Chapitre 16
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 16 : Pfft, vroum vroum
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016.
Iris Selena.
C’était le nom de l’elfe.
Selena était le nom d’une famille elfique prestigieuse. Même si toute la race des elfes courait désormais à sa perte, beaucoup reconnaissaient encore le nom d’Iris Selena.
Aux yeux des humains, elle aurait été une noble, mais Iris vivait loin du luxe.
C’était une ascète de la Grande Forêt.
Elle vivait seule, loin de l’Arbre-Monde, la patrie de tous les elfes. Chaque jour, elle s’entraînait à l’épée et perfectionnait son adresse à l’arc.
Sans la nouvelle selon laquelle on avait retrouvé des traces de Pelerian, elle ne serait jamais revenue aussi loin.
Iris continua de courir.
Depuis qu’elle avait entendu le nom de Pelerian, son œil gauche la lançait. Pourtant, cette douleur n’était rien comparée au trou dans son cœur.
Elle avait eu une petite sœur.
Une sœur sacrifiée à ce mage alors qu’elle était encore bien trop jeune.
Alors qu’elle fonçait vers l’Arbre-Monde, Iris s’arrêta brusquement.
Plus on s’enfonçait dans la Grande Forêt et plus on s’approchait de l’Arbre-Monde, plus les arbres devenaient gigantesques. Là où elle se trouvait, chacun dépassait désormais les cent mètres.
Dans l’ombre tamisée que projetait toute cette vie, elle sentit une soif de sang.
Iris balança son épée.
Tling !
Des gerbes d’étincelles jaillirent à plusieurs reprises dans les airs, devant elle.
Quelque chose avait foncé sur elle et elle l’avait écarté d’un coup d’épée. L’échange avait été si rapide que seules les étincelles étaient visibles.
Iris identifia ses assaillants.
C’était une volée de perroquets.
À la place de leurs plumes poussaient des excroissances pointues comme des épines : de toute évidence, c’étaient des monstres dangereux.
C’étaient des perroquets osseux épineux, des créatures extrêmement dangereuses qui se déplaçaient en bande. L’un d’eux, aux couleurs éclatantes, battit des ailes et fondit sur elle.
À la surprise d’Iris, plusieurs piquants jaillirent de son corps.
Au lieu d’esquiver, Iris se rua en avant.
Ils étaient cinq perroquets osseux épineux en tout. Même les monstres de haut rang évitaient les groupes de cette taille.
Les perroquets croassèrent en se jetant sur Iris. Les plumes épineuses qu’ils dispersaient étaient enduites de venin paralysant, ce qui les rendait mortelles.
Alors, l’épée large forgée selon les techniques elfiques traça un sillage lumineux.
Les piquants volèrent de côté. Les étincelles jaillirent encore et encore.
Enfin, la lame traversa les perroquets osseux épineux.
On aurait dit qu’Iris s’était contentée de traverser la volée.
Mais le résultat fut spectaculaire.
Badabada !
Les perroquets tombèrent en dizaines de morceaux avant même que leur sang ne jaillisse.
Le moindre bruit de découpe avait été absent.
Les deux perroquets restés à l’arrière, effrayés, s’enfuirent. D’ordinaire, Iris les aurait poursuivis pour les exterminer, mais elle se contenta de secouer le sang de sa lame.
Cent Éclairs.
C’était l’une des nombreuses compétences uniques d’Iris, une technique d’épée suprême qui réduisait un adversaire en morceaux en un instant.
« Les monstres se sont aventurés si près de l’Arbre-Monde… »
La cité elfique se trouvait juste devant elle.
En temps normal, les monstres n’auraient jamais osé rôder par ici. C’était la preuve de leur déclin. Même les monstres du calibre des perroquets osseux épineux ne craignaient plus les elfes.
« … »
Iris claqua la langue et reprit sa course.
Une cité se dressait au cœur de la Grande Forêt, d’où l’on pouvait apercevoir l’Arbre-Monde. Iris ne venait pas souvent ici, mais elle savait où se rendre.
La résidence de l’Ancien.
C’était une demeure semblable à un temple, bâtie avec soin en pierre blanche. L’Ancien s’y trouvait lorsqu’elle entra.
Bien qu’il eût près de mille ans, l’Ancien n’était pas ridé comme un humain âgé. Pourtant, son teint semblait étrangement délavé, au point de lui donner l’air d’une plante.
« Tu es venue, Iris. »
« Vous avez retrouvé Pelerian ? »
La question lui échappa aussitôt.
L’Ancien esquissa un sourire amer. C’était la question à laquelle il s’attendait.
« Non. Cette fois encore, nous n’avons capté qu’un signal provenant de l’un des donjons qu’il a construits un peu partout dans le monde. »
Devant l’Ancien se trouvait un objet semblable à une boule de cristal.
C’était l’une des inventions de Pelerian, un objet que ce mage infâme avait laissé derrière lui avant d’être banni. On s’en servait désormais pour repérer des traces de Pelerian.
« …Il y a encore une chance qu’il s’y trouve. »
« Oui, c’est possible. »
Ils avaient déjà vécu des situations semblables à plusieurs reprises.
Pelerian avait construit ses donjons partout sur le continent, où il semblait avoir mené toutes sortes de recherches suspectes. Les données recueillies étaient ensuite transmises à l’endroit où il se cachait, semblait-il. Chaque fois que cela se produisait, la boule de cristal ici captait également un signal.
« Tu vas enquêter ? »
« Oui. »
À chaque signal détecté, Iris se portait volontaire pour se rendre sur place.
Malheureusement, elle n’avait encore jamais rencontré Pelerian en personne.
« Très bien. Je t’accorde le titre d’enquêtrice. »
L’Ancien tendit une broche à Iris. Elle était en or, en forme de feuille de l’Arbre-Monde.
« Iris Selena, à compter de cet instant, tu es l’envoyée du Bois des Elfes et une Enquêtrice de la Feuille d’or officiellement nommée. N’oublie pas la dignité des elfes. Je ne doute pas que tu saches déjà tout le reste. »
« Oui. »
Ce n’était pas la première fois, alors l’Ancien passa les formalités mineures. Iris fixa la broche sur sa poitrine, avec l’habitude de quelqu’un qui l’avait déjà fait.
« Quand comptes-tu partir ? »
« Maintenant. »
Sur ces mots, Iris bondit par la porte.
La résidence de l’Ancien avait été construite à mi-hauteur d’un grand arbre, mais il ne s’inquiéta pas pour Iris. Il soupira et marmonna :
« Cette fille est vraiment pressée. »
Ce serait bien si elle pouvait se débarrasser de toute la haine accumulée dans son cœur.
Les humains finissaient par mourir, alors leur haine ne durait tout au plus que quelques décennies. Celle des elfes, en revanche, avait tendance à persister des siècles.
Une haine vieille de plusieurs centaines d’années finissait par devenir autre chose que de la haine.
L’Ancien se perdit un instant dans ses pensées.
« Pourquoi seulement maintenant ? »
Le donjon nouvellement découvert se trouvait à la lisière de la Grande Forêt.
Plus de vingt ans s’étaient écoulés depuis la découverte du dernier donjon de Pelerian. Avant cela, ils avaient débusqué tous les donjons de la Grande Forêt et les avaient réduits en cendres.
Et pourtant, un donjon avait échappé à leur vigilance jusqu’à aujourd’hui.
« L’a-t-il caché parce qu’il était particulièrement important ? »
Cette pensée traversa l’esprit de l’Ancien.
Mais cela ne servait à rien de se torturer l’esprit.
Iris Selena en personne était partie.
Quoi que Pelerian eût laissé derrière lui, elle en ferait table rase.
* * *
Le jour où une elfe portant une broche dorée prit la route.
La veille au soir.
Un dîner avait été organisé au château du seigneur de Greylim.
Le visage du seigneur était rouge, sans doute parce qu’il avait déjà bien bu. Il se leva d’un air réjoui et tapota son verre avec une cuillère en argent.
Ting, ting.
Quand tous les regards se tournèrent vers lui, le seigneur prit la parole, joyeux.
« À Chevalier Zain. »
Le seigneur leva son verre.
Tous les convives levèrent également leur verre de vin. Même Rania, la fille du seigneur, brandit un verre de jus d’orange.
« Et au héros Gunther. »
Tout le monde but son vin.
Les invités discutèrent dans la bonne humeur.
Le Territoire de Greylim ne s’était guère développé, puisqu’il bordait de si près la Grande Forêt. Malgré tout, c’était un endroit agréable à vivre, comparé aux territoires limitrophes de l’une des cinq grandes zones de danger du continent.
Dans la chaîne de montagnes, des bandes de vouivres semaient le chaos. Dans les plaines, des tribus d’orques surgissaient pour piller.
Pourtant, les monstres sortaient rarement de la Forêt.
Bien sûr, elle abritait de nombreux monstres nommés puissants, mais cela ne posait aucun problème tant qu’on ne s’enfonçait pas dans les bois. Le seigneur n’avait qu’à enquêter de temps en temps lorsqu’un problème survenait.
« Cette fois, vous nous avez vraiment rendu un grand service. Soumettre un Serpent Méduse avec autant de facilité… »
C’était arrivé récemment, lorsqu’un Serpent Méduse était apparu.
Les territoires bordant les autres zones de danger étaient gouvernés par des marquis, qui entretenaient leurs propres armées. Le Territoire de Greylim, lui, était différent, et c’était pour cela que le héros Gunther était venu de la capitale leur prêter main-forte.
« Qu’est-ce qu’on a fait ? Tout le mérite revient au seigneur Gunther. »
Chevalier Zain répondit avec modestie. Et c’était la vérité.
Après avoir bu un verre de vin, Zain avait le visage écarlate.
« Ha ha ! Quelle modestie ! »
Le seigneur tapa sur l’épaule de Zain. Il semblait apprécier le jeune chevalier, un peu naïf.
« Quand le seigneur Gunther reviendra-t-il ? »
« Ah, ça… Je ne sais pas exactement, moi non plus. »
La question du seigneur sembla embarrasser Zain.
Gunther avait laissé ici ses gens, dont Zain. Il avait simplement dit qu’il avait quelque chose à régler et qu’il en aurait pour un moment.
Gunther agissait souvent ainsi.
« Il devrait revenir bientôt. »
« Tant mieux. J’espère qu’il restera un peu plus longtemps, cette fois. »
Le seigneur semblait agréablement ivre.
Quand on buvait, on avait souvent tendance à parler de choses qu’on aurait gardées pour soi en temps normal.
« Que pensez-vous du Territoire de Greylim ? »
« C’est un bel endroit. Plus sûr que je ne le pensais. »
« Oui, c’est un bel endroit… Mais voyez-vous… »
Le seigneur marqua une pause.
« Le royaume sous-estime beaucoup trop la Grande Forêt. »
« … »
« Notre famille se transmet une maxime depuis des générations. Savez-vous laquelle ? »
« Laquelle ? »
« Craignez la forêt. »
« Ah. »
« La Grande Forêt est profonde. Elle abrite plus de monstres que n’importe quelle autre zone de danger. Il doit y en avoir beaucoup dont nous connaissons le nom, et beaucoup d’autres dont nous ignorons le nom. »
« C’est vrai. »
« Nos ancêtres nous ont mis en garde. Ils disaient qu’un jour, le Monstre de l’Apocalypse naîtrait de la Grande Forêt. »
Le seigneur parlait comme s’il racontait une vieille légende terrifiante.
Zain l’écouta avec le plus grand sérieux dont il était capable.
Ce n’était pas la première fois qu’il entendait de telles histoires. Tous ceux qui vivaient près d’une zone de danger craignaient les monstres.
On disait que le Monstre de l’Apocalypse dévorerait tous les autres monstres avant de détruire le monde. Cette histoire circulait non seulement à Greylim, mais sur tout le continent.
« …Vous n’y croyez pas. Ça se voit à votre tête. »
« Si ! La Grande Forêt est aussi la zone de danger dont le seigneur Gunther se méfie le plus. »
« Ha ha ha ! Allons, assez. J’ai gâché l’ambiance en parlant de ça un jour pareil. Mais surtout… »
Déconcerté, Zain attendit que le seigneur poursuive.
Pour une raison quelconque, celui-ci ne reprit pas la parole.
L’avait-il offensé ?
Au moment où Zain releva la tête pour s’excuser une nouvelle fois…
« …Là. »
Le seigneur ne regardait pas Zain.
Il fixait la fenêtre, le regard vide.
Au-delà du balcon s’étendait le territoire, puis la Grande Forêt.
« C-c’est… »
Quelqu’un poussa un hoquet de surprise.
Une lueur bleue s’élevait de la Grande Forêt.
La fine colonne se détachait nettement sur le ciel nocturne.
« …Une anomalie a été repérée. »
Le seigneur pâlit.
Comme si l’alcool venait de s’évaporer d’un coup, il marmonna d’un ton grave :
« Toute manifestation étrange observée dans une zone de danger doit faire l’objet d’une enquête. »
Tout le monde se précipita à la fenêtre et regarda en direction de la lumière.
« On dirait que c’est au-delà de la forêt de la Crinière du Lion. Bon sang, où est Oliver ? »
Oliver était le meilleur chasseur de Greylim et un expert de la Grande Forêt, en qui le seigneur avait toute confiance.
Le majordome l’informa maladroitement qu’Oliver ne se trouvait pas dans le territoire.
« Faites venir le capitaine de la garde, pour commencer, et… Hmm. »
Zain leva la main.
« Je me joindrai au groupe d’enquête. »
« Vraiment ? Ce serait apprécié. »
En tant que chevalier au service de Gunther, Zain avait lui aussi pour devoir d’enquêter sur les zones de danger.
Le seigneur observa la lumière qui s’estompait et marmonna :
« C’est de mauvais augure. Très mauvais augure… »
Tu ne fais qu’empirer les choses.
Zain le pensa, mais n’en laissa rien paraître.
* * *
Et dans le bassin.
Le lendemain de ma fuite du Donjon de Pelerian.
Je me mis à chasser pour de bon.
Un alligator recouvert de la tête aux pieds d’algues aquatiques à l’odeur de pourriture sortait du marais en rampant.
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【Alligator des marais Nv. 16】
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Ce type était costaud.
Il avait l’air d’être à peu près du même niveau que la Cockatrice.
Un petit serpent adorable comme moi ne pouvait jamais l’affronter de front.
C’était sûrement pour ça qu’il m’avait sous-estimé et était sorti du marais.
Ses pupilles fendues, caractéristiques des reptiles, ne me quittaient pas des yeux.
Désolé, mais moi aussi, j’étais un reptile. Je n’avais donc pas peur.
Quand je restai immobile, il se mit à s’approcher à pas lents.
Il avait l’air lent à se dandiner, mais seul un idiot sous-estimait un monstre.
Et, bien sûr…
Il ouvrit grand la gueule et accéléra.
Il allait plus vite que moi quand j’utilisais Bond.
Mais je pouvais désormais utiliser la magie.
Et les serpents magiques étaient invincibles.
* [Vous utilisez la magie élémentaire de base : Terre Nv. 3.]
Ma magie de la terre avait déjà gagné un niveau.
Elle ne pouvait faire qu’une seule chose : faire surgir des murs de terre du sol. Mais bien utilisée, elle se révélait efficace.
Un mur de terre surgit sous la mâchoire de l’alligator qui chargeait.
La loi d’inertie de ce bon vieux Newton s’appliquait même ici.
L’alligator allait incroyablement vite. Et voilà qu’un truc lancé à toute allure se prenait un uppercut par un mur de terre.
PAF !
L’alligator fit un tour sur lui-même en plein vol, comme une voiture d’action en pleine cascade, puis se retourna.
Son ventre blanc était à découvert.
Dans cette peau tendre, j’enfonçai mon pfft… non, mes Crocs venimeux Nv. 8.
Pendant que j’y injectais méthodiquement mon venin, la bestiole se débattit comme une folle.
Vroum vroum ! Coucou !
Chaque fois qu’elle essayait de se retourner, je l’en empêchais avec ma magie de la terre.
Elle finit par casser sa pipe.
Héhé, facile.
Trop facile.
C’est vrai, quoi.
J’étais devenu plus fort.
Bwahaha !
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