Chapitre 3
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu le serpent de l’Apocalypse ◈
Chapitre 3 : Les attaques répétées aux crocs de mon soi-disant frère
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003.
J’avais faim.
Aussi ridicule que cela puisse paraître, en plein milieu de cette situation où ma vie était en jeu, une faim insatiable me tenaillait.
Je n’étais pas humain.
Je n’étais probablement même pas un animal ordinaire, mais un monstre.
Monstre ou humain, on mourait si on ne mangeait pas.
La différence entre les humains et les monstres tenait probablement à l’intensité de cette faim.
C’était une faim féroce.
Un instinct qui vous poussait à chasser au péril de votre vie.
En regardant le serpent devant moi, je ressentis cette faim.
Je voulais me battre et le déchiqueter.
Si j’arrachais ces écailles, je trouverais dessous du sang et de la chair délicieux.
Si je le mangeais et le digérais, je deviendrais plus fort.
C’était probablement pour ça que mes autres frères et sœurs se battaient eux aussi comme ça.
Mais j’avais toute ma raison.
J’avais aussi assez de Force mentale pour surmonter cet instinct.
Je n’avais rien à gagner à me battre contre mon frère, là, tout de suite.
Je me faufilai derrière lui tandis qu’il se jetait sur moi dans un « Sssak ! ».
Ramper rapidement niv. 2 ! Cette compétence était vraiment excellente.
Le problème, c’était que mon frère avait lui aussi Ramper rapidement niv. 2.
J’esquivai avec succès, mais mon frère me poursuivit à une vitesse terrifiante.
Il était plus rapide que moi.
Même si je m’échappais dans une fissure entre les rochers, mon frère était un serpent, lui aussi. Il s’y glisserait à ma suite.
Je devais donc me battre et gagner ?
Pour l’instant, je rampai sur un rocher devant moi.
C’est alors que je vis ce qui se trouvait derrière.
Je restai un instant stupéfait, mais une douleur aiguë me ramena vite à la réalité.
Mon frère m’avait mordu les fesses.
Personne ne m’avait jamais mordu les fesses.
Je me tortillai, pris de douleur et de surprise.
Mes fesses me brûlaient atrocement. Ce n’était pas qu’une blessure. J’avais l’impression qu’on m’avait injecté du venin.
Évidemment. Mon frère avait aussi Croc empoisonné.
En me débattant, je mordis le flanc de mon frère.
Quelque chose s’écoula des glandes à venin situées à l’intérieur de mes deux joues.
Une attaque empoisonnée !
*「La maîtrise de Croc empoisonné niv. 1 augmente considérablement. Croc empoisonné niv. 1 est passé au niv. 2.」
L’effet était excellent.
Mon frère semblait souffrir autant que moi.
La sensation dans mes fesses s’engourdissait peu à peu.
Puisque j’avais mordu mon frère au flanc, j’aurais dû avoir l’avantage.
J’allais bien finir par gagner, non ?
Boum !
Non.
Mon frère me projeta au loin et je roulai sur le sol.
Dans une bagarre, la différence de poids comptait à ce point-là.
Aucun de nos venins ne semblait particulièrement puissant, alors mon frère et moi pouvions encore bouger plus ou moins normalement.
Malgré tout, je ne pris pas la fuite.
Je me contentai de regarder mon frère s’approcher, la tête dressée bien droit.
Froufrou.
À peine entendis-je ce bruit que je levai les yeux, puis me cachai aussitôt dans une fissure entre les rochers voisins.
La même situation que tout à l’heure se reproduisit.
Mon frère me mordit la queue. Une douleur brûlante me traversa de nouveau.
Heureusement, le venin n’était pas inépuisable, alors je pouvais le supporter.
Puis quelqu’un punit mon frère à ma place.
C’était une chauve-souris suspendue au plafond.
Une habitante de cette grotte, qui n’osait d’ordinaire pas faire de vagues par peur de Maman Méduse, venait de saisir le corps de mon frère entre ses mâchoires.
C’était ce que j’avais aperçu derrière le rocher.
Les chauves-souris fondaient sur les serpents isolés pour les attraper.
L’une d’elles avait repéré mon corps blanc et s’était approchée, mais au lieu de m’attraper, moi, qui étais caché dans la fissure, elle avait saisi mon frère.
À cet instant, une douleur atroce me foudroya.
Pour éviter que la chauve-souris ne l’emporte, mon frère mordait ma queue de toutes ses forces.
Pour ne pas être traîné avec lui, je plantai mes dents dans la fissure du rocher.
Et alors…
Crac.
Merde.
Ma queue s’arracha.
Heureusement, mes organes vitaux n’étaient pas touchés, mais un morceau de queue long comme un doigt avait été arraché.
Quand je levai les yeux, mon frère et la chauve-souris se battaient en plein vol.
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【Chauve-souris aux griffes-lames niv. 4】
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Comme son nom l’indiquait, cette chauve-souris avait des griffes aussi tranchantes que des lames.
Mon frère était vraiment féroce.
Les deux roulèrent au sol, emmêlés l’un à l’autre.
Les ailes de la chauve-souris semblaient brisées et elle tressaillait, tandis que mon frère n’était plus qu’un tas de chair en lambeaux qui rendait son dernier souffle.
Je compris alors ce que je devais faire.
Le sang continuait de couler de ma queue amputée et une faim insupportable me rongeait l’estomac.
Je devais refaire le plein de nutriments.
Être né serpent avait au moins un avantage : je n’avais pas besoin de mâcher longuement chaque bouchée.
J’ouvris grand la bouche et avalai d’abord la chauve-souris.
Elle n’était pas plus grosse qu’un poing de bébé.
Ses griffes étaient assez acérées pour me déchirer l’estomac, alors je les laissai de côté.
J’essayai ensuite de manger mon frère, mais il était trop gros.
Désolé, frérot. Mes autres frères et sœurs s’occuperont du reste à ma place.
Ah, j’avais la tête qui tournait.
J’avais dû perdre trop de sang.
En traînant mon corps, beaucoup plus lourd qu’avant, je me cachai dans la fissure entre les rochers.
Je me recouvris d’autant de terre que possible pour dissimuler mon corps.
Au diable le reste. Je devais d’abord récupérer.
*「Vous avez vaincu Petit Serpent vert niv. 3 et Chauve-souris aux griffes-lames niv. 4.」
Hein ? C’était moi qui les avais vaincus ?
*「Votre niveau a augmenté.」
*「Votre niveau a augmenté.」
Héhé, quelle montée en niveau de malade.
Je fermai les yeux un instant.
Bientôt, une vague de sommeil irrésistible m’envahit.
* * *
Argh ! Je m’étais endormi.
Combien d’occasions avais-je ratées à cause du sommeil ?
J’avais même fait la grasse matinée le jour du concours d’entrée à l’université et dû passer une année de plus à me préparer.
Évidemment, mon père m’avait tabassé comme jamais. C’était probablement la cinquième chose que je regrettais le plus dans ma vie, sur les dix.
Avais-je donc commis la même erreur dans cette nouvelle vie ?
Si vous me demandiez si j’avais dormi comme une masse pendant que les villageois parlaient d’exterminer les serpents, j’avais une excuse.
Je n’avais tout simplement pas pu résister au sommeil.
Mon corps avait probablement subi pas mal de dégâts et j’avais avalé une chauve-souris entière.
À présent, je me sentais reposé.
Ma tête, qui tournait, était redevenue claire et mon corps me semblait léger.
J’avais l’estomac agréablement plein, mais je n’avais aucun mal à bouger.
Avant de quitter la fissure, je vérifiai d’abord les choses importantes.
J’avais bien entendu la voix annoncer que mon niveau avait augmenté.
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【Petit Serpent blanc niv. 3】
【Compétences】
[Croc empoisonné niv. 2], [Ramper rapidement niv. 3], [Déchiqueter niv. 1], [Résistance au venin niv. 1], [Résistance aux saignements niv. 1]
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Waouh !
La fenêtre de compétences, autrefois vide, était désormais remplie de toutes sortes de choses.
Prédation, Déchiqueter, Résistance au venin et Résistance aux saignements. J’avais obtenu d’un coup plusieurs compétences que je n’avais pas avant.
Autre chose me sauta aux yeux : mes compétences avaient gagné pas mal de niveaux.
J’avais probablement appris Résistance au venin et Résistance aux saignements pendant mon sommeil, puisque je n’avais entendu aucune voix annoncer leur acquisition.
Ce n’étaient pas les forts qui survivaient. C’étaient les survivants qui devenaient forts.
J’étais peut-être le plus petit ici, mais je survivrais jusqu’au bout.
Je n’avais pas l’intention d’abandonner.
Bien décidé à tenir bon, je sortis de la fissure entre les rochers.
Ah, j’avais envie de tout laisser tomber.
Il y avait tant de monde à l’extérieur de la grotte.
Des soldats tenaient des torches. Ils semblaient prêts à entrer dans la grotte à tout moment.
Prenant mon courage à deux mains, je m’approchai lentement de l’entrée.
La seule chose qui me distinguait de mes frères et sœurs, et même de Maman Méduse, désormais morte, c’était que je comprenais le langage humain.
Je pouvais écouter la conversation des soldats.
« On ne pourrait pas simplement allumer un feu et les enfumer ? Ils mourraient tous, non ? »
Un soldat posa la question à contrecœur.
Un homme en armure, probablement le capitaine de la garde, désigna la torche d’un air agacé.
La flamme penchait sur le côté sous l’effet du vent.
« Le vent souffle de l’intérieur vers l’extérieur. Tu crois que ça marcherait ? Et même si vous essayiez de les asphyxier avec de la fumée, les serpents restent plaqués au sol, alors ça ne servirait à rien. »
« Ouuui… »
« N’ayez pas peur. La mère était dangereuse, mais ses petits ne sont même pas de vrais monstres. Ils ne valent pas mieux que des serpents ordinaires. Serrez bien vos guêtres et enfilez vos gambisons. »
Le capitaine de la garde rassura ses hommes.
Lui et les soldats portaient une armure matelassée appelée gambison.
On aurait dit des vestes rembourrées de plusieurs couches de toile épaisse et résistante. Avec un truc pareil sur le dos, même Croc empoisonné ne pourrait pas percer.
J’avais beau avoir des centaines de frères et sœurs, ils seraient bientôt exterminés.
« Nous entrerons à l’aube. »
Alors que j’allais reculer au fond de la grotte, une question me vint à l’esprit.
Est-ce que je pouvais aussi consulter les statistiques d’un humain ?
Je concentrai mon regard et tentai d’analyser le capitaine de la garde.
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【Capitaine de la garde niv. 23】
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Capitaine de la garde était le nom de son espèce ?
Ce n’était pas drôle du tout.
Après cette confirmation, je renonçai à en apprendre davantage.
Je ne voyais que le nom et le niveau.
C’était pareil que lorsque j’avais essayé de consulter les statistiques de maman.
Je ne pouvais apparemment pas analyser correctement des adversaires beaucoup plus forts que moi.
Je cessai de perdre mon temps et m’enfonçai dans la grotte.
L’intérieur de la grotte était un vrai bazar.
Mes frères et sœurs, repus, avaient cessé de s’entretuer.
Les chauves-souris avaient dû comprendre que les serpents n’étaient pas des proies faciles, car elles se contentaient de récupérer les restes des cadavres.
À vue de nez, il restait moins de mille frères et sœurs.
« J’aimerais pouvoir leur faire un discours du genre : “On fonce tous ensemble avant que ces salauds entrent ! Les plus chanceux s’en sortiront sûrement. Retrouvons-nous un jour, vivants !” »
Mais je ne le pouvais pas.
Je passai devant mes frères et sœurs qui me regardaient et m’enfonçai davantage dans la grotte.
La grotte que maman avait choisie pour demeure n’était ni particulièrement grande ni profonde.
Tout au fond, cependant, il y avait une vaste cavité.
C’était là que maman dormait. On pouvait appeler ça sa chambre.
Ah… revenir ici ne fit remonter aucun souvenir de ma mère décédée…
La seule chose que je sentais, c’était l’odeur répugnante des saletés éparpillées partout. Des traces laissées par Maman Méduse.
Malgré tout, je pensais que ces choses pourraient me permettre de m’échapper vivant.
J’ignorais si mon plan marcherait, mais… ah, les voilà.
Ce que j’avais trouvé, c’étaient des statues d’animaux.
Bien sûr, maman n’avait pas pour passe-temps de collectionner des œuvres d’art. C’étaient des repas qu’elle avait pétrifiés pour les conserver.
Maman Méduse avait la mauvaise habitude de garder sa nourriture près de l’endroit où elle dormait et de s’allonger pour grignoter.
La pétrification était une capacité incroyable.
Même les jaguars aux crocs terrifiants et les sangliers au groin absurdement long se figeaient sur place dès qu’ils croisaient le regard de maman.
Ils ne pourrissaient pas. Une fois leur pétrification annulée, ils redevenaient des proies fraîches et vivantes.
C’était pour ça que maman avait exposé autant de monstres ici.
Je plissai les yeux pour lire leurs noms.
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【Jaguar à corne niv. 33 (pétrifié)】
【Sanglier Geiger niv. 29 (pétrifié)】
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Ces deux-là avaient l’air d’être les plus puissants.
Je n’avais même pas besoin de lire leurs noms ou leurs niveaux pour le savoir. J’avais vu maman les chasser.
Si ces types étaient libérés, le capitaine de la garde et les soldats dehors auraient du mal à s’en débarrasser.
Ce serait génial si je pouvais m’échapper au milieu du chaos.
J’avais observé maman et retenu comment défaire la pétrification de ces monstres.
C’était comme ça ?
Je grimpai sur la tête des deux monstres et expulsai autant de venin que possible.
Je pouvais apparemment libérer une dose complète de venin par les crocs environ deux fois.
Je ne pouvais pas percer la pierre avec mes dents, alors je ne pouvais que l’enduire.
Ça devrait suffire. Maman n’avait fait que lécher chaque statue une fois avec sa langue enduite de venin.
Même ainsi, elles avaient vite retrouvé leur couleur et la pétrification s’était dissipée.
Ah, j’étais vraiment l’enfant de Maman Méduse.
Quand je projetai du venin sur eux, la pétrification des monstres commença peu à peu à se dissiper, tout comme lorsque maman s’en était chargée.
Leur corps reprenait lentement des couleurs.
Dès qu’ils reprendraient conscience, les monstres chercheraient aussitôt à quitter la grotte. Je pourrais profiter du chaos pour m’échapper… !
« En avant ! »
À cet instant, un cri retentit à l’entrée de la grotte.
L’aube était déjà là ? Il y avait un vacarme infernal près de l’entrée.
Et la pétrification ?
Elle ne s’était pas encore dissipée !
Les deux monstres reprenaient lentement leurs couleurs, mais ils n’avaient même pas encore tressailli.
Pour l’instant, je regardai vers l’entrée pour voir ce qui se passait.
Les soldats entraient.
Ils avançaient sur deux rangs, leurs torches à la main.
« Fouillez bien les fissures entre les rochers ! Un coup de lance suffit ! »
Le capitaine de la garde était vraiment dangereux.
J’avais envisagé de me cacher dans une fissure et de me faufiler dehors plus tard, mais j’étais content d’avoir abandonné cette idée.
Les soldats achevaient méthodiquement mes frères et sœurs cachés dans les crevasses à coups de lance.
« Laissez partir ceux qui s’échappent ! Des hommes nous attendent aussi dehors ! »
Un ou deux serpents parvinrent à franchir le cordon et à s’enfuir, mais ils avaient apparemment prévu cette éventualité aussi.
Comment des soldats d’un village aussi paumé pouvaient-ils être aussi méticuleux ?
La plupart de mes frères et sœurs agissaient par instinct.
Autrement dit, ils se mirent à fuir au fond de la grotte pour échapper aux soldats.
Les soldats ne se précipitèrent pas. Ils avançaient lentement vers l’intérieur.
La chambre de maman n’était pas petite, loin de là.
Mais avec près d’un millier de serpents qui couvraient le sol, elle semblait si encombrée qu’il n’y avait même plus de place pour poser le pied.
Même les soldats qui arrivèrent jusque-là n’osaient pas avancer davantage.
« On fait quoi ? »
« Je n’ai pas vraiment envie d’entrer là-dedans… »
Les soldats semblaient hésiter.
Je fus soulagé.
Ils n’avaient apparemment pas encore remarqué les monstres pétrifiés dissimulés dans un coin.
Pour moi, qui devais attendre le réveil des monstres, c’était une occasion en or.
« Hmm. »
Mais le capitaine de la garde était vraiment retors.
Il leva sa torche et observa la direction dans laquelle la flamme vacillait.
« Il y avait donc bien une cheminée d’aération. Maintenant que l’aube est là, le vent a changé de direction. »
« Alors… »
« Sortez les bouteilles d’huile ! »
Les soldats sourirent et sortirent les bouteilles de verre brun accrochées à leur ceinture.
Mes frères et sœurs ne comprenaient pas la situation, mais moi, je compris aussitôt ce qui se passait.
« Dès qu’elles seront allumées, reculez immédiatement. Lancez-les ! »
Des dizaines de bouteilles brunes fendirent l’air en même temps.
Elles s’écrasèrent dans un grand fracas, répandant partout une huile à l’odeur infecte.
Les serpents reculèrent, écœurés par l’odeur, mais ce n’était pas elle qu’ils auraient dû craindre.
« Mettez le feu ! »
Plusieurs soldats lancèrent leurs torches.
Les flammes jaillirent.
Ma maison brûlait.
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