadavre du marquis.
Ils fauchaient les monstres pour se frayer un chemin.
« Qu’est-ce que je fais… ? »
On m’emmenait vers le bastion des humains, coincé dans l’armure.
Est-ce que je devais m’échapper tout de suite ?
Si un chevalier me frappait de son épée, je perdrais la tête. Pas évident.
Est-ce que je devais jaillir de l’armure et utiliser immédiatement Gigantification ?
Non, ça attirerait beaucoup trop l’attention.
Sans la protection de Kibaemi, les monstres risquaient de devenir mes ennemis, eux aussi.
Et puis, si on découvrait mon existence maintenant, le monde entier apprendrait que j’avais tué un héros.
« Ah, le Décret du Tonnerre céleste ! »
Si j’invoquais la foudre, elle électrocuterait aussi le chevalier qui me portait.
Je lançai fébrilement le Décret du Tonnerre céleste.
[Mana insuffisant.]
Merde.
J’avais dû trop dépenser en essayant de fuir Kibaemi.
Maintenir Écailles noires aussi longtemps m’avait surtout vidé de mon mana.
Alors, qu’est-ce que je pouvais faire… ?
« Hé, le vieux ! »
— Quoi ?
« Les humains ont aussi des Pierres magiques ? »
Est-ce que je pouvais manger la Pierre magique du héros ?
Pelerian me répondit d’un ton impressionné.
— Non.
Malheureusement, non.
À bien y réfléchir, j’avais aussi des Pierres magiques dans ma bague.
De toute façon, en manger une ne me rendrait pas mon mana sur-le-champ.
La loyauté des chevaliers sacrés était extraordinaire.
Ils traversèrent les rangs de monstres et parvinrent on ne sait comment au camp des humains.
« Le marquis va bien ? »
« Il a l’air d’aller bien, peut-être ? Dépêchez-vous d’appeler l’archevêque ! »
Le chaos éclata de toutes parts.
Une foule d’humains s’était rassemblée autour de nous.
— Ne respire même pas.
« Gloups. »
Autrement dit, si on me repérait ici, je finirais grillé comme une anguille.
« Enlevez-lui son armure ! »
« J-je n’arrive pas à l’enlever. »
« Espèce d’incapable ! »
Les insultes et les cris fusaient.
Où, où est-ce que je pouvais me cacher ?
[Vous utilisez Camouflage niv. 8.]
Je retins mon souffle.
Puis je bougeai très lentement.
Je me repliai d’abord vers la partie inférieure de l’armure.
Clic.
J’avais fait le bon choix.
Quelqu’un avait détaché la boucle à la taille, et la lumière pénétra à l’intérieur.
Après avoir retiré la partie supérieure de l’armure, ils tirèrent dehors le chevalier commandant, qui était mort.
Je me cachai aussitôt dans une botte vide.
« Beurk ! »
L’odeur de pieds était atroce.
« Ahhh, marquis ! »
Un cri de désespoir.
« P-pitié, utilisez la magie de guérison ! »
Le chevalier sacré qui avait porté le marquis jusqu’ici le supplia avec désespoir.
« Comment a-t-il pu être couvert de sang à ce point… ? »
« Il a été mordu par un serpent. Il semble qu’il ait été empoisonné. »
« Comment est-ce possible alors qu’il portait une armure de plates ? »
« Ah… »
Mon cœur s’emballa.
J’avais mordu le marquis sur tout le corps.
Et s’ils trouvaient une petite morsure de serpent ?
Ils comprendraient peut-être qu’un serpent s’était glissé sous l’armure.
« Je ne sais pas à quel point cette Chimère serpent était redoutable, mais comment a-t-elle pu transpercer une armure en Mistilgold… Ah ! »
Ils avaient compris ?!
« Une attaque sous forme spirituelle. Je ne pensais pas que c’était un monstre d’un rang aussi élevé… »
Argh.
J’avais failli jaillir de la botte, persuadé qu’on m’avait démasqué.
Apparemment, je n’étais pas le seul à être agacé par les divagations de quelqu’un. Un chevalier sacré s’emporta.
« C’est vraiment ce qui compte, là, tout de suite ?! Utilisez la magie de guérison ! »
« Il semble avoir déjà rendu son dernier souffle… »
Le marquis avait déjà franchi le fleuve sans retour.
Et c’était moi qui l’y avais envoyé.
[La maîtrise de Camouflage niv. 8 a considérablement augmenté.]
[Camouflage niv. 8 devient Camouflage niv. 9.]
J’étais tellement tendu et j’avais retenu mon souffle si longtemps que ma compétence Camouflage monta de niveau.
Une lumière éclatante jaillit dehors.
Ils devaient utiliser de la magie de guérison.
« Apportez de l’eau propre et des linges ! Pourquoi l’archevêque n’est-il toujours pas là ?! »
Les humains tentaient désespérément de sauver le marquis.
Mais une fois ses vêtements retirés, mes morsures seraient visibles.
Je ne pouvais pas m’enfuir, mais je ne pouvais pas non plus rester caché. J’étais coincé.
Clang !
Quelqu’un toucha l’armure où je me cachais.
Mon cœur manqua de tomber dans mes talons.
« Euh… »
La personne qui avait touché l’armure avait une voix jeune et un peu bête.
C’était peut-être l’écuyer du chevalier.
« Euh… »
Personne ne répondit.
C’était normal, vu l’urgence de la situation.
La personne à qui appartenait cette voix continua pourtant d’appeler quelqu’un avec obstination.
« Euh… »
« Quoi ?! Qu’est-ce qu’il y a ?! »
Quelqu’un qui avait l’air d’être un chevalier sacré finit par répondre.
« Euh, excusez-moi, mais cette armure… »
« Quoi, cette armure ?! »
« Je la range ? Comme d’habitude ? »
Gloups.
Sa façon de parler, et sa question elle-même, respiraient l’incompétence du soldat.
« Hé, espèce de fils de pute ! »
La personne qui avait l’air d’être un chevalier sacré hurla, comme si la colère l’avait submergée.
« C’est vraiment le moment de ranger l’armure ?! »
« Euh, p-pardon… Je me demandais si je devais la laver ou la laisser comme ça… Elle est pleine de sang… »
On aurait dit que c’était le soldat chargé d’entretenir l’armure du marquis, sans doute très chère et précieuse.
« Petit merdeux. Lâche-moi ! Je vais tuer cet enfoiré moi-même ! »
« P-pardon. »
Quelqu’un retint le chevalier sacré hors de lui.
« Calme-toi ! Hé, toi, emporte cette armure, et vite ! »
« O-oui, chef ! Fidélité ! »
Il salua. Ça devait donc être un soldat.
À sa seule voix, je voyais déjà que c’était un cas désespéré.
Vu qu’il faisait des corvées à l’arrière au lieu de combattre les monstres en pleine crise, il était peut-être d’ordinaire affecté au service du marquis.
Leur commandant était mort et la Vague de monstres se trouvait juste devant eux.
Pour une personne ordinaire, demander à un chevalier sacré s’il fallait laisser l’armure sur place ou la ranger, en plein milieu d’une telle urgence, devait être difficile à comprendre.
Mais moi, c’était différent.
J’avais moi aussi fait mon service militaire et enchaîné plusieurs petits boulots.
On m’avait traité d’incapable en face, et j’avais probablement entendu bien plus de fois encore ce qu’on disait de moi dans mon dos.
« Ce type… »
Je m’essuyai le nez avec ma queue.
Le soldat peinait à charger l’armure sur un chariot.
« Elle est particulièrement lourde, aujourd’hui. »
Magnifique.
Même son marmonnement était parfait.
Il n’avait aucune idée que j’étais dans l’armure. Je l’aimais déjà bien.
— Tu as de la chance. Grâce à un imbécile.
« C’est un peu dur. Lui aussi, il fait de son mieux. »
Je pris la défense du soldat.
En le regardant, je repensai à ma vie précédente.
Inutile de vous raconter mes années glorieuses dans l’armée.
Même après ma démobilisation, ma timidité et ma lenteur ne changèrent jamais.
Mes parents détestaient ça chez moi.
Ils me poussèrent à prendre au moins un petit boulot, alors je postulai à plusieurs endroits.
Pour une raison quelconque, j’échouais à chaque entretien.
Après plusieurs échecs, ma mère me trouva un petit boulot dans le bar d’une de ses connaissances.
« Alors, c’est toi ? »
Je me souvins de la façon dont le patron m’avait accueilli.
Il avait l’air chaleureux. Avec le recul, c’était vraiment quelqu’un de bien.
Le premier jour, je cassai trois verres à bière et laissai tomber par terre le ragoût militaire que j’apportais à la table trois.
Le patron se contenta de sourire d’un air gêné, mais pas l’autre employé à temps partiel avec qui je travaillais.
Il avait quatre ans de moins que moi, était beau gosse et avait des tatouages sur le bras.
« Frère, qu’est-ce qui cloche chez toi, putain ? C’est vraiment chiant, bordel. »
Chaque fois qu’il disait ça, tout ce que je trouvais à répondre, c’était :
« P-pardon… »
Chaque journée était un supplice.
J’avais l’impression que mon estime de moi s’effritait un peu plus chaque jour.
Il y avait peu de clients, et les profonds soupirs du patron me mettaient encore plus mal à l’aise.
Puis un jour, peut-être parce que c’était la saison des pluies, des trombes d’eau s’abattirent et il y eut encore moins de clients que d’habitude.
« Les gars, on ferme plus tôt aujourd’hui. »
J’essayai de cacher ma joie, mais le patron sortit des verres à shot et nous proposa de boire un coup ensemble.
Je n’aimais pas particulièrement l’alcool, mais j’acceptai le verre, gêné à l’idée de refuser.
Le patron enchaîna les shots.
L’employé plus jeune mit l’ambiance.
Après quelques verres, je me détendis moi aussi, et le patron me sourit avant de me complimenter.
« Ça a été dur, hein ? Mais tu t’es beaucoup amélioré. Toi aussi. »
J’étais tellement heureux.
C’est sans doute pour ça que je bus davantage.
« Il n’y a vraiment pas eu beaucoup de clients aujourd’hui. »
Quand le patron dit ça,
« Ouais, j’aimerais bien que ce soit aussi calme tous les jours. Hé hé. »
À cet instant,
le silence tomba. Je n’entendais plus que la pluie.
C’était la première fois que je voyais le patron me regarder avec des yeux aussi froids.
Le rire du jeune employé brisa le silence.
« C’est vraiment trop drôle. Frère, pourquoi t’es aussi nul ? »
Ces mots me restèrent longtemps en tête.
Ce fut mon dernier petit boulot.
Quand je me tus, Pelerian rompit le silence.
— Pourquoi tu fais cette tête nostalgique ?
« Ce n’est rien. Hé hé. »
C’était un souvenir qui m’était cher.
J’avais envie d’un ragoût militaire.
Le soldat pas doué me déposa, moi et l’armure, quelque part.
Puis il s’en alla.
Je sortis prudemment la tête.
Un sifflement de soulagement m’échappa.
J’avais survécu !
J’étais dans une caserne vide.
Elle devait appartenir au héros que j’avais tué.
De grandes armes et une carte détaillée étaient accrochées aux murs.
Mon regard fut immédiatement attiré par la carte.
« Une carte… »
Elle était dessinée avec beaucoup de précision.
Une fois de plus, je réalisai que je n’étais pas sur Terre.
Des royaumes et des empires y étaient indiqués, ainsi qu’un endroit appelé Grande Forêt.
— Une carte tactique ! Ce n’est pas facile d’en obtenir une.
Les cartes précises avaient toujours été des ressources stratégiques, contrôlées par les nations.
Quelque chose sur la carte attira mon attention.
Une immense chaîne de montagnes traversait le continent et ses royaumes.
« Ce sont les Montagnes Grises. »
Est-ce que c’était l’un des cinq grands Royaumes démoniaques du continent, ou des sept ?
Dans tous les cas, les Montagnes Grises en faisaient toujours partie.
— Nous sommes déjà arrivés jusque-là. Les Montagnes Grises sont maintenant plus proches que la Grande Forêt.
Pelerian s’approcha de la carte avec enthousiasme.
— Ici, et là.
Pelerian désigna l’entrée de la chaîne de montagnes, puis un endroit situé en son cœur.
— J’ai des Donjons à ces deux endroits.
Et le Donjon le plus proche était…
— Mon arsenal.
Un arsenal, autrement dit, une réserve d’armes.
« Tu collectionnais aussi les armes ?! »
— Oui. Nous devrions commencer par là.
Pour cacher un arbre, il fallait le cacher dans une forêt.
Pour un monstre comme moi, un Royaume démoniaque serait le meilleur endroit où se cacher.
Je voulais justement une épée longue. Ça tombait bien.
Je devrais demander plus tard quelles armes se trouvaient dans le Donjon.
— Prends d’abord la carte !
On allait bientôt découvrir ma présence.
Je suivis le conseil de Pelerian et pris la carte.
Puisque j’emportais déjà la carte, autant voler tout ce que je pouvais.
Il ne restait plus beaucoup de place dans mon Sous-espace, alors je pris d’abord les objets qui avaient l’air les plus précieux.
C’est alors que je remarquai quelque chose.
« Oh, oh ! »
L’armure du marquis.
Plus précisément, son gantelet.
Le gant qui avait arraché le cœur de Kibaemi tenait encore quelque chose.
De fines lianes de bois recouvraient le gantelet, et un objet rouge vif reposait à l’intérieur.
Est-ce que ça pouvait être la Pierre magique de Kibaemi ?
──────────────
【Graine racine】
Matériau originel utilisé pour créer une Chimère.
──────────────
Non, ce n’était pas ça.
À la vue du mot « graine », les larmes me montèrent aux yeux.
Et si je plantais la graine quelque part et qu’elle donnait naissance à un Kibaemi miniature ?
Ce serait chouette.
Cette fois, je prendrais bien soin de Kibaemi.
Dans sa prochaine vie, je l’élèverais bien dès son enfance, pour qu’iel ne devienne pas une Chimère stupide, brutale, maladroite et sans trou du cul.
— Quel spécimen précieux ! Tu dois le prendre ! S’il n’y a pas assez de place dans ton Sous-espace, jette l’or !
Jamais je ne confierais son éducation à ce mage maléfique.
Sinon, Kibaemi risquait de devenir un monstre détestable ressemblant à une araignée, comme Pafnacha.
Ce soldat avait vraiment quelque chose de spécial, à laisser ça derrière lui et à s’en aller.
Il était peut-être mon égal, voire mon supérieur.
J’essayai de récupérer la graine de Kibaemi.
« Pourquoi ça ne s’ouvre pas ? »
Ce n’était pas facile.
Le gantelet serrait la graine, tandis que des racines la recouvraient par-dessus. Impossible de l’en dégager.
Après avoir lutté un moment, je trouvai une solution.
Je n’étais plus un incapable frustrant.
Si je ne pouvais pas ouvrir le gantelet, pourquoi ne pas prendre le tout ?
Clic !
Quand je desserrai la charnière, le gantelet se détacha.
Je le rangeai dans mon Sous-espace.
Mon Sous-espace était déjà plein à craquer, alors je n’eus pas d’autre choix que de jeter une partie de l’or que j’avais trouvé dans le Donjon de Pelerian.
— Oui, bien. Dépêche-toi de partir !
« Je le prends avec plaisir ! »
Je n’avais vraiment plus le temps de traîner.
L’agitation dehors ne faisait que s’amplifier.
Par où partir ?
Ah, par là !
Je creusai le sol, à côté du mur de la caserne.
Des voix me parvinrent depuis l’entrée.
« Vous êtes sûr qu’il n’y avait rien dans l’armure ?! »
« O-oui, probablement. »
Pauvre soldat.
À peine fus-je dehors que…
« T-tu es complètement dingue… ! »
Les chevaliers sacrés hurlèrent derrière moi.
Cours, cours !
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>