Chapitre 44
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 44 : Quel genre de serpent est papa ?
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Un journal écrit en langue elfique.
« Un spécimen magnifique, splendide. Son corps était en bonne santé et ses écailles luisaient. Sa férocité était tout à fait naturelle, puisqu’il s’agissait d’un trait des Serpents Méduse. Le motif en forme de taches sur sa nuque était particulièrement beau. »
Un motif en forme de taches. Elle en avait bel et bien un.
Quel pervers.
Complimenter la mère de quelqu’un d’autre sur sa beauté et tout ça…
« L’enfant est partie vers le sud, a traversé le Bassin d’Akam et s’est dirigée vers les abords de la Grande Forêt. Il est courant que les monstres enceintes gagnent des zones périphériques plus sûres, mais dans son cas, c’est excessif. Elle est allée beaucoup trop loin. »
J’étais de plus en plus certain qu’il s’agissait bien de ma mère.
J’avais entendu dire qu’un monstre comme un Serpent Méduse apparaissait extrêmement rarement dans cette région.
« C’était probablement à cause d’une dispute avec son mari. C’était un spécimen au cœur tendre. »
Donc, j’avais bien un père.
Elle avait quitté la maison parce qu’ils s’étaient disputés ?
Le plus surprenant, c’était d’apprendre que Maman Méduse avait le cœur tendre.
« Cela fait environ un mois. Si elle a mis bas sans problème, les petits devraient déjà être nés. Je vais donc la ramener… »
Le récit sur Mère s’arrêtait là.
Une partie du journal avait peut-être brûlé à cause de la foudre.
Hum…
Pour une raison ou une autre, j’avais les yeux qui piquaient. Ah, je devais avoir du sable dedans…
Maman Méduse ne pourrait jamais rentrer. Elle ne reverrait jamais son mari non plus.
Quelle dispute avait bien pu les opposer pour qu’une mère enceinte abandonne son mari et parte seule en voyage ?
— Quel drôle de type, cette Fée de l’Ombre.
J’étais d’accord.
Dashnan, cette Fée de l’Ombre, était sans aucun doute un vrai cinglé.
À en croire le journal, il élevait des monstres.
Il avait construit son propre « zoo » au cœur de la Grande Forêt.
« Tu as dit que tu le connaissais. Et c’est quoi, une Fée de l’Ombre ? »
C’était comme un Elfe noir ? Sa peau était couleur cendre et, à en juger par la magie maléfique qu’il utilisait, ça semblait probable.
— Les Fées de l’Ombre sont littéralement une race qui ressemble à l’ombre noire des Elfes. Les Elfes sont issus de l’Arbre-Monde, tandis que les Fées de l’Ombre sont nées de ses racines.
« De ses racines ? »
Pelerian m’expliqua brièvement l’origine des Elfes et de l’Arbre-Monde.
L’immense arbre qui se dressait dans les profondeurs de la Grande Forêt était l’Arbre-Monde.
L’Arbre-Monde diffusait du mana positif, et les Elfes naissaient en recevant son mana.
Apparemment, l’Arbre-Monde était un arbre d’une puissance et d’une taille inimaginables. Je ne voyais pas comment un arbre pouvait être puissant, mais je savais qu’il était gigantesque.
Chaque fois que je grimpais assez haut, je pouvais distinguer la silhouette brumeuse de cet arbre lointain.
Pourtant, ses racines s’étendaient bien plus loin et plus largement que son tronc et ses branches.
— Elles parcourent toute la Grande Forêt. Certaines remontent parfois à la surface.
C’étaient les racines de la Grande Forêt.
— Ces racines libèrent plutôt du mana négatif. Les Fées de l’Ombre sont des Elfes nés de ce mana négatif. Autrement dit…
Pelerian déclara d’un ton solennel :
— Ce sont des êtres de basse extraction. Tordus et maléfiques dès la naissance.
J’étais impressionné.
Pelerian n’était pas seulement raciste.
Pelerian était aussi un snob.
— Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ça ne se voit pas, rien qu’en le regardant ? Il a perdu la tête, alors il a construit un zoo de monstres et a passé des siècles à s’amuser dans cet endroit glauque.
C’était vrai, mais venant d’un Elfe qui avait créé des Chimères, c’était un peu fort.
— Me comparer à quelqu’un qui a vendu son âme à un démon, c’est une insulte. C’est aussi un criminel recherché. Prends cette boucle d’oreille.
La boucle d’oreille gisait à l’endroit où la tête de Dashnan s’était volatilisée.
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【Boucle d’oreille de Dashnan】
Preuve qu’il a vendu son âme à un démon.
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Elle ne ressemblait pas à une boucle d’oreille ordinaire.
Peut-être parce que j’en avais lu la description, mais elle semblait dégager une aura sinistre.
Pourquoi est-ce que je devrais la prendre ?
— Sa tête est mise à prix à une somme colossale. Cette boucle d’oreille prouvera que tu l’as tué. Il ne pouvait jamais l’enlever.
« Ah, tu as dit qu’il était recherché. La prime s’élève à combien ? »
— Trois mille pièces d’or radak.
Waouh !
C’était quoi, une pièce d’or radak, au juste ?
Enfin, c’étaient des pièces d’or. Trois mille pièces devaient valoir une fortune.
Mais est-ce que je pourrais vraiment toucher la prime ?
Un serpent qui débarquait dans un bureau des primes ne se ferait pas chasser à vue ?
— Ne t’inquiète pas. Il y a un endroit où tu peux aussi la récupérer.
Dans ce cas, aucun problème.
Mais pourquoi cette Fée de l’Ombre était-elle devenue un criminel recherché ? C’était une Fée de l’Ombre glauque et perverse, mais il devait y avoir une autre raison.
— Il a volé d’innombrables objets et tué beaucoup de gens pour parvenir à ses fins. Personne n’a réussi à l’attraper, alors la prime n’a cessé d’augmenter.
Pelerian trembla de rage.
— Il m’a aussi volé un catalyseur magique très précieux. C’était une Écaille de dragon, un objet qu’on ne peut plus se procurer…
« Une Écaille de dragon ? »
Je dressai l’oreille.
Pourquoi Dashnan l’avait-il volée ?
— Il était obsédé par la reproduction des monstres. Il pensait qu’avec assez de temps, il pourrait croiser et dresser les monstres à sa guise pour créer le monstre ultime. Je ne sais pas ce qu’il a fait de l’Écaille de dragon, en revanche.
On ne pouvait pas obtenir le pouvoir d’un dragon en mangeant une Écaille de dragon ?
— Si seulement c’était aussi simple… Quoi qu’il en soit, même moi, archimage Défenseur du Ciel, je n’ai pas réussi à l’attraper.
« Il était si fort que ça ? »
J’avais tué un adversaire que même Pelerian n’avait pas réussi à capturer.
Ça voulait dire que j’étais désormais son égal, non ?
C’était forcément ça.
— Bien sûr que non. Il possédait un Objet magique ancien. C’était une sorte de cape qui pouvait dissimuler parfaitement son corps, où qu’il se trouve. C’est sans doute pour ça qu’il n’a jamais été attrapé, et qu’il pouvait aussi s’occuper de monstres dangereux… Elle ne semble pas être ici, maintenant.
En entendant ça, je fouillai frénétiquement le cadavre de Dashnan.
Malheureusement, il n’y avait aucun objet ressemblant à une cape.
Avec un truc pareil, je pourrais aller n’importe où.
Je pourrais même devenir un assassin se faufilant dans les ténèbres.
Attends. Une idée me traversa soudain l’esprit.
« Maintenant qu’il est mort… ces objets n’ont plus de propriétaire, pas vrai ? »
— Quoi ?
Pelerian et moi marmonnâmes en même temps.
« Une Cape d’invisibilité ! »
— L’Écaille de dragon !
Son repaire n’était pas dans les environs ?
— Continue de fouiller le journal.
Dans ce genre de situation, Pelerian et moi étions parfaitement synchronisés. J’étais déjà en train de feuilleter le journal.
J’espérais y trouver un indice, et il y en avait bel et bien un.
« J’ai déménagé dans la Forêt de l’Ombre, au nord-est, et j’y ai construit une nouvelle demeure. Il semblerait que le “Festival” s’y tienne bientôt. L’apparition en grand nombre des racines rouge vif de l’Arbre-Monde le confirme. La falaise rend l’endroit sûr, et voir le soleil couchant disparaître directement derrière l’Arbre-Monde me remplit de grandeur. Il y a deux types de colonies de monstres. Les insectes et les primates… »
Mon cœur se gonfla de grandeur.
Il y avait aussi plusieurs autres indices.
— Ça devrait suffire pour le trouver.
Parfait. Allons chercher ma Cape d’invisibilité tout de su… !
« Elle est réveillée ! »
C’est alors que les Gobelins poussèrent des cris de joie.
Quand je me retournai, Nanaruk était en train de se redresser lentement.
Elle regarda autour d’elle, affolée. Son dernier souvenir devait être l’attaque de Dashnan.
Les Gobelins qui l’entouraient lui expliquèrent la situation.
En les voyant me désigner du doigt, elle comprit apparemment que je l’avais vaincu.
Nanaruk courut vers moi.
Je bombai le torse.
C’est ça, c’était moi. J’avais vaincu cette Fée de l’Ombre.
Nanaruk me serra dans ses bras et me fit tourner sur moi-même.
« Tu m’as encore sauvée ! »
Elle continua de me faire tournoyer, puis me couvrit de baisers.
Elle avait l’air incroyablement heureuse.
Bon sang, c’était la première fois que quelqu’un m’embrassait depuis mes cinq ans.
Et la personne responsable de mon premier baiser était une Gobeline.
Quelle chance incroyable.
Nanaruk avait toujours été une beauté aux traits félins. Après son évolution, elle semblait encore plus jolie.
Elle me souleva dans les airs.
Puis elle se mit à me lancer en l’air encore et encore.
J’avais le tournis.
Comment pouvait-elle me lancer toute seule ? Normalement, il fallait plusieurs personnes pour envoyer quelqu’un en l’air, Nanaruk.
En regardant autour de moi, je vis aussi les Gobelins agiter les mains et m’acclamer.
Ah, Maman Mille-pattes était toujours là, au loin. Elle avait attendu au lieu de partir.
Quelqu’un m’appela.
« Ululullulu ! »
« Seigneur Urooros ! »
Attends, quelqu’un venait de mal prononcer Ululullulu.
En regardant de plus près, je vis que c’était la Grande Chamane Mamie.
Dès que Mamie se mit à m’appeler Urooros, les autres Gobelins se mirent à scander ce nom à leur tour.
Elle était sénile ou quoi ? Pourquoi écorchait-elle mon nom ?
Pour être honnête, Ululullulu était difficile à prononcer.
« Urooros ! Urooros ! »
Alors, quelque chose d’étrange se produisit.
J’avais tué un nombre incalculable de créatures, mais je n’avais jamais obtenu d’épithète.
*「Vous avez obtenu l’épithète « Urooros ».」
Oh ?
Urooros.
C’était une épithète qui en jetait.
J’aimais bien Serpent mangeur de cœur, moi aussi, mais il fallait que je vérifie celle-ci.
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【Urooros】
Aussi connu sous le nom d’Ululullulu.
Le serpent qui appelle la foudre, le serpent qui dévore le mal, ou quelque chose du genre, un dieu serpent.
Actuellement vénéré par un très petit nombre de Gobelins.
À mesure que cette foi se répandra, le détenteur de cette épithète gagnera une stature à sa mesure.
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La classe.
Trop la classe. On m’appelait un dieu serpent.
Cette épithète était clairement d’une autre nature que Serpent mangeur de cœur.
Je ne savais pas si elle m’apportait un avantage concret, mais l’idée de gagner en stature réveilla le Dragon de la Flamme Noire qui sommeillait dans mon cœur.
Pelerian fut stupéfait quand je lui expliquai.
— C’est bel et bien une épithète qui convient davantage à un monstre qu’à une personne… C’est le genre d’épithète que pourraient porter les calamités ayant dépassé la stature des monstres.
Il existait donc des monstres dont la stature surpassait celle de tous les autres.
— C’est surtout une épithète qui évolue. À mesure que ta renommée se répandra, son pouvoir deviendra plus grand lui aussi.
Urooros.
Pour une raison ou une autre, j’aimais bien ce nom.
J’étais d’excellente humeur.
* * *
Le Donjon de Pelerian avait été découvert une nouvelle fois.
La nouvelle parvint à Iris Selena, qui occupait toujours le poste d’Enquêtrice de la Feuille d’or.
Comme prévu, elle retourna auprès de l’Arbre-Monde.
La résidence de l’Ancien.
Iris en gravit les marches, le visage résolu.
Une défaite.
Et une retraite.
Non seulement elle n’avait pas trouvé Pelerian, mais le héros Gunter l’avait empêchée de récupérer un spécimen de Chimère.
C’était honteux.
Et incroyablement frustrant.
Le fait qu’elle n’ait pas utilisé toute sa force n’y changeait rien.
Et même si elle l’avait fait, elle n’aurait probablement pas pu vaincre ce héros humain.
Depuis son retour, Iris n’avait pas ménagé ses efforts.
Elle avait répété sans relâche ses entraînements, qu’elle n’avait jamais manqués, jusqu’à la cruauté.
Son corps comme son esprit avaient été aiguisés jusqu’à leur tranchant extrême.
À cet instant, Iris Selena se tenait comme une épée dégainée.
« Ancien, je suis arri… »
Le visage d’Iris se décomposa en un instant.
Une expression pouvait-elle vraiment changer aussi radicalement ?
Il était particulièrement rare que la posée Iris laisse ses émotions la submerger aussi soudainement.
Mais c’était inévitable.
Une humaine était vautrée sur le canapé, dans une posture nonchalante, et grignotait des friandises elfiques.
C’était l’humaine qu’Iris détestait le plus.
« Oh, voilà la perdante ! »
Quel accueil.
La femme agita négligemment ses doigts couverts de beurre.
Ses cheveux orange flamboyant étaient noués en deux couettes, et elle portait une veste ajustée par-dessus son haut.
Un pantalon de cuir noir moulait ses longues jambes.
Un sac à dos aussi gros qu’elle-même avait été jeté sans façon à ses pieds.
« Ancien, pourquoi cette femme est-elle ici ? »
« Je ne sais pas. »
L’Ancien fit semblant de ne pas entendre et sirota son thé.
Le regard perçant d’Iris accrocha un objet.
Une boîte à thé ouvragée reposait sur la table.
C’était un objet luxueux, décoré de métal. Le thé venait des humains, pas des Elfes.
Iris comprit la situation.
Cette femme avait fini par acheter l’Ancien avec des pots-de-vin.
« Langrey. Pourquoi avoir fait tout ce chemin jusqu’ici ? »
« Une chasseuse n’a pas le droit d’entrer dans la Grande Forêt ? Et je t’ai dit de m’appeler par mon prénom, pas par mon nom. »
Chasseuse.
Cette humaine chassait manifestement les monstres.
Pourtant, Hailit Langrey était davantage connue comme l’une des Huit Héros que comme une chasseuse.
Lors des affrontements contre de grands monstres, elle rivalisait avec les meilleurs des Huit Héros.
Une force incroyable pour quelqu’un qui n’avait pas encore trente ans.
Iris tenta de faire comme si elle ne remarquait pas cette humaine grossière et barbare.
« Ancien, si vous m’avez fait venir, c’est pour… »
« J’ai entendu dire que Gunter t’avait flanqué une raclée et que tu avais pris la fuite. En pleurnichant et tout. »
« … »
Iris ne savait pas assez bien maîtriser ses émotions pour les dissimuler complètement.
Une fissure brutale lézarda le masque qu’elle s’était forcée à porter.
« …Je n’ai pas pleuré. C’est l’Ancien qui vous l’a dit ? »
« Qui sait. »
Quand Iris lança un regard noir à l’Ancien, celui-ci détourna les yeux.
« Je t’ai demandé pourquoi tu étais venue dans la Grande Forêt, Langrey ! »
« C’est la maison de l’Ancien ou la tienne ? Bon… d’accord. Si tu insistes, je vais te le dire. »
Langrey enroula ses cheveux autour de ses doigts couverts de beurre.
« La Tour de magie m’a transmis des informations. J’ai appris que le “Festival” allait bientôt avoir lieu dans la Grande Forêt. »
« Hum. »
C’était déjà le moment ?
Iris fronça les sourcils.
Le « Festival » n’était évidemment pas une fête annuelle organisée par les Elfes.
Plus précisément, c’était un phénomène naturel qui se produisait chez les monstres une fois toutes les quelques décennies.
Le mana de l’Arbre-Monde saturait et fleurissait, ses racines donnaient des fruits qui attiraient les monstres.
Les monstres rassemblés se dévoraient les uns les autres et évoluaient à répétition, donnant naissance à des Monstres nommés.
« Il paraît que cette fois, ce sera un sacré événement. Il pourrait même y avoir une Vague de monstres. »
« Tu crois ces prophètes de malheur ? »
Une Vague de monstres ne se produisait pas dans la Grande Forêt.
C’était une évidence.
Pourtant, certains érudits affirmaient qu’un jour, les monstres de la Grande Forêt déferleraient sur les terres intérieures.
Ils disaient que les peurs et les catastrophes oubliées depuis longtemps par les civilisations du continent s’abattraient sur les royaumes.
Bien sûr, rien de tel ne s’était produit de son vivant.
« Peu importe ce qui arrivera, je m’en fiche. Je suis venue chasser quelques monstres, et traquer cette Fée de l’Ombre recherchée. »
« Dashnan ? »
« Ouais, je vais le ramener et toucher la prime. »
« Tu dois manquer d’argent. »
« Si ça te dérange, pourquoi tu ne me donnes pas un peu d’argent de poche, Mamie ? »
« … ! »
Iris serra les poings et trembla.
Selon les critères des Elfes, elle était encore jeune, mais Langrey se moquait souvent d’elle en l’appelant Mamie.
« Pas mal, ce pantalon, hein ? »
Langrey se leva et exhiba son pantalon.
Le cuir d’un noir de jais était clairement inhabituel.
« J’ai chassé un Anneau d’ombre noire, je l’ai écorché et j’en ai fait ce pantalon. »
« Barbare. »
« Tu devrais aussi changer de vêtements. Tu t’habilles toujours aussi mal. Cette fois, je pense me faire une veste. Si possible, hum… »
Hailit Langrey fabriquait et portait des vêtements à partir des monstres qu’elle chassait.
« En peau de serpent. J’aime bien les serpents. »
« … »
« J’ai entendu dire qu’un serpent portait la bague de Pelerian. Et tu n’as pas réussi à l’attraper non plus. »
L’Ancien se leva discrètement et s’éclipsa.
Qu’est-ce que cette femme avait entendu au juste ?
« Mais sérieusement, pourquoi tu t’es battue contre Gunter ? Je t’avais dit qu’il était dangereux. Tu ne peux pas le vaincre avec ton escrime à moitié maîtrisée. Tu aurais dû utiliser la magie que Pelerian t’a enseignée. »
« … »
« Oh là là, ne me dis pas que tu scelles toujours tes souvenirs ? C’est vraiment pitoyable. »
Iris ne trouva rien à répondre. Elle resta simplement là, les poings tremblants.
Elle n’était pas douée pour les disputes.
Elle faisait partie de ces gens qui se disaient toujours : « Ah, j’aurais dû répondre ça », une fois la dispute terminée.
« Bref, je vais y aller la première, alors… Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
Langrey, qui souriait, se figea.
Elle avait l’air complètement décontenancée.
L’humidité qui montait aux yeux d’Iris ne pouvait quand même pas être…
« Sors. »
« O-oui. Je m’en vais, alors. »
À l’ordre glacial d’Iris, Langrey hocha rapidement la tête.
Elle disparut en un instant. Comme on pouvait s’y attendre de l’une des Huit Héros, elle savait prendre la fuite avec célérité.
« Hum, hum… »
L’Ancien se racla la gorge et fit semblant de ranger la table.
« Ancien. »
« …O-oui, tu m’as appelé ? »
« Le Donjon de Pelerian… où se trouve-t-il ? »
« Oui, je devrais te le dire. Bien sûr que je devrais. »
L’Ancien fit de son mieux pour ne pas remarquer les yeux brillants d’Iris.
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