Chapitre 45
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu le serpent de l’Apocalypse ◈
Chapitre 45 : Même Pelerian en est consterné
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Un petit village paisible.
Un territoire modeste, dépourvu de grandeur.
C’était ainsi qu’on avait toujours décrit Greylim.
Mais cela appartenait depuis longtemps au passé.
Des chevaliers vêtus d’armures gris foncé arpentaient désormais Greylim. Même les jours de pluie, ils ne retiraient jamais leur armure. Sous leurs pas, les lourds chevaliers écrasaient et fracassaient les dalles qui pavelaient les rues.
Et ce n’était pas tout.
Gunther disposait de soldats à lui, en plus des Chevaliers du Lion de fer. Ces hommes patrouillaient désormais à l’intérieur des remparts extérieurs, à la place des gardes d’origine du territoire.
Le seigneur avait été escorté jusqu’à la capitale après son arrestation.
Ses fidèles serviteurs avaient été emprisonnés sous diverses accusations, et certains étaient même morts en résistant.
Les habitants ordinaires auraient pu croire que cela ne les concernait pas, mais la réalité n’était pas si clémente. Un vent glacial soufflait d’en haut.
Les enfants qui couraient autrefois joyeusement dans les rues avaient disparu.
Grondement.
Ce jour-là, la pluie tombait à verse.
Un petit enfant en robe pressait le pas dans la rue. L’homme qui l’accompagnait l’empêcha de regarder nerveusement autour de lui.
Ils arrivèrent à un moulin adossé aux remparts du château voisin. Par un jour de pluie aussi violente, le moulin aurait normalement été fermé.
L’enfant et l’homme entrèrent ensemble.
Seules quelques bougies étaient allumées, plongeant l’intérieur dans la pénombre. Plusieurs personnes s’y étaient déjà rassemblées.
L’homme et l’enfant retirèrent leurs robes.
L’homme était Oliver, le meilleur chasseur de Greylim, et l’enfant, Rania, la fille du seigneur.
« Mère ! »
L’épouse du seigneur se trouvait elle aussi dans le moulin.
Rania la serra fort dans ses bras. Cela faisait longtemps que la mère et la fille ne s’étaient pas vues.
« Tu as beaucoup travaillé, Oliver. »
Oliver inclina la tête devant l’épouse du seigneur.
Tous ceux qui s’étaient réunis ici étaient loyaux au seigneur. Le vicomte de Greylim n’avait pas été un homme exceptionnel, mais il avait au moins eu la chance d’être entouré de gens de qualité.
« Merci à tous d’être venus. »
À la demande de l’épouse du seigneur, ils avaient secrètement rassemblé leurs forces.
« Cela fait longtemps que cet homme, Gunther, a emmené le seigneur. Nous avons envoyé des lettres à la capitale royale et au Conseil des nobles, mais nous n’avons toujours reçu aucune réponse convenable. »
L’épouse du seigneur avait l’air épuisée.
« Si cela continue, il pourrait arriver quelque chose de terrible au seigneur. Nous ne pouvons pas laisser faire. »
L’épouse du seigneur et ses serviteurs avaient tout tenté pour le sauver.
Pourtant, la capitale royale s’obstinait à affirmer que la procédure suivait son cours. Le Conseil des nobles se contentait de promettre qu’il ferait de son mieux.
Cela ne pouvait plus durer. C’était hors de question.
Finalement, l’épouse du seigneur prit une décision difficile.
« Nous devons demander l’aide du Marquis. »
« Ah… »
Quelqu’un poussa un soupir.
Le Marquis, Gerard, le Marquis Tigre.
Le père de l’épouse du seigneur. L’un des Huit Héros.
Si le serviteur avait soupiré, c’était pour une raison. Le père de l’épouse du seigneur était un homme terrifiant. Peut-être même plus redoutable que Gunther.
C’était peut-être comme appeler un tigre pour attraper un loup.
Mais que pouvaient-ils faire d’autre, alors que le raton laveur qui régnait jusque-là sur ce territoire risquait de mourir ?
Personne ne protesta.
Ils s’y attendaient déjà.
L’intendant du château du seigneur prit la parole à voix basse.
« J’ai préparé une calèche. »
« Une simple lettre ne fera pas bouger Père. Ce n’est pas le genre d’homme à se laisser convaincre ainsi. »
Le marquis Gerard avait sûrement déjà appris la nouvelle par l’intermédiaire du Conseil des nobles, et pourtant, il n’avait pas bougé jusqu’ici.
Peut-être préparait-il ses arguments, ou calculait-il les gains et les pertes.
« Rania ou moi devrons nous y rendre en personne. »
Gunther surveillait l’épouse du seigneur.
Venir ici aujourd’hui avait déjà été risqué.
Au bout du compte, elle n’avait d’autre choix que d’envoyer sa jeune fille.
L’épouse du seigneur tendit à Rania une lettre qu’elle avait écrite de sa main. Rania la glissa dans ses vêtements, l’air timide.
« Oliver t’aidera. »
« Je suis redevable au seigneur. »
Oliver posa une main sur sa poitrine.
L’épouse du seigneur lui adressa un petit signe de tête reconnaissant.
Les personnes réunies discutèrent ensuite des grandes lignes de leur plan.
Une calèche quitterait bientôt Greylim.
Rania et la lettre qu’elle portait seraient du voyage.
« Alors, que la fortune vous accompagne. »
À ces mots de l’épouse du seigneur, les gens se dispersèrent un à un.
Rania et Oliver firent de même.
Cette fois, cependant, Rania sortit la première, seule.
Elle était déguisée en servante travaillant au château du seigneur.
Un panier de farine serré contre sa poitrine, elle se hâta dans la rue.
Rania avançait sans vraiment regarder devant elle.
« Hé. »
Des soldats l’arrêtèrent.
Rania releva prudemment la tête.
Ce n’étaient pas des soldats de Greylim, mais des hommes que Gunther avait amenés avec lui.
« Qu’est-ce que tu transportes ? »
« D-de la farine… »
« Par une pluie pareille ? »
Le soldat fouilla sans ménagement le panier.
Après avoir vérifié qu’il contenait bien de la farine, il fixa Rania avec insistance.
« Pourquoi tu trembles autant ? Tu caches quelque chose ? »
« N-non. »
« T’es mignonne, pour une servante. »
Elle s’était volontairement couverte de crasse et avait revêtu des vêtements miteux.
Malgré cela, les soldats sourirent en coin et s’intéressèrent à elle.
Rania était enfermée au château depuis si longtemps. Au moins, ces soldats ordinaires fraîchement arrivés ne reconnaissaient pas son visage.
« On va te fouiller. Tu trembles tellement que t’as l’air sacrément louche. »
Rania trembla de peur.
S’ils trouvaient la lettre, tout serait fini.
Au moment où le soldat tendit la main vers elle…
Clac !
Quelqu’un lui asséna un coup derrière la tête.
« Quel enfoiré… »
« Fidélité ! » lança aussitôt le même soldat en se mettant au garde-à-vous.
Le Chevalier Zain venait d’apparaître.
Rania baissa vite la tête.
« Bande d’idiots. Pas étonnant que cette servante ait peur, avec vos têtes de voyous. »
« … Hé hé. »
« Laissez-la passer. »
« Oui, monsieur ! »
Le soldat laissa Rania passer.
Rania s’efforça de ne pas se mettre à courir.
Zain la regarda s’éloigner en silence.
Il avait l’air partagé.
Puis Zain disparut à son tour pour reprendre sa patrouille.
Et derrière un arbre, à quelque distance de là, Oliver se cachait sous la pluie.
Clic.
Il rengaina la dague qu’il avait dégainée.
« Hmm… »
Il regarda Zain patrouiller seul sous la pluie.
* * *
Festival, saison des floraisons, semaine des fruits, Banquet violet.
Toutes ces expressions désignaient un phénomène naturel de la Grande Forêt.
Parmi les innombrables royaumes cachés du monde, ce phénomène spectaculaire ne se produisait que dans la Grande Forêt, là où se dressait l’Arbre-Monde.
Il était désormais clairement établi que l’Arbre-Monde n’était pas un arbre ordinaire.
L’Arbre-Monde était une plante, mais possédait aussi les caractéristiques d’un carnivore.
Il dévorait les monstres pour se nourrir.
Les racines de l’Arbre-Monde s’étendaient dans toute la Grande Forêt.
Certaines racines émergeaient parfois du sol et, il arrivait qu’elles — chacune aussi immense qu’un arbre géant — portent des fruits.
Cela se produisait lorsque le mana de l’Arbre-Monde dépassait un seuil critique.
Les racines donnaient alors des fruits incroyablement parfumés.
Ces fruits attiraient les monstres.
Imprégnés du mana négatif de l’Arbre-Monde, ils renforçaient l’Essence magique des monstres.
Les monstres devenaient plus puissants, puis ceux qui s’étaient rassemblés sur place s’affrontaient et gagnaient encore en force.
Les monstres qui mouraient pendant le processus se décomposaient et étaient absorbés par les racines de l’Arbre-Monde.
Tout ce processus, qui consistait à appâter les monstres pour attirer de la nourriture, constituait une méthode de chasse si parfaite qu’elle en donnait froid dans le dos.
De tels événements se produisaient dans de nombreuses régions de la Grande Forêt.
Pourtant, à chaque fois, le mot « Festival » désignait plus particulièrement un endroit bien précis.
Une racine couverte de fruits d’un rouge cramoisi particulièrement vif apparaissait.
C’était là que se rassemblaient les monstres nommés les plus dangereux.
C’est ainsi que naissait un véritable enfer de chaos et de lutte pour la survie.
「Extrait de l’Encyclopédie fascinante et mystérieuse des monstres du Sage Parvian : édition Grande Forêt」
* * *
J’expliquai à Nanaruk comment préparer la potion.
Pelerian me dit que c’était du gâchis et que j’aurais au moins dû la faire payer, mais les gobelins n’avaient pas d’argent.
Je ne lui avais rien demandé, mais Nanaruk me promit de me rendre la pareille un jour. C’était une gentille fille.
J’avais tout de même posé une condition.
Elle ne devait pas divulguer la recette.
Elle ne devait en parler à aucune autre race et, au sein même de la Tribu Runga, seuls les chamans pourraient la connaître.
Nanaruk me le jura.
C’était une amie digne de confiance, alors elle s’en occuperait bien. Et puis, les ingrédients de cette potion étaient difficiles à trouver en dehors de la Grande Forêt.
J’avais une autre raison de lui avoir donné la recette.
Le nom que j’avais récemment obtenu : Urooros.
La description de son épithète contenait cette phrase.
« Un très petit nombre de gobelins vous vénèrent actuellement. À mesure que cette foi se répandra, le porteur de cette épithète obtiendra le statut qu’il mérite. »
Nanaruk et la Tribu Runga n’avaient pas l’intention de rester éternellement dans la Forêt tropicale de Palamu.
« D’abord, nous allons réunir les tribus gobelines de la Grande Forêt. Ensuite, nous partirons pour le continent. »
Qui aurait cru que Nanaruk était une gobeline aussi ambitieuse ?
Ses projets et ceux de la Tribu Runga étaient grandioses.
Et plus l’influence de la Tribu Runga s’étendrait, plus mon épithète se répandrait.
Peut-être qu’un jour, j’entendrais un message du genre : « Ding, votre foi se répand aux quatre coins du monde. »
Avec des potions, ils ne perdraient pas face aux autres tribus gobelines.
Nanaruk et les gobelins me préparèrent une énorme quantité de nourriture.
Le problème, c’était que mon Sous-espace était plein et que je n’avais nulle part où la ranger.
Je la rassemblai dans un gros paquet, mais impossible pour un serpent comme moi de traîner ça partout.
Mais peu importe.
J’avais désormais une nouvelle compagne.
« Kiiik ! »
Maman Mille-pattes filait à une vitesse stupéfiante.
Trois larves de mille-pattes étaient juchées sur son dos.
Enfin libérés, les petits poussèrent des cris de joie dans l’air frais.
« Ké ké ké ! »
« Kiii~ »
« Ké ! »
« Sssak ! »
Le dernier, c’était moi.
J’étais confortablement installé sur la carapace de Maman Mille-pattes. Le paquet était attaché à son dos comme un sac à dos.
Nous étions en train de nous dire adieu avant de nous séparer des gobelins.
Je donnai quelques conseils à Nanaruk.
« Ne fais jamais confiance aux races aux longues oreilles ! Et si tu voyages vers l’ouest, il y a un territoire humain appelé Territoire de Greylim. Pense à l’éviter. Il y a un monstre là-bas. »
Je la mis aussi en garde contre Gunther.
Nanaruk hocha la tête en m’écoutant attentivement.
« On se reverra. »
« Ouais. »
Nanaruk me dit cela et me serra fort dans ses bras.
J’allais partir à la recherche de la demeure de Dashnan lorsque Maman Mille-pattes s’approcha de moi.
Elle baissa le corps.
Je crus qu’elle me saluait, mais ce n’était pas ça.
Elle voulait dire : « Je t’emmène, grimpe sur mon dos. »
Maman Mille-pattes pouvait-elle aussi lire dans mes pensées ?
« Kiiit ! »
Vu qu’elle ne produisait que ce son, impossible d’en être sûr.
Quoi qu’il en soit, Maman Mille-pattes m’offrit un trajet incroyable.
Avec toutes ses paires de pattes, elle oscillait à peine de haut en bas.
Elle était aussi très forte. La plupart des monstres n’osaient même pas nous attaquer.
Nous nous enfonçâmes toujours plus profondément dans la forêt.
Quand le soleil fut haut dans le ciel, Maman Mille-pattes s’arrêta.
C’était l’heure du déjeuner.
Rah, j’ai le corps tout raide.
Et puis, rester assis là à ne rien faire était ennuyeux.
Il me restait encore beaucoup de nourriture, mais je décidai de partir chasser.
Après tout, je devais bien payer Maman Mille-pattes pour le trajet.
Pelerian dormait.
Profitant de ce rare silence, je me glissai dans les broussailles.
Nous venions à peine de quitter les gobelins que je me sentais déjà un peu seul.
Mais c’était bien aussi.
J’étais un serpent qui rampait dans les ténèbres de la forêt. Le silence était mon ami.
Grrr.
Et voilà qu’une bête idiote venait troubler ce silence.
Je m’enduisis les écailles de terre.
Mes nouvelles écailles brillaient de mille feux à la lumière, mais dans l’obscurité, elles se remarquaient en réalité moins qu’avant.
Ce serait encore mieux si je pouvais les teindre en noir avec Écailles noires, mais ce n’était pas facile.
Cette nouvelle compétence avait une condition d’activation fatale : elle ne fonctionnait que lorsque j’étais furieux.
Croc, croc.
Je trouvai l’origine du bruit.
C’était clairement un carnivore.
Une créature plus petite qu’un léopard, mais plus grande qu’un chat.
──────────────
【Chat sauvage tacheté Niv. 21】
【Trait】
[Férocité]
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Il n’avait pas l’air facile à affronter.
Il déchiquetait bruyamment un singe plus gros que lui pour le dévorer.
Je bondis sans hésiter.
Je lui mordis la nuque et enroulai mon corps autour du sien.
Le chat sauvage était assez fort pour bondir dans les airs alors même que j’étais accroché à lui.
« Kweeeng ! »
Ah, alors les chats sauvages faisaient « kweeeng ».
Je resserrai mes anneaux autour de son corps.
Les petits mille-pattes allaient aussi en manger, alors je préférai ne pas utiliser Croc empoisonné, par précaution.
Il fallait être particulièrement prudent quand on étranglait un monstre doté de serres.
J’avais acquis de l’expérience, et le pauvre chat sauvage ne pouvait ni me mordre ni me griffer.
Crac.
Ouf. Il était plus coriace que je ne le pensais.
Je l’avais tué comme un chef.
Puis j’attendis les précieux points d’expérience…
Mais il n’y en eut pas.
Je ne ressentis qu’une infime quantité d’Essence magique.
Mon niveau avait-il tellement augmenté que le rendement avait baissé ?
C’était probablement ça.
C’était un carnivore, et il était déjà au niveau 21.
La situation n’était pas idéale.
Devais-je finalement m’enfoncer plus profondément dans la forêt pour chasser des proies plus puissantes ?
Quoi qu’il en soit, du point de vue de la chasse, c’était une réussite.
Je traînai le chat sauvage jusqu’à l’endroit où se trouvaient Maman Mille-pattes et ses petits.
En me voyant revenir avec ma proie, ils se mirent à saliver.
« Attendez un peu, les petits. »
Je n’allais pas me contenter de leur balancer de la viande.
Je m’étais aussi mis à cuisiner.
La méthode était très simple.
D’abord, je traînai le chat sauvage dans une clairière d’où l’on voyait le ciel.
Je sortis une potion du Sous-espace et la posai à côté de moi, prête à servir.
Puis je grimpai sur le chat sauvage et me concentrai.
*「Vous utilisez la compétence Corne transcendante.」
*「‘Décret du Tonnerre céleste Niv. 0’ passe temporairement au ‘Décret du Tonnerre céleste Niv. 1’.」
L’air s’immobilisa.
Le pelage du chat sauvage mort se hérissa.
*「Vous utilisez Décret du Tonnerre céleste Niv. 1.」
La foudre s’abattit alors sur moi.
Crac-crac-crac !
Cette fois, j’avais rentré la tête dans mes anneaux et fermé les yeux avant l’impact.
Mais la douleur électrisante était toujours là.
*「La maîtrise de Résistance à la chaleur augmente fortement.」
*「Résistance à la chaleur Niv. 8 passe au Niv. 9.」
*「La maîtrise de Résistance à la foudre augmente fortement.」
*「Résistance à la foudre Niv. 3 passe au Niv. 4.」
Aaaah ! Ça fait mal !
Tout mon corps brûlait.
Incroyable, utiliser Décret du Tonnerre céleste ne me protégeait pas complètement de l’électrocution !
Je roulai presque jusqu’à la potion.
Je brisai le récipient de bambou avec ma gueule et l’avalai d’un trait.
Ce ne fut toujours pas suffisant, alors je me roulai dans la potion que j’avais renversée par terre.
Ouf, j’ai failli y passer.
J’avais déjà répété cette folie plusieurs fois.
*「Vous avez complètement acquis la compétence Décret du Tonnerre céleste Niv. 0.」
Au moins, ça avait rapporté quelque chose.
Rah.
— Encore tes absurdités. Ha ha.
Pelerian sortit de l’anneau.
Je me redressai.
Je ne faisais pas ça uniquement pour acquérir la compétence.
De la vapeur s’élevait de la viande du chat sauvage.
Ça voulait dire qu’elle était bien cuite.
Chat sauvage grillé à la foudre : terminé.
Vous attendiez, pas vrai, les petits ?
Les yeux des trois larves de mille-pattes brillèrent.
« Ké ké ké ! »
« Kiii. »
« Ké ! »
Regardez comme ils étaient contents. Trop mignons.
Vous devriez applaudir aussi, les petits.
Je frappai le sol de ma queue pour leur faire comprendre.
Les larves de mille-pattes claquèrent leurs pinces venimeuses l’une contre l’autre.
C’était ainsi que les mille-pattes applaudissaient.
Ils étaient intelligents.
« Allez, en rang, et à table. »
Maman Mille-pattes ne bougea pas.
On aurait dit qu’elle nous regardait, ses petits et moi, avec tendresse.
Je déchirai moi-même la viande et la partageai avec les mille-pattes.
Les petits acceptèrent chaque morceau avec enthousiasme.
— Ils te suivent bien, maintenant.
Avant, ils semblaient avoir un peu peur de moi.
Maintenant, ils s’accrochaient même à mon dos. On était devenus très proches.
Voilà, c’était juste de la pure gentillesse.
Je n’aurais jamais imaginé entendre un message pareil.
*「Vous avez réussi à apprivoiser la larve de mille-pattes Niv. 3.」
*「Vous avez acquis la compétence ‘Apprivoisement Niv. 1’.」
Hein ?
Surpris, je regardai Pelerian.
— Qu’y a-t-il ?
« Ça dit que j’ai réussi à utiliser Apprivoisement. »
Je le lâchai sans réfléchir.
Je n’aurais pas dû.
— Hein ?
Pelerian plissa les yeux et me dévisagea.
— C’était donc ça, ton objectif. Même moi, je ne l’avais pas vu venir.
« Non. »
— Tu comptais te servir de mille-pattes comme esclaves.
« Je te dis que non. »
C’était injuste.
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