Chapitre 29
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : HidingTurtle
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 29 : Kirruk, Kekh, Chwiet, Questa
──────
029.
Dire que la Grande Forêt n’était qu’une forêt, c’était comme affirmer que les humains, les elfes et les nains étaient tous des gens.
Ce n’était pas tout à fait faux, mais ce n’était pas précis non plus. Bref, ça ne voulait pas dire grand-chose.
La Grande Forêt s’étendait sur un territoire plus vaste que la plupart des pays. Elle abritait donc forcément d’innombrables royaumes cachés.
Des grottes dont on ne pouvait sonder les profondeurs.
Des lacs assez grands pour engloutir des montagnes.
Et des sommets montagneux que les orages frappaient chaque jour.
La Forêt tropicale de Palamu était l’un des nombreux royaumes cachés de la Grande Forêt.
Comme son nom l’indiquait, la pluie y tombait plus de la moitié de l’année.
L’humidité y était telle qu’aucun être humain n’aurait pu y vivre.
On disait que même les elfes en avaient assez de cette chaleur étouffante et qu’ils évitaient les lieux.
La Rivière Medeira traversait la Forêt tropicale de Palamu, et des mangroves prospéraient sur ses berges.
Même au sein de la Grande Forêt, véritable trésor de vie, la Forêt tropicale de Palamu abritait une biodiversité particulièrement riche, ce qui la rendait impropre à la vie des êtres doués de raison.
Pourtant, certains récits affirmaient qu’une race y avait bâti une civilisation.
Les gobelins, autrefois soumis par le royaume.
À présent que ces gobelins, jadis considérés comme une nuisance dans les montagnes, avaient presque disparu, les rapports évoquant l’installation d’un grand nombre d’entre eux dans le bassin de Palamu se multipliaient.
Certains prétendaient même qu’ils y avaient bâti une civilisation.
Pour ma part, je suis convaincu que ces affirmations ne sont que les élucubrations de quelques illuminés.
Certains érudits soutiennent parfois qu’il faudrait classer les gobelins parmi les « gens ».
Mais peut-on vraiment prétendre que cette race primitive soit l’égale des humains et des elfes ?
Les gobelins, qui mangent des insectes et évoluent même, devraient plutôt être classés, selon les termes universitaires, parmi les monstres intelligents.
Ils ont peut-être formé plusieurs colonies dans le bassin de Palamu, mais on est loin de pouvoir appeler ça une civilisation.
Si l’on devait énumérer les traits qui distinguent les gobelins « monstres » des gens…
« L’Encyclopédie mystérieuse et fascinante des monstres du Sage Parvian : édition Grande Forêt, de la Forêt tropicale de Palamu »
* * *
──────────────
【Pangolin venimeux Nv. 16】
──────────────
Le pangolin est un mammifère entièrement recouvert de grandes écailles dures.
Quant au monstre appelé pangolin venimeux, on pouvait le décrire comme une version bien plus dangereuse de cet animal.
Les pangolins possédaient déjà la cuirasse la plus dure parmi les mammifères, mais les écailles luisantes de celui-ci étaient particulièrement résistantes.
Elles étaient assez solides pour dévier légèrement les flèches, et les crocs des bêtes ne pouvaient pas s’y enfoncer.
Et comme le laissait entendre le qualificatif « venimeux », sa salive était un puissant poison.
Une excellente défense, doublée d’une attaque tout aussi redoutable.
Il était plus petit qu’un humain, mais même ici, dans la Forêt tropicale de Palamu, c’était un prédateur.
Le pangolin venimeux venait de réussir sa chasse.
Un singe gisait sous ses griffes.
Le pangolin venimeux planta ses dents acérées dans le bras du singe.
Croc, croc.
Ses mâchoires étaient assez puissantes pour broyer les os et les avaler.
Le bruit sauvage résonna dans la forêt.
C’est alors qu’une cascade d’eau s’abattit sur la tête du pangolin en train de manger.
Ffffff !
Le pangolin sursauta.
Pourquoi un déluge d’eau lui tombait-il dessus alors que le ciel était dégagé ?
Il leva naturellement les yeux.
Vu la structure de son corps, il n’avait pas d’autre choix que de se dresser pour y parvenir.
Trrri, tchi-tchi.
Rien.
Seul le chant des insectes remplissait l’air.
Les écailles hérissées du pangolin retombèrent. Au moment où il allait reprendre son repas, quelque chose de froid et de lisse s’enroula autour de lui.
Oui, cette chose lisse, c’était moi.
Je m’étais glissé tout près, puis je m’étais aussitôt enroulé autour du pangolin dressé sur ses pattes arrière.
Mon corps avait désormais l’épaisseur de l’avant-bras d’un adulte et devait mesurer plus de deux mètres.
Je pouvais maintenant m’enrouler autour d’un pangolin.
Je passai entre ses pattes, m’enroulai autour de son torse, glissai le long de son flanc et remontai vers son aisselle.
En un instant, j’atteignis son cou.
J’avais aussi utilisé Accélération, si bien que tout s’était passé en un clin d’œil.
Et ensuite, l’Étranglement.
[Vous utilisez Étranglement Nv. 2.]
Je ne faisais pas semblant de serrer quelque chose : c’était une véritable compétence, que je venais tout juste d’obtenir.
Croc empoisonné n’était pas la seule méthode de combat à la disposition des serpents.
Si je n’avais jamais pu étouffer une proie jusqu’ici, c’était tout simple : j’étais trop petit et trop faible.
Maintenant que j’avais évolué en python robuste, je pouvais étouffer un monstre comme un pangolin.
En fait, dire que je pouvais l’étouffer ne rendait même pas justice à la situation.
Criiiic…
Ses écailles se tordirent dans un craquement effroyable.
Comparé à ma vie précédente, où je pesais bien plus lourd, j’étais probablement beaucoup plus fort maintenant.
Mes Crocs venimeux ne pouvaient pas percer les écailles du pangolin.
L’Étranglement était donc la meilleure solution, bien préférable à l’idée de prendre une épée et de me lancer dans une nouvelle danse de lames dangereuse.
Je resserrai mon étreinte autour de son cou.
Le pangolin venimeux avait des griffes acérées, mais ses pattes étaient courtes et ses articulations peu souples.
Il se débattit désespérément pour me lacérer, mais ne réussit qu’à m’égratigner un peu.
Il résistait plus que je ne l’aurais cru.
Je bandai moi aussi mes muscles.
À vrai dire, c’était ma deuxième tentative de chasse au pangolin.
La première fois, je m’étais précipité sans réfléchir, je m’étais fait mordre et j’avais failli y passer.
Heureusement que ma résistance au poison était élevée.
Crac !
Je faillis perdre toute ma force.
Il venait de projeter son corps contre un arbre.
Si je tombais, j’étais fichu.
Je me concentrai avec une intensité inhumaine.
Au moment où il s’apprêtait à se jeter de nouveau contre l’arbre, j’attrapai l’une de ses pattes grâce à ma magie de la terre.
La créature s’écrasa sur le ventre.
Argh.
Le choc me fit tout aussi mal.
Tandis qu’il tentait de se relever, je resserrai mon étreinte.
Criiiic !
Les écailles dures du pangolin s’enfoncèrent dans ma peau, qui s’était pourtant épaissie.
Des plaies s’ouvrirent et le sang se mit à couler.
Mais je ne pouvais pas m’arrêter maintenant.
« Guik, guik. »
La gorge écrasée, le pangolin ne pouvait même pas rugir.
C’étaient ses derniers râles.
Crac !
Un bruit délicieusement satisfaisant retentit dans ses vertèbres cervicales.
Victoire !
[Vous avez vaincu un Pangolin venimeux.]
[Votre niveau a augmenté !]
Ah, quel plaisir d’entendre cette voix !
Avant d’évoluer en python, j’avais passé un bon moment sans l’entendre.
Et une fois mon évolution achevée, les monstres plus faibles ne me rapportaient plus d’expérience, puisque j’étais devenu plus fort.
──────────────
【Python blanc à deux cornes Nv. 3】
──────────────
J’étais déjà niveau 3 sans même m’en rendre compte.
C’était le résultat de la semaine que j’avais passée avec Pelerian.
Bon, pour être honnête, Pelerian ne m’avait pas du tout aidé à monter de niveau.
Quel que fût le mage aguerri qu’il avait été, il ne pouvait plus lancer le moindre sort.
Quand je lui avais demandé comment il avait utilisé Évasion d’urgence et sa magie de manipulation mentale, il m’avait répondu que c’était le dernier de ses points de mana.
Tout ce qu’il pouvait faire, c’était flotter en marmonnant comme un esprit sorti d’un anneau.
Alors, qu’avait fait Pelerian pendant que je me débattais en enfer pour attraper un pangolin venimeux ?
Il s’était contenté de se percher sur un rocher tout proche pour regarder ma chasse aux premières loges.
Apparemment, les monstres ne pouvaient pas le voir.
Je réprimandai sévèrement Pelerian, confortablement vautré dans son inactivité.
« Professeur, ça ne compte pas comme une réussite ? »
— Une réussite ? Une réussssite ?
Le professeur Pelerian ricana.
— Tu appelles ça maîtriser correctement la magie ?
« J’ai attiré son attention avec de la magie élémentaire de l’eau, puis j’ai profité de l’ouverture pour le prendre par surprise. Si ce n’est pas utiliser la magie, qu’est-ce que c’est ? »
C’était exactement ça.
La combinaison de magie et d’attaques physiques s’était enchaînée avec la fluidité de l’eau.
Si je n’avais pas eu les crocs au lieu d’une épée, j’aurais pu me qualifier d’épéiste-mage.
Mais le professeur Pelerian n’était visiblement toujours pas convaincu.
— Tu ne sais toujours rien faire avec la magie de l’eau à part faire couler un petit filet ridicule ? Tu aurais mieux fait de lui lancer un caillou pour attirer son attention. C’était d’une lenteur affligeante.
« …Qu’est-ce que tu racontes ? Je devrais avoir un talent exceptionnel pour la magie. »
Les paroles de Pelerian me restèrent en travers de la gorge.
— Du talent ? Pouahaha !
Il éclata de rire.
— Je peux te l’affirmer sans hésiter : ton talent pour la magie est abyssal !
« … »
C’était forcément un mensonge.
Comme les saloperies de traîtres suprémacistes elfes qui avaient essayé de me poignarder dans le dos.
… À bien y réfléchir, n’avait-il pas juré de répondre honnêtement à toutes mes questions ?
Il n’y avait donc que deux possibilités : soit il avait rompu son serment, soit mon talent était vraiment aussi lamentable.
La deuxième option était impossible. Je me demandai donc dans quelle merde animale j’allais transformer Pelerian cette fois-ci.
— Enfin, tu as appris les bases de la magie des quatre éléments. On peut passer à l’étape suivante.
« L’étape suivante ? »
À cet instant, l’espérance de vie de Pelerian venait de s’allonger un peu.
Même s’il n’était déjà plus qu’une âme, et donc pas très différent d’un elfe mort.
— Tu as dit que tu voulais manier une épée.
« Exact. »
— La dernière fois, je t’ai vu l’enrouler autour de ta queue et la tenir entre tes dents avant de te lancer dans ta petite danse de l’épée. C’était pitoyable. Ce n’était pas de l’escrime, on aurait simplement dit un serpent fou.
Ce serpent fou avait pourtant découpé sa Chimère à mort.
— Si tu veux manier une épée, il te faut des mains.
« Alors il existe un sort qui fait pousser des bras ? »
— Ce serait assez grotesque. L’idée n’est pas mauvaise, mais le sort dont je te parle s’appelle Main transparente.
Le nom était on ne peut plus explicite.
— Au début, tu ne pourras soulever que des choses comme des fruits d’arbre. Mais si tu deviens assez compétent, tu devrais pouvoir saisir une épée et la faire tournoyer.
Les serpents n’avaient ni bras ni jambes.
De ce point de vue, obtenir des mains me serait d’une aide considérable.
J’allais enfin apprendre de la vraie magie.
— Bien. Il y avait une raison pour laquelle je t’ai d’abord appris la magie des quatre éléments. Les quatre éléments sont les composants fondamentaux de ce monde.
Pelerian m’expliqua en détail le fonctionnement de Main transparente.
— Tu te souviens de la définition de la magie ?
« Reproduire des phénomènes. »
— Exact. C’est pourquoi plus un sort exige peu d’intuition et reste simple, plus il est élémentaire. J’ai donc délibérément conçu un sort qui manifeste une Main transparente, plutôt que la télékinésie. Il est plus facile d’imaginer une main transparente qu’une force invisible qui déplace des objets.
Le problème, c’était que Pelerian ne pouvait pas me faire de démonstration, mais ses talents de professeur étaient meilleurs que prévu.
Il avait l’air d’avoir déjà enseigné à quelqu’un. Avait-il eu des disciples ?
Quoi qu’il en soit, je réussis à essayer de lancer Main transparente.
Honnêtement, je n’avais pas l’impression d’avoir un talent incroyable pour la magie.
J’échouais sans arrêt.
Un Potentiel de 20 ne semblait pas directement lié à ma capacité à apprendre.
« Arrête. Je veux en rester là. »
— Tu abandonnes déjà ?
« Je manque de mana. »
— Hum, ta réserve totale de mana est vraiment faible. Ça doit venir du fait que tu as évolué deux fois en si peu de temps.
Voilà le diagnostic de Pelerian.
Ce vieux fossile avait été impressionné comme pas possible en apprenant que j’avais évolué deux fois en un peu plus d’un mois.
Mais le vrai problème, c’était ma réserve de mana.
Je pouvais lancer plusieurs fois des sorts élémentaires de base, mais pas assez pour utiliser les compétences de haut niveau.
Corne de Billy et Corne transcendante pouvaient vider mon mana en une ou deux utilisations.
Le pire, c’était la compétence appelée Décret du Tonnerre céleste.
Même si la compétence que j’avais empruntée à Gunther s’affichait au niveau 0, elle consommait une quantité absurde de mana.
Je m’évanouissais avant même de pouvoir l’utiliser.
Je savais très bien ce qui se passerait si ça m’arrivait en plein combat contre un monstre.
— Il existe quatre façons d’augmenter ta réserve de mana.
Pelerian répéta quelque chose qu’il m’avait déjà expliqué.
— Évoluer.
— Chasser d’innombrables monstres et laisser l’Essence magique s’accumuler dans ton corps.
— Manger des choses comme des pierres magiques, des Noyaux intérieurs ou des remèdes spirituels.
— Et porter un Objet magique qui augmente ton mana.
Les deux premières méthodes prendraient évidemment du temps.
Évoluer en python avait aussi été extrêmement difficile.
Il ne restait donc que les troisième et quatrième méthodes, et j’avais justement à côté de moi une sorte de gobelin au trésor.
— Si seulement nous pouvions trouver le donjon numéro 123… Oui, là, tu pourrais augmenter ton mana.
Le Donjon de Pelerian numéro 123.
C’était la destination que j’avais choisie dans la Forêt tropicale de Palamu.
Le Donjon de Pelerian était caché quelque part dans cette forêt tropicale.
En plus, ce n’était pas une installation répugnante comme une usine à Chimères.
— C’était un endroit où j’étudiais les pierres magiques. Il doit encore en rester plusieurs de grande qualité. Je les ai traitées pour qu’elles ne se décomposent pas naturellement.
Depuis que j’avais mangé un Noyau intérieur, mes yeux se révulsaient dès que je voyais quelque chose de bon pour la santé.
— Je te les donnerai, mais tiens ta promesse. Transmets mes données de recherche à mon corps d’origine.
« Tant que tu ne me fais pas de mal. »
— J’ai prêté serment, non ? Même après t’en avoir expliqué le principe, tu prends vraiment à la légère le serment d’un mage.
Pelerian avait l’air agacé.
On dit que les vieux deviennent plus grincheux avec l’âge.
Il était vrai qu’il serait difficile à Pelerian de me faire du mal ou de me tendre un piège.
À moins d’avoir l’intention de mourir avec moi, il ne pouvait pas rompre ce serment.
« Non, sérieusement, pourquoi tu ne trouves pas le chemin ? »
— Hum… Je suis sûr que c’est par là.
« C’est déjà la troisième fois que tu dis ça. »
Le problème, c’était que Pelerian était incapable de trouver le chemin.
Il n’arrêtait pas de se justifier en disant qu’il avait l’habitude de voler et de se téléporter, pas de chercher sa route à pied.
— Il suffit de trouver la rivière, la Rivière Medeira.
Nous n’avions toujours pas trouvé cette satanée rivière.
Pour l’instant, nous avions pris la direction du nord.
J’espérais vraiment que nous trouverions la rivière cette fois-ci.
Mais, une fois de plus, ce ne fut pas une rivière que nous rencontrâmes.
Le lendemain, après avoir fini de digérer le pangolin et alors que je commençais à avoir faim, je tombai sur un gobelin qu’un pélican était en train de dévorer vivant.
* * *
Pelerian et le serpent observaient la scène depuis leur cachette.
« Waouh, c’est dingue. »
Pelerian jeta un coup d’œil au serpent, qui regardait la scène avec une légèreté déconcertante.
C’était vraiment un spectacle remarquable.
Un pélican géant essayait d’avaler un gobelin.
« Il ne va pas s’étouffer ? »
Les serpents n’étaient-ils pas le parfait exemple de monstres qui avalaient leurs proies vivantes ?
Le serpent oubliait souvent qu’il en était un.
— Imbécile.
« Tu parles du gobelin ? »
Pelerian avait affirmé que le serpent n’avait aucun talent pour la magie, mais en vérité, ce n’était pas du tout le cas.
Le talent magique du serpent était terrifiant.
Non pas sa vitesse d’apprentissage : c’était son aptitude, qui semblait ne connaître aucune limite.
Les mages capables de maîtriser les quatre éléments étaient en réalité très rares.
D’ordinaire, leur vitesse d’apprentissage variait d’un élément à l’autre, et pourtant le serpent les avait tous appris au même rythme.
Comment était-ce seulement possible ?
Malgré cela, Pelerian n’avait affirmé que le serpent n’avait aucun talent magique que pour une seule raison.
Il n’aimait pas voir le serpent prendre la grosse tête.
Il n’avait pas rompu son serment. Il avait seulement juré de répondre honnêtement quand le serpent lui poserait une question.
Tout ce que Pelerian disait de sa propre initiative ne comptait pas.
À ce rythme, Pelerian commençait à se demander s’il finirait par épuiser toutes ses ruses et se faire mépriser par ce serpent.
Le gobelin hurla alors quelque chose.
« Kirruk, Kekh, Chwiet, Questa. Tinggit kit ! »
Un festival de fricatives et d’occlusives.
En jetant un regard à côté de lui, Pelerian vit le serpent afficher un air perplexe.
Oui, évidemment, le serpent ne pouvait pas comprendre.
La langue des gobelins variait d’une région à l’autre et leur prononciation était si particulière que presque personne ne pouvait la comprendre.
Mais Pelerian, qui connaissait toutes sortes de monstres, comprenait ce que le gobelin disait.
— Tu veux que je traduise ?
« Hein ? »
— Il dit : « Ô dieu de la rivière, je vous en prie, sauvez-moi. Ma mère m’attend ! »
L’expression du serpent changea.
Pelerian se rengorgea.
Impressionne-toi, serpent.
Mais le serpent se permit une remarque insolente.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas du tout ce qu’il dit. »
— Quoi ?
« Il dit : “Je dois retourner à la rivière ! Lâchez-moi ! Grande sœur, sauve-moi !” »
Le serpent parlait avec tant d’assurance qu’on aurait dit qu’il comprenait vraiment la langue des gobelins.
Absurde.
Pelerian fronça profondément les sourcils.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>