Chapitre 51
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 51 : Le serpent échoue à faire preuve de piété filiale
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À moins qu’ils ne se soient simplement rassemblés parce qu’ils se ressemblaient.
Ou qu’ils n’aient été qu’un petit groupe d’une douzaine d’individus environ.
Mais dès qu’ils étaient plusieurs centaines.
Ou que des milliers, voire des dizaines de milliers de monstres se regroupaient, comme la Légion des Insectes.
Il leur fallait naturellement un chef puissant pour assurer le bon fonctionnement du groupe.
Comme le Singe argenté régnait parmi les primates, le Monstre des marais régnait sur la Légion des Insectes.
Pourtant, une organisation ne pouvait pas fonctionner grâce à son seul chef.
Tout groupe d’une certaine envergure avait besoin d’un conseiller capable de mettre en pratique la volonté de son dirigeant.
Le conseiller des monstres primates était un vieil orang-outan appelé le Sage.
L’orang-outan n’était pas devenu conseiller grâce à sa force.
Il le devait à son intelligence et à sa grande maîtrise du langage.
La Légion des Insectes avait elle aussi un conseiller.
C’était une araignée solitaire.
Une Tarentule à face démoniaque.
Un monstre dont le ventre gonflé portait un visage de démon flottant à sa surface.
L’orang-outan et l’Araignée à visage humain avaient un point commun : ils savaient parler.
L’Araignée à visage humain s’exprimait par la bouche de son abdomen.
Elle pouvait aussi entendre les pensées, ce qui lui permettait de comprendre l’esprit des autres monstres.
Mais leurs aptitudes au combat différaient.
La Tarentule à face démoniaque était plus puissante que le Mille-pattes géant aux dents cramoisies.
Avec les araignées qu’il avait soumises et qu’il commandait comme autant de membres, il pouvait véritablement être considéré comme le bras droit de la Légion des Insectes.
Les araignées et les mille-pattes ne s’entendaient pas.
Leur rancune remontait à la nuit des temps, à l’époque où le premier kaki avait mûri dans le Jardin céleste. Le plus long des mille-pattes et la plus grande des araignées s’étaient alors battus, avaient formé un lac et subi tous deux des pertes dévastatrices.
Malgré tout, les insectes de cette région étaient parvenus à former un groupe.
Sous le règne du Monstre des marais, les araignées et les mille-pattes avaient uni leurs forces.
Cela ne signifiait pas pour autant que leur rivalité avait disparu.
Clac, clac.
La mille-pattes géante claqua ses pinces venimeuses, agacée.
Elle n’était pas entourée que de mille-pattes. Des scarabées, des bousiers, des iules, des abeilles et toutes sortes de monstres se tenaient derrière elle.
L’Araignée à visage humain, elle, n’avait derrière elle que des araignées, mais de toutes les espèces imaginables.
Les lèvres du visage qui poussait sur son abdomen remuèrent de façon grotesque.
« Tu n’aurais pas dû laisser ce serpent en vie. »
Sa voix résonnait étrangement, comme si des centaines d’araignées chantaient en chœur.
« Petit monstre, mais il avait l’air costaud. Si tu l’avais mangé, il t’aurait fait un excellent repas. »
Son ton traînant accusait clairement la mille-pattes.
La voix de l’Araignée à visage humain s’accompagnait de pensées. Les insectes peu futés ne comprendraient pas ce qu’il disait, mais les monstres dont l’intelligence s’était suffisamment développée comprenaient forcément le sens de son accusation.
« Il faut le traquer et le tuer ! »
« Kékéké… »
Le cri de la mille-pattes géante suintait la soif de sang.
Ne touchez pas à ce serpent. Voilà ce qu’elle les avertissait.
« Le Monstre des marais n’appréciera pas. »
L’Araignée à visage humain menaça à son tour la mille-pattes géante.
Bien sûr, les insectes d’ici ne suivaient pas le Monstre des marais par respect ou par affection.
Seule la peur les unissait : la peur d’un insecte à la puissance écrasante.
Dès que l’araignée mentionna le Monstre des marais, plusieurs insectes tressaillirent de peur.
« Kèk. »
La mille-pattes se dressa.
Elle n’écouterait plus rien.
Quel genre de relation entretient-elle avec ce serpent ?
L’Araignée à visage humain était intriguée.
S’il insistait pour lancer une poursuite, il devrait probablement risquer d’affronter la mille-pattes.
Mais, à vrai dire, ce n’était pas nécessaire.
La petite araignée qu’il avait envoyée avec les mille-pattes chez les singes était déjà revenue et l’avait prévenu.
Le serpent avait pris les deux fruits immatures que possédait l’orang-outan.
En révélant cela, il aurait une raison valable de capturer et tuer le serpent.
Même la mille-pattes géante aurait du mal à continuer de s’y opposer.
« Je m’en souviendrai. »
Pourtant, l’Araignée à visage humain s’arrêta là, après avoir mis la mille-pattes en difficulté.
Pourquoi révéler l’existence des fruits ? S’il les prenait en secret, ils seraient à lui.
Il avait déjà envoyé ses subordonnés.
Par l’intermédiaire de trois de ses huit yeux, il voyait ce que voyaient ses subordonnés, qui suivaient le serpent.
La zone rocheuse.
Quel serpent stupide.
De tous les endroits possibles, il avait choisi la zone rocheuse.
Cette chose vivait là-bas.
Bien sûr, elle ne faisait que dormir, ensevelie sous les rochers, toute la journée.
Elle se montrait rarement ; c’était probablement pour cela que le Monstre des marais et le Singe argenté la laissaient tranquille.
C’était du moins ce qu’il avait toujours supposé.
… Quoi ?
Impossible.
Cette chose se dressait sous la lumière de la lune.
Retirez-vous !
Depuis cette grande distance, l’Araignée à visage humain ordonna aux siens de battre en retraite.
Mais il était déjà trop tard.
Boum ! Boum ! Boum !
Sa vision s’assombrit et trois de ses huit yeux éclatèrent d’eux-mêmes.
Un liquide jaune s’écoula des yeux crevés.
Les araignées nouveau-nées se rassemblèrent autour de lui, visiblement inquiètes.
L’Araignée à visage humain attrapa les petites créatures avec ses pattes avant et les porta à sa bouche.
Effrayées, les araignées se dispersèrent dans toutes les directions.
Mais qu’est-ce qui…
Les siens, qu’il avait élevés avec tant de soin, étaient morts et avaient blessé l’Araignée à visage humain par la même occasion.
Il lui faudrait du temps pour se remettre de cette perte.
Une rage visqueuse le consumait.
* * *
« Né dans les ombres et doté de l’épithète Gardien de zoo, j’ai observé, apprivoisé et tué d’innombrables monstres. Pourtant, ce Serpent, cet immense serpent, était l’un des plus beaux monstres que j’aie jamais vus.
Ce n’était pas le plus puissant. Même ici, le Singe argenté ou le Monstre des marais seraient plus forts que cet enfant.
Mais aucun ne pouvait égaler la beauté innée du Serpent.
Ses écailles scintillaient comme des étoiles, et ses yeux profonds et paisibles semblaient renfermer l’étoile Polaire.
Même le sauvage Serpent Méduse exécutait une danse nuptiale pour son compagnon.
C’était tout naturel.
Même des monstres d’espèces complètement différentes suivaient ce Serpent.
Cet enfant était une espèce unique.
Un ancêtre qui avait dévié de sa propre évolution et renaissait sous la forme d’une nouvelle espèce.
Le serpent qui suivait l’étoile Polaire.
Son nom était… »
「Journal d’élevage animalier de Dashnan」
* * *
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【Serpent Polaire Nv. ???】
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C’était mon père.
Le nom que j’avais vu dans le Journal d’élevage animalier de Dashnan.
Polaris, l’étoile Polaire.
Le guide de tous les navires qui sillonnaient les océans.
Ce nom avait été ajouté devant celui du Serpent.
Impossible d’imaginer quel genre de monstre était mon père en se fiant à son seul nom.
Pour être honnête, j’avais même eu cette pensée indigne d’un fils : *C’est quoi, ce nom de frimeur ?*
Pourtant, dès que je vis mon père en personne, je compris aussitôt le sens de ce nom.
Regardez-moi ces yeux mélancoliques.
On aurait dit que trois étoiles Polaires s’étaient levées dans le ciel.
Mon père contemplait fièrement les hauteurs, tel un jeune capitaine à la recherche de l’étoile Polaire.
Si vous vous demandez comment je pouvais déceler tout ça chez un serpent, je vous répondrai : venez voir par vous-même.
J’avais beau me concentrer, je parvenais à peine à obtenir des informations détaillées.
C’était encore plus difficile qu’avec Gunther.
Je n’avais réussi à confirmer qu’une seule épithète.
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【Épithète】Serpent Grand et Cool
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Une épithète qui allait droit au but.
Je compris alors comment mes parents s’étaient rencontrés.
Pour le dire franchement, Maman Méduse devait être complètement obsédée par les beaux visages.
*Un serpent… Comment un serpent peut-il être aussi beau ?*
Exactement.
Le Serpent Polaire était plus beau que n’importe quel monstre que j’avais jamais vu.
Si Dashnan déblatérait de façon aussi répugnante sur sa beauté, ce n’était pas seulement parce qu’il était pervers. Mon père était vraiment magnifique.
Même sans ses yeux et ses écailles étoilés, la perfection de sa silhouette semblait vous voler votre âme.
Il était immense, aussi.
Il était clairement plus grand que Maman Méduse. Je n’avais aucune idée de la manière dont ils avaient pu se rencontrer.
Les araignées elles-mêmes avaient été stupéfaites par l’apparence de mon père.
Celles qui reculaient furtivement s’étaient immobilisées.
Comme si leur âme leur avait été arrachée.
C’est alors que la queue de mon père bougea.
Il donna un léger coup, comme quelqu’un qui chasse une mouche.
BOUM !
Le choc de sa queue contre le sol me projeta brièvement dans les airs avant que je retombe.
Quand je regardai derrière moi, toutes les araignées étaient passées de la 3D à la 2D.
Autrement dit, elles avaient été aplaties.
Un frisson familier me parcourut l’échine.
Finalement, transformer les choses en bouillie sanglante d’un coup de queue n’était pas une capacité propre à Maman Méduse.
Les araignées survivantes finirent par prendre la fuite.
Mon père ne se déshonora pas en les poursuivant.
Il entrouvrit simplement sa bouche majestueuse.
Une lumière commença à briller à l’intérieur.
Je ne voulais pas que ça recommence, mais un nouveau frisson me parcourut tout le corps.
Je compris ce qu’il s’apprêtait à faire.
C’était sûrement réservé aux dragons, pas aux serpents.
Kiiiing !
Un rayon jaillit de la bouche de mon père et incinéra les araignées en fuite.
C’était forcément un souffle.
*C’est un Rayon de destruction !*
Pelerian gâcha le moment.
Non, le Rayon de destruction avait son charme, lui aussi.
À bien y penser, les golems du Donjon de Pelerian possédaient également la compétence Rayon de destruction.
Est-ce que ces golems pouvaient tirer des rayons comme celui-là ?
— Ils n’auraient pas pu produire une telle puissance. Mais surtout, c’est maintenant confirmé…
Pelerian semblait intrigué.
— Il possède un charme magique. C’est probablement une capacité innée de ce Serpent.
Mon père avait beau être beau, les araignées d’une autre espèce n’avaient aucune raison de se figer comme des statues de glace.
Pelerian pensait que le Serpent Polaire possédait une capacité particulière.
— C’est probablement une capacité mentale liée au charme.
Bien sûr, elle ne marchait pas sur moi, puisque j’avais le trait Indomptable.
Mon père baissa les yeux vers moi, comme s’il avait remarqué quelque chose d’étrange.
Était-il surpris que son apparence ne m’ait pas charmé ?
Ou avait-il compris que j’étais son fils ?
Mon père abaissa son immense tête et s’approcha de moi.
Il était encore plus beau de près.
Je m’étais cru plutôt cool pour un serpent, mais à côté de mon père, j’étais minable.
— Fais attention. Même si tu es prudent, ça ne changera rien si ce salaud décide de faire quelque chose.
Pelerian me donna un conseil parfaitement inutile.
Même si j’utilisais le Décret du Tonnerre céleste, ma technique la plus puissante, mon père ne sentirait probablement qu’un petit picotement.
La différence de puissance entre nous était écrasante.
Pour une raison ou une autre, je n’avais pas peur.
Je ne percevais pas la moindre hostilité chez lui.
La curiosité dans ses yeux bleu profond était évidente.
Il fit claquer sa langue. Srrit.
En tant que serpent, je comprenais ce geste.
Il me humait.
*Père, je suis de retour.*
J’essayai d’examiner la fenêtre de statut de mon père.
Comme avec Gunther, je fixai mon regard et me concentrai.
En vain.
Comme s’il avait solidement verrouillé la porte de son cœur, je ne parvenais même pas à voir le niveau de mon père.
« Srrit. »
Je fis claquer ma langue comme lui.
Je me sentis étrangement réconforté.
Était-ce parce que nous partagions le même sang ?
*Père, ton fils est de retour.*
*「Votre lignée résonne.」
Ce n’était donc pas le fruit de mon imagination.
Je racontai à Pelerian le message que je venais d’entendre.
— Une résonance de lignée ? Le Serpent Méduse qui était ta mère n’était pas vraiment du genre à élever correctement ses petits… Est-ce parce que celui-ci est d’une autre espèce ?
Mon père m’avait apparemment reconnu.
J’imaginai mon avenir.
Comme Bowbow, Grands Yeux et Gros Crâne, j’allais désormais me promener sur le dos de mon père.
Je n’aurais alors plus rien à craindre. Tant que je ne tombais pas sur Gunther !
Mais le bel avenir dont je rêvais ne se réalisa jamais.
*「Le Serpent Polaire ressent de la peur.」
*「La résonance de la lignée est interrompue.」
Mon père releva brusquement la tête, sous le choc.
Puis il se mit à s’agiter, comme s’il était contrarié.
Il tourna la tête, comme s’il cherchait quelqu’un.
Croyait-il que maman était dans les parages ?
Avant que je puisse lui annoncer la mauvaise nouvelle, mon père se retourna soudain et se mit à fuir.
Où est-ce que tu vas ?!
Instinctivement, j’essayai de le poursuivre.
Peut-être à cause de la différence de taille entre nous, mais il était incroyablement rapide.
Et ce n’était pas tout.
Fouish, et mon père disparut.
Il n’était nulle part.
Impossible de cacher un corps aussi gigantesque où que ce soit, et pourtant, j’avais l’impression qu’il s’était évaporé.
Après avoir regardé autour de moi, je demandai à Pelerian :
*Il ne se serait pas téléporté ?*
Mon père était-il lui aussi un Serpent magique ?
Un mage de haut rang, en plus…
Pelerian le nia catégoriquement.
— La téléportation était un sort de haut niveau que seuls quelques mages de mon époque maîtrisaient. Impossible qu’un serpent monstre puisse l’utiliser.
Et s’il le pouvait ?!
Quand je demandai ce qui s’était passé, Pelerian ne sut pas non plus me répondre clairement.
— S’il était devenu invisible, tu aurais senti sa présence… Essaie d’utiliser Détection du mana.
Je le fis.
Rien n’apparut.
Après avoir réfléchi un moment, je décidai de ne pas me prendre la tête.
Je le retrouverais.
À moins que mon père n’essaie de me manger, je n’avais aucune raison d’avoir peur s’il s’était enfui parce qu’il avait peur.
Un jour, je monterais sur le dos de mon père. Pour aujourd’hui, je rentrerais à la maison.
Quand je me retournai, Tacheté avait apparemment été si terrorisé qu’il avait fourré sa tête dans une crevasse entre les rochers.
Je tirai sur sa queue.
Tacheté bondit, me reconnut et se mit à me lécher le visage.
*Rentrons pour l’instant.*
Après tout, j’avais fait de belles récoltes.
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【Fruit de racine immature de l’Arbre-Monde】
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Deux fruits.
Qu’est-ce qui avait bien pu rendre les monstres aussi fous ?
Je devrais essayer d’en manger un.
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