Chapitre 15
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Traducteur/éditeur : HidingTurtle
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◈ Je suis devenu l’Ophidien de l’Apocalypse ◈
Chapitre 15 : Être exposé aux flammes pendant des dizaines d’heures
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015.
« Pelerian, veuillez donner vos ordres. »
Mm-hm, oui, oui. Je suis Pelerian.
Je posai toutes sortes de questions à l’Esprit magique que Pelerian était censé avoir créé.
« Sssaloperie. » (Quelles sont mes conditions d’évolution ?)
« Sss, sssaloperie. »
J’avais beau essayer de parler, l’esprit ne me répondait même pas.
Cet esprit était raciste, lui aussi ?
« Sssaaaaak ! »
Je lui hurlai dessus, mais il continua de m’ignorer.
C’était quoi, ce délire ?
Furieux, je lui flanquai une tape derrière la tête.
Évidemment, je ne fis que frapper la machine devant moi.
Clac.
Je sursautai.
Quelque chose jaillit soudain de la machine.
C’était une minuscule aiguille en métal.
-Veuillez prélever le sang du monstre.
Ah, vraiment ?
Avec cette aiguille louche ?
J’hésitai un instant.
Et si j’attrapais le tétanos ?
Cela dit, elle n’avait pas l’air rouillée.
Ah, ça ne me tuerait probablement pas.
Je tendis prudemment ma queue.
Pique.
L’aiguille de métal était incroyablement pointue. Elle traversa mes écailles sans difficulté.
Puis je sentis mon sang être aspiré dans un long bruit de succion.
-L’analyse va commencer.
-Veuillez placer le monstre concerné sur la plaque de cristal. Pour obtenir un scan précis, il est recommandé de le tuer ou de l’endormir.
Quel esprit sans cœur.
Comme je ne risquais pas de mourir, je grimpai sur la plaque de cristal et m’allongeai dessus. Pas en étoile de mer, évidemment, mais bien droit, comme une ligne.
Boum.
Les lumières s’allumèrent.
Je sentis de la magie circuler dans la plaque de cristal.
-Le scan va commencer.
-L’analyse indique un monstre serpent venimeux de la lignée des jaguars à corne.
Ah, c’était exactement cette sensation-là.
Comme si j’étais allongé sous un appareil à rayons X.
Il m’était déjà arrivé quelque chose du même genre.
Au collège, les autres élèves me collaient toujours au poste de gardien de but.
Bien sûr, le foot ne m’intéressait pas du tout.
Je ne savais pas pourquoi, mais je finissais toujours gardien.
C’était pourtant un poste important, non ? Pourquoi me le confiaient-ils ?
Comme le foot ne m’intéressait pas et que je n’avais aucune aptitude sportive, je passais chaque cours de sport à rêvasser.
Et puis, un grand type de la classe d’à côté m’envoya un tir surpuissant en pleine poitrine.
Le ciel s’assombrit et je ne pus plus respirer.
Quand je repris connaissance, j’étais allongé sur le dos, les yeux rivés au ciel.
Mon prof de sport, qui avait d’habitude un sale caractère, fut tellement choqué qu’il m’emmena à l’hôpital.
En vérité, j’allais déjà bien quand nous sommes arrivés, mais je fis quand même semblant d’être blessé.
À l’époque aussi, on avait fait tout un cinéma pour me faire passer une radio du thorax.
Quel beau souvenir.
-Analyse terminée. Impression des résultats.
Je descendis de la plaque de cristal.
La technologie magique m’impressionnait malgré moi.
L’endroit était censé avoir été construit il y a trois cents ans, pourtant cette machine semblait sortie d’une usine moderne.
Elle imprimait même des feuilles comme une imprimante, là, sous mes yeux.
-Voulez-vous enregistrer et transmettre les résultats de l’analyse ?
Hein ? Les transmettre où ?
Maintenant que j’y pensais, Pelerian avait parlé de mener des expériences sur la chimère qu’il avait créée, puis d’en transmettre les résultats.
Certainement pas.
Pour qui cette chose se prenait-elle, à vouloir envoyer mes informations ? Hors de question !
-Préparation de la transmission automatique.
Ah !
Une lumière bleue se mit à briller au bout de la tige fixée sur le dessus de la machine.
Voilà le problème quand on ne pouvait pas parler.
Je bondis aussitôt et mordis dans la tige.
Crac.
La tige se brisa.
-Transmission impossible.
Ouf. Tant mieux.
J’avais failli laisser fuiter mes précieuses données personnelles.
Entre-temps, l’impression des résultats s’était achevée.
Je lus la feuille qui voltigeait jusqu’à moi.
Mes conditions d’évolution y étaient vraiment indiquées.
C’était quoi, ça ?
Il n’y en avait pas qu’une seule.
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【Monstre serpent venimeux, lignée des jaguars à corne】
-L’espèce exacte n’a pas pu être identifiée.
-Il est possible que cet individu ne soit pas un monstre serpent venimeux.
-Les autres espèces possibles sont indiquées ci-dessous.
【Monstre aviaire】, 【Monstre rongeur】, 【Monstre de type tortue】, 【Monstre de type lézard】, 【Monstre de type lapin】, 【Monstre de type jaguar】, 【Monstre de type mille-pattes】, 【Monstre de type araignée】, 【Monstre de type chauve-souris】, 【Humain】, 【Elfe】...
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Quoi ?
Qu’est-ce que ça voulait dire ?
Si un serpent aux écailles lisses et aux magnifiques crocs venimeux comme moi n’était pas un serpent, alors qu’est-ce que j’étais ?
Et puis, franchement, les monstres de type tortue et ceux de type mille-pattes n’avaient rien à voir les uns avec les autres.
Je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle l’analyse avait donné ce résultat.
… C’était peut-être à cause de mon Potentiel ?
Mon Potentiel de 20 m’avait donné le trait Croissance implacable. Il était aussi indiqué que mon potentiel de développement n’avait pas de limites.
C’était peut-être pour ça que j’avais obtenu ces résultats.
Les lignes qui suivaient semblaient confirmer mon hypothèse.
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-Le potentiel d’évolution de cet individu a été analysé comme anormalement diversifié.
-En partant du principe qu’il s’agit d’un monstre serpent venimeux, les conditions possibles d’évolution spéciale ont été analysées.
1. Établir son habitat principal dans un marécage.
2. Établir son habitat principal en eau douce.
3. Établir son habitat principal dans l’océan.
4. Établir son habitat principal dans un désert.
5. Établir son habitat principal dans une grotte.
...
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Il y avait un nombre incroyable de possibilités.
Les conditions d’évolution spéciale ne se limitaient pas à une seule.
Je ne savais pas en quel genre de monstre je me transformerais en remplissant ces conditions, mais changer d’habitat semblait être une façon d’y parvenir.
Je voyais à peu près l’idée.
Si je vivais dans la mer, je deviendrais un serpent marin. Si je vivais dans le désert, un serpent du désert.
Mais ce serait un peu ennuyeux de s’en tenir à ça.
Il y avait encore d’innombrables conditions plus bas.
Certaines attirèrent mon attention.
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...
7. Établir son habitat principal dans un volcan.
8. Consommer une grande quantité de poison mortel.
9. Voler pendant des dizaines d’heures.
10. Être exposé aux flammes pendant des dizaines d’heures.
11. Hiberner dans un état gelé pendant plus de dix ans.
...
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C’était une invitation à mourir, ou quoi ?
Bon, si je vivais dans un volcan, je deviendrais un serpent volcanique. Si je mangeais beaucoup de poison mortel, je deviendrais une vipère venimeuse.
Il y avait même une condition qui me demandait de voler.
Le Serpent volant était donc bien une voie d’évolution légitime !
Mais j’avais l’impression que tenter de remplir ces conditions d’évolution me coûterait probablement la vie.
Plus je descendais dans la liste, plus les conditions d’évolution semblaient intéressantes.
Pour une raison ou une autre, celles du bas avaient l’air de donner lieu à des mutations plus étranges.
Vous voyez le genre.
Évoli pouvait évoluer en plein de Pokémon différents, mais certaines évolutions étaient plus difficiles à obtenir et plus puissantes que les autres.
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...
27. Consommer une Pierre magique de niveau 10 ou supérieur.
28. Consommer du sang de dragon.
29. Conclure un contrat avec un démon.
30. Consommer le sang d’un être céleste.
31. Recevoir la bénédiction d’un dieu.
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Waouh.
Mon cœur s’emballa.
Est-ce que je pouvais devenir un Serpent-dragon, un Serpent-démon ou un Serpent-dieu ?
Plusieurs conditions demandaient de consommer le sang d’êtres qui semblaient déjà incroyablement puissants.
Attends.
Cette chimère que Pelerian était censé avoir créée.
N’avait-il pas dit qu’elle avait été fabriquée en mélangeant le sang de différents monstres ?
Hum. Si cette chimère était encore vivante, je devrais au moins aller jeter un coup d’œil.
Elle devait se trouver quelque part dans ce bassin, de toute façon.
Cela dit, je n’avais aucune envie de me retrouver mêlé à cette histoire : elle avait l’air ridiculement puissante.
On aurait dit que j’avais enfin terminé tout ce que j’avais à faire dans ce donjon.
Par précaution, je mâchouillai ma feuille d’analyse et l’avalai.
Les données personnelles, c’était important.
Très bien, Esprit magique.
Maintenant, autodestruction.
-...
Naturellement, l’esprit ne répondit pas.
Cette chose allait probablement attendre des ordres jusqu’à ce que l’alimentation électrique soit coupée.
Quelle existence pitoyable.
Après avoir inspecté la pièce un instant, je trouvai une sortie.
Elle n’avait pas l’air officielle.
Des mottes de terre et des pierres brisées étaient éparpillées partout, comme si quelque chose avait creusé le mur à la manière d’une taupe.
La chimère qui avait été enfermée dans la cuve devait en être responsable.
Hum, elle ne semblait pas s’être échappée depuis très longtemps.
C’était juste une impression.
Au fait, quand est-ce que le séisme qui avait ravagé ce donjon s’était produit ?
En tant que serpent âgé d’à peine trois semaines, je n’avais aucun moyen de le savoir. Après tout, j’étais encore un bébé serpent.
Le tunnel était assez large pour laisser passer deux ou trois personnes de front.
La chimère devait donc être au moins aussi grande.
À mi-chemin dans le tunnel, je trouvai ensuite des traces de son passage.
En fait, je fus si surpris que je bondis.
Je crus qu’elle m’attendait là pour me dévorer.
Ce que j’avais d’abord pris pour la chimère n’était que sa mue.
Waouh, c’était impressionnant.
La chimère semblait être un monstre qui muait.
Autrement dit, elle avait un exosquelette dur.
En exagérant un peu, elle était aussi grande qu’une maison.
Elle faisait environ trois mètres de haut et, avec ses pattes qui s’étendaient de chaque côté, probablement six mètres de large.
Elle ressemblait un peu à un crabe et un peu à une araignée.
Pelerian avait dit qu’il avait mélangé à sa création une tarentule de la Grande Forêt, non ?
Cela dit, ses pattes n’étaient pas fines comme celles d’une araignée. Elle avait de grosses pattes avant, parfaites pour creuser la terre.
Ces pattes me disaient quelque chose.
… Ah !
Soudain, je compris.
À ma grande surprise, j’avais déjà rencontré la chimère.
C’était celle qui avait surgi du sol et avalé d’une seule bouchée le cadavre du Jaguar à corne.
Je n’avais vu que les nombreuses pattes jaillissant du sol, alors il m’avait fallu du temps pour comprendre.
Cette chimère était bel et bien vivante et se promenait dans les environs.
Le rêve du Mage féerique ne s’était réalisé qu’à moitié.
Dire que j’avais déjà croisé sa route.
Si je la revoyais, je vengerais la viande qu’elle m’avait volée.
Fort de cette résolution, je quittai le tunnel.
J’étais ressorti dans un endroit complètement différent de celui où la Cockatrice m’avait enlevé et traîné.
Les sous-bois étaient si denses que le passage ressemblait à un terrier naturel.
Adieu, donjon.
Je ne pus pas partir avec panache.
Ce n’était pas parce que j’étais triste de quitter le donjon où j’avais passé quelques jours.
C’était parce que j’avais aperçu quelque chose.
Quelque chose s’élevait sur la colline au-dessus de l’endroit où j’étais ressorti, probablement juste au-dessus de la salle où se trouvait la cuve.
On aurait dit une antenne.
Une lumière bleue en jaillissait et montait vers le ciel.
La nuit était noire comme l’encre, et la lune ne brillait même pas.
La ligne bleue qui fendait le ciel se voyait parfaitement.
Elle devait être visible à des dizaines de kilomètres à la ronde.
Est-ce qu’elle transmettait quelque chose ? Mes résultats d’analyse, peut-être ?
Non, ce n’était pas ça.
À un moment, j’avais entendu parler de sortir la chimère de son hibernation.
-Fin de l’hibernation. Transmission des données expérimentales.
J’avais entendu quelque chose comme ça.
Le but était probablement d’envoyer les données expérimentales à un endroit où Pelerian, s’il était encore en vie, pourrait les recevoir.
J’y réfléchis un instant, puis conclus :
« … En quoi ça me concerne ? »
En quoi ça me concernait ?
Une colonne de lumière avait jailli en pleine nuit : les monstres avaient forcément dû être surpris.
Les habitants du territoire, dans le coin, avaient peut-être été surpris eux aussi.
Ah, et s’ils envoyaient une équipe d’inspection ?
Il faudrait que je fasse attention, alors. Mon ennemi juré, le capitaine des gardes, risquait de venir.
Cela dit, ce bassin était immense. Je pourrais facilement me cacher.
Ça pourrait même être une occasion à saisir.
Je n’avais pas oublié cette rancune.
Si je le recroisais, je ne le laisserais pas s’en tirer, capitaine des gardes.
En attendant, je devais évoluer et m’entraîner avec les nouvelles compétences que j’avais acquises.
Grrrroumble.
J’étais affamé.
À ce stade, j’aurais même été content de tomber sur un Rat moustique.
Je devais vite manger et devenir plus fort.
Tout excité, je me faufilai dans la forêt.
À l’époque, j’avais gravement sous-estimé l’impact de cette lumière qui s’élevait.
Même des gens que je n’aurais jamais imaginé concernés l’avaient ressentie.
Au cœur de la Grande Forêt.
La Race à la longue vie, qui y vivait recluse…
* * *
Les elfes ne vieillissaient pas, par nature.
Ils vivaient dans les forêts, avec la nature pour compagne.
Leur peau était lisse comme de la porcelaine et leurs longues oreilles leur donnaient une allure élégante.
Même les anciens approchant du millénaire n’avaient pas une seule ride au visage.
Les elfes bondissaient sur leurs longues jambes comme des cerfs.
C’est pourquoi il était extrêmement difficile d’estimer leur âge à leur seule apparence.
L’elfe qui courait au cœur de la Grande Forêt ne faisait pas exception.
Avec ses longues jambes fines, elle franchissait sans effort les racines noueuses des arbres.
Ses cheveux argentés, coupés au carré à une longueur idéale, flottaient dans le vent.
Ses traits étaient d’une beauté à couper le souffle, mais une cicatrice frappante lui barrait le visage.
Une longue balafre d’épée traversait son œil gauche.
Une magnifique guerrière elfe borgne.
Un ancien l’avait convoquée.
La raison : des traces de Pelerian avaient été détectées.
Pelerian.
Le nom de ce mage maudit.
Rien que d’y penser, l’elfe serra les dents.
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