Chapitre 59
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 59 : Serpent primordial
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059.
Territoire de Greylim.
Le ciel lui-même savait-il dans quelle situation se trouvait Greylim ?
Les journées ensoleillées étaient rares, et le ciel restait gris tous les jours.
Ce jour-là, il était particulièrement couvert.
Une pluie torrentielle et violente aurait été préférable. Au lieu de ça, les gouttes étaient si espacées qu’on aurait difficilement su dire s’il s’agissait de brume ou de pluie.
Les cheveux des soldats en étaient humides.
« Préparez-vous à marcher ! »
Au cri du commandant, les capitaines regroupèrent leurs hommes et les mirent en rang.
Tous les soldats avaient l’air féroce. Seuls ceux qui avaient déjà côtoyé la mort au moins une fois s’étaient rassemblés ici. C’étaient aussi des gens qui avaient combattu des monstres.
Mille soldats et cent chevaliers.
Telles étaient les forces envoyées en expédition.
Le nombre de chevaliers était considérable par rapport à celui des soldats. La troupe d’expédition avait donc été constituée d’élites.
Zain ne participerait pas à l’expédition.
À la place, il se tenait au sommet du mur érigé pour protéger le territoire de la Grande Forêt et observait les soldats se rassembler. L’eau de pluie ruisselait de sa frange trempée sur ses joues.
Le visage de Zain avait blêmi.
Ce n’était pas parce qu’il ne pouvait pas participer à l’expédition. Zain avait remarqué quelque chose de suspect.
« C’est bizarre. Vraiment bizarre. »
Pourquoi partaient-ils soudain en expédition dans la Grande Forêt ?
S’ils les laissaient tranquilles, les monstres finiraient de toute façon par s’entretuer. Prétendaient-ils vraiment éliminer les monstres des environs pour assurer la sécurité du territoire ?
Les monstres des abords de la Grande Forêt n’étaient pas particulièrement dangereux. Ceux qui vivaient dans ses profondeurs n’en sortaient pas.
Tout le monde ne savait-il pas ça ?
Et pourtant, Gunther se préparait comme s’il allait faire la guerre.
« Les mages de la Tour de magie. »
Trois vieillards en robe, plutôt qu’en armure, se tenaient à côté de Gunther.
Aucun symbole de la Tour de magie n’était brodé sur leurs robes et ils ne lançaient aucun sort, mais Zain était certain qu’il s’agissait de mages de la Tour.
Ces vieillards excentriques étaient d’une fierté démesurée et d’une avidité monstrueuse. Gunther n’aurait pas pu les faire venir avec ses fonds personnels.
En outre, un seul mage de la Tour de magie valait des dizaines d’engins de siège.
« Est-ce une demande de la famille royale ? »
C’était tout ce que Zain pouvait supposer.
Et ce n’était pas tout.
Le Territoire de Greylim lui-même avait changé.
On avait amassé d’énormes quantités d’huile et de poudre à canon. En plus, tous les jeunes et les enfants avaient été envoyés ailleurs sous prétexte de mettre en valeur des terres incultes.
C’était quoi, cette foutue histoire de mise en valeur des terres ?
Dans les villages, il ne restait que des vieillards à qui il ne restait plus beaucoup de temps à vivre, ou des malades.
Et la famille du seigneur, toujours enfermée dans le château…
À cet instant, quelqu’un s’approcha de Zain.
« Monsieur, vous avez l’air d’avoir froid. Venez vous réchauffer près du feu… »
« … Ça va. »
La personne qui insistait pour que Zain se réchauffe était elle aussi âgée.
D’ordinaire, elle aurait passé le temps dans une pièce chauffée. Mais après le départ de tous leurs enfants pour mettre en valeur les terres incultes, les vieillards étaient sortis se réchauffer près du feu et faire rôtir des pommes de terre.
« Ne faites pas votre difficile. Les pommes de terre sont prêtes. Venez en manger. »
« … »
Zain n’avait pas faim, mais s’assit quand même près du feu.
Le vieillard remua le bois avec une brindille et prit la parole.
« J’ai l’impression que mon dernier jour approche… »
« Qu’est-ce que vous racontez ? »
« C’est juste une impression. Le moment est sûrement venu de mourir. Je ne suis pas le seul. Tous les vieux qui restent dans le coin pensent la même chose. »
Même les simples vieillards restés sur le territoire sentaient qu’un malheur se préparait.
Pour une raison quelconque, Zain s’énerva.
« Si vous sentez que quelque chose ne va pas, partez. Prenez-vous par la main avec les autres vieux et fichez le camp. »
« Hé hé… »
Le vieillard ne se laissa pas impressionner par la colère du chevalier.
Zain avait l’impression que même s’il dégainait son épée, ça ne l’effraierait pas.
« Avoir survécu si longtemps sans mourir… J’en ai terriblement voulu à mes enfants pour ça. Malgré tout, je suis très reconnaissant d’avoir pu les envoyer loin d’ici. Mon fils et mon petit-fils sont tous les deux partis. Oui, j’en suis vraiment reconnaissant. À mes seigneurs… »
Zain sentit une boule lui monter dans la gorge.
L’expression « mes seigneurs » devait inclure Gunther, les Chevaliers du Lion de fer et même Zain.
Comment ce vieillard pouvait-il mettre tout le monde dans le même sac et les appeler ses seigneurs ?
Zain n’était qu’un chevalier servant qu’on n’avait même pas autorisé à participer à l’expédition.
« Zain ! »
Un chevalier apparut et lui tapa dans le dos.
« Espèce d’abruti, pourquoi tu fais cette tête d’enterrement ? Tu devrais te réjouir de pouvoir rester ici et de ne pas te fatiguer pendant l’expédition. »
Le chevalier afficha un large sourire.
C’était lui aussi un vétéran des Chevaliers du Lion de fer, qui avait survécu aux combats aux côtés de Gunther.
Plusieurs chevaliers aguerris étaient restés ici.
C’était d’autant plus inquiétant.
« Allez, debout, et fais au moins signe de la main. L’expédition va partir. »
« Bwooooo ! »
À cet instant, une corne retentit pour annoncer le départ.
« Ouvrez les portes ! »
Les portes du château s’ouvrirent.
Entraîné par le chevalier vétéran, Zain prit lui aussi la position du salut.
En silence, pendant un long moment.
Gunther chevauchait en tête de la formation.
Il se retourna et leva les yeux vers le mur.
Comme toujours, le regard de Gunther était glacial.
Quand Gunther détourna les yeux, les chevaliers et les mages à ses côtés se retournèrent eux aussi. Ils avaient dû apercevoir Zain et les chevaliers qui saluaient depuis le haut du mur.
« Qu’y a-t-il, commandant ? » demanda un chevalier à Gunther.
« Rien. »
« Hé hé, regardez la tête de Zain. On dirait qu’il a été enterré vivant. »
Seuls ceux qui avaient combattu aux côtés de Gunther pouvaient se permettre de parler aussi familièrement.
« Ces derniers temps, Zain a l’air ailleurs. »
« C’est vrai. »
« … Ça ne pose vraiment pas de problème de laisser Zain derrière ? »
Cette question lancée d’un ton désinvolte avait quelque chose de froid.
« Laissez Zain ici. S’il n’était pas devenu chevalier, il aurait hérité des responsabilités de sa famille et aurait vécu tranquillement. »
« Si tu le dis. »
« Monseigneur ! »
La dernière remarque venait d’un mage de la Tour de magie.
Le mage, à qui il manquait deux incisives, sourit et déclara : « Préparez deux poulets et de la poudre à canon. Je crois que je vais devoir tracer un cercle magique ici, avant toute chose. »
« Faites-le. »
Gunther resta calme, tandis que le chevalier à ses côtés fronçait les sourcils.
« Ah, je sens que ça va être compliqué dès le départ. »
« Tant mieux. »
Gunther esquissa un sourire.
« Préparez-vous. Ce sera sans aucun doute la pire expédition de toutes. »
* * *
« Paf ! »
Je repoussai froidement la queue de Père, qui essayait de me tapoter la tête.
« Ne me touche pas. »
Ce n’était pas une crise d’adolescence tardive.
Je m’étais disputé avec Père.
Fiiou.
« Ah, j’ai dit de ne pas me toucher ! »
La queue de Père me frappa à son tour.
Je tournoyai trois fois dans les airs avant de retomber.
« Sss ! »
Quand je me mis en colère, Père tira la langue et prit lui aussi un air furieux.
Si tu veux te réconcilier, va jusqu’au bout.
J’hésitais à utiliser Suzerain sur lui quand Père tourna brusquement la tête de l’autre côté.
Ça me laissa un goût amer.
Si j’en voulais à Père, c’était parce qu’il m’avait fracassé au sol avec sa queue. Je pensais m’être cassé au moins dix côtes. Sans potion, j’aurais pu mourir.
« Sss ! »
Rien que d’y penser, je me remis en colère.
Heureusement que, dans ma vie précédente, j’avais l’habitude de me faire frapper par mon père. Sinon, j’aurais pu signaler ça comme un cas de violence domestique !
— Au moins, il s’excuse.
… C’était vrai.
Au moins, Père, dans cette vie, s’était excusé après m’avoir frappé.
— Et il n’avait pas l’air de l’avoir fait exprès. Tu es vraiment rancunier…
Père ne m’avait peut-être pas fouetté volontairement avec sa queue.
C’était arrivé à l’aube, ce matin-là.
Quand je m’étais réveillé et étais sorti, Père était allongé là, les yeux fermés.
Il avait l’air endormi, mais, pour une fois, il n’avait pas disparu et se trouvait juste devant moi. S’était-il assoupi sans le vouloir ?
J’avais simplement été curieux.
Je voulais connaître son niveau, ses traits, ses compétences et tout le reste.
Je concentrai mon regard et jetai un coup d’œil à sa fenêtre de statut.
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【Serpent Polaire niv. 100】
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Père était exactement au niveau 100.
Comme il dormait, j’avais l’impression de pouvoir en voir un peu plus que d’habitude.
Au moment où j’essayai de me concentrer davantage pour examiner ses traits et ses compétences, Père ouvrit brusquement les yeux.
Et là, crac, il me plaqua au sol.
Je ne compris qu’après coup que Père m’avait frappé avec sa queue.
Voilà ce qui s’était passé.
L’ambiance était un peu gênante, mais on ne pouvait pas rester comme ça éternellement.
Je regardai Père.
Père me dévisageait sans laisser paraître ce qu’il pensait.
Je hochai la tête.
Père hocha la tête à son tour.
Ouais, ça devrait suffire.
« Conseiller. »
« Oui, patron… »
Gorilla me servait de clairon.
Avec sa voix tonitruante.
« En avaaannt ! »
Les Bêtes du zoo se mirent en marche.
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【Chef des monstres】
Vous avez apprivoisé plus de 100 monstres.
Votre contrôle sur les monstres se renforce.
Une autorité naturelle émane de vous.
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Le nombre de monstres dans mon groupe venait enfin de dépasser les 100.
Nous étions encore plus faibles que la Légion des Insectes et le groupe des primates, mais beaucoup de choses avaient changé. Aucun des deux camps n’osait plus nous sous-estimer.
Les singes et les insectes avaient également cessé de nous attaquer.
Nous avions réussi à survivre sans encombre jusqu’à présent.
L’équilibre des forces entre les trois camps avait tenu bon.
Le jour était enfin venu où un Fruit radieux allait pousser sur la racine qui avait surgi dans la Zone centrale.
Tous les groupes se rassemblaient autour de l’énorme racine centrale.
Je voyais le groupe des singes et celui des insectes.
« Il y en a un nombre écœurant. »
J’étais à la fois choqué et impressionné.
La raison, c’était le nombre écrasant d’insectes de la Légion des Insectes.
Est-ce qu’autant de monstres insectes se cachaient dans le marais ? Ils devaient être au moins des dizaines de milliers.
Ah, je voyais aussi le mille-pattes géant, là-bas.
Entre le roi des insectes Riokk et le chimpanzé, le chimpanzé semblait un peu plus fort.
En revanche, la Légion des Insectes avait probablement l’avantage en termes de force globale, grâce au nombre.
Des buissons épineux avaient poussé tout autour de l’énorme racine centrale.
Ils semblaient destinés à empêcher les autres de s’approcher, mais les monstres n’auraient aucun mal à les réduire en miettes s’ils décidaient de les franchir.
Les singes et les insectes encerclaient la zone, grondant comme s’ils voulaient s’affronter.
La confrontation était inévitable.
À quel point le parfum du Fruit radieux devait-il être tentant ?
Le roi des insectes Riokk et le Singe argenté se fixaient eux aussi, comme s’ils voulaient terminer le combat qu’ils n’avaient pas pu achever la dernière fois.
« Stop. »
« Stooop ! »
Nous ne nous interposâmes pas.
Je fis plutôt arrêter le groupe à une certaine distance.
Les monstres, qui avaient été terrifiés, eurent l’air soulagés.
Nous avions juste assez de force pour compter. Pas assez pour leur faire peur, mais trop pour qu’ils nous ignorent.
Cette fois encore, j’allais m’obstiner à tirer profit de leur affrontement.
*« Un Fruit radieux va bientôt apparaître. »
J’entendis de nouveau le message.
J’avais aussi veillé à ce que Père boive beaucoup de potions de mana.
Père, d’ordinaire silencieux, prit la parole.
« Nous devons obtenir le fruit. »
Pourquoi Père avait-il changé d’avis après avoir dormi sous un rocher comme s’il n’en avait rien à faire ?
Peu importe. Moi aussi, je comptais récupérer ce fruit.
« Taupe. »
La Taupe fouisseuse avait profité du privilège de chevaucher sur l’épaule de Gorilla, à côté de moi.
« Vas-y. »
À mon ordre, la taupe creusa le sol et s’y enfonça.
Ce petit gars savait creuser comme personne.
Je réfléchis à la façon de mettre la main sur le fruit avant les deux autres groupes.
Il était certain qu’ils finiraient par s’affronter.
Pour profiter de leur combat, ne faudrait-il pas que j’abatte au moins l’un des deux camps survivants ?
Pelerian et moi nous concertâmes.
Parmi des centaines de possibilités, quelle stratégie nous permettrait de gagner ?
Au bout du compte, nous élaborâmes un plan.
« Ça va marcher, pas vrai ? »
— Ça dépend de la manière dont tu t’y prends.
C’était vrai.
J’avais une raison d’avoir imaginé ce plan.
« On dirait que faire partie d’un groupe n’a rien à voir avec l’Apprivoisement. »
Au début, je m’étais trompé.
Je croyais qu’il fallait réussir à apprivoiser quelqu’un pour qu’il rejoigne mon groupe.
Mais j’avais fini par comprendre quelque chose.
Bowbow, Big Head et Grands Yeux, que j’avais bel et bien apprivoisés, ne faisaient pas partie de mon groupe.
Je n’avais jamais reçu de points d’expérience partagés de leur part. Ce n’était pas comme s’ils n’avaient pas chassé parce qu’ils étaient encore jeunes.
En revanche, Père, que je n’avais pas réussi à apprivoiser, faisait partie de mon groupe.
Grâce à l’expérience que Père partageait avec moi, j’avais déjà dépassé le niveau 20.
Il valait donc la peine de tenter une hypothèse.
Et la Légion des Insectes ?
Ce roi des insectes Riokk, dénué de raison, avait-il apprivoisé tous les autres insectes ?
L’Araignée à visage humain et le Mille-pattes géant avaient-ils été apprivoisés par le roi des insectes Riokk ?
Ça ne semblait pas probable.
Cette araignée semblait même mépriser le roi des insectes Riokk, qu’elle traitait de monstre.
Faire partie d’un groupe dépendait sans doute du fait d’être sous le contrôle du monstre en question.
On rejoignait un groupe en suivant les ordres et les directives de son chef.
Comme Père suivait mes ordres.
Alors, moi…
« Patron. »
Gorilla m’appela.
Je regardai dans la direction qu’elle indiquait et vis la petite tête de la taupe dépasser du sol.
Elle était revenue.
« Tu l’as trouvé ? On peut le faire ? »
La taupe hocha la tête.
Par précaution, je vérifiai depuis un autre point de vue.
Un perroquet violet voletait au-dessus de nous.
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【Perroquet violet borgne niv. 12】
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C’était un monstre éclaireur que j’avais recruté après la mort de la chouette.
Ses plumes violettes le rendaient moins visible en vol.
Le perroquet répondit par des cris rauques.
« C’est là ! C’est là ! »
Ça valait donc le coup de tenter le pari.
J’ordonnai avec insistance à Gorilla et à Père de rester où ils étaient et de garder leurs forces.
Je pouvais facilement revenir grâce à Retour d’urgence.
« Vas-y. »
Après les encouragements de Père, je rampai dans le tunnel à la suite de la taupe.
C’était étroit, mais assez large pour que je puisse y ramper.
Après un moment, la taupe s’arrêta soudain.
Elle pointa vers le haut, puis se glissa dans l’espace sur le côté.
« Retourne en arrière. »
La taupe hocha rapidement la tête et s’enfuit.
À présent, je devais continuer seul.
Je grimpai vers le haut, jusqu’à la surface.
Et ce qui m’y attendait, c’était…
Une myriade d’insectes.
Frrt, clac, toc. Tic, clic. Bzzz, crisse. Cui. Clac, clac, clac. Frrt, clac, toc. Tic, clic. Bzzz, crisse. Cui. Clac, clac, clac. Frrt, clac, toc. Tic, clic. Bzzz, crisse. Cui. Clac, clac, clac. Frrt, clac, toc. Tic, clic. Bzzz, crisse. Cui. Clac, clac, clac.
Je me trouvais au beau milieu de la formation du flanc droit de la Légion des Insectes.
Tous les monstres insectes se tournèrent vers moi.
À leurs yeux, ce reptile bizarre avait-il l’air d’une proie ?
Je ne fonçai pas sur les insectes pour me battre contre eux.
Parce que…
« Kriii ! »
Maman Mille-pattes était là, complètement affolée.
Elle ordonna rapidement aux insectes alentour de battre en retraite.
Les insectes d’ici semblaient bel et bien sous le contrôle de Maman Mille-pattes.
Ça tombait bien.
Je me dressai devant elle.
« Mille-pattes géant. »
Avant, je m’adressais à elle avec respect, en l’appelant Dame Mille-pattes géant, et je m’inclinais devant elle.
Mais à présent, j’étais moi aussi le chef d’un groupe.
Je devais imposer mon autorité.
Les griffes venimeuses du Mille-pattes géant tressaillirent, déconcertées.
« Je suis venu te faire une proposition. »
Bowbow, Big Head et Grands Yeux m’accueillirent joyeusement.
Je fis semblant de ne pas les voir.
C’est ça.
Je ne pouvais pas me battre contre eux.
Et surtout, je ne pouvais pas les laisser mourir.
Maman Mille-pattes, qui semblait extrêmement tendue, poussa un petit cri.
Je lui tendis le bout de ma queue.
« Rejoins mon groupe. »
Recruter le Mille-pattes géant et son groupe.
Voilà quel était mon plan.
* [Vous utilisez Apprivoisement niv. 9.]
Cette fois, j’allais être ferme.
« Je te rendrai heureuse. »
Ah, ce n’était pas la bonne formule ?
Tant pis !
« Viens avec moi. »
Maman Mille-pattes agitait ses antennes, complètement désemparée.
Pour une raison quelconque, les trois frères et sœurs firent claquer leurs griffes venimeuses ensemble, comme pour applaudir à la manière des mille-pattes.
Et sa réponse fut…
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