Chapitre 35
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 35 : Je refuserai exactement deux fois
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Vous pensez que le venin mortel Neurotoxine niv. 3, c’est une blague ?
À moins qu’un Hobgobelin ait une Résistance au venin d’environ niveau 10, la mort lui était inévitable.
Même s’écrouler prenait du temps.
Non, il ne s’écroulait pas.
Le Hobgobelin ne tomba pas.
Au contraire, il m’attaqua à l’épée.
Frouch !
La lame ne me toucha pas.
Il était plutôt rapide, bien plus que les gobelins que j’avais rencontrés près de la rivière. Je le voyais rien qu’à sa façon de gérer la distance en maniant son épée, sans jamais la laisser heurter le sol et faire du bruit.
Je ripostai avec de la magie de l’eau.
« Hngh ! »
Nanaruk, qui ronflait, se réveilla.
Surprise, elle attrapa la hache qu’elle gardait près de sa tête. Nanaruk était le genre de guerrière aguerrie à dormir avec une hache sous l’oreiller.
Sa hache fendit l’air à une vitesse incroyable.
Fchou !
Mais au lieu de trancher le cou de l’assassin, elle passa au-dessus de sa tête.
Nanaruk ne s’était pas trompée dans son sommeil.
L’assassin, raide comme un piquet, s’effondra comme une bûche. Ce n’est qu’alors que la Neurotoxine se répandit vraiment dans son corps.
Patatras !
« Kh, kh… Kof ! »
Il s’étouffait, incapable de respirer correctement.
Révèle-toi, gobelin assassin.
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【Gobelin bondissant niv. 21】
【Traits】
[Assassin], [Hobgobelin]
【Compétences】
[Camouflage niv. 10], [Escrime niv. 8], [Assassinat niv. 7], [Résistance au venin niv. 8] ······
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Il avait donc vraiment une Résistance au venin.
Il était plus fort que prévu !
La puissance de l’assassin gobelin me surprit.
Cela dit, ma Neurotoxine était vraiment puissante. Sa Résistance au venin était de niveau 8, et pourtant il avait succombé au poison.
Puis quelque chose de vraiment merveilleux se produisit.
*「Votre niveau a augmenté.」
Oh !
Cela ne faisait même pas une journée entière que j’avais gagné un niveau.
L’assassin gobelin m’avait donc rapporté une quantité phénoménale d’expérience.
C’était bien plus efficace que de me démener à chasser tout seul.
« Un assassin… C’est Krok qui l’a envoyé ? »
Nanaruk murmura, livide.
Exact, ce n’était pas le moment de célébrer.
Pelerian ! Réveille-toi !
Pelerian bondit hors de l’anneau à son tour.
À son expression ensommeillée, on aurait dit que Pelerian dormait aussi. Pelerian leva un doigt.
— Il y en a un autre.
Quelque chose entra par la fenêtre en sifflant.
Nanaruk abattit son épée.
Elle fit preuve d’une technique impressionnante.
Ting !
Elle dévia l’objet qui arrivait avec sa lame.
« Une aiguille empoisonnée ! »
Elle ramassa l’aiguille tombée par terre.
Elle avait sans doute été tirée avec une sarbacane.
Un assassin hobgobelin, apparemment celui qui l’avait tirée, escaladait la fenêtre.
Nanaruk lui renvoya l’aiguille à la main.
Thoc !
Je la prenais pour une maîtresse d’arts martiaux.
L’aiguille empoisonnée lancée par Nanaruk atteignit l’épaule de l’assassin.
Mais au lieu de s’effondrer, l’assassin fonça sur nous, une arme en forme de faux à la main.
À quoi bon tirer des aiguilles empoisonnées si le poison était aussi faible ?
Attention, Nanaruk !
Je bondis hors de l’obscurité où je m’étais caché.
Les assassins ne portaient rien qui ressemble à une armure. En plus, pour une raison ou une autre, leur poitrine était entièrement à découvert.
C’était l’heure du Serpent mangeur de cœur.
Crac !
« Aaaah ! »
J’avais entendu dire que les vrais assassins ne criaient même pas quand on les poignardait à l’épée.
Son entraînement laissait à désirer.
L’assassin s’écroula en aspergeant le sol de sang, puis prononça ses derniers mots en me regardant.
« Le vrai… mangeur de cœur… »
C’est ça. Je suis le Serpent mangeur de cœur.
Pour une raison que j’ignorais, je n’avais pas reçu le surnom d’Ululullulu.
De toute façon, je préférais Serpent mangeur de cœur.
« Si je dévore le cœur de ma proie, je peux obtenir davantage d’Essence magique. »
C’était l’avantage de mon surnom.
Comme prévu, je sentis une quantité nettement plus importante d’Essence magique être absorbée.
Si j’en attrapais encore un, je gagnerais un niveau. J’en étais certain.
La perspective de gagner des niveaux aussi vite pour la première fois depuis longtemps me réjouissait.
« Merci ! Tu m’as sauvé la vie ! »
Nanaruk me serra dans ses bras et me remercia.
Je me sentais un peu coupable de lui avoir volé sa victime, mais à bien y réfléchir, je l’avais sauvée.
Je pouvais être fier de moi.
« Pourquoi des assassins sont-ils venus ici… Ah ! »
Nanaruk se redressa brusquement.
« Le chef, mon père, est en danger ! »
À ma connaissance, Nanaruk était la plus puissante guerrière de la Tribu Runga.
Elle était même particulièrement forte parmi les Hobgobelins, et de nombreux guerriers la suivaient. Certains estimaient même qu’elle devrait devenir la prochaine cheffe.
Cela dit, des assassins auraient-ils vraiment fait tout ce chemin pour ne s’en prendre qu’à Nanaruk ?
S’ils étaient venus jusque-là, ils avaient sûrement aussi attaqué la maison du chef.
« Allons-y ! »
C’était déjà mon intention.
Je ne pouvais pas laisser passer une occasion de gagner un niveau.
Je grimpai tout naturellement sur l’épaule de Nanaruk.
Elle courait bien plus vite que moi je ne rampais.
« Des assassins ! Guerriers, rassemblez-vous ! »
Nanaruk cria en courant.
Ils semblaient avoir un système de sécurité rudimentaire. Quelqu’un se mit à faire sonner une cloche à toute volée.
La maison du chef se trouvait au centre du village.
Comme prévu, des cris nous parvinrent de loin, comme si le combat avait déjà commencé.
Plusieurs gobelins gisaient morts.
Je sentais le goût du sang qui flottait dans l’air sur ma langue.
Tous les morts appartenaient à la Tribu Runga.
Certains étaient de ceux qui s’étaient agités en m’appelant Ululullulu.
Je sautai de l’épaule de Nanaruk.
Un assassin combattait les guerriers de la Tribu Runga, qui accouraient pour prêter main-forte au chef.
La maison du chef était en feu.
« S’il te plaît ! »
Nanaruk comprit ce que je voulais faire dès que je sautai à terre.
On se comprenait vraiment bien.
Je vais te dévorer.
Un assassin hobgobelin fonça sur Nanaruk.
*「Vous utilisez Magie élémentaire du débutant : Terre niv. 4.」
Un pilier de terre jaillit du sol et accrocha la jambe de l’assassin.
L’assassin fit une roulade pour se libérer.
Dans le même temps, il répandit quelque chose caché sous ses vêtements.
Trois dagues grossièrement fabriquées fusèrent en même temps.
Je les esquivai sans peine…
Fchac !
Aïe.
Les dagues étaient plus rapides que prévu.
Ma peau s’ouvrit en une longue entaille.
*「Vous avez été empoisonné.」
*「La maîtrise de Résistance au venin a augmenté.」
Ça faisait mal !
La blessure me brûlait comme si elle était en feu.
Je ne pouvais pas hésiter.
Fais confiance à ma Résistance au venin.
J’enchaînai Bond et Accélération.
Le niveau de ces deux compétences avait bien augmenté. Je fus projeté en avant à la vitesse d’une flèche.
Je n’avais jamais vu un gobelin réagir correctement à une telle vitesse.
« Guh ! »
Il existait donc un gobelin capable de faire ça !
L’assassin hobgobelin avait d’excellents réflexes.
Son épée pointée vers moi semblait prête à me couper en deux.
Je me tordis de justesse en plein vol et évitai la lame.
Pourquoi sont-ils aussi forts ?
— Tss, tss. Tu as sous-estimé les Hobgobelins.
Tout s’était bien passé jusqu’à ce que je tue l’assassin chez Nanaruk.
Mais si je l’avais attrapé aussi facilement, c’était uniquement parce que je l’avais pris par surprise.
— Tu as oublié comment chassent les serpents.
Pelerian me faisait la morale.
Mais Pelerian n’avait pas tort.
J’avais été trop arrogant.
Je n’étais encore qu’un serpent fraîchement éclos, âgé de deux mois.
Est-ce qu’apprendre un peu de magie m’avait rendu trop sûr de moi ?
Voilà pourquoi les assassins rapportaient autant d’expérience.
Pour les affronter de front, je devais moi aussi risquer ma vie.
*「Vous utilisez Magie élémentaire du débutant : Eau niv. 1.」
Un filet d’eau coula sur le visage de l’assassin.
Et quand un masque était trempé, respirer devenait difficile.
« Uhp, pff ! »
L’assassin paniqua, incapable de respirer.
Quand il arracha précipitamment son masque, je lui avais déjà mordu la cheville et filé plus loin.
« Ugh ! »
Ce Hobgobelin semblait lui aussi avoir une Résistance au venin.
Mais je me rappelais maintenant comment chassaient les serpents.
Je battis en retraite et me cachai.
Je lui dévorerais le cœur plus tard.
L’assassin finit par s’effondrer dans un bruit sourd.
Le résultat restait satisfaisant.
*「Votre niveau a augmenté.」
Hmm. N’oublions pas la leçon du jour.
Grâce à ma lutte, la situation se régla rapidement.
Les guerriers hobgobelins de la Tribu Runga arrivèrent et capturèrent un autre assassin.
Les guerriers se ruèrent dans la maison en flammes du chef.
Peu après, Nanaruk ressortit en soutenant le chef.
Les assassins qui s’étaient infiltrés dans la maison avaient apparemment été vaincus eux aussi.
C’était un peu dommage qu’aucun n’ait été capturé vivant.
Le chef avait pas moins de trois concubines.
Toutes trois se précipitèrent dehors, terrifiées.
Nanaruk était couverte de sang.
Ce n’était pas le sien, semblait-il. Ça devait être celui des assassins.
Non, elle était aussi blessée. Du sang coulait de son avant-bras.
— Une Hobgobeline remarquable. Elle pourrait encore évoluer.
Même Pelerian était impressionné.
J’étais d’accord.
Tu t’es bien battue, Nanaruk.
Tu as sauvé ton père.
À présent, le père et sa fille allaient se serrer dans les bras, soulagés, dans une scène émouvante.
C’est ce que je croyais.
Mais le chef se fichait complètement que sa fille blessée soit là.
Il ne s’occupait que de ses concubines.
À ma connaissance, la mère de Nanaruk, la première épouse du chef, était morte. C’était sans doute pour cela que les enfants vivaient séparément.
Au bout d’un long moment, le chef s’approcha de Nanaruk.
Je m’attendais à ce qu’il dise : « Merci, ma fille. »
« Tout ça, c’est ta faute, espèce de salope ! »
Paf.
Le chef gifla Nanaruk.
Je ne comprenais pas ce qui se passait.
Les autres gobelins, eux, n’avaient pas l’air étonnés.
Ils observaient le conflit entre le père et sa fille avec des expressions étranges.
« C’est parce que tu as provoqué le chef Krok, non ? Si seulement tu avais baissé la tête plus tôt… »
Le chef était au bord des larmes.
L’arrivée des assassins l’avait terrifié à ce point.
« Le chef Krok doit gravement se méprendre. Des assassins… Il faut immédiatement envoyer un émissaire pour faire la paix. Chaman ! »
« Chef, je vous en prie, calmez-vous. »
« Me calmer ? Tu vas écouter cette salope de Nanaruk ? »
« Chef ! »
Les cris fusaient de part et d’autre.
Je compris l’essentiel.
Les relations entre le père et la fille étaient franchement mauvaises.
— Elle me plaît.
« Le chef ? »
— Les lâches comme lui sont très faciles à manipuler.
Il me plaisait aussi.
Assez pour que j’aie envie de le mordre à pleines dents.
Nanaruk s’éloigna lentement.
Elle ne pleurait pas.
Quand elle me vit, elle esquissa un léger sourire et me tendit la main.
Je grimpai le long de son bras et m’installai sur son épaule.
La nuit fut agitée.
Nanaruk ne pleura qu’une fois de retour dans sa chambre.
* * *
Nous n’avions pas tous les mêmes canaux lacrymaux.
Certains pleuraient rarement, mais quand ça leur arrivait, ils pleuraient comme si une digue venait de céder.
Une fois la retenue rompue, ils n’avaient plus qu’à pleurer jusqu’à ce que la dernière larme ait coulé.
Nanaruk était comme ça.
Après avoir renvoyé ses cadets, elle s’enferma dans une petite pièce et pleura.
Entre deux sanglots, elle laissa déborder ses émotions confuses et ses pensées.
J’appris ainsi beaucoup de choses.
À quel point l’homme qu’elle appelait son père était lâche, et à quel point sa mère, morte, lui manquait.
À quel point la situation de la Tribu Runga était désespérée, et que Krok finirait par l’attaquer et tuer tout le monde.
J’appris même qu’elle en avait peur.
Si je pouvais assister au premier rang aux sanglots de Nanaruk, c’était uniquement parce que j’étais un serpent.
Nanaruk avait appuyé ses paupières contre mon corps.
Tu te sens mieux ?
« Ça va dégonfler mes yeux, tu crois ? »
Je l’espère.
« …Tu n’es pas Ululullulu, n’est-ce pas ? »
Je ne m’attendais pas à ce qu’elle me le demande, elle aussi.
Je secouai la tête.
Bien sûr que non.
« J’aimerais que tu sois ce serpent. Alors, tu vaincrais Krok, toi aussi, pas vrai ? »
Peut-être.
Mais je n’étais pas Ululullulu.
Je n’étais qu’un faible serpent qui avait tout juste réussi à venir à bout d’un seul assassin hobgobelin.
Je n’en savais rien.
Si j’évoluais un jour, pourrais-je vraiment devenir aussi puissant qu’Ululullulu ?
Alors, peut-être pourrais-je aider cette pauvre fille hobgobeline qui avait été gentille avec moi.
Mais pas maintenant.
« Ne pars pas. »
Nanaruk parla comme si elle savait que je partirais au matin.
Je fus stupéfait.
Comment le savait-elle ?
« Tu as préparé et emballé l’Eau de Vie. Et aujourd’hui, tu as patiemment supporté les farces de mes frères et sœurs. Les gens deviennent soudain gentils quand ils s’apprêtent à partir. »
Hmm. Elle était maligne.
Mais je n’avais pas le choix.
En fait, rester ici serait encore plus dangereux.
J’ignorais quand les fées traqueuses viendraient me chercher. Et ces fées psychopathes épargneraient-elles les gobelins qui m’étaient proches ?
— Hmm, je ne peux pas le nier.
Même Pelerian le reconnaissait.
Quand je secouai la tête pour lui dire que je ne pouvais pas rester, Nanaruk parut triste.
Puis elle prit la parole comme si elle avait pris sa décision.
« Tu peux prétendre que non, mais tu es peut-être vraiment Ululullulu. »
« Je t’ai dit que non. »
« Peut-être que tu ne l’es pas encore, mais tu pourrais devenir Ululullulu un jour en évoluant. »
« …Hein ? C’est possible, ça ? »
Ululullulu faisait peut-être partie de mon arbre d’évolution.
Qui pouvait en être sûr ?
« Attends un instant. »
Elle se mit soudain à s’affairer.
Elle apporta une chaise et grimpa dessus, puis retira précautionneusement une planche du plafond.
Après avoir fouillé à l’intérieur, elle en sortit quelque chose.
C’était une petite boîte soigneusement scellée.
« Ma mère me l’a laissée… »
Qu’est-ce que c’est ?
La boîte avait l’air très ancienne. Elle avait été soigneusement scellée avec de la cire de rayon de miel fondu.
Nanaruk l’ouvrit sans hésiter.
À peine la boîte fut-elle ouverte qu’un parfum frais et agréable se répandit dans la pièce.
« Essaie de manger ça. Tu vas peut-être évoluer. »
Hmm…
Ça alors.
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【Noyau intérieur : Roi des tarentules cramoisies】
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Ah, euh…
« Le père de ma mère a formé un groupe de chasseurs prêts à tout pour tuer ce monstre et récupérer son Noyau intérieur. On disait qu’en le mangeant, on pouvait évoluer. »
Non, manger un Noyau intérieur ne me ferait pas évoluer.
Et pourquoi me donner quelque chose d’aussi précieux ?
J’avais beau aimer tout ce qui était bon pour la santé, j’étais gêné de l’accepter.
Mais il y avait là quelqu’un — ou plutôt une fée — dont les yeux s’étaient illuminés.
— Mange-le !
Pelerian lança d’un ton impérieux.
Non, mais…
Je secouai lentement la tête.
« Non, mange-le. »
— Mange-le !
Qu’est-ce qui vous prend à tous les deux ?
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